‹ L'instruction obligatoire [microforme]Chapitre 4 sur 33 · Cité par Cathrein, S. J Phitosophia moralis, p · texte numérisé non relu

Cité par Cathrein, S. J Phitosophia moralis, p

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Autorité directe des Parents impartageable

Mais on me demandera : De ce que la famille entrant dans la société garde intacte sa constitution, et les parents leur devoir et le droit d'élever leurs enfants, s'ensuit-il que l'État ne possède aucun droit sur l'éducation de l'enfant ? Est-ce que, encore une fois, le droit du Père est absolument im- Partageable ?

Après les quelques notions ci-dessus exposées, je Puis plus facilement motiver la réponse monosyllabique que j'ai déjà donnée à cette question.

S'agit-il du droit direct et immédiat, il ne saurait appartenir qu'au père qui ne Peut en conscience ni s'en dessaissir volontairement, ni le Partager.

S'agit-t-il du droit indirect et médiat, l'autorité civile non seulement le possède, mais est même tenue de l'exercer.

Je m'explique à l'intention du gros de mes lecteurs moins au fait d'une terminologie claire et précise cependant Pour tous ceux qui ont étudié et traité ces questions d'une façon sérieuse.

Le droit immédiat des parents Signifie que les parents, dès la naissance de l'enfant et jusqu'à ce qu'il puisse se suffire à lui-même ont, avant tout autre, l'obligation et le droit de pourvoir à son perfectionnement physique, intellectuel et moral, Et ce droit est direct en ce sens que les parents n'ont pas à obtenir l'autorisation et la délégation de qui que ce soit pour l'exercer.

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Or, un tel droit ne saurait appartenir qu'au père.

En effet, l'éducation n'est pas comme un lopin de terre ou une pièce de drap que l'on peut se partager. Elle forme un tout, un bien indivis qui, de sa nature, exige un seul propriétaire, un seul maître. « D'autres maîtres que le père, y compris l'État, peuvent y coopérer, mais comme délégués et non en vertu d'une autorité directe et indépendante. Autrement, elle manquerait d'unité, elle deviendrait même impossible, entravée qu'elle pourrait être par un enseignement contradictoire.

Accordez à l'État comme au père un droit direct sur l'éducation, qu'enrésulte-t-il? Tousles deux, sans autorisation ni délégation l'un de l'autre, peuvent éduquer l'enfant. L'un pourra s'efforcer d'en faire un bon catholique, l'autre un bon protestant: l'un pourra faire le choix de tels moyens, de telles méthodes incompatibles avec les moyens, les méthodes employés, imposés par l'autre: l'un pourra vouloir l'orienter, suivant sa condition, vers un état qui, absolument parlant, exige peu ou point d'instruction, tandis que l'autre voudra en faire un commerçant, un habile ouvrier; un contremaître, un ingénieur, un homme de profession.

Et tout cela se ferait au nom du droit naturel ? Au nom de Dieu qui en est l'auteur ? et à qui il faudrait attribuer un pareil désordre ?

Non, l'éducation ne relève immédiatement et directement que d'une seule autorité, Faites votre choix, il n'y 2 pas de milieu. Attribuez-la, si vous voulez, à l'autorité civile; mais alors avouez que vous rejctez le droit naturel et la doctrine ca-

tholique et que vous adoptez les Principes de Rousseau, voire même des révolutionnaires et des 80cialistes qui en ont tiré les conclusions logiques.

Quant à nous, nous Persisterons à répéter avec l'Église que le père de famille possède un droit immédiat et direct à l'éducation de ses enfants et qu'il ne saurait s'en départir ni le Partager avec qui que ce soit, fût-ce le dieu-État.

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