Cf. The Clash, par William Hen
ry Moore, pp. 109 et suiv. Toronto, T. M. Dent & Sons, Ltd., 1918,
ét te
totalement les besoins éducationnels de Ja cam- Pagne. Sans doute Ja Province pourra s'offusquer de ce choix et. renverser le gouvernement : mais
ministre.
Comme dans tous les jeux de hasard, il y a une chance sur cent, une chance sur mille de tirer le bon numéro. Si on le manque, tant Pis pour l'édu- Cation! Faute de député qualifié, on prendra un
Dans la province de Québec, pas de ministre de l'instruction publique, et l'on tient l'éducation hors ce la politique. A Ja place d'un ministre, il y a deux comités, l'un catholique, avec trente-six membres, l'autre Protestant, avec vingt-deux
membres, tant laïques qu'ecclésiastiques. Ces comités occupent la même position à l'égard du bureau que le ministre dans les autres provinces. Ils sont les véritables facteurs du système: le gouvernement approuve leurs décisions par arrêtés en conseil et prête son organisme pour les mettre à exécution. Les politiciens restent à l'écart, ce qui permet au gouvernement de choisir les éducateurs et les hommes publics les plus distingués de la province. Si l'on en juge par la composition du comité protestant, la pratique est à la hauteur de la théorie: le choix fait grand honneur à la province. M. Moore cite la liste au complet et s'écrie: « Voilà les hommes que la province de Québec ennemie du progrès a mis à la place d'un ministre de l'instruction publique! Non pas, nous n’en avons ici que la moitié, car il y a un autre corps d'éducateurs distingués, d'ecclésiastiques et d'hommes publics qui président sur les écoles catholiques».
Le personnel des comités ne change pas avec les ministères. Parce qu'un gouvernement aura mal administré les terres publiques, on ne bouleversera pas le système d'éducation, on n'écartera pas les hommes compétents pour les remplacer par des favoris politiques. Les gouvernants sont élus ou battus, mais l'éducation reste aux mains d'hommes choisis à cause de leurs capacités intellectuelles et de leurs aptitudes à administrer les affaires scolaires.
Qu'un protestant anglais de la province d'Ontario, connu par sa droiture d'esprit, sache mieux apprécier que maints catholiques canadiens-français les avantages du système scolaire de la pro-
Ésungs, 2 liens s Manet VU ie dites ds
vince de Québec, c'est un signe des temps! «Sei- Bneur, protégez-moi seulement contre mes compatriotes et amis, disait le grand O'Connell; je me charge des autres!»
Griefs de nos homr » d'affaires
Venons-en aux desiderata signalés Par quelquesuns de nos hommes d'affaires. Est-ce que les besoins du monde commercial exigent l'introduction chez nous de l'instruction obligatoire, parce que les jeunes Canadiens français ne se dirigent pas en assez grand nombre vers les affaires ? La plainte générale est, au contraire, que les académies commerciales sont trop multipliées, qu'on détourne de l'agriculture un nombre trop considérable de jeunes hommes pour les attirer dans les villes et augmenter le nombre des petits commis sans chance d'avancement. Chose certaine, c'est qu'en temps normal les maisons de commerce ou les banques ne sont pas du tout embarassées pour recrüter leur personnel et que les demandes d'emploi dépassent toujours le nombre de ceux qu on peut accorder. Et c'est la raison pour laquelle une foule de jeunes gens très bien doués languissent indéfiniment dans des postes inférieurs, avec des salaires de famine.
Dira-t-on que leur Préparation est insuffisante ? Le Mont Saint-Louis à Montréal, l'Académie commerciale de Québec ou celle d'Ottawa, la plupart des collèges commerciaux des grands centres peuvent fournir, par leurs anciens élèves, la preuve
péremptoire que cette préparation a été trouvée satisfaisante par des centaines d'employeurs très difficiles. Sans doute, comme toutes les écoles spéciales, les collèges commerciau:: donnent une simple initistion qui n'exclut pas les développements ultérieurs. Le jeune médecin à qui l'université vient de conférer son diplôme ne: possède pas toutes les connaissances théoriques de son professeur ni l'expérience des vieux praticiens; il devra continuer de s'instruire dans l'exercice même de sa profession. Ainsi en est-il du jeune homme qui embrasse la carrière des affaires.
Les élèves des collèges commerciaux canadiensfrançais reçoivent-ils une formation inférieure à celle que donne les collèges anglais? Il y a des préjugés dont on doit ici se garder. Parce que les Anglo-Canadiens adonnés aux affaires sont plus nombreux et plus riches que les Canadiens français, on est porté à conclure d'instinct, sans aucun examen sérieux, que leur formation collégiale est bien supérieure à la nôtre. Tel qui prône cette supériorité changerait bien vite de ton s’il prenait à son service les jeunes diplômés des collèges anglais. Nous en connaissons personnellement qui ont fait cette expérience et ils sont devenus beaucoup plus discrets. Le second préjugé consiste à exiger du jeune Canadien français, au sortir de l'école, une connaissance de l'anglais aussi parfa..e que celle du Canadien anglais dont c'est la langue maternelle. On oubiie que le premier ne recule pas devant une formation en partie double, en deux langues, et qu'il ne peut être rompu à
ne dhigteere
pt ms
si ht ms at LS à | acc a eo oc
toutes les atechnicalités» Comme celui qui se limite à une seule langue. S'il arrive que le jeune commis bilingue, récemment diplômé, n'ait pas la même compétence en angleis que le commis unilingue, on déclare aussitôt notre formation inférieure à celles des écoles anglaises. C'est injuste. Qu'on compare les commis bilingues formés dans les écoles anglaises à ceux formés dans les écoles françaises, fort bien, et je ne crois pas que les nôtres redoutent cette Comparaison. Mais qu'on exige du jeune débutant qu'il fasse le travail de deux hommes, qu'il passe incessamment d'une langue à l'autre et soit aussi compétent, dès l'abord, que les deux comris unilingues qu'il remplace, c'est Peut-être trop demander. On tient Plus compte des limitations accidentelles que des qualifications véritables, Cette Préparation de nos jeunes hommes pour les affaires ne Pourrait-elle Pas être encore plus parfaite ? Oui, si faise, t dans les collèges Commerciaux l'épuration cnnseillée aux collèges classiques, on éliminait impitoyablement les éièves qui ne manifestent pas d'aptitudes spéciales pour les affaires et végéteront toujours dans des postes inférieurs. Oui encore, si l'on
écoles supérieures, à l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal ou à celle de Québec. Enfin, si nos Commerçants et hommes c'affaires canadiens-français avaient le Courage et le bon sens de s'affirmer ce qu'ils sont, de créer une réputation au commerce Canadien-français, on n'impu-
terait pas à la formation des collèges une prétendue infériorité des Canadiens français dans le domaine commercial qui n'existe pas en réalité. Que chacun porte ses responsabilités!
Va-t-on prétendre qu'il est nécessaire d'établir l'instruction obligatoire pour fournir au commerce les jeunes hommes dont il a besoin ? Ce serait se moquer du public, parce qu'il y a déjà pléthore de ce côté. Va-t-on prétendre que l'instruction obligatoire améliorerait d'un iota la situation actuelle Ce serait déraisonner à côté de la question.
Griefs de nos collèges classiques
Les collèges classiques n'ont-ils pas des griefs eux aussi à faire valoir conure notre enseignement primaire ? Certainement. Mais ils ne les expriment généralement pas. Ils se bornent à enregistrer patiemment les horions qu'ils reçoivent périodiquement de ce que, pour des raisons d'ordre financier et d'ordre intellectuel rationneliement pratique, etc., ils ne se prêtent pas à toutes les réclamations disparates — et souvent contradictoires—dont on les accsale; de ce qu'ils ne jugent pas opportun d'adopter les multiples programmes que leur suggèrent beaucoup de mécontents, qui n'ont d’autre horizon que le petit cercle d'intérêts où il se meuvent.
Mais enfin, les directeurs d'instruction secondaire, comme les autres, n'ont pas toujours à se féliciter de nos écoles primaires. Celles-ci ne
prés le lité.
ablir
erce
it. se hore tion tion e la
nn sers à se -Ci ne
nn à 1
bien leur importance, Puisqu'elles doivent former l'élite laïque et cléricale de Ja nation.
les enfants de onze, douze ans de certains jardins de ] ‘enfance, sont so
Croyons-nous, à la plus grande latitude laissée, Par un programme moins rigide et moins guindé, à l'initiative Personnelle de maîtresses expérimentées : cela tient aussi à -e que ces maîtresses, ayant à c'nsacrer moins de temps à Ja confection de pa- Perasses officielles, en ont plus pour s'occuper des enfants et communiquer avec leurs Parents, dont la collaboration à l’œuvre de l'enseignement est si efficace. Ayant moins de formalités bureaucratiques à remplir et de 7omptes rendus à rédiger des-
sans en parler, beaucoup d'analvse logique. Or cela est d'un grand secours aux débutants des études classiques. Sans elle le cours s'en ressent. Le manque initial d'analyse logique influe même Sur le reste de la vie.
Allons-nous, Pour remédier à cette lacune, faire appel à une loi G'instruction obligatoire ? Pour le Coup, on m'accuserait, et à bon droit, de n'avoir Pas fait d'analyse logique dans mon enfance.
Le point de vue agricole
Reste à examiner l'urgence d'une loi d'instruction obligatoire, au point de vue agricole.
On nous parle de culture méthodique et intensive, opposée aux vieilles rm‘ hodes routinières de nos habitants, qui ne « inent qu'un mince rendement. Le temps est mal choisi pour s'emporter contre le marasme de l'agriculture, quand notre producton agricole a presque doublé depuis quelques années, malgré la rareté de la maind'œuvre.
Une question. Est-il urgent de contraindre légalement nos habitants adultes, qui ont de l'instruction, à s'en servir pour apprendre et inaugurer sur leur terre les nouvelles méthodes tant préconisées ? Non. Vous ne songez seulement pas à imposer pareille tyrannie. L'habitant est maître chez lui.
Et bien, comment pourrait-on trouver alors urgent de contraindre le père de famille à procurer à ses fils une instruction qui les rende capables d'user de ces méthodes, mais qui, plus tard, à leur tour, resteront libres comme leur père de les employer ?
Des deux contraintes cependant, il faudrait choisir la première, parce que l'une et l'autre sont également odieuses et que la seconde ne vise qu'un résultat médiat, éloigné et fort problématque, — conditionné par la libre volonté de ces futurs cultivateurs que le gouvernement d'alors ne voudra ni ne saurait légitimement contraindre. Con-