‹ L'instruction obligatoire au ManitobaChapitre 17 sur 19 · DEVOIRS DES PARENTS · texte numérisé non relu

DEVOIRS DES PARENTS

De par les lois de Dieu et la loi naturelle, l'enfant appartient ■de droit à ses parents. L'Etat n'a sur lui aucun pouvoir moral. C'est aux parents qu'il appartient d'abord de donner l'éducation à l'enfant, et l'état n'a d'autre devoir à l'égard de ce dernier que €elui d'aider les parents à lui donner cette éducation. Les patents et non l'Etat ont le droit de contrôler l'éducation morale et religieuse de l'enfant.

Monsieur l'Orateur, je crois avoir suffisamment prouvé que, d'après la constitution du pays et d'après les principes généraux de la moraxe. la législature de cette province, où les catholiques occupent u ne position spéciale, n'a pas le droit de voter une loi d'éducation obligatoire.

On peut répondre : Nous ne voulons pas obliger les parents à envoyer leurs enfants à telle ou telle école, ils peuvent les envoyer aussi bien à une école privée qu'à une école publique.

Mais, Monsieur l'Orateur, les écoles neutres sont les seules reconnues par le gouvernement de cette province. Les catholiques paient des taxes scolaires pour le maintien d'écolrs qu'ils ne peuvent approuver et où l'on déiend d'enseigner les principes et les dogmes de leur religion. Outre cela, les catholiques de Winnipeg paient des taxes pour soutenir des écoles auxquelles les commissaires, à part quelques nobles exceptions, mais au nombre desquels se trouve le proposeur de cette loi, refusent de donner l'octroi provenant en partie des taxes payées par les catholiques eux-mêmes. Ce refus est motivé par le fait que les institutrices de ces écoles portent un habit religieux.

Ces mêmes hommes qui semblent cousidérer ces habits comme une marque de déshonneur, paraissent oublier que, lors de Tinvasion du terrible fléau de la petite vérole, il y a quelques années, ils furent trop heureux de rencontrer chez des personnes qui portaient de semblables habits assez de dévouement, de charité et d'esprit de sacrifice pour leur demander de prendre le soin des malades logés dans des maisons de santé construites à la porte de Winnipeg.

ILLEGAL ET INCONSTITUTIONNEL

En collectant ces taxes on agit centre la loi et contre la constitution. On ne peut obliger les catholiques de fréquenter ces écoles ; où, alors forcerons nous les parents catholiques d'envoyer leurs enfants ? A des écoles privées ? Où sont ces écoles privées et qui paiera pour leur maintien ? Sont-ce les parents ? Non, ils paient déjà des taxes pour des écoles publiques et on ne peut les obliger de payer doubles taxes. Sera-ce l'Etat ? Il nous faut alors revenir à la même conclusion : rétablissez les écoles confessionnelles, soumettez vous au jugement du conseil privé, et alors votez si vous le désirez, une loi d'éducation obligatoire.

Nous devons maintenant considérer un autre côté de la question. Si vous votez une loi d'éducation obligatoire, qui devra voir à ce que les parents et les enfants observent cette loi ?

Seront-ce des officiers surveillants ? Mais qui seront ces hommes ? Où trouverez-vous ces juges sages et savants, ces policiers éducateurs puissants, omnipotents? D'après quelle loi pourront-ils pénétrer dans les demeures des citoyens ? Quel est le code de droit et de justice qui leur permettra de s'enquérir de mes affaires privées et de celles qui ne regardent que ma famille ? Sur quel droit se baseront-ils pour décider si les parents peuvent ou ne peuvent pas procurer à leurs enfants l'éducation nécessaire ? Que deviendra alors sous une telle loi le respect sacré dû à la demeure et à la propriété ?

Avant de voter cette loi à la hâte, les membres de cette assem blée devraient se rappeler cette devise tout à fait anglaise — "Mon home est mon château" — Que personne n'y entre, car il peut y avoir du danger.

Il faut aussi songer M. l'Orateur, que les petits vagabonds ramassés d'après cette loi ne seront pas toujours des compagnons

désirables pour de petits enfants appartenant à un milieu cultivé Le niveau de la morale de l'école pourrait être rabaissé par ceux au bénéfice desquels on veut voter cette loi, et le mal résultant chez les bons individus serait plus grand et plus déplorable que serait consolant le quelque bien germant chez les autres.

Page 1