‹ L'instruction obligatoire au ManitobaChapitre 18 sur 19 · DES PETITS CHEMINEAUX · texte numérisé non relu

DES PETITS CHEMINEAUX

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II faudrait une école spéciale pour ces petits enfants bonds. Je vous le demande, Monsieur, que feront les officiers sur veillants ou rp]tat de ces enfants qui sont obligés de travailler pour soulager la misère au foyer ou dont les parents sont trop pau vres pour remplacer par des habits convenables les haillons dont ils sont couverts et qui seraient pour eux une cause d'humiliation et une source de souffrances au milieu de leurs petits camarades.

Citeront-ils les parents devant les cours de jiislice ? Poursuivront-ils la pauvre veuve qui n'a qu'un jeune fils pour soutien ? Etabliront-ils une caisse de secours pour subvenir aux besoins des parents pauvres ?

Que feront-ils du chef de famille catholique qui dira "Je n'envoie pas mon enfant à l'école catholique parce que cette école est remplie. Je ne possède pas les moyens de l'envoyer à une école privée et je ne l'enverrai pas à une école publique neutre ?"

L'am'èneront-ils devant un tribunal et l'enfermeront-ils au cachot ? Qu'ils le fassent, s'ils l'osent*! Ils seront bien reçus !

M. l'Orateur, je veux être franc et bien compris, je suis contre une loi d'éducation obligatoire. Je ne crois ni au principe qui l'inspire ni à sa possibilité d'être mise en pratique. Selon moi, l'Etat n'a aucunement le droit de la voter, surtout dans cette province. Je crois avoir prouvé clairement que cette loi serait inconstitutionnelle et ultra vires. Il ne serait pas sage de la voter parceque sa mise en pratique demanderait des maisons et de l'argent que nous n'avons pas. Dans la ville de Winuipeg aujourd'hui, les écoles sont trop petites pour loger tous ceux qui veulent y assister.

Je ne crois pas, M. l'Orateur, que cette loi soit demandée par la majorité du peuple de cette province et je pense avoir prouvé qu'elle est le résultat d'une machination politique. Mais, je le ré

pète, M. l'Orateur si l'on croit qu'il est clans l'intérêt du pays de voter cette mesure, qu'on la vote. Ceci voudra dire que l'on veut la réouverture de la question scolaire.

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