Librairie HeUeL t87A
nature : « L'obligation de l'enseignement primaire, dit-il, n'est pas une question de Tordre politique ou économique; c'est une question de morale dont la solution serait bien placée au Code civil sous la rubrique des Droits et devoirs des parents envers leurs enfants *. »
L'exposition universelle de 4862, à Londres, allait fournir bientôt aux partisans de l'instruction obligatoire l'occasion de s'entretenir avec les représentants les plus autorisés des nations étrangères. Une place importante était faite, en eifet, dans le palais de Kensington, non-seulement au matériel des écoles, mais aux documents qui font connaître les résultats obtenus. Une comparaison allait s'établir nécessairement entre les différents peuples deTEurôpe, considérés au point de vue des écoles et de l'instruction populaire. Les États-Unis, déchirés par la guen-e civile, n'avaient pu prendre part à l'exposition.
La France, traitée dans le vei-dict du jury en-puissance de second ordre, dut à l'absence de l'Amérique de ne pas voir s'augmenter encore le nombre des nations qui la précèdent.
C'est le 13 juin 4862 que le Jury international de la classe XXIX consacrée à l'enseignement, réuni sous la présidence de M. le marquis de Cavour, disait dans son rapport au comte Granville, président des commissaires de la Reine :
<i Tous les peuples civilisés comprennent aujourd'hui que, pour
« assurer leur avenir et pour consolider ou propayer les principes a qui sont le fondement et l'honneur du monde moderne, ils doi- « vent considérer Véducation des générations nouvelles comme un (a intérêt social de premier ordre.
« La Prusse et les autres États du Zollverein, où l'instruction a est érigée en devoir légal, comme dans les Etats Scandinaves et « la Suisse, tiennent, avec eux, le premier rang en Europe quant « au degré d'instruction du peuple*. »
Le membre de la section française du jury, chargé du rapport relatif aux documents scolaires, a présenté l'analyse des