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Phidias, le plus célèbre sculpteur de rantiquitc

TOUT nOMMK DOIT TUAVAILLKIV

D’un côté on mettait le travail manuel, ou travail des mains, comme celui du cordonnier, du maçon, du garçon de ferme. C’est ce qu’on nomme encore les professions serviles, en souvenir des serfs et des esclaves à qui l’on réservait autrefois les travaux pénibles. De l’autre côté, c’était le travail intellectuel ou travail de tête: par exemple, celui du professeur^ de Vécrivain qui compose un livre, du patron qui fait marcher une entreprise. C’est ce qu’on appelait aussi les professions libérales, parce qu’autrefois les hommes libres, quand ils travaillaient, n’en exerçaient pas d’autres.

On croyait alors que les professions libérales étaient seules honorables, et qu’un homme s’abaissait en travaillant de son corps, en se faisant ouvrier.

C’était là une injustice, et une sottise. D’abord, dans toutes les professions sans exception^ il faut travailler de la tête aussi bien que du corps, du corps aussi bien que de la tête. Un maçon fait d’autant mieux son ouvrage qu’il y met plus d’intelligence.

De son côté, un professeur n’a pas besoin seulement d’un grand savoir, il lui faut aussi une bonne voix pour se faire entendre, une poitrine robuste pour résister à la fatigue d’enseigner. Un écrivain bien souvent passe les nuits, fatigue ses yeux et use sa santé pour venir à bout des questions qu’il étudie.

Quelques-uns se figurent que le travail des mains est le seul qui donne de la peine ; ils ont l’air de croire que les ouvriers méritent seuls le nom honorable de travailleurs. C’est encore une erreur.

Les travaux de tête demandent d’abord un apprentissage plus difficile et plus long qu’aucun autre métier. Ensuite , ces travaux sont pour le moins aussi fatigants : ils laissent même moins de répit. Un ouvrier, une fois sa tâche faite, peut se délasser, il est libre de soucis du côté de son ouvrage. Le au contraire,

porte avec lui, le jour et la nuit, la responsabilité et le tracas de toute l’entreprise. L écrivain ne cesse de

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penser à son livre et le savant à ses calculs ou à ses expériences. Travailler de leurs mains serait pour eux un véritable délassement.

Il serait donc bien injuste de refuser le titre de travailleur à ces hommes, les plus laborieux et les plus chargés de soucis qui soient.

De plus, ce sont les travailleurs de Tintelligence qui, par les inventions, viennent au secours des travailleurs manuels. D’où sont sortis tant de machines qui soulagent les ouvriers, si ce n’est pas de la tête des inventeurs?

Denis Papin et James Watt ne travaillaient pas des bras , quand ils imaginèrent les premières machines à vapeur : et cependant , ils ont donné aux ouvriers du monde entier des auxiliaires de fer et d’acier qui font autant de travail que des millions de bras robustes.

Tout cela n’empêche pas Denis Papin. d’aüleurs le travail manuel

d’être aussi honorable que le travail intellectuel : tout métier qui peut nourrir honnêtement son homme est un bon métier.

Quelques-uns, par vanité, dédaignent un métier qui les ferait bien vivre, pour un bureau où ils végéteront ; ils auraient honte d’être des ouvriers ou des paysans, et ils veulent se donner des airs de messieurs. Ne les imitez pas; sachez qu’un bon ouvrier, rangé et économe, est estimé des hommes de bon sens à l’égal de tous les messieurs du monde.

TUUT IIUMMK DOIT TRAVAILLER

PREMIER RÉGIT

HISTOIRE d'un atelier. — L' apprentissage de Louis.

— Maître Franche, dit le père Guillot en entrant un matin dans Fatelier de menuiserie, je vous amène Louis, mon garçon. Il vient de finir ses quatorze ans; il a eu son certificat d’études; le voilà grand et déjà solide : il est temps qu’il apprenne à gagner sa vie. Il dit qu’il aimerait l’état de menuisier : voulez-vous vous charger de lui?

— Compère, je n’ai guère besoin d’un apprenti, mais il ne sera pas dit que votre garçon aura eu besoin d’aller frapper à une autre porte pour avoir de l’ouvrage. Voyons, Louis, est-ce vrai que tu veux être menuisier? C’est un métier difficile : il y faut de la force et de l’adresse. Es-tu décidé à essayer?

Louis promit de faire de son mieux. Maître Franche, pour commencer, lui donna sur-le-champ à ramasser les copeaux qui traînaient dans l’atelier; Louis devait en faire un tas, et mettre à part, en petits fagots, les éclats de bois qui s’y trouvaient mêlés.

Ce n’était pas là ce que Louis avait rêvé en se faisant menuisier : il s’était vu déjà occupé à pousser la varlope et à creuser avec la gouge de belles moulures dans des planches bien lisses, en sifflant comme un gai compagnon. Le métier de ramasseur de copeaux et de faiseur de fagots ne satisfaisait qu’à moitié son ambition.

Aussi il se trouva las au bout de cinq minutes ; il s’assit dans un coin, et se mit à regarder les autres. Il était là bien calme, quand midi sonna. Madame Franche parut alors, disant: — A la soupe, mes enfants! Louis, qui avait bon appétit, suivit les autres. Il trouva son couvert mis, et il allait s’asseoir :

— Que vas-tu faire^ petit? lui dit alors le grand Bas-

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set, le premier ouvrier de Tatelier, en lui mettant la main sur l’épaule. Tu vas manger?

— Mais oui, monsieur, répondit Louis, un peu intimidé.

— Et que faisais-tu tout à l’heure? Tu nous regardais travailler. M’est avis qu’à cette heure tu pourrais bien nous regarder manger. Tu n’as pas diminué notre

— Que vas-tu faire, petit? lui dit Basset.

ouvrage, n’est-ce pas? Eh bien! donc, ne viens pas diminuer notre part à table.

Louis était tout rouge de honte, et cherchait à s’en aller : il aurait voulu être à cent pieds sous terre. Maître Franche, qui était un homme bon, le retint.

DEUXIÈME RÉGIT

HISTOIRE d’un atelier {suité). — Lci morale de maître Franche.

— Basset, mon ami, dit maître Franche, ce que tu dis est juste; mois tu oublies que tu parles à un enfant. Tu es un bon ouvrier aujourd’hui, tu travailles dur, et c’est ce qui te rend sévère pour les autres. Mais tu

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