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CHAPITRE V

T40UVELLE PÉTITION DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MUL- HOUSE AU SÉNAT. L'INSTRUCTION OBLIGATOIRE A L'EXPOSI- TION UNIVERSELLE DE 1867.

'Discours de M. Michel Chevalier aa Sénat. — Rapports des jurys de TExposition universelle. — Proposition Gnillaumin. — Un extrait des Rapports duharon Stofftil.

En 4867, au moment où rExposition universelle allait Couvrir, la Société industrielle de Mulhouse voulut faire auprès du Sénat une nouvelle tentative en faveur de Vinstrucwlion obligatoire.

Dans une pétition adoptée à l'unanimité, sous la présidence 'de M. Auguste Dollfus, et rédigée par M. de la Sablière, principal du collège de Mulhouse, la Société rappelle ses vœux écartés, cinq ans auparavant, par le motifsans doute, dit-elle, que cette ancienne pétition « ne tenait pas suffisamment <;ompie des difficultés d^une mesure proposée dans des termes trop absolus. » La pétition nouvelle, reprenant les conclusions subsidiaires du rapport de M. Duruy, se borne à demander qu'un article additionnel à la loi présentée au Corps législatif autorise les communes « à exiger des familles domiciliées que leurs enfants fréquentent une école publique ou privée. »... « Entre la situation présente si regrettable et la mesure absolue on établirait une transition qui, tenant compte des dif- 'ticultés, conduirait plus lentement, mais plus doucement, au •but désiré. » Bien loin de réclamer la gratuité absolue, lapéti-

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L'INSTRUCTION OBLIGATOIRE. i:^

lion ajoute : « Les moyens d'exécution ne seraient pas nécessairement les mêmes partout... Dans quelques provinces de Hollande, le nombre des écoliers allant sans cesse diminuant, l'administration mit en vigueur un règlement qui obligeait tout père de famille à payer une taxp scolaire pour chacun de ses enfants de 6 à 12 ans, qu'il fréqtientât ou non Fécole publique, à moins qu'il ne fût prouvé qu'il recevait l'instruction à domicile ou dans une école privée. L'eiFet de cette mesure dépassa toute attente, et, en peu d'années, le chiffre des abstentions devint insignifiant. Pour quiconque connaît nos paysans et nos ouvriers, il est hors de doute que, payant une somme, même minime, pour l'instruction de leurs enfants, ils voudront les en faire profiter. Quant aux familles indigentes, rimmuhité leur serait assurée du moment qu'elles enverraient leurs enfants aux écoles, mais dans ce cas seulement, de manière que, pour les contrevenants, la taxe serait une sorte d'amende qu'ils s'infligeraient eux-mêmes sans juges ni tribunaux. Ajoutons qu'il faut bien se dire qu'une contrainte quelconque ne s'étendra guère qu'à une génération et que le bienfait demeurera acquis à celles qui suivront. »

M. de Mentque, rapporteur, proposa brièvement Tordre du jour sur la pétition en disant : « Cette sorte d'expédient pour arriver indirectement à l'enseignement quasi-obligatoire, a paru h votre commission encore moins acceptable, dans un pays coname la France, que le principe lui-même, nettement reconnu et partout appliqué, de renseignement obligatoire. »

Dans la séance suivante,^ M. Michel Chevalier soutint avec énergie les vœux de la Société industrielle. Devançant, en quelque sorte le verdict qu'allaient rendre contre nous, en 4867 comme en 4862, les jurys internationaux de l'Exposition universelle, il parla de la supériorité relative acquise aux peuples où l'obligation scolaire est entrée dans les lois ou dans les mœurs. Il cita « le groupe des nations qui sont en avant, qu'on peut citer comme modèles, et que toutes les autres contemplent avec admiration, quelquefois avec crainte, toujours

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