‹ L'instruction morale a l'école (devoir et patrie)Chapitre 50 sur 67 · LE LIBRE-ÉCHANGE · texte numérisé non relu

LE LIBRE-ÉCHANGE

La concurrence est bonne, non seulement entre les gens du même pays, mais aussi entre des pays différents ; naturellement, quand on a besoin d’une denrée, on aime à l’acheter au meilleur marché possible, et on ne regarde pas d’où elle vient, pourvu qu’elle soit bonne et peu chère. L’intérêt de tous veut donc qu’on laisse les marchandises circuler librement^ sans s’occuper des frontières. De cette façon, chaque pays s’applique à produire les objets qu’il peut livrer à meilleur marché qu’aucun autre ; et, en revanche, chaque pays achète tout ce dont il a besoin au meilleur marché qu’il soit possible. C’est là ce qu’on nomme le libre-échangCc

Il y a eu des temps où l’on faisait payer aux marchandises venues des pays étrangers des droits d’entrée excessifs; cela faisait augmenter les prix, et tous les consommateurs en souffraient. Seulement, les fabricants français qui produisaient de ces mêmes marchandises les vendaient plus cher qu’auparavant. Et cela les enrichissait aux dépens des acheteurs.

Ainsi, vous le voyez, mes amis, il ne faut pas que les droits d'entrée, les douanes, comme on les appelle, soient excessifs : ce serait contraire au libre-échange.

Autrefois, du temps de la féodalité, le moindre seigneur mettait des douanes, des péages, à entrée de sa seigneurie : les marchands ne pouvaient pas faire cinq lieues sans payer des droits. Ainsi, en allant de Besançon à Marseille par Lyon, on était wcvtié quarante fois ; an arrivant, le prix de la marchandise était doublé, ce qui rendait le commerce impossible.

Page 1