‹ L'instruction obligatoireChapitre 19 sur 39 · Rapports du jury international^ 1868. Tome I, p. CGC · texte numérisé non relu

Rapports du jury international^ 1868. Tome I, p. CGC

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porteur, chargé <]£ présenter des considérations générales sur le dixième groupe (objets exposés en vue d'améliorer la con* dition physique et morale de ia population), conclut dans le même sens : « Le point principal sur lequel l'attention semble particulièrement appelée par les documents scolaires rassemblés à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867 est incontestablement la nécessité de donner, par l'école du jour et par celle du soir, à chaque habitant de tout pays qui se prétend civilisé, les éléments indispensables de l'enseignement primaire : lecture, écriture, calcul. Ce but est généralement atteint dans les pays où l'instruction a été rendue obligatoire; dans les autres, à peu d'exceptions près, les résultats obtenus ne sont pas en rapport avec les dépenses faites. Dans beaucoup d'États d'ailleurs, notamment en France, le budget de l'instruction publique est insuffisante »

« Il faut avouer, dit M. de Mofras, secrétaire d'ambassade, chargé du rapport sur les bibliothèques, que, dans la voie que nous parcourons, la France est devancée par l'Allemagne, les États-Unis et l'Angleterre, qui doivent leur succès à l'initiative privée, à cet admirable esprit de self-govemment propre à la race anglo-saxonne, *aux instincts studieux des populationset, en grande partie, il faut le dire, aux législations qui rendent, dans tous les pays germaniques, l'instruction obligatoire. Pour ne parler que de la Grande-Bretagne, on y • voit en ce moment même les mots compuhory éducation prononcés dans de nombreux meetings Bien des personnes

pensent, en France comme en Angleterre, que l'adoption de ce principe et des conséquences qui en découlent est peutêtre le seul moyen de vaincre l'inertie de certains parents et de faire pénétrer la lumière religieuse, intellectuelle et morale au sein des classes laborieuses ^ »

La plupart des délégations ouvrières envoyées à l'Exposition universelle de \ 867 ont demandé, avec ensemble, Tinstruc-

I. Ttapports du jury international, tome Mil, \\ 10, ?. Ibiâ,^, lomeXlII, p. 745.

tioii gratuite et obligatoire. Leurs rapports, publiés en 1868» contiennent à cet égard des vœux très-pressants. « La Prusse, elle, disent les tourneurs en cuivre, n'a pas reculé devant Tobligation de l'instruction. »

Lors de la discussion au Corps législatif de la loi sur Tarniée, en 1867, un honorable député, M. Guillaumin, à l'article 13, qui exempte des exercices de la garde nationale mobile « ceux qui justifient d'une connaissance suffisante du maniement des armes et de l'école du soldat, » proposa d'ajouter ces mots : « de la lecture et de l'écriture, » Cet amendement fut repoussé par la commission, a II faut, dit-elle, laisser chaque chose à sa place et ne pas faire de la loi sur Tarmée un moyen coercitif au profit de l'école primaire ^. »

M. Duruy ayant demandé, le 2 mai 1 868, à son collègue de la guerre, communication des passages du rapport du baron Stofiel qui pourraient concerner renseignement, M. le maréchal Niel lui envoya, le 13 mai, la pièce suivante :

a Extrait d'un rapport adressé au ministre de la guerre par M. le lieutenant-colonel Stoffel, attaché militaire à l'ambassade de France à Berlin.

« Le principe de l'instruction obligatoire est adopté en Prusse depuis plus de trente ans; aussi la nation prussienne est-elle la plus éclairée de l'Europe, en ce sens que l'instruction est répandue dans toutes les classes. Les provinces polonaises, seules, vivent encore dans une infériorité relative. En France, où Ton ignore si complètement toutes les choses se rapportant aux pays étrangers, on ne se doute même pas de la somme de travail intellectuel dont l'Allemagne du Nord est le théâtre. Les écoles populaires y abondent, et, tandis qu'en France le nombre des centres d'activité et de production intellectuelle se réduit à celui de quelques grandes villes, l'Allemagne est couverte de pareils foyers, et, pour les énumérer, il faudrait descendre jusqa'à nommer des villes de troisième et quatrième ordre. » (23 avril 1868.)

t. Moniteur du mardi 17 décembre 1867.

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