AVE . REQVIESCAT . IN . PAGE
Jean Portier, qui avait ainsi préparé sa sépulture dans le sanctuaire de la Sainte-Vierge, y fut inhumé en effet. Son œuvre se perpétua, car le souvenir s'en est conservé au village, et l'on y montre encore la chambre où se faisait la classe.
Le fondateur du second collège de Beaumont-Pied-de-Bœuf fut maître René Piousson, curé démissionnaire de la même paroisse. Il était neveu de Jean Piousson, prêtre, curé de Ghantenay, qui sous le pseudonyme de Sousnor, publia le Dialof/ue des trois vignerons manceaux, et qui lui-même, entre autres bienfaits, fonda le collège de Ghantenay. Avant d'occuper la cure de Beaumont, Picné Rousson avait (Hé pourvu de celle du Buret (1612 à 1622), puis de celle de Ghantenay qu'il quitta avant 1644.
L'acte de fondation du collège de Beaumont fut passé devant Jean Esnault, notaire à Ballée. le 16 juin 16ol. Dans le préambule René Rousson dit faire cette bonne œuvre : <f reconnaissant les M biens et laveurs qu'il a plu à la ^lajestô Divine lui départir..., » voulant en bien user... principalement vers les pauvres de la » paroisse de Beaumont..., afin de participer aux prières des » jeunes enfans...., et parce que de longtemps il a eu cette in- » tention, et qu'autrefois il a fait fonction de maistre d'école, et » craignant de ne s'en estre deument acquitté... ».
Les biens légués à cette fin comprenaient diverses rentes s'élevant à un total de 148 livres, « et une maison de deux cham-
» bres, un grenier, un appenti, une petite galerie, une cour, un )) jardin, un autre appenti, avec un petit esvier et une petite » longère de jardin qu'il avait acquis au bourg de Beaumont de » Pierre Mont..., prêtre, curé d'Ahuillé. Une autre maison com- » posée d'un bouge, une cheminée, chambre à côté, grenier » dessus. »
» Ces dons étaient faits, nous citons textuellement, pour l'en- » tretien d'un maître d'école, lequel sera tenu bien et dûment » instruire les enfans en la crainte et au service de Dieu. Les » commençant et élevant dans la grammaire, à bien écrire et » chanter, du moins le plain-chant, afin qu'ils puissent aider avec » le dit maistre d'écolle à célébrer le service divin.
» Le titulaire devra se faire ordonner aux ordres sacrés ; il » ne devra être ni religieux, ni curé, ni vicaire, ni ayant charge » d'âme, ni sacriste.
» Il sera tenu de célébrer ou faire célébrer une messe basse » sur les cinq à six heures du matin tous les premiers dimanches » du mois et aux quatre testes de la Sainte- Vierge, nostre bonne » Dame et maltresse, pour servir de première messe ; et deux » messes chaque semaine, une de Beata et l'autre de Requiem.
» Le maître d'école fera chanter aux enfans en la dite église » ou en sa maison devant quelque image de Notre-Dame, le » salut à la Vierge, tous les soirs, afin d'exercer les enfans à » dévotion et service de Dieu et de la Sainte- Vierge.
» Veilleront à l'exécution de ces clauses, le curé ou l'un des » vicaires résidants, le procureur de fabrique, le procureur » syndic, et trois des principaux roturiers et plus anciens habi- » tants.
Pour la première fois le fondateur nommait à ce nouveau bénéfice François Rousson, son neveu, écolier étudiant au collège de la Flèche. Il demandait aussi qu'on préférât comme titulaire les membres de sa famille.
Avant d'être pourvu, le maître d'école devait être interrogé par le préfet ou régent de la première ou deuxième classe des PP. Jésuites de la Flèche, et apporter un certificat constatant qu'il était capable d'instruire les enfants, de sorte qu'ils puissent entrer en quatrième ou troisième classe chez les PP. Jésuites. »
Par le même acte qui estrexpression de ses dernières volontés, le testateur voulait être inhumé dans la chapelle Saint-Etienne de l'église de Beaumont. 11 laissait son calice au chapelain, il donnait à l'église deux custodes, l'une pour mettre dans le tabernacle, l'autre pour le sacre et également l'horloge qu'il avait placée dans le clocher (1).
Les exécuteurs testamentaires de René Rousson furent René Epinard, son neveu maternel, et son successeur dans la cure de Beaumont et Gervais Rousson, notaire à Arquenay. son frère.
Les titulaires connus du collège de Beaumont furent :
François Rousson, neveu du fondateur et désigné par lui ; il est encore principal en 1667.
Pierre Chénon, décédé en 1694.
Urbain Lemonnier, prêtre, qui présenté par Pierre Rousson, prieur de Romain au diocèse de Tours, comme aine de la famille, prit possession dans la maison du collège et dans l'église, li mourut en 1705.
René Gérard, prêtre, pourvu par l'évêque du Mans sur la présentation de Pierre Rousson, bourgeois de Tours.
René-Joseph Godebert, pourvu vers 1747, et mort en 1783.
Joseph Lemercier, nommé par le curé, le procureur de fabrique et plusieurs autres notables habitants, sans intervention de l'évêque du Mans, ni de la famille. Il n'était encore que sousdiacre à son entrée en charge le 14 octobre 1783. On le trouve, encore en fonction le 21 août 1791, mais comme il refusa le serment, il fut exilé en 1793 à Jersey (2).
Ecole des filles. — Elle existait depuis un temps plus ou moins long quand, en 1783, René-Joseph Godebert, principal du collège, fit une fondation de 60 livres en faveur de Marguerite Malitourne, épouse de Marin Brocherie « maîtresse actuelle des écoles et de celles qui instruiront après elle gratuitement les pauvres filles de la paroisse » (3).
fl) Insinuât, ecclés. XL. 308,309. — ('2) Insinnat. ecclùs. XL. 309. XLIV, 180. — Arch. delà fabrique. — Cab. de M. Gudbin. — (3i Arcliiv. do la fabrique.
BELGEARD (605 hab.).
Ecole des filles. — Dans la fondation de l'école de Montourtier, M. Louis Pouyvet de la Blinière, seigneur de Bourgon, avait inséré cette clause, que les sœurs de Montourtier iraient soigner les malades de Belgeard, à condition qu'on vienne les chercher à cheval.
Le registre de l'état du clergé de 1778 contient cette note sur Belgeard : « II y a une bonne maîtresse d'école » (1).
(1) Archives de l'évêchè du Mans,
BIERNE (l,04o hab.).
Ecole des garçons. — 11 janvier 1792. » Sur une pétition présentée par le conseil général de la commune de Bierné, expositive que le sieur Pottier, ci-devant vicaire de la même paroisse, était titulaire d'un bénéfice nommé Boile qui, suivant le titre de fondation, était chargé de la rétribution d'un maître d'école pour les enfants de la paroisse ; que le dit sieur Pottier, exact à toucher les rentes, n'avait pas montré le même empressement pour sa charge, mais qu'il avait abandonné la paroisse quelques jours après la rétractation de son serment ; que dans son absence, les grains de Boile avaient été mis dans un grenier dont la municipalité avait la clef, et avait été autorisée à régir provisoirement ledit bénéfice et à payer avec les revenus et d'autres les maître et maîtresse d'école pour instruire les enfants ;
« Le Directoire arrête, suivant les intentions du fondateur, que la commune de Bierné soit autorisée à présenter 3 sujets capables pour remplir les fonctionsde maître d'école et pareil nombre pour les maîtresses et déclare déchu de tout traitement ledit sieur Pottier.
« 6 février. — Le nommé Mince et son épouse sont nommés maître et maîtresse d'école dans ladite paroisse (1). »
Le pouillé du diocèse d'Angers ne mentionne pas le bénéfice
de Boile. La présence d'écoliers à Bierné est signalée dans les registres paroissiaux depuis 1641.
Les habitants de Bierné qui se plaignaient de leur vicaire-maître d'école et de l'abandon qu'il aurait fait de son poste, auraient dû ajouter qu'il avait été « obligé de s'enfuir pendant la nuit pour mettre ses jours en sûreté. » Les menaces ne venaient d'ailleurs que de quelques sujets exaltés. Il fut lâchement assassiné, quelque temps après la défaite des Vendéens au Mans, à quelques lieues de Laval, par les domestiques d'une maison où il avait reçu l'hospitalité (2).
(1) Archives nationales, F. HI. Mayenne 5. — Arch. de la Mayenne, Registres du Directoire. — (2) Dom. P. Piolin, Histoire de l'Eglise du Mans, VII, 522, et VIII, 505.
LE BIGNON (o20 hab.).
Ecole des garçons. — 1721, Julien Beul, prêtre vicaire du Bignon, qui lui-même avait instruit gratuitement les garçons, fait dans son testament des dispositions en faveur de ceux qui serviront au chœur.
(f De mes ornemens je désire qu'il soit employé des surplys pour trois jeunes enfans qui servirons à l'autel les jours defestes et dimanches et au chœur, dont monsieur le curé fera le choix. Pour lesquels trois garçons sera fait de mes soutenues, de petites soutenues pour servir à l'église.
« Et désirant pour la gloire de Dieu et édification du public de la paroisse, afin que le service soit d'autant plus solennel, je donne la somme de dix-huit livres par an, à prendre sur les rentes cy après dénommées, payable à un ecclésiastique ou autre personne capable, pour montrer à trois petits garçons leur mâtine et à chanter et psalmodier au chœur, aux festes, et dimanches et services actuels dans la dite église. Ensemble pour leur montrer à lire et escrire, qui sera par mois pour chacun dix sols, si sa piété ne le porte à le faire gratuitement ainsi que j'ai pu faire » (1).
Cette fondation ne prouve pas qu'il n'y ait pas eu d'école pour les garçons, ni que le maître, prêtre ou laïque, n'ait pas eu d'autres élèves que les trois enfans de chœur auxquels il donnait un enseignement spécial. Le legs de Julien Beul suppléait seulement pour eux à la gratification que les parents payaient eux-mêmes ordinairement pour leurs enfants.
Ecole des filles. — En 1710, Madeleine Geslin était maîtresse d'école. M. Frin, curé du Bignon, lui laisse par testament quelques boisseaux de blé « à une fois payés » .
Un double legs de M. Louis de Houillère, seigneur de la Jupellière, en faveur des pauvres et « d'une maîtresse d'école qui apprenne aux filles à lire et à écrire et le catéchisme », permit de faire une fondation durable. Les deux sommes léguées s'élevaient à 900 livres ; la maîtresse serait à la nomination du seigneur de la Jupellière et de quatre des premiers habitants.
Voici la lettre par laquelle le curé du Bignon demandait à Mgr révêque du Mans l'autorisation de réunir les deux sommes léguées « pour les employer à l'établissement de deux écoles ; établissement très utile surtout dans les campagnes » :
« Ce considéré, Monseigneur, plaise à votre Grandeur de permettre que les deux sommes d'argent soient employées à établir dans les paroisses de Maisoncelle et du Bignon, des écoles pour instruire les filles. Madame de la Jupellière, dame distinguée plus par l'éclat de ses vertus que par celui de sa naissance, souhaite ces établissements et est disposée à en augmenter les fonds dans la suite.
« Les enfans reconnaissans de votre attention, ^Monseigneur, à leur procurer une éducation chrétienne, formeront des vœux ardens pour vous, et le suppliant redoublera les siens pour la conservation de votre Grandeur.
(Signé) : Guillottais, curé du Bignon.
i. 2. Archives de la fabrique.
LA BIGOTTIÈRE (876 hab.).
Ecole des garçons. — Le collège du Paty, uni à la chapelle de la Feuillée, avait été fondé vers la fin du XVP siècle par Guyenne d'Orenge. M. Cauvin rapporte la fondation au 5 octobre i638. Les charges étaient d'une messe par jour, avec obligation d'instruire gratuitement cinq enfants pauvres. Les revenus s'élevaient à 2000 livres par an en 1778 : Le Paige dit 200 livres.
On connaît un bon nombre de principaux du collège du Paty.
1686-1701, Guillaume Gonnet.
1701-1708, Léon Trouillet, ci-devant prêtre habitué à Vautorte.
1710-1719, Pierre Lebourdais.
1719-1732, René Patron.
1732-1737, Guy Gournay, ci-devant vicaire à St.-Germaind'Anxure.
1737-1747, Gilles Gesneau, prieur de Blehon. prêtre du diocèse de Séez, demeurant à Paris, au collège de Harcourt.
1747-1771, Jacob Benoist, du diocèse d'Avranches.
1771-1773, Pierre Cousin, vicaire de la Bigottière.
1773-1782, Charles Salmon, économe de l'hôpital Saint-Louis à Laval, il fut inhumé au cimetière de la Bigottière le 14 mars .1782, à 64 ans.
1782-1792. Edouard Jouanne, vicaire de Maréché. Il prêta serment en 1792 (1).
Ecole des filles. — En 1774, les sœurs étaient établies à la Bigottière. Dans une assemblée de 1784. les habitants déclarent (( qu'il est décent que les sœurs d'école aient gratuitement un banc, en considération des services qu'elles rendent à la paroisse en élevant la jeunesse et en donnant leurs soins à la décoration des autels »
1787. Sœur Anne Ledamoiseau est à la Bigottière (2).
(1) Insinuai, ecclès : — Arcliives de l'évèché du Mans. — Arcli. de la fabrique. — Registres paroissiaux. — (2) Arch. de la fabrique.
— 37 -^ BONCHAMP (1,146 hab.)-
Ecole des garçons. — Le 20 novembre 1682, M. Jacques Martin, curé de Bonchamp, fonda la chapelle de la Béhaudière, d'un revenu de 24 livres, pour une messe par semaine. Cette fondation, à défaut d'un prêtre du nom de Martin, pourra être conférée au vicaire, au sacristain ou au maître du collège. Mais, s'il n'y avait que deux prêtres dans la paroisse outre le curé, on devrait en appeler un autre auquel la chapelle serait attribuée.
Cet acte suppose que le collège était fondé antérieurement.
M. Cauvin, d'après le pouillé, dit que le collège fut fondé en 1682 et la chapelle de la Béhaudière en 1683, et que ce dernier bénéfice, dont dépendait une métairie de 400 livres de revenu, devait être donné de préférence au principal du collège.
La messe du samedi fondée par M. Pierre Anger, prêtre, devait être dite par le maître du collège, qui jouissait en outre d'une rente de 72 livres sur le moulin de Pochard, pour faire la petite école des garçons (1).
1693. — M. Lebossé « faisant à présent ladite escolle »
1702. — Ambroise Chaillou étant allé demeurer depuis un an à St-Sulpice, le curé de Bonchamp, le procureur syndic et le procureur de fabrique confèrent le collège à François Guillier, étudiant au séminaire du Mans, natif de Bonchamp.
1743. — Jacques Chamaret, aussi de Boncliamp, est nommé par les mêmes pour remplacer François Guillier décédé.
On trouve aussi en 172o Joseph Bigot, maître d'école laïque.
M. Chamaret devint lui-même curé de Bonchamp en 1774 et conféra le collège, vacant depuis plusieurs années, à Jacques Butler, clerc minoré, né à Bonchamp, en 1781 (2).
Ecole des filles. — 1719, M. Bidault, curé, lègue 2000 livres pour allonger l'église, « et 1000 livres pour mettre en fonds de, rente ou autrement pour aider à la subsistance d'une maîtresse d'école qui, après le décès de Renée Rotrou, sera nommée par les sieurs curés et rendra les mêmes services pour l'instruction des filles et pour le soulagement des pauvres malades. Et si on néglige
cet établissement dont j'ai connu la nécessité pendant trente années, je donne la même somme à lliôtel-Dieu de Laval ».
La délivrance du legs fut faite en 1722 et les fonds furent placés sur Jean du Boisberanger, écuyer, seigneur de Souchenelle, demeurant à Angers (3).
(1) Arch. de la fabrique et de révêché du Mans. — 12) Insin. ecclés. — ( 3) Arch. de la fabrique.
BOUÈRE (2,033 hab.).
Jehan Hullin, maître des écoles de Bouère, fut reçu notaire du dit Bouère le 24 janvier 148o (1).
Honorable Charles Delalande, par son testament du 21 mai 1672, devant Vincent Sesbouë, notaire, fonda la prestimonie et collège de Bouère. Le temporel consistait dans une closerie sise au bourg. Il est dit, par ailleurs,qu'une maison dépendant de cette fondation avait un de ses pignons vis-à-vis de la petite porte de l'église, la rue entre deux.
En 167o, Michel Auvé, curé de Bouère, se plaignit de ce que Jean Couleart, sieur de la Juguetterie, fermier du temporel de la cure, qui avait entre autres charges, celle de pourvoir la paroisse d'un prêtre pour administrer les sacrements et instruire les enfants aux premières messes,ne remplissait pas ses engagements'. Celui-ci répondit qu'il avait fait marché avec Marin Gaultier, prêtre, puis avec M. Chantelou, mais que le curé pour le vexer les empêchait de dire la messe. C'est ce même Marin Gaultier qui, dans un autre titre, est appelé chapelain de la prestimonie et collège de Bouère (2).
Ecole des filles. — Anne Gaultier de la Villandray, chevalier, seigneur de la Vaizousière, et Robert Bourdet, curé de Bouère, acquièrent, en 1783 (circaj, une rente de 80 livres sur le clergé « au profit de la maîtresse d'école de charité de Bouère » (3).
(1) Extrait des Archives de la Vaisouziére par Thorode, Bibliothèque d'Angers. — (2) Etude de M. Mouëzy, notaire à Grez-en Bouère. — (3) Arch. de la Mayenne, D. 6.
BOUESSAY (561 hab.).
Ecole des garçons. — Le dimanche 26 janvier 1779, les habitants de Bouessay, convoqués en assemblée générale, avec M. Bion, prêtre et curé, René Charles, procureur syndic, et Jean Lesage, procureur fabricien, décident que, n'ayant point de prêtre pour dire une première messe le dimanche et les jours de fêtes, ils feront une souscription pour celui qui voudra venir demeurer à Bouessay. Les messes qu'il dira seront à son intention, sauf celle du vendredi qui sera en Thonneur de Saint-Sébastien, pour les biens spirituels et temporels de la paroisse.
« Et s'il lui plaît de montrer à lire, etc., aux enfans du dit « Bouessay, il sera payé de leurs pères et mères ».
Le curé s'inscrivit pour soixante livres (1).
On lit au cahier des doléances de 1789 :
« Le Tiers-Etat désire, s'il plait à sa Majesté accorder cette grâce, que le vicaire qui seroit tenu à la première messe, fût tenu à faire l'école aux enfans de la paroisse ».
(1) Etude de Grez-en-Bouère.
BOURGNEUF-LA-FORÊT (2,125 hab.).
Ecole des garçons. — 1486. Une querelle survenue à l'auberge entre Michel Servent « pauvre jeune homme cordonnier, âgé de XXII ans » et Etienne Hamellier, tous deux prétendants à la main de la lille de Louis Rousseau, nous révèle l'existance d'une école au Bourgneuf-la-Forêt auXV" siècle.
« Le maistre de la ditte escolle » étant venu au bruit de la lutte voulut faire entendre des paroles de raison et apaiser la noise, mais il ne réussit pas à empêcher un malheur. Le cordonnier frappe son adversaire d'une broche de fer, et mort s'en suit neuf jours après. Charles VIII accorda rémission au meurtrier involontaire, qui n'avait pas été l'agresseur (1).
La note suivante se rapporte à l'école des garçons en même temps qu'à celle des Ulles pour le XYlIl'- siècle.
Ecole des filles. — En 1790, le procureur de fabrique dans sa déclaration indique parmi les biens appartenant à la fabrique :
« ^" La maison occupée par le maître d'école, ainsi que celle occupée par la maîtresse d'école, avec chacune un petit jardin, dont jouissent le maître et la maîtresse d'école, pour leur salaire, et dont il n'en revient aucun produit à la fabrique.
(( Ces deux objets pourraient rapporter à la fabrique, s'ilsétaient loués, un revenu de soixante francs. »
(1) Arch, nationales JJ. 218, fo 70. Note communiquée par M. l'abbé Leciru. — (2) Archives de la fabrique. Chronique paroissiale.
BOURGON(l,193hab.).
Ecole des garçons. — Le collège de Bourgon fut fondé par acte du 23 juin 1638, devant Guillaume Lebrun, prêtre, notaire apostolique à Vitré, par François Buffet, l'un des chapelains de Notre-Dame, dans la même ville. Les présentateurs étaient l'administrateur des hôpitaux St-Nicolas et St- Yves de Vitré, les deux derniers procureurs de fabrique, le procureur en exercice et deux proches parents.
1739. — Gilles Guillaume Le Queu, prêtre, vicaire d'Ernée, est pourvu contre plusieurs compétiteurs après le décès de Joseph Auvray.
1733. — G. Le Queu, devenu crue de Montaudin, est remplacé par Jean Aubert, vicaire de Bourgon. Georges de la Hunaudais, curé de la Chapelle-Erbrée, est présenté à la même époque par l'administrateur de l'hôpital de Vitré, et par quelques parents.
178i. — Après la mort de Louis Lazare Leroux, il y a compétition entre François Rocher et Toussaint Gilles Guénard.
En 1792 « le sieur Denomé, prêtre, jouissant d'un bénéfice fondé pour tenir les petites écoles » est dénoncé comme étant, ainsi que le curé et le vicaire, « d'un incivisme notoire. » La municipalité est chargé de présenter des sujets capables pour tenir les petites écoles.
Dans l'État du clergé en 1778,11 est dit simplement pour Bourgon : « Il y a un collège tenu par un principal. »
Cette fondation est aussi nommée le collège des Mélottières, parce que sans doute une terre de ce nom en formait le temporel (1).
(1) Insin. ecclés. LIX, 80, 107. LXV, 209. 217. 247. LXXVI, 316. 329. 330. — Archiv. de l'évéchè du Mans, — Archiv. de la Mayenne ; registres du Directoire.
BRAINS-SUR-LES-MARCHES (S84 hab.).
Ecole des garçons. — L'article oi" de la répartition des tailles de la paroisse de Brains pour l'année 1760 porte :
« Le nommé Letang, maître d'écolle, 10 sols ; pour la capitation, 8 sols, » (1).
(l)Arch. de la fabrique.
BRÉCÉ (1,947 hab.).
Ecole des garçons. — La première fondation pour école, mentionnée dans les archives paroissiales, est faite à une époque inconnue par Mathurin Fanneau, prêtre. Il donna pour cette fin « une petite maison sise au lieu de la Fontaine avecques ses appartenances. » Cette maison fut affermée en 1676 sans tenir compte des volontés du testateur, parce qu'il n'y avait pas alors de maître d'école. Quelques années plus tard « s'estant rencontré maître Michel Delestang, clerc, qui a esté receu par le dit sieur curé, prestres ethabitanspour estrc mestre d'escolle, et confirmé en cette qualité par monsieur le vénérable viquaire général de Monseigneur l'evesque du Mans ; pourquoy les dits sieurs curé prestres et habitansse sont contentés de la conduite (du dit Delestang) », on lui accorde à lui et à ses successeurs la maison susdite avec une petite rente, à charge « de faire dire par ses escolliers, de genoux, le De 'profundis avec l'oraison Inclina pour le repos de l'âme de deffunt M*^ Guillaume Regnard, prestre ».
Cette dotation était bien modique. M. Bodin, curé de Brécé, prieur de Cliampgeneteux et de Bais, doyen de Passais, demanda à Mgr révêque et en obtint la réunion à l'école d'un petit bénéfice qui n'était plus pourvu de titulaire. Il expose donc à Monseigneur « qu'il lui est presque impossible de faire exécuter ses ordonnances synodales au sujet des petites escoUes, n'y ayant aucune maison dans la ditte paroisse qui soit commode, n'y ayant point de bourg que trois maisons qui joignent l'église, le presbytère, la seigneurie, et une hôtellerie ».
« Il demande qu'on affecte à cet usage une maison au village de la Verquerie qui a été donnée à l'église à charge d'une messe par semaine, qui tombe en ruine parce que personne ne veut se charger de la fondation, et qu'il a laissée pour la jouissance, à M*^ Michel de Lestan, à présent maistre d'escolle de la dite paroisse... attendu qu'elle est la plus proche de la dite église de Brécé, et la plus commode pour les escolliers..,, à la charge par le maître d'escolle de l'entretenir de bonnes réparations, et de faire dire à ses escolliers tous les samedys les litanies de la Ste- Vierge (en l'église) du dit Brécé, et à la fin un Deprofundis, » pour les donateurs.
L'ordonnance conforme est datée du 19 janvier 1886, signée Duboysmotté.
Les choses restèrent dans cet état pendant un siècle ; mais dix ans avant la Révolution, les habitants, grâce à l'initiative et à la . générosité de leur curé, se pourvurent de deux établissements, dont la création nous donne les plus précieux renseignements sur les écoles au point de vue de leur installation matérielle. Il faut lire en entier ces actes importants.
18 novembre 1781, assemblée des habitants devant Jean-Âmb. Péan, notaire à Gorron, à la requête de Jean Letîscellier, procureur de fabrique.
« Lequel leur a représenté qu'attendu la grandeur de la paroisse de Brécé, l'éloignement où sont les habitants de la dite paroisse d'envoyer leurs enfants aux instructions de la paroisse, il seroitbon qu'il y eut une maison au bourg de Brécé ; que le domicile du sacriste fut près de l'église, au lieu que celui
du sacriste actuel et maître d'écolle va cesser au mois d'avril prochain, se trouvant alors sans maison n'y domicile, le propriétaire de celle qu'il occupe voulant la faire habiter par un de ses enfans ; qu'il seroit également du bien être qu'il y eut une maison capable de loger une maîtresse d'écolle, pour enseigner les jeunes filles de la paroisse, ce qui ne peut se trouver à moins qu'il ne soit édifié, pour l'un et pour l'autre, chacun une maison pour les loger sur les fonds de la fabrique ;
« Sur quoylachose miseendélibération et mûrement délibérée, les délibérants ont arrêté et donné pouvoir au sieur Lefiscellier de faire faire et construire une maison de quarante-trois pieds de longueur de dehors en dehors, sur vingt-deux de largeur aussi de dehors en dehors, de dix pieds de hauteur a partir de la plante de la porte, les pignons de deux pieds et demy d'épaisseur, les côtières de même épaisseur, deux croisées de cinq pieds de hauteur en pierre de taille et vitrage proportionnelle, deux portes même pierre de taille. Laquelle maison sera couverte de bardeau, sur une charpente qui sera posée suivant les règles de l'art.
« Pour raison de laquelle construction les délibérants ont donné pouvoir au ditLefiselier défaire tous marchés qu'il verra bon être, soit avec un entrepreneur de bâtiment, soit avec couvreurs, charpentiers et maçons qu'il verra bon, et lui sera passé à compte. »
Ecole des filles. — « Le dit sieur Mariel, curé du dit Brécé, de son côté, pour donner preuve de son zèle pour l'instruction des jeunes filles de la paroisse, promet faire faire et construire incessamment une maison pareille à celle ci-dessus en le susdit friche, qui servira à loger une maîtresse d'écolle et sœur de charité, sans en demander de récompense ; laquelle il nourrira tant qu'elle servira la paroisse comme il a jusqu'ici fait. Laquelle déclaration et promesse faite par le dit sieur Mariel les délibérans l'ont avec reconnaissance acceptée, et en l'acceptant, les susdites maisons seront employées en tant qu'il en sera besoin à la construction de la susdite maison et le surplus partagé moitié par moitié entre le sacriste et maîtresse d'écolle pour être par eux employé, et chacun un jardin qui sera séparé l'un et l'autre.
« Et pour dédommager le fermier actuel de ce friche, ils ont consenti qu'il jouisse du jardin de la Vesquerie autant à valoir sur cette non jouissance.
« Arrêté entre les comparans,quela fabrique n'ayant pas actuellement de deniers et que le procureur des prêtres ayant en son pouvoir la somme de cinq-cents-dix livres..., ils ont donné pouvoir au dit Letisellier de les emprunter et de les remployer autant à valoir sur les déboursés nécessaires à faire pour la construction de la maison qui servira à loger le sacriste et maître d'écolle.
(( Arresté encore, que dans le cas où celui qui succédera au dit sieur Mariel au bénéfice cure du dit Brécé ne voudrait pas nourrir une maîtresse d'écolle et sœur de charité, qu'il ne pourra jouir ni disposer de la susditte maison qui sera bâtie par le sieur Mariel, parce que son produit, comme celui du maître d'écolle et sacriste, au cas qu'il n'y en eut pas, revertira au profit de la fabrique.
« Lequel maître d'école et sacriste, de même que la maîtresse d'écolle et sœur de charité seront, sous le bon plaisir de Monsieur l'évoque, choisis par le sieur curé et habitants....
« Fait et arrêté au dit lieu ordinaire des assemblées de la paroisse de Brécé. ... etc. . . le vingt-cinq novembre mil sept cents quatre-vingt-un... »
Dans leur empressement le curé de Brécé et les représentants de la fabrique avaient négligé des formalités de bureaucratie ; ils furent condamnés chacun à une amende de vingt-quatre livres (( pour avoir fait édiffier une maison pour servir de logement aux sœurs d'écolle de la paroisse de Brécé o et aussi pour la maison du sacriste maître d'école (1).
(1) Archives delà fubrique, et cabinet de M. l'abbé Pointeau.
BRÉE(7i4 hab.).
Ecole des garçons. — 1592, M. Thomas Gaultier, prêtre et
chapelain, lègue à la fabrique la maison du Pressoir pour servir de classe aux garçons.
Un pré, nommé le pré des Rochers, avait également été donné a au collège des garçons et filles de Brée, pour montrer aux pauvres de la dite paroisse gratuitement».
En 1699, Marie Potier, femme de Joachim Gérard, lègue la closerie de Vaublée à la fabrique, à condition que le revenu serait aftecté par tiers à l'école des garçons pour l'instruction des pauvres, à l'établissement d'une école de filles et aux divins services.
Enfin, le 27 janvier i7o8, dans une réunion du général des habitants, M. Chedhomme, curé de Brée, « remontra son louable dessein pour le bien et utilité des petites écoles des garçons, où il n'y a pas même de logement commode pour cet effet. » Il se chargea de faire réparer la maison du Pressoir pour le logement d'un prêtre, et y ajouta le don d'un petit jardin joignant la maison des sœurs de charité.
Ecole des filles. — Le don fait en partie pour l'école des filles par Marie Potier, le 3 février 1699, permit sans doute d'avoir une maîtresse d'école, mais la fondation des sœurs de charité dans la paroisse est due à M. René Le Cornu, curé de Brée, et à sa nièce, demoiselle Thérèse Le Cornu, qui elle-même devint sœur de charité de la Chapelle-au-Riboul. Les deux fondateurs, l'oncle et la nièce, sont inhumés dans l'église de Brée, où se lit encore sur une plaque de cuivre armoriée l'épitaphe du prêtre ; l'acte de décès de « vertueuse demoiselle Marie Thérèse Le Cornu » est sur les registres paroissiaux.
L'acte officiel de la fondation des sœurs de la Chapelle-au- Riboul à Brée fut passé le 22 mai 1723 devant Pierre Bruant.
Par son testament la sœur Le Cornu léguait encore une somme de 400 livres à l'école des garçons. (1)
(D'Archives de la fabrique. — Arcli. de l'évèchc du Mans.
BRÉTIGNOLLES (308 hab.)-
Ecole des filles. — Le registre de l'Etat du clergé en 1778 dit qu'il « y a une fondation pour une maîtresse d'école » à Brétignolles.
Cette fondation est due à M. Fouquet, prêtre, à Paris. La titulaire devait être de préférence une parente du fondateur. Un membre de le famille, chef d'institution à Paris, ayant perdu sa fortune, sa fille vint à Brétignolles jouir de cette fondation et tenir les petites écoles. Elle avait pour ces fonctions un don et des aptitudes remarquables (i).
(1) Archives de l'èvèclié du Mans ; Note de M. Tarquant, supérieur du séminaire de Seez.
LA BRULATTE (ï&l hab.).
Ecole des garçons. — M. Louis Gastineau, prêtre, l'une des quatorze victimes condamnées par le tribunal révolutionaire et exécutées à Laval le 21 janvier 1794, était maître d'école à la Brùlatte.
Ecole des filles. — Le 30 juin 1686, le juge de Laval avec son greffier se transportent au lieu de la IMusserie, en la Brùlatte, chez Philippe Huchet et Marguerite Bourbon, se femme, nouveaux convertis Le mari et le fils aine étaient aux vêpres ; la mère dit que Gabrlelle et Elisabeth, ses filles, âgées l'une de lo et l'autre de 8 ans, sont instruites par leur père, qui les fait lire « en de petits livres de dévotion. . qu'elle a dit avoir été donnés par le sieur curé de la Brùlatte.... Luy avons enjoint, dit le juge, d'envoyer les dites Gabrielle et Elisabeth à rescolle, aux instructions et catéchismes de la dite paroisse de la Brùlatte » sous peine d'être envoyées à l'Hôpital-Général de Laval, [i)
(1) Arch.de la Mayenne, etmss. de M. l'abbé Pointeau.
CARELLES (8o2 hab.).
Ecole des garçons. — Par son testament de 1728, M. Midy, curé de Carelles, donne une somme de 4200 livres pour l'église et pour les pauvres, et aussi une « maison au bourg pour le vicaire qui fait les petites écoles » (1).
Ecole des filles. — 1773, « Léonore Lepaturel, maîtresse d'école, M est citée aux registres paroissiaux.
(1) Archiv. de la fabrique.
CHAILLAND (2,013 liab.).
Ecole des garçons et des filles. — Armand-Charles de la Porte, duc de Mazarin, seigneur de Mayenne, possédait à Chailland des forges importantes et fit construire pour les forgerons une chapelle de secours. Guyard de la Fosse nous apprend « qu'il gagea des maîtres et des maîtresses d'école pour l'instruction de la jeunesse dans toutes ses paroisses » (1).
(1) Hist. des Seigneurs de Mayenne, p. 179.
CHALONS (571 hab.).
Ecole des garçons. — Il est dit dans une présentation de la chapelle fondée en 1619 par Gervais Avenant, curé de Chalons :
1656. M"" Jean Dubois, clerc tonsuré, demeurant audit Chalons, s'oblige de faire acquitter les charges « et lorsqu'il ce sera faict prestre, il promet et s'oblige faire toutes les submissions portées par la fondation, qui est, toutes les sepmaines, une messe célébrée dans l'église dudit Chalons, au jour qu'il est dit, de tenir l'escolle et montrer aux enfants de la paroisse, et tous les jours du monde à perpétuité aller chanter l'oraison avec les escoliersdans l'église dudit Chaslon, sur le soir » (1).
(1) Archiv. de la fabrique.
CHAMMES (770 hab.).
Ecole des garçons. — M. Laurent Guéret, prêtre, curé de Chammes qui résigna en 1676, avait fait une fondation « pour l'entretien d'un collège dans ladite paroisse. » 11 donna un capital de 1140 livres avec une maison.
Cette fondation a toujours subsisté et même depuis la Révolution une rente provenant de cette origine a continué d'être servie à l'école de filles (1).
(1) Arch. delà fabrique. — Insinuât. Eccl.XXXV. lo8.
CHAMPÉON (1,561 hab.).
Ecole des filles. — Elle existait en fait dès avant le XVIIP siècle, puisque Roberde Gaultier qui futassocié aux premières sœurs de la Ghapelle-au-Riboul établies en 1708, était maîtresse d'école depuis longtemps.
24 août 1708. « Devant Michel Boullevraye, notaire à Marcillé... V. et D. François d'Herbelin, curé de Ghampéon,.. exécuteur testataire de Jean Cronier, prêtre,... fonde dès à présent à toujours mais deux sœurs de Charité pour maîtresses d'écolles pour instruire les petites filles, qui demeureront actuellement dans le bourg ou village le plus proche dudit bourg de Ghampéon, de bonne vie et mœurs et qui seront de l'élève, société et communauté de Perrine Brunet, sœur de charité, maîtresse d'école à la Ghapelle-au-Riboul ou des autres supérieures qui lui succéderont en ladite communauté; ladite Brunet présente et acceptante et dûment submise, tant pour elle que pour lesdites supérieures, lesquelles auront droit d'envoyer des maîtresses d'écolle à leur choix et volonté, avec pouvoir de les changer quand elles voirront bon être, et en envoyer d'autres àleurplace. Et au cas qu'elles ne puissent pas en envoyer M. le Supérieur du Mans de la Mission sera en droit d'en envoyer pour et autant de temps que ladite Brunet et celles qui lui succéderont n'en envoyeront point. Et pour faire subsister le présent établissement tant pour l'entretien, nourriture
que logement desdites maîtresses d'ecolle ledit sieur de Herbolin, en ladite qualité; et suivant le pouvoir que lui a donné ledit sieur Crosnier, par son testament, d'appliquer à des œuvres précises les legs y contenus, ainsi qu'il le trouverait a propos, à donné et donne par ces présentes... une chambre, cave dessous et grenier dessus avec ses devants, et ses issues communes, franchises et libertés, couvertes de tuiles et un jardin joignant au derrière d'icelle, le tout situé au bas du bourg de Ghampéon..., ensemble donne la somme de soixante-dix livres de rente annuelle... Desquels immeubles et rentes les dites maîtresses d'ecolle entreront en possession dès à présent et à perpétuité...
« Etd'autantqueRoberde Gaultier aété maîtresse d'école depuis longtemps audit Ghampéon, quia rendu de très bons services pour le soulagement des malades sans aucune récompense, elle sera préférée à toute autre sa vie durant, et sans pouvoir être changée sa vie durant, si ce n'est de son consentement, et percevra annuellement sa vie durant la somme de cinquante livres sur celle de soixante-dix livres cy dessus ; et l'autre maîtresse d'ecolle que ladite Brunet ou autres supérieures qui lui succéderont (enverra) ne (percevra) que les vingt livres restantes ... et jouira de laditte chambre, cave, grenier et jardin et ce pendant la vie de la dite Gautier, et son décès arrivé, laditte Brunet ou celles qui lui succéderont en mettra une autre à la place de laditte Gautier avec celle qui y sera alors, et lesdittes deux maîtresses d'ecolle jouiront communément et en société tant delà chambre, cave, grenier et jardin que de la ditte rente de 70 livres et a toujours mais aux conditions d'instruire les petites filles du dit Ghampéon, et sans prétendre autre récompense, au moyen que messieurs les habitants de Ghampéon ne les imposeront à aucunes impositions tant de sel que de taille que autrement... Et sont signés en la minute des présentes François d'Herbelin, François Loppé, René Salard, tesmoins, Perrine Brunet, avec nous notaire soussigné. »
Get acte fut passé au presbytère de Ghampéon [l).
Un nouveau bienfaiteur vint, à la veille de la Révolution, ajoutera la dotation primitive le don d'une maison (jui fournit pour trop peu de temps aux sœurs un logement plus convenable.
— oO —
10 février 1789, à Mayenne.
« Messire François de Hercé, prêtre, abbé commandataire de l'abbaye de Ghezal-Benoist et vicaire général de l'évèché de Dolen Bretagne, demeurant ordinairementparoisse Notre-Dame de cette ville de Mayenne... voulant favoriser et avantager l'école de charité tenue dans le bourg de Cliampéon par des dames connues sous le nom de sœurs grises, autrement dites sœurs de la Ghapelle-au- Riboul,et contribuer au logement de ces dites sœurs qui se trouvent logées trop à l'étroit, a déclaré et déclare par ces présentes faire donation pure et simple à ladite école de charité et abandon en faveur d'icelle d'une maison, cour, jardin, issues et dépendances, situés au bourg et paroisse dudit Ghampéon,.. (qui) appartient audit donateur suivant et conformément au contrat de vente qui lui en a été consenti par Jean Berson, garçon majeur, le 30 mars dernier, devant Simon Pierre Bourel, notaire à Evron. »
Les notaires sont Duhail et Lecotier(2).
11 y avait deux sœurs de laChapelle-au-Riboul à l'établissement de Ghampéon en 1778 (3j.
(1) Arch. de la fabrique. Uober do Gaultier, sœur d'école, vivait encore en 1727 et demeurait au lieu de la Touche en Cliampéon. Etait-ce le lieu de résidence des sœurs?. — {'2) Arcli. de la fabrique. — (.S) Arch. de l'Evèché du Mans, Elat du Diocèse.
CHAMPFREMONT (726 hab.).
Ecole des garçons. — Une maison avec dépendances avait été donnée à une époque inconnue pour l'école des garçons. Quand fut faite la fondation des sœurs, soit que le vicaire fit la classe ailleurs, soit autre raison, les habitants consentent que cet immeuble leur soit attribué.
Ecole des filles. — La fondation de Ghampfremont est une de celles que la sœur Tulard effectua elle-même, en 1723. François Julien, chapelain de la chapelle de Sainte-Anne, pour l'exécution des dernières volontés de sa mère et de ses frères et sœurs, comme
aussi en son propre nom, fut le donateur. L'acte primitif portait cette double clause que les sœurs pourraient être rappelées par la supérieure et que le curé aurait aussi le droit de les renvoyer « quand il le jugera à propos et pour raisons à lui connues. » La sœur Tulard n'était pas présente quand le contrat fut passé, mais l'année suivante elle se trouvait à Cliampfremont et exigea que le privilège que s'était réservé le curé soit rapporté. Celui-ci, qui comprenait qu'une pareille clause rendait impossible le gouvernement de la communauté, non seulement renonça à sa prétention mais ajouta un don important à la dotation primitive.
La fondation était faite au bénéfice des deux paroisses de Champfremont et de llavigny. Une sœur devait faire la classe, gratuitement pour les pauvres, avec rétribution pour les riches ; la seconde sœur devait visiter et soulager les malades pauvres ou riches, ces derniers moyennant récompense.
Les enfants récitaient le De profundis pour les bienfaiteurs ; les sœurs étaient priées de veiller à la propreté de l'église et de la chapelle Ste-Anne.
Par une dernière clause que nous ne retrouvons pas ailleurs, les religieuses devaient faire u tous les jours de fêtes ou de dimanches en présence des filles ou femmes qui voudront y assister, à une ou diff"érentes reprises, au temps le plus commode l)Our les assistantes, une heure de lecture spirituelle sur les sujets par icelles sœurs choisis ; laquelle lecture commencera par un chapitre de l'Pxriture sainte, pour être confondue avec celles qu'elles sont obligées de faire tous les jours par les règlements de leur Institut, Et pour ce, le dit sieur Julien leur fournira gratuitement les livres nécessaires.
M. de Vaucelles. seigneur de Ghampfremont et de llavigny, et Marie-Madeleine de la Fournerie. son épouse, accordèrent gratuitement l'indemnité des biens aussi légués (1).
(1) Copie de l'acte auliiontique à rétablissement des soeurs de Ghainpl'reinont.
CHAMPGENETEUX (1.731 hab.).
Ecole des garçons. — Les enfants clercs de Ghampgeneteux sont cités pour un legs dans un testament de 1388.
Jean Lamberdière, curé de Cliampgeneteux, qui résignait en 1636 à Jean Potier, son neveu, dit par son testament, du 20 mars 1650, qu'il laisse à perpétuité au plus pauvre et proche de ses parents prêtres, une rente de 30 livres et « la grande maison de Ghampgeneteux, l'estable au bout et le jardin devant, avec ce qui en dépend ».
Il donne en outre « ses livres, en tant qu'il en a. afin de faire célébrer plus dévotement que faire se pourra les messes ci-dessus léguées, et pour instruire les escolliers du dit Ghampgeneteux, et sans que ces présentes puissent empescher au dit chapelain de recepvoir de ses escoliers ses gages honnêtes. »
Le document qui suit nous apprend que M. René Tallois, curé de Ghamgeneteux de 1668 à 1675. avait fait une nouvelle fondation pour le collège de la même paroisse.
a iM" Pierre Lambert, prestre, possède un legs de 6 messes par semaine, avec l'écolle et catéchisme tous les dimanches de l'année, et instruction de la jeunesse, et une processions les samedis, avec recommandation, fait par défunt maistre Piené Tallois, prestre, vivant curé de ce lieu. Lequel legs valloit autrefois 200 livres, mais il ne vaut plus actuellement que 100 livres de rente et revenus, attendu que les héritiers dudit défunt qui en font la présentation, ont ruiné les lieux affectés au legs, et qu'il a fallu vendre presque la moitié des fonds pour payer une taxe d'amortissement de 940 livres et les 2 sols pour livre.
(f Tellement qu'à peine y a-t-il de reste 100 livres par an dont ledit sieur Lambert n'est même pas payé, les héritiers dudit défunt légateur étant devenus insolvables. »
Le collège fondé par René Tallois était situé à la Bavière (1). Le collège de Ghampgeneteux, dit M. Gauvin, d'après le Pouillé et Jaillot, est à la présentation du plus proclie parent du fondateur.
Voici les noms de quelques titulaires :
Pierre Lambert, prêtre, qui fut maintenu en 1693 contre Julien Lamberdière.
1725. — Pierre Mallet, qui prend lui-même le titre de maître d'école, neveu de René Tallois, fondateur, présente au collège de Champgeneteux, vacant par décès de Christophe Rattier, curé de Champgeneteux, Julien Martin, étudiant « pour que la jeunesse n'en soutîre pas ».
9 novembre 1791. — Sur le refus de Jean Labbé de prêter serment, le Directoire le déclare déchu de ses fonctions de maître d'école et des revenus attachés à sa fondation de l'école de Champgeneteux, et nomme provisoirement à cet emploi François ïulard (2).
Ecoles des filles. — Madame Tulard, qui tenait à la paroisse de Champgeneteux par des liens nombreux de famille, y avait envoyé deux sœurs de sa communauté dès l'année 1707. Elles y reçurent quelques dons pour elles et pour les pauvres, mais leur situation était très précaire. Le 26 juillet 1727e, ut lieu une assemblée des habitants où les bases d'un établissement plus solide furent posées.
« Les procureurs ont remontré que madame Tulard, chef et maîtresse de la communauté des filles de la charité de la Chapelleau-Riboul, a toujours eu et a encore un zèle de charité pour le soulagement et submansion (?) des pauvres malades et instruction des jeunes filles, non seulement de celles de la Chapelle, mais particulièrement de ceux et celles dudit Champgeneteux, ce qui a fait qu'elle avoit envoyé audit Champgeneteux sœur Françoise Rocher et sa compagne, qui y font actuellement leur résidence où elles exercent le ministère de leur profession d'un exemple irrépréhensible ; mais comme elles n'ont pour tout bien assuré qu'une maison, un petit jardin, une petite étable, dix livres de rente léguée par feu M'' Rottier, prêtre, vivant curé de Champgeneteux, ce qui n'est suftisantdc les faire subsister, ils ont appris que la dame Tulard estoit en dessain de faire les dites sœurs s'en aller à la communauté, à moins que iceux habitants ne voulussent copérer de leur fond pour la nourriture et entretien des dites deux sœurs, à quoi lesdits ecclésiastiques, procureurs syndic et de fabrique et les habitans, après délibération faite, considé-
rant l'extrême nécessité où sont les pauvres malades de ladite paroisse, pour estre assistés et les jeunes filles instruites, et en adhérant autant qu'il leur est possible aux bonnes et pieuses et louables intentions de la dame Tulard, ont voulu et consenty que lesdites sœurs Rocher et sa compagne jouissent et disposent pendant neuf années qui ont pris commencement du premier janvier, pour finir à pareil jour, de la moitié des glanes ou gerbes de seigle qu'on a coutume de serrer pour la sacristye, tant paille que grains, conjointement et à commun frais avec F. Douillet, à la charge par les dites sœurs de continuer leurs charitables soins envers les pauvres malades, montrer les petites écoles aux petites filles, blanchir le linge de l'église, tenir les autels prêts à célébrer la Ste-Messe, les tenir garnis de chandeliers, de laver les devants d'autels et couvertures, ce que les dites sœurs ont accepté... » (3).
L'existence de cette maison est constatée à toutes les époques depuis lors jusqu'à la Révolution. Le 16 novembre 179i, les sœurs recevaient encore le don d'une rente de 10 livres de René Ravous, notaire à Ghampgeneteux et de Marie Tliérèse Riobé, sa femme (4).
(1) Arcliiv. de la fabrique. — (2) Insin. ecclés. — Arch. de la Mayenne, Registres du Directoire. — (3) Archiv. de la fabrique. — (4) Etat du clergé en 1778. — Arch. municipales de Bais.
CHANGÉ (1.706 hab.).
Ecole des garçons. — Fi'ançois Bertrand. curé de Changé, de 1610 à 1622, en même temps que chanoine de Saint Tugal, par son testament du 2 février 1621, légua une somme de 700 livres.
« Et ce pour la célébration de quatre messes à basse voix qui doivent être célébrées dans l'église de Changé, aux quatres festes solennelles de l'année pour le repos de son âme et pour tenir les petites écolles, à l'instruction de la jeunesse de la dite paroisse, au bourg d'icelle, leur montrer à lire et spécialement à bien écrire et chanter, et faire chanter au soir chacun jour dans ladite église devant l'Autel de la Sainte- Vierge le Salve Regina.
(( Sur l'intérêt de la somme de 700 livres doit néaulmoins estre prélevée la somme de 30 sols, pour estre payée au sieur curé et au sieur procureur marguillier en exercice, pour, par le dit sieur curé, veiller sur le dit chapelain et faire les prières par chacun dimanche etfeste de l'an pour le dit défunt sieur Bertrand, et audit procureur fabriquier avoir soin de faire sonner et tinter la clocheet fournir de luminaire pour la célébration desquatre messes ».
Cette somme a toujours continué d'être placée au profit de l'écolesur divers particuliers jusqu'à la Révolution. Depuis, sans qu'on sache pourquoi, la rente a été attribuée au Bureau des pauvres à Laval.
Les titulaires connus sont :
1668-1693, Henry Chevalier, vicaire de Changé.
1744, Jean-Louis Delaunay.
1791, Pierre Levesque, qui refusa le serment et fut remplacé, en assemblée générale des habitants par Joseph Houstin, qui plus tard fut officier public fl 792), avec obligation de faire l'école deux fois par jour, le matin au bourg et le soir du petit côté » (Ij.
Ecole des filles. — Demoiselle Anne Lasnier de la Jaffetière, par son testament, en datedu 19 juillet 1746, attesté de WNoury, notaire à Laval, léguait, pour concourir à la dotation d'une école de charité pour les petites filles de la paroisse de Changé, une rente de 30 livres. Et dans le cas où cette école n'aurait pas lieu, les arrérages de la rente seraient employés par le curé et le général des habitants en linge et habillements pour les petites filles pauvres.
Par décision prise en l'assemblée de la paroisse, le capital de cette somme fat placé en 1749 sur René Lemarchand.
1 7o0. — La dame Laroche est chargée de l'école.
1762. — Anne Rayon la remplace (2).
Enl7o7 il fut stipulé dans le bail du bac deChangé que le pontonnier devrait passer gratuitement la sœur (juisa^'^/ic... C'est unt^ preuve que, là comme ailleurs, la maîtresse d'école avait soin des malades (3).
(\)Recke)xhi;x sur Chnngc-les-Laval, p.ii- M. le Glianoinu Guillor I. p. 14o-li8, et 3Drj-356. — (2) Note communiquée par M. Cliiron. — (3) Recherches sur Change. I. 128 etl48.
— o6 — CHANTRIGNÉ (1.782 hab.)-
Ecole des garçons. — 16o6,î\I. Julien Berault, qui fondapour la paroisse de Jubiains un collège important, n'oublia pas Chantrigné où il avait exercé le ministère. Il légua à cette paroisse une somme de 960 livres « pour servir à perpétuité de fonds pour l'entretien d'un prestre, ou aspirant à l'estre, homme de bien et capable, qui sera obligé d'y tenir sans discontinuation l'ecolle au bourg du dit Ghantrigné pour l'éducation et instruction de la jeunesse de ladite paroisse, tant à la piété, vertu et doctrine clirestienne qu'aux bonnes lettres et sciences ; et de célébrer et chanter à perpétuité à notte et haute voix, tous les jours demardy ou mercredy de chacune sepmaine de l'année, une messe de l'office de Monsieur Saint Julien, premier évesquedu Mans, dans la chapelle située au dedans du cimetière du dit lieu, qui sera respondue par ses escoliers, et de dire l'oraison et salut tous les soirs, les jours qu'il tiendra la dite escoUe. — A la charge que les habitants de Ghantrigné feront la poursuite pour se faire payer et s'assurer deladite somme pour servir d'entretien à ladite escolle pour l'advenir...
« Et sans que ce don par lui ainsi fait à la dite paroisse puisse estre converti à autre usage qu'à l'entretien de la dite escolle.
« Et veult que s'il setrouveet présente quelqu'un de sa ligne, de la qualité, capacité et probité ci-dessus requises, qui veuille exer-. cer la dite charge de messe et instruction de jeunesse, comme dit est, qu'il y soit toujours préférable à tous autres. Et en cas et au dert'aut qu'il ne s'en présente qui la vueille faire, qu'il en soit fait choix d'élection d'un capable par les sieurs curés et procureur fabricien de la dite paroisse; surtout qu'il soit d'intégrité de vie et sans aucun scandalle ; qu'il soit plutôt de ladite paroisse que d'autres, s'il y en trouve de propres à cela (1) ».
Le registre de l'Etat de diocèse en 17 78 constate l'existence d'une école fondée pour les garçons à Ghantrigné. (2). Le Paigedit que M. Duchemin, curé de Ghantrigné avait contribué à cette fondation.
Ecole des filles. — Le même document ajoute « qu'il y a des sœurs de Charité pour l'école de filles » (3).
(1) Arcliiv.de la fabrique do Jublaiiis. — (2) et (3) Archiv.de l'Evêché du Mans.
LA CHAPELLE- ANTHENAISE (674 liab.).
Ecole des filles. — 2 février 1738. En la réunion du général des habitants, Jean Guérin. sieur de la Marche, et demoiselle Marie Landais, son épouse, demeurant en leur lieu delaMazurière, enla Chapelle, exposent que « voulant seconder les pieuses intentions de feue Anne Brault, veuve de Jean Landais, sieur de la Boucherie, leur mère et belle-mère, ils auroient voulu aider à l'établissement d'une confrérie du rosaire dans l'église de la dite paroisse, lequel établissement Mgr l'évéque du Mans n'a pas jugé à propos d'accorder. Ils se sont déterminés à faire quelques autres œuvres pieuses et ont considère que l'établissement d'une école de charité de pauvres filles était nécessaire et très utile pour l'éducation et instruction spirituelle, devant même être préférée ; et dans cette résolution et pour commencer cet établissement, ils ont par ces présentes donné la rente de 25 livres au principal de 500 livres due par Barbe Besnier, veuve Jean Guérin, sieur de la Fillerie...., aux conditions ci-après : savoir est, que la maîtresse d'école sera choisie par ledit sieur ou la dite demoiselle de la Marche, et après le décedz des deux^ par le sieur curé de la dite paroisse, que la maîtresse d'école sera tenue de faire gratuitement l'école à cinq pauvres filles, qui seront nommées et changées par ledit sieur et la dite demoiselle de la Marche, et après leur décedz par les sieurs curés de la dite paroisse, que la maîtresse sera tenue d'instruire ces filles de leurs devoirs, de leur apprendre les prières du matin et du soir et à entendre la sainte messe, quelle leur apprendra à lire à (écrire et exercera) leur mémoire en leur faisant apprendre par cœur le catéchisme et les principales règles de la vie chrétienne et fera à cet eftet, de temps en temps, le catéchisme : que la maîtresse au^a encore plus de soin
de les rendre sages, modestes, et vertueuses que de les rendre habiles ; que l'école se tiendra une fois par jour tous les jours ouvrables pendant un temps suffisant et raisonnable, et ouvrira depuis Pasquesjusques à la Toussaint à neuf heures du matin, et depuis la Toussaint jusques à Pasques, à dix heures aussi du matin ; que ces filles seront tenues de se rendre aux heures marquées, d'obéir à leur maîtresse et de la respecter ; que la maîtresse aura une aftection égale et beaucoup de douceur pour ces filles, les portera à s'aimer, à obéir à leurs pères et mères, à ne point médir, ni mentir.
« Et les dits sieurs et dame de la Marche ont nommé pour maîtresse d'école Marie Pvousseau, fille,... sans pouvoir être destituée, en s'acquittant de son devoir à son possible. Ce qui a été agréé et accepté par les liabitans d'une commune voix, et a été arrêté que si le fons pour cette école s'augmente dans la suite, le nombre des filles sera augmenté à proportion... »
Fait devant Jacques Grippon, notaire à Louverné (1).
Cette rente a été plusieurs fois reconnue jusqu'à l'époque de la Révolution (2).
(1) Arch. de la fabrique. — (2) Ibi(]em.
LA CHAPELLE-AU-GRAIN ( hab.).
Ecole des garçons. — 9 octobre 1778. Devant Jean-Baptiste de la Bécanière, notaire à Mayenne, M" Emmanuel Lemesnager, curé de St-Georges Buttavent, doyen de Mayenne, d'une part, et Nicolas Roffin, procureur de la Ghapelle-au-Grain, au nom des habitans dudit lieu, «. qui ont ordinaire d'assister à la grande messe qui se célèbre dans l'église de la Chapelle et qui envoient leurs enfants aux catéchismes et petitte écolle » font l'accord suivant :
(f Les habitans ayant réfléchi qu'ils ont besoin d'un prêtre à la Chapelle-au-Grain pour célébrer la messe, faire le catéchisme et les petites écolles, qu'ils ne peuvent y parvenir sans le consente-
ment de M. le curé,... ont observé à M. le curé qu'il ne savent où loger ce monsieur prêtre, (et lui demandent de leur céder une maison qu'il possède au village), pour loger un prêtre à dire la messe, faire le catéchisme et les petites écolles, ou à deffaut d'un prêtre, pour loger une i)ersonne capable de faire le catéchisme et les écolles et instruire les enfants, dont la nomination en sera faite par M. le curé et ses successeurs ».
Le curé consent à condition que les habitants paieront 24 livres de rente dont ladite maison était chargée (1).
(1) Arch. de la fab. de Saint-Georges.
LA CHAPELLE-AU-RIBOUL (1,126 hab.).
Ecole des garçons. — Nulle paroisse du Bas-Maine peutêtre n'a été favorisée autant que celle-ci, au cours duXVIP siècle, par la présence de personnages dévoués à l'éducation de l'enfance. Nous en avons parlé assez longuement dans notre introduction pour n'avoir pas à y revenir. Rappelons seulement que marchant sur les traces de M. Tulard, son prédécesseur, M. René Boullevraye curé de la Chapelle-au-Riboul, fit en 1744, un legs pour l'école des garçons.
« Je lègue, dit-il, à perpétuité pour l'entretien d'un maître d'écoUe, qui sera un prêtre ou ecclésiastique de bonne vie, de mes parents, choisi par messieurs les curés, mes successeurs, et qu'ils pourront révoquer quand bon leur semblera ». les immeubles acquis de W Jean Carré, sieur de laFoucaudièreetdeux rentes de 15 livres chacune. » Plus,tard il ajouta un autre don de 37 livres de rente à partager avec le maître d'école de Marcillé.
En 17o9, >r Mathurin Peslier, prêtre, qui avait été nommé pour faire les petites écoles, étant mort, Michel Roisné, curé, extrêmement zélé pour l'instruction des pauvres de sa paroisse, connaissant M" J.-B. Grippon, prêtre, sieur de la Motte, pour être de bonnes vie et mœurs, et parent du fondateur, le nonnue pour tenir les petites écoles. (1)
Ecole des filles. — Dès l'année i679, qui fut celle où elle devint veuve, Madame Tulard commença à se consacrer à l'œuvre des petites écoles. Elle le fit avec tant de succès, que presque immédiatement ses classes furent trop nombreuses pour qu'elle suffise seule à la tâche et elle dut s'adjoindre plusieurs associées. Quand l'association fut devenue une communauté, elle garda toujours la paroisse de la Chapelle-au-Riboul comme chef lieu, même alors qu'elle prit le titre de congrégation des Filles de la charité de Sillé-le-Guillaume. Ce fut pour tout le voisinage, avant de l'être pour tout le diocèse, une source de bienfaisance et un foyer d'instruction populaire.
(i) Arch. de la fabrique deMarcillé. ^^
LA CHAPELLE-CRAONNAISE (477 hab.).
Ecole des garçons. — Le bénéfice de la Rossignolerie était affecté à un prêtre qui tenait les petites écoles. Dans la première moitié du XVIIF siècle, un prêtre distinct du vicaire faisait ces fonctions ; plus tard, l'office de maître d'école fut conféré au vicaire, et la Rossignolerie fut unie à son bénéfice.
LACHAPELLE-RAINSOUIN(467 hab.).
Ecole des garçons. — 1516. Le receveur de dame Arthuse de Melun, dame de la Chapelle-Rainsouin, dit avoir payé par commandement de madame « aux petits clercs de l'écolle, cinq soulz, six deniers » pour service à l'église (1).
(1) Cabinet de M. de la Beauluore.
CHARCHIGNÉ (868 hab.).
Ecole des garçons. — 1683, M" François du Rabareul, curé de
Cliarchigné, fonda la prestinionie du St-Sacrement, chargée d'une messe chantée tous les jeudis, ou de trois messes basses par semaine, pour un prêtre « qui sera obligé de tenir les écoUes pour les enfants de la paroisse, gratis pour les pauvres ».
Il faisait en même temps un legs à perpétuité pour les pauvres.
En 1777, l'école de Cliarchigné est qualifiée collège (1).
(1) Archiv. de la fabrique.
CHATEAU-GONTIER (7.334 hab.).
Ecole des garçons. — Pour faire l'histoire de l'enseignement populaire à Chàteau-Gontier, il faudrait retracer celle du collège qui eut toujours comme annexes des classes d'instruction élémentaire. Mais ce projet nous entraînerait trop loin et, quoique nous ayons nombre de notes à ajouter à l'histoire déjà écrite de cet établissement, nous ne relaterons ici que ce qui se rapporte directement aux petites écoles, rangeant les faits par ordre de dates.
1382. — « Jehan Delatousche, escripvain, demeurant en la ville de Chàteau-Gontier » prend à rente de l'hôpital Saint-Julien une place de maison(l).
1413. — Le seigneur de Ghâteau-Gontior accorde aux chanoines de Saint-Just le droit exclusif d'instituer les maîtres d'école dans la ville, faubourg et banlieue. Le chanoine sacristain nommait et installait le petit régent, c'est-à-dire celui qui n'enseignait que la lecture.
1431. — Par sentence du 13 janvier, les petites écoles de Château Gontier, dont la disposition appartenait au sacriste, furent jointes aux écoles de grammaire (2).
1539. — Une maison, pour laquelle aveu est rendu à la commanderiede Reconnais, est dite située dans une petite rue tendant de la Rue-aux-Juifs aux Trois-Pcrtuis et abutant au jardin dépendant de la maison où tient l'école (3). . lo6o. — Autre maison sise entre les maisons des escolles et celle de la veuve Jean Volery (4).
lo76. — Deux prêtres de la ville, Guy Clavier et Jean Bodin, ayant voulu élever une petite école dans leur maison, défense leur fut faite par les chanoines d'avoir plus de deux pensionnaires, avec obligation de les amener avec les externes aux leçons de >P Jean Dupont, régent et maître d'école installé par eux. On ne leur permit même pas d'ouvrir leur école pour les petites tilles, en ne leur montrant que « la lecture, Tescripture et non la gramayre » (o).
1670. — Laurent Lesage, époux de Jeanne Guillé, est maître écrivain.
1679. — Sépulture en l'église de Saint-Jean-l'Evangéliste de hon. hom, René Buhigné, sieur des Barres, maître écrivain (6).
1684. — François Vinel, maître écrivain, reçoit 14 livres dix sols, pour avoir montré pendant un an la lecture, l'écriture et l'arithmétique à un enfant.
1682. — Charles Riverain est maître d'école (7).
1691. — Sépulture à Saint-Rémy de Jean Ferron, maître d'école, âgé de 70 ans (8;.
1701. — La ville n'avait plus de maître écrivain capable d'enseigner Fart d'écrire et l'arithmétique, ni surtout de prendre chez lui des pensionnaires. Les jdus notables bourgeois envoyaient leurs enfants à Candé chez M. Fourmy. Le corps de ville l'attire à Chàteau-Gontier en lui promettant décharge de taxes et six chevaux pour transporter son mobilier, puis en 1706, comme le sieur Fourmy s'était laissé gagner par les avances des Lavallois, et s'était déjà transporté chez eux, il fallut pour le rappeler lui permettre de recevoir un salaire de ses écoliers et lui donner un indemnité de 24 livres (9),
1710. — En prenant pour la seconde fois la direction du collège, M. Gilles Marais s'engage à avoir un nombre suftîsant de régents pour enseigner depuis les petites écoles jusqu'à la rhétorique (10).
Les trois requêtes suivantes adressées à l'Intendant par les curés et maire de la ville, atin dobtenir pour une fondation de M. Marais en faveur des petites écoles exemption de taxes, nous rend compte de l'état de l'enseignement populaire à cette époque. Nous les donnons pour cela dans leur entier.
« Nous soussigné prêtre, curé des paroisses de St-Jean de la ville de Ghàteau-Gontier, certifions à tous qu'il appartiendra qu'il n'y a point dans cette ville d'école de charité pour les garçons, que celle que W Gilles Marais, principal du collège de cette ville a établie dans le dit collège, dans laquelle il reçoit tous les pauvres enfans du canton et surtout ceux de cette ville qui sont en très grand nombre, parce que la plus grande partie des babitans sont des artisans dans l'indigence. Dans laquelle école il les fait instruire avec édilication et gratuitement des devoirs de la Religion et apprendre à lire et à écrire, ce qui est d'une grande utilité pour le bien spirituel et temporel du public, les pauvres enfans étant par ce moyen éloignés de l'occasion du libertinage et élevés dans la crainte de Dieu.
« Gertifions en outre que nos cures étant d'un revenu très modique, n'ayant pas même la portion congrue, nous ne sommes pas en état de faire faire la dite école de charité, et supplions très humblement nos Seigneurs du Gonseil de vouloir bien favoriser le pieux dessein qu'a le dit sieur ^larais de fonder la dite école de charité, pourquoi il faut au moins quatre cents livres de revenu, sans quoi elle ne pourrait subsister après sa mort, et de luy faire jouir des exemptions des droits d'amortissemens accordés par sa Majesté par l'arrest du vingt-cinq février mil sept cent dix pour les écoles de charité qui sont beaucoup plus nécessaires dans la ville de Ghàteau-Gontier que dans les campagnes et tous autres endroits du royaume.
« En foy de quoi nous avons signé le présent certilicat à Ghàteau-Gontier, ce vingt-cinquième avril mil sept cent vingt-huit. (Signé) Deshaies. »
« Je soussigné, curé de la paroisse de St-Remy de la ville de Ghàteau-Gontier, ay l'honneur de déclarer devant nos Seigneurs du Gonseil, qu'ayant établi dans ma paroisse il y a quinze ans deux écoles de charité, l'une pour les garçons l'autre pour les filles, mais que ne pouvant plus soutenir celle des garçons, tant à cause du revenu très modique de ma cure, qu'à cause des procès que les religieux bénédictins, qui sont les gros décimait urs dans le dehors de ma dite paroisse, m'ont suscités, et du refus qu'il me
font encore actuellement de la portion congrue ; l'école de Charité que ^P Gilles Marais, ci-devant curé de la paroisse St-Laurentdes-Mortiers, à présent principal du collège de cette ville, a établi et soutient avec succès dans le dit collège, où depuis dixhuit ans il se sacrifie lui et ses biens pour l'éducation de la jeunesse, et dans laquelle école de charité il fait enseigner gratuitement tous les pauvres garçons de ma paroisse, comme elle est d'une grande utilité pour celle des enfans de la ville et des lieux circon voisins.
« Déclare en outre qu'il n'y a aucune autre école de charité pour les garçons en cette ville, qu'il seroit à souhaiter que le dit sieur Marais soit en état de fonder la dite école de charité, afin qu'elle put subsister après sa mort, et que pour l'aider à parvenir à cette bonne œuvre, il jouist des exemptions des droits d'amortissement accordés par sa Majesté aux écoles de charité, suivant l'arrêt du 15 février 1710.
(( En foy de quoyj"ay signé la présente déclaration à Ghàteau- Gontier, le vingt avril mil sept cent vingt-huit. (Signé) Moulin, curé de St-Remy. »
Après avoir légalisé les signatures des deux curés de Ghàteau- Gontier, attesté la sincérité de leurs déclaration, Jacob Guitau, Sgr. de la Marche, lieutenant général et maire perpétuel de Ghàteau-Gontier, ajoute en son propre nom :
a Gomme aussi nous certifions qu'il n"y a point d'écolle de charité en cette ville ni lieux circonvoisins. que celle que le sieur Gilles Marais, principal du collège de cette ville a par son pieux zèle établie, et sur laquelle nous voyons avec grande satisfaction que le Seigneur a répandu sa bénédiction et ses grâces, en voyant un nombre considérable des enfans de nos pauvres habitans élevés dans la religion et instruits de ce qui leur est utile pour la vie civile.
« C'est pour ces considérations qu'il nous paroit que la ditte écolle de charité de Chàteau-Gontier ne doit pas rester exceptée des exemptions accordées aux autres écoUes de charité, par l'arrêt du Conseil d'Etat du roi du 2o février 1710. En foy de quoy nous avons signé ces présentes à Chàteau-Gontier, ce vingt
avril mil sept cent vingt-huit. (Signé) J. Guitau. lieut. gén. U. Lemasson, conseiller, pour l'absence des gens du roy » (11).
Cette triple pétition, qui rend bien compte de l'état de Tinstruction populaire à Chàteau-Gontier. était faite en vue d'obtenir, pour récole de charité annexée au collège, l'exemption qu'on lui avait refusée, parce qu'on la confondait avec l'établissement principal.
Les écoles fondées par M. Moulin, curé de Saint-Uémy, étaient en même temps des ouvroirs où les enfants apprenaient soit à filer, soit, sous la direction d'un maître serger, à tirer la laine et à faire la serge. Les enfants des deux sexes étaient nourris dans l'école pendant toute l'année.
Par sentence du 8 juillet 1713, le curé de Saint-Rémy est soutenu dans les qualités d'instituteur et directeur des écoles des pauvres de sa paroisse contre dame Françoise Petit, veuve Guilioteau.
1716. — Mgr. d'Angers visite la paroisse et par une ordonnance spéciale défend aux maîtres d'enseigner les filles, et aux maîtresses d'avoir des garçons dans leurs écoles (là).
11 janvier 1734. — Le corps de ville accorde à M"^ Jean Marais, principal du collège, « au regard des en fans qui viendront aux petites écoles ». que ceux qui apprendront à lire paieront 10 sols par mois et 15 sols s'ils apprennent à lire, à écrire et l'arithmétique (13).
1740. — L'hôpital général de St-Joseph qui renfermait un grand nombre d'enfants, s'occupait soigneusement de leur instruction. Voici ce que dit le règlement 1740 pour le maître d'école des garçons :
« L'emploi du maître d'école ne consiste pas seulement à apprendre à lire aux enfants, mais encore à veiller sur leurs mœurs pour en rendre compte à l'économe... Il couchera dans leur dortoir.
« 11 commencera (le travail) par la tisserie, ensuite la sergerie et puis la bonnetterie, ce qui durera jusqu'au dîner, il continuera après dîner pendant qu'il fera dire les leçons, et fera garder le Silence afin que ceux qui lisent puissent avoir plus dapplication.
(f Lorsqu'il commencera à faire dire les leçons, il en nommera quatre, pour étudier, et lorsqu'il prendra les deux derniers des quatre, il en nommera deux autres, alin (piil y ait toujours deux qui étudient et deux qui lisent.
« Il les fera lire deux à deux, afin qu'ils puissent se reprendre l'un l'autre, et il ne les reprendra pas que lorsque ny l'un ny l'autre ne pourront lire, parce que c'est là le vrai moyen que les enfans apprennent promptement à lire.
« Il fera en sorte que les deux qu'il fera lire ensemble soient d'égale force.
« Il aura soin aussi d'apprendre aux petits leurs prières et le catéchisme, et que ceux qui le savent l'apprennent aux autres.
« Il en nommera un pour faire la lecture au réfectoire, et lorsqu'il n'y en aura pas qui sachent lire, il fera lui-même la lecture. » (14)
D'autres écoles libres fonctionnaient en dehors de l'école officielle.
1725. — Jean-BaptisteGirardon.maitred'école. époux de demoiselle Marie Marguerite de Villefeu, est qualifié honorable homme. Au baptême de son fils on trouve Claude de Scepeaux, écolier, comme parrain, et Louise-Claude Arnaud de Montiron, comme marraine.
1737. — Baptême d'un enfant de Pierre Martinet, maître d'école et de Anne Richard. Il meurt âgé de 33 ans, le 2 décembre 1742.
1762. — René Simon Lapalme, maître d'école, époux de Renée Rousseau, fait baptiser un enfant.
1765. — Pierre Hocdé, maître d'école, époux de Jeanne Moreau, fait également baptiser son fils Hyacinthe.
1780. — Baptême de Michel, fils de Michel Minzé, maître d'école, et de Marie Valin.
1781. — Baptême de Louiâe, fille de Louis Brodier, maître d'école, et de Louise Mathurine Créton.
1789. — Mariage, à l'église deSaint-Rémy, Jean Bodinier, maître écrivain, de la paroisse de Saint-Jean, avec Renée-Louise Ghénon (15).
De tout cela la Révolution laissa subsister si peu de chose, que
même en Tan VII, la municipaliti' dit qu'il n'y a que des instituteurs particuliers, « car nous navons point d'écoles primaires, faute de sujets capables qui soient présentés » (16).
Ecole des filles. — Nous avons vu, en io76, deux prêtres demander autorisation pour ouvrir une école aux petites filles, ce qui semble pour cette date Indiquer une situation assez peu favorisée. Mais en 1622, les Ursulincs demandèrent aux procureur, éclievins et officiers de la ville la permission de venir s'établir chez eux et d'y bâtir. Le Conseil eût été bien mal inspiré de refuser une proposition aussi avantageuse ; il accepta, sans toutefois s'engager en rien, et « aux charges pour les dites dames de l'instruction de la jeunesse et autres fonctions de leur Institut. » L'autorisation de Mgr. d'Angers fut demandée et la ville le remercia, suivant le résultat d'une déUbération du 23 juin 162o, « pour la bonté qu'il a eue de l'établissement des religieuses Ursulines » (17).
Des lettres patentes du roi leur furent accordées au mois d'avril 1630, et leur établissement fut définitif le 7 août 1631. En 1733, la communauté comptait 40 religieuses et une novice.Elles déclarent consacrer tout leur temps « à montrer et enseigner les filles de Chàteau-Gontier gratuitement » (18).
Nous avons dit que M. le curé de St-Rémy, en 1713, avait fondé une école de charité pour les filles de sa paroisse.
Le 26 mai 1792, le Conseil général de la commune de Château- Gontier expose qu'il y a sur le territoire de la municipalité une maison de charité pour l'éducation des jeunes filles pauvres ; laquelle d'après les statuts dressés par l'évêque d'Angers devait être administrée par des sœurs qui jouissaient d'un revenu de 3333 livres. Il demande qu'il soit pris des mesures pour que cette maison soit rendue à sa destination et non vacante (19).
(d) Arch. de l'Hùpital Sainl-Jiilii ii. — (2) Moaioiro pour le chapitre Saint- Just. — ^3) Arch. do la Haiite-Yicniie, 113, 145. — (4) Censif de Saint-Just. Cahinet de M. de la Beauluère. — (o) Mémoire pour le chapitre Saint-Just. — (6) Registres paroissiaux de Chàteau-Gontier. — (7) Titres communiqués par M. Toisonnicr, maire d'Athée. — (8) Rcgist. paroiss. — (9) Arch. municipales. — (10) Ibidem. — (11) Cabinet de M. Gadbin, clerc d'avoué à
Chàleau-Gontier. — (12) Arcli. de la Mayenne, G, 27 bis. - (13) Arch. municipales. — (14) Arch. de l'hôpital Saint-Julien. — (lo)Regist. parois.— (16) Arch. nation. F" III. Mayenne, o. —(17) Arch. municipales. —(18) Arch. nationales, S. 7474.— (1"J) Arch. de la Mayenne, Reg. du Directoire.
CHATILLON-SUR-COLMONT (2,422 liab.).
Ecole des garçons. — Elle est signalée depuis 1369. En 1773. on fait des bancs dans l'église pour les écoliers (1).
Ecole des filles. — Elle existait longtemps avant la fondation dont nous allons analyser l'acte original. Françoise Crouillet est maîtresse décole et s'occupe de la sacristie en 1729. Elle est dite sœur d'école ainsi que Françoise Brou, qui lui succéda, mais sans appartenir à aucune congrégation.
21 avril 17 74. — Dame Marie-Félicité du Plessis-dhatillon, épouse de Charles Bernard comte de Narbonne-Pellet, demeurant à Paris, par acte en cour du Ghatelet, « voulant procurer aux filles de la paroisse de Chatillon les moyens d'apprendre à lire et à écrire, et aux pauvres de ladite paroisse des secours en cas de maladie, et ayant obtenu lettres patentes du roi, données à Compiègne au mois d'août 1773, fonde à perpétuité une école gratuite de charité dans laquelle on apprendra aux pauvres filles de la dite paroisse à lire et à écrire gratuitement...
« Ladite école sera ouverte tous les jours depuis 8 heures du matin jusqu'à onze, et depuis une heure après midy jusqu'à trois heures, à l'exception des dimanches et fêtes, un jour de congé par semaine et le mois d'août de vacance
« Les dites filles seront tenues de se fournir de livres, papiers et encre.
« La personne qui tiendra la dite école sera aussi obligée de soigner et médicamenter autant qu'elle le pourra, de mêine gratuitement... les pauvres malades du bourg de Chatillon.
f( Pour l'exercice de ladite fondation ma dite dame contesse a nommé et choisi Françoise Brou, actuellement maîtresse d'école au dit bourg de Chatillon,
« La maîtresse sera à la nomination du curé et du seigneur, elle s'occupera de la sacristie.
« Pour cette fondation, la donatrice léguait une maison au bourg où se tiendra l'école et où demeurera la maîtresse, cellier au bout, jardin derrière, étrage et foulage au devant, et 200 livres de rente. Elle fit aussi meubler la maison, et pourvoir de linge.
« La dite Brou et celles qui lui succéderont seront tenues de se conformer au règlement de conduite et de vie qui leur sera prescrit par le sieur curé et accepté par le seigneur et la fabrique. »
« Si les fonds le permettent, la maîtresse sera tenue de présenter au seigneur une fille de bonne vie et mœurs pour seconder la dite maîtresse. » (2)
(1) Arch. de la fabrique. — (2) Ibidem.
CHATRES (09 1 liab.),
Ecoles des garçons. — io91. « Les escolliers » figurent pour une somme de lo sols dans les frais d'une sépulture (1).
1657. François Patry, marchand, époux de Jeanne Poisson, demeurant à la Pourpierre, paroisse d'Evron, ci-devant curateur de Jean Poisson, son beau frère, âgé de 12 ans, s'engage à l'envoyer « aux escolles, soit à Ghastres ou en ceste ville, le mieux « qu'il se pourra trouver et qu'il sera advisé par ses parents, et « payer le maistre pour sa peyne, et ce pendant et durant le « temps de six années entières et parfaictes à commencer à la « Toussains prochaine, et qui finiront à pareil jour, sans estre « obligé néantmoings de fournir aucuns livres ny pappier au dit « mineur, s'il n'est ordonné par les dits parens et qui luy sera « rendu et payé par le dit mineur à la Un de la présente éduca- « tion... » (2)
Ecole des filles. — 1778. » Il y a une maîtresse d"école » (3).
(1) Arch. de la labrii(uo.— (2) .\rcli. de la f.iliri(iiii' (].■ Coiniiier. — (3; Arch. de ri'vcchc du Mans.
CHEMERÉ-LE-ROY (1004 hab.).
Ecole des garçons. — On trouve un magister à Chemeré avant 1573 (1).
L'Etat du Diocèse en 1778 atteste qu'il y a dans cette paroisse une fondation pour une école de garçons (2).
(1) Insinuât, ecclés. — (2) Archiv. de révèché du Mans.
CHERANCÉ (322 hab.).
Ecole des garçons. — 1622. Michel Boursier, prêtre chapelain de Ste-Catherine du Boisrouault. en St-Nieolas de Craon, a résigne en faveur, utilité et profict de Jehan Rousseau, escollier, estudiant au collège de Ghérancé et y demeurant au diocèse d'Angers » (1).
(1) Arch.de la Mayenne. G. Titres de St-Nicolas de Craon, noncotés.
CHEVAIGNÉ (93S hab.).
Ecole des garçons. — 20 février 1699, Michel Poirier, ancien prieur de Cheveigné, lègue.... « 20 livres de rente pour le catéchisme à celui prêtre qui le fera aux enfans du dit Chevaigné les jours de letes et dimanches, à l'exception des mois de juillet et août, à conditions que l'ecclésiastique qui le fera ne sera ni prieur, ni vicaire. Le privilège duquel employ sera déféré aux ecclésiastiques parents du sieur prieur, si aucuns se trouvent en sa famille w (1;.
Cette fondation faite pour un prêtre qui n'avait pas de fonctions vicariales suppose que le titulaire faisait en même temps l'école. L'obligation de faire le catéchisme ne suffirait pas pour l'occuper, ni la rente de 20 livres pour le faire vivre sans quelque rétribution scolaire.
École des filles. — « 1778. François Boissière, curé, a fait une fondation pour des sœurs de la Chapelle-au-Pàboul » (2).
(1) Archives de la fabrique, note de M. l'abbé Gillanl. — (2) Arcliiv. de rEvôché du Mans, Etat du Diocèse.
CIGNÉ (1361 hab.).
École des garçons. — Les seules archives du Château de risle, en Saint-Fraimbault-de-Prières, offrent plusieurs mentions d'écoliers et de clercs de paroisse résidants à Cigné, de 1489 à 1500(1).
1667. Guillaume Bougler, « petit escolier.» fait un baptême en cas de nécessité (2).
Il semble par ailleurs qu'au commencement du XVIIF siècle la négligence et la mauvaise santé du curé avaient désorganisé les écoles. C'est du moins ce qu'affirme une lettre de dénomination adressée à l'évoque du jMans par « un des principaux habitans et parents des bienfaiteurs qui ont laissé plusieurs lais à l'église. » Le principal grief articulé dans cette lettre contre Mathieu 'Volclair, curé de Cigné depuis 1684, qui « étoit obligé de prendre deux œufs frais et une tasse de vin de deux heures en deux heures », est « qu'il n'y a aucun garçon ny fille qui apprennent à lire ny a escrire dans la paroisse, faulte de régens et de metresse d'escolle ; et (que le curé) a deffondu à son vicaire de montrer les escolles et n'a jamais pu souffrir de metresse d'ecolle, ny contribuer à leur salaire. » Le pétitionnaire anonyme demande donc à sa Grandeur que le curé soit rappelé à l'obligation où il est « d'avoir des maîtres et maîtresse d'écoUes, et de contribuer à leurs salaires. »
Mathieu Volclair donna sa démission en 1714, l'année même où cette pétition fut faite contre lui (3).
L'obligation pour les curés de pourvoir leurs paroisses d'écoles ressort clairement de cette pièce et de la sanction de l'autorité qui en fut la conséquence.
{D Archiv. du Ghàtoau de l'Isle-du-Gast. — (2) Rcgist. paroiss. — (3) Pièce cnmmuni(jUL'(j par M. l'abbé Gillard
COLOMBIERS (1106 hab.).
Aucune paroisse ne donne des renseignements plus complets sur ses écoles, ni des règlements plus détaillés, que celle de Colombiers. Ce seul exemple montre le soin religieux que le clergé à toujours pris de l'instruction des enfants pauvres.
En 1633. récole était tenue par Julien Gillot. prêtre: dans cette seule année, deux de ses élèves moururent. Il était d'usage de demander des petits écoliers pour porter des torches aux sépultures.
Grâce à la générosité de deux curés de la paroisse, à leur intelligente direction et aux précautions qu'ils prirent, les écoles de Colombiers furent établies à la fm du XVIIP siècle dans les meilleures conditions de prospérité et de stabilité ; il fallut les ruines accumulées de toutes parts par la Révolution pour détruire ces œuvres de haute bienfaisance.
En 1777. François Perrier, prêtre et curé, fonde une école de charité à Colombiers aux conditions suivantes :
1° Que le fondateur sera libre pendant sa vie. sans être tenu de consulter personne, de choisir tels ecclésiastiques ou laïques que bon lui semblera pour maître décole, de les renvoyer quand il lui plaira et d'imposer, avec un ou deux autres, telles conditions que bon lui semblera, lesquelles il verroit toutes fois n'être jamais contraires au bien de l'Etat ou de la société, ni de la religion ;
2" Qu'après le décès du dit fondateur et celui du dit maître d'école qu'il aurait choisi, il serait fait choix d'un autre par le curé de la dite paroisse concurremment avec les seigneurs temporels de Colombiers, en reconnaissance de la remise du droit d'indemnité;
3° Qu'il serait fait choix dun prêtre pour maître d'écolle, autant que faire se pourrait, et qu'à défaut de prêtre, il serait fait choix d'un laïc de bonnes mœurs d'une probité reconnue, non seulement professant la religion catholique, apostolique et romaine, mais capable de l'enseigner;
4° Que dans le cas où il serait fait choix d'un prêtre, il ne
pourrait faire les fonctions de vicaire en la dite paroisse, à moins que le curé ne s'obligeât devant Dieu et les hommes de venir, ou par lui-même, ou 'par les autres ecclésiastiques, faire l'école des garçons aux jours, heures et moments oii le maitre d'école en chef en serait distrait;
li° Que le dit maitre d'école serait tenu de faire l'école pendant le cours entier de l'année, à l'exception seulement depuis le (juinze août jusqu'au quinze septembre, qu'il lui serait loisible de prendre pour vacquer à ses affaires.
6° Congés le mercredi quand il n'y aurait pas de fête dans la semaine.
T Le maitre d'école enseignerait les garçons de la dite paroisse gratis.
8" Néanmoins les curés de la dite paroisse ne seront point exclus de donner des honoraires au dit maitre d'école, pour le récompenser des peines qu'il pourrait prendre, les fêtes et dimanches, à faire et chanter avec lesdits curés l'office divin.
9" L'école commencerait chaque jour régulièrement, (ainsi ([ue depuis plusieurs années il s'est pratiqué dans la dite paroisse), à six heures du matin, depuis Pâques jusqu'au lendemain des fêtes de la Toussaint ; à 7 heures le reste du temps.
10" Ladite école serait tenue, aux jours et heures fixés, l'espace de trois heures, sans discontinuation, à moins que le nombre d'écoliers ne fût pas suffisant pour occuper pendant ce temps le maître d'école.
il" Le maître d'école pourrait avoir des pensionnaires, recevoir d'eux les sommes dont il conviendrait avec ceux qui en prendraient soin ; mais il ne pourrait, au préjudice des garçons de la paroisse qu'il aurait à son école, les instruire les matinées de chaque jour, mais seulement après que l'école serait linie et les après midy.
ii" L'ouverture de l'école se ferait chaque jour par la récitation du Pater et de VAve Maria et se terminerait par la Prière chrétienne en entier, faite en commun, (laquelle le dit maitre d'école n'onietterait jamais atin de l'enseigner à ses écoliersi ; à la lin de laquelle prière il n'ometterait jamais aussi de faire réciter un
Pater et un Ave Maria pour le repos des âmes du fondateur de la dite école, de ses parents et amis trépassés et des seigneurs temporels de la dite paroisse.
13° Le samedy de chaque semaine le maitre d'école, après avoir fait lire une leçon à chacun de ses écoliers, n'omettra jamais de leur enseigner le catéchisme du Diocèse, et de leur expliquer cliaque leçon d"une manière si claire et si précise, qu'ils puissent l'entendre avec fruit.
14° Le maitre d'école se logera dans la maison ci-après mentionnée, et fera les écoles dans tel appartement d'icelle qu'il lui plaira.
13° Le maitre d'école, soit ecclésiastique, soit laïque, une fois choisi, (autre toutefois que celui choisi par le fondateur), ne pourra être destitué de sa place et privé des fruits de l'école à moins quïl ne se dérangeât en sa conduite et dans ses mœurs, qu'il ne tint pas assidûment les écoles aux jours et heures marqués et de la manière cy-dessus prescritte, ou quenfin il éloignât les écoliers en les traitant ou corrigeant avec trop de sévérité, et ladite destitution n'aura lieu qu'après avoir représenté au maître d'école un avis par écrit du doyen rural de Colombiers, lequel examinera les plaintes portées contre lui et les pèsera, de manière qu'il put juger s'il y a lieu ou non à destitution.
16° dans le cas où le maître d'école, soit par maladie, soit par son grand âge, ne pourra tenir l'école par lui-même, il pourra se faire aider et substituer par un prêtre ou laïque, à son choix, lequel toutefois sera de bonne vie et mœurs, et tenu de se conformer aux règles ci-dessus prescrites.
Et pour l'exécution de la dite fondation, ledit fondateur céda et abandonna à perpétuité à la fabrique de la paroisse de Colombiers, une maison sise au dit bourg de Colombiers, étant en la mouvance et censive de la seigneurie de Beauchêne,... plus une rente de 200 livres sur le clergé de France...
Consentement des habitants.
Cette fondation et le règlement qui l'accompagne fut approuvée parlettrespatentesdu roi. enregistrées au parlementle3 avril 1778.
La maison donnée par M. Perrier se composait d'une salle, de
deux chambres, deux cabinets, un grenier régnant sur le tout, une cuisine, une cave existant sous les chambres et cabinets, une écurie, cour, jardin, avec une petite cour proche la cuisine, du côté du nord. Elle était au bourg, dans l'enclave du fief nommé la Maison-Rouge, ou la Place-aux-Roux et relevait de l'abbaye de Savigny.
La dame du Plessis-Chatillon avait aussi, sur les biens compris dans la fondation, des droits dont elle fit abandon, et si elle s'était réservé droit de surveillance sur les nominations du maître d'école ce n'était que pour seconder le curé dans ses intentions. « Je renonce bien volontiers, écrit-elle plus tard, au droit de nommer le maitre de votre école, et je ne désirerais avoir ce droit que pour nommer les personnes qui vous seroient agréables. » (i)
Ecole des filles. — Deux sœurs de la Chapelle-au-Riboul furent appelées à Colombiers avant 1751. En cette année. M. de Cornilleau, curé, s'engage à les doter et les habitants avec lui obtinrent de l'autorité épiscopale droit d'affecter à leur logement la maison qui faisait partie du temporel d'une Chapelle.
Voici ces pièces qui donnent des renseignements complets sur cette fondation et sur les formalités requises dans les cas semblables.
« A ^Monseigneur l'Eminentissime etReverendissime Evêque du Mans. Supplie humblement Julien-Luc de Cornilleau, prêtre, curé de la paroisse de Colombiers, et représente à Votre Grandeur qu'il y a deux sœurs de la Chapelle-au-Riboul depuis un an et demi dans la dite paroisse, sans maison ni aucun fond, que le suppliant est dans le dessein de leur faire une fondation ; et comme il est presque impossible de leur trouver une maison, il souhaiteroit que Vôtre-Grandeur voulût lautoriser à détacher une maison d'une fondation de l'église de Colombiers pour l'attacher aux sœurs. Cette fondation vaut plus de cinquante livres et n'est chargée que d'un ordinaire de messes basses par chaque semaine. Le suppliant demande que la maison de cette fondation qui est située dans le bourg, avec une petite portion de jardin et un petit friche, servent dans la suite pour le logement et la commodité des sœurs, ce qui peut valoir quinze livres de
revenu annuel. 11 restera encore pour acquitter la fondation une pièce de terre qui vaut trente livres de rente annuelle, un petit friche affermé une livre dix sols, et une rente de six livres cinq sols ; ce qui fait trente-sept livres quinze sols pour la rétribution d'une messe basse chaque semaine. Ainsi cette rétribution ne sauroit causer aucun préjudice ni à la fondation ni aux fondateurs dont nous ne connaissons aucun parent. Ce bien a été légué par M. Chauvin, prêtre. En outre, le suppliant s'obblige de faire mettre la maison en bon état de réparations et réfections.
« A Colombiers le vingt-huit septembre mil septcent cinquante et un. J-L. de Cornilleau, curé de Colombiers. »
Mgr. l'Evêque répondit en ordonnant une enquête.
« Vu la présente requeste, avant de faire droit, nous commettons le sieur curé de Hercé, pour se transporter au bourg et paroisse de Colombiers, le jour et motif de son transport préalablement indiqués au prône de la grand'messe du dimanche précédent, dont sera retiré certificat ; aux fins d'informer de la commodité ou incommodité de l'établissement que le sieur curé de Colombiers a dessein de faire pour le plus grand bien de la paroisse, et de l'état du legs ou fondation du deffunt sieur Chauvin, prêtre, dont il voudroit détacher une maison et autres petits héritages nécessaires au dit établissement de deux sœurs de charité, pour lesquelles il ne peut trouver une maison convenable : à laquelle information notre dit commissaire vacquera incessamment, et à cet effet entendra les sieurs curé prêtres, procureurs syndic et de fabrique, ethabitans de la dite paroisse, généralement toutes les parties intéressées, et surtout les représentants du fondateur qui pourront comparoir pour consentir ou contredire les fins de la dite requette ; se fera aussi représenter les titres de la fondation s'il s'en trouve, en examinera le revenu et les charges, et du tout en dressera son procès verbal, lequel nous sera envoyé avec les présentes pour, sur icellui. être statué ce que de raison. Donné au Mans ce 14 octobre 1751. (Signé :') Baudron, vie. gén. »
Sur le rapport favorable de M. Cartier, curé de Hcrcé, après son enquête du 26 octobre lo51, Mgr de FrouUay. donna sa
décision le 12 janvier 17o2 : « Lesaint nom de Dieu invoqué, nous pour la plus grande gloire de Dieu et pour le plus grand bien du bourg et paroisse de Colombiers, consentons que les sieurs curés, prêtres et liabitans du dit lieu donnent la jouissance de la dite maison avec la petite portion de jardin et friche dont il s'agit aux deux sœurs de la charité nouvellement établies dans la ditte paroisse (2).
Les habitants de Colombiers donnent aux sœurs un témoignage favorable, en 1789.
« Dans notre paroisse il y a des sœurs d'école établies pour l'instruction des jeunes fdies, et le traitement des malades auxquels ces bonnes sœurs s'appliquent avec soin et au gré des habitans. Elles possèdent une petite maison et un petit jardin de dix à douze livres de revenu. » (3)
(1) Archives de la fabri(inc. — (2) Archiv. tic la falniiiUL'. — f3) (viliier des Doléances I. 496.
GOMMER (l.'iOO hab.).
Ecole des garçons. — Nous avons, depuis 1563, des documents suivis sur l'école de Commer.
Par acte du l*^' mai lo6o, devant Etienne Hareau, notaire royal au bourg de Gommer.
» V. et D. M° Jehan Baillé, prestre, curé de.... Commer, chanoyne en l'église St-Benoist à Paris, y demeurant.... donne par don irrévocable aux procureurs et paroissiens de Commer.., la somme de six vingst livres tournois... pouricelle somme estre convertie et employée par lesdits procureurs ou... leurs successeurs... en ypothecques et immeuble universel, lesquels seront tenus appeler le dit curé ou son vicaire... avec la plus grande et sayne partie desdits paroissiens... pour prendre et recepvoir telle assiette d'immeubles... pour la dite somme qu'ils verront bon estre.
« Et est ce faict au moyen et parce que l'usufruit du dit inuneuble tournera entièrement au proHit de celluy qui sera ins-
titué pour tenir les escolles et instruire les enfans en la dite paroisse de Gommer, par chacun an à Tadvenir, bien et duement selon son pouvoir.... Et où il ny auroit aucun maître d'escolle en la dite paroisse, faisant l'exercice dinstruire les dits enfans, le dit usufruict retournera au dit curé ou à ses successeurs curés de Gommer, jusqu'à ce qu'il y ait esté pourveu d'autre maistre d'escolle.... Lequel maistre d'escolle sera tenu avec ses escolliers par chacun jour de Fan de dire un salut à la fin du jour avec les oraisons propres et spéallement les oraisons : Deus gui inter apostolicos et Fidelium. en l'église ou chapelle du dit Gommer, en memoyre dudit donateur et ses amys tant vivans que trespassés. »
(Suivent les noms et les signatures de la plus grande et seyne partie des habitans, des donateurs et des témoins). (1)
En lo99 — Robert Hubert, est « maistre d'escolle de la paroisse de Gommer (2).
1617. — Jean Gaceau. chanoine du Alans. lègue à l'Eglise de Gommer une rente de 10 livres, dont partie pour le « maistre d'escole du dit Gommer. »
1636. — Pierre Trévas fonde une rente de 10 sols « pour faire dire des psaulmes aux petits enfans et escolliers. »
1642. — Sépulture de Jean Ghampmezière. chapelain en l'église de Gommer, maître d'école, et procureur de la confrérie du Rosaire. Il est inhumé devant l'autel de Notre-dame de Pitié.
1649. — Louis Gaultier, prêtre est « régent en la dite paroisse ». Il fit une fondation dont le revenu est de 12 livres.
1778. — Le registre de l'Etat du diocèse constate que les enfants sont bien instruits (3;.
Au commencement du registre des délibérations municipales, on cite comme attribués au maître d'école : 33 livres léguées par M. Baillé, curé ; — la Haute Brémonnière, affermée loO livres, provenant d'un legs de Pierre Lagneau et Marie Gosnard, sa femme ; — La maison des Pilliers et la maison Râteau, don de Robert Tripier, curé de Gommer ('4).
Les habitans demandent en 1789 : « qu'en attendant la suppression des décimateurs inutiles, on les oblige à contribuer aux bureaux de charité des paroisses où ils diment, à l'entretien des maîtres et maîtresses d'école et des vicaires » (o).
Ecole des filles. — Lôtablisscment de Gommer est un de ceux qui furent faits par la sœur Tulard en personne et signé de sa main. On le comprend quand on sait que le curé fondateur, était le frère de Î\F Boullevraye, notaire de Marcillé, qui prêta toujours gratuitement son ministère à la communauté naissante, dont il fut, de sa bourse également, un des bienfaiteurs.
12 juin 1734. « Nous soussigné, Henri Boullevraye, curé de la paroisse de Notre-Dame de Gommer..., pour marquer les bonnes intentions que nous avons pour notre paroisse et désirant procurer à nos habitants tous les avantages et utilités qui sont en notre pouvoir, pour les exciter à la reconnaissance et au ressouvenir, avons fondé, en faveur desdits habitants, une place de deux maitresses d'école pour résider au bourg dudit lieu, et là y instruire les pauvres petites tilles dans les prières et exercices chrétiens, leur enseigner à lire et à écrire, et gouverner les pauvres malades de la paroisse gratuitement. Lesquelles maîtresses d'école seront prises de la maison et société de dame Perrine Brunet, sœur Tulard, supérieure généralle des filles de la Gharité établies à Silléle-Guillaume. »
11 donna pour dotation la llultière, en Montourtier.
« En outre promettons de donner aux dites maîtresses d'école logement utile et convenable pendant notre vie, aussi bien que les aider à vivre, les fonds n'étant pas suffisans pour leur entretien.... »
« Et nous Perrine Brunet, sœur Tulard. pour seconder le bon dessein du sieur lîoullevraye, promettons et nous obligeons de fournir deux lilles de notre société capable de remplir le dit établissement... que nous pourrons rappeler à notre volonté, autant que la nécessité ou utilité demande, en en substituant d'autres en leur place d'égale capacité. »
« Nous Louis Pouyvet de la lîlinière, Ghevalier, Gonseiller au grand Gonseil, et Marie Marguerite Dicuxivoic, seigneur et dame de lîourgon, Gommer. Belgeard, promettons fournir aux dites sœurs tous les ameublements nécessaires, pour la première fois seulement, et remettons nos droits de ventes et indemniti'-s... et encette considération, lesdites maîtresses d'écoles aideront celles
établies par nous à Montourtit'r, à gouverner les pauvres malades de la paroisse de Belgeard de leurs peines seulement, leur étant fourni de chevaux pour aller et revenir. Et le tout pour la plus grande gloire de Dieu et édification du prochain et le soulagement des pauvres. (Signé) Poyvet de la Blinière, Dieuxivoie de la Blinière, Boulevraye, Perrine Brunet, sœurThulard. »(6)
En 173o les sœurs titulaires de Técole de Gommer étaient Jeanne Chaillou et Madeleine Leturc.
1745. — Marie Bonhomme, sœur de charité, meurt à Gommer âgée de 36 ans.
1766. — « Sœur Marie Dubois, décédée à 19 ans. »
M" René Boullevraye, curé-fondateur, ajouta par son testament, en 1757, à sa première donation une somme de plus de 1500 livres en faveur « des sœurs maîtresses de Gommer » (7).
Le 4 octobre 1790, sur la dénonciation du procureur delà commune, qui accusait les sœurs de donner le mauvais exemple et d'enlever leurs meubles, la municipalité ordonna leur expulsion sous trois jours, et les destitua de leurs fonctions. Les deux sœurs étaient alors Marie-Madeleine Vergeau, supérieure, et Catherine Barrier,sa compagne : menacées de toutes manières, elles eurent, le :26 novembre 1791, la faiblesse de prêter serment. Si elles furent réintégrées dans leurs fonctions, ce fut pour peu de temps, car, au mois d'octobre 1792, la maîtresse d'école était « la citoyenne Marguerite Renouard, ci-devant religieuse de Patience (8).
(1) Arch. de la fabrique. — (2) Regist. paroiss. de la Pôoté. — (3) Arch. de l'évèché du Mans. — (4) .\rch. de la Mairie. — (o) Cahiers des Doléances I. 499. (6) Arch. de la Mairie. — (7) Arch. de la fabrique. — (8) Arch, municipales, et de l'évcché du Mans.
CONTEST (1,099 liab.).
Ecole des garçons. Un petit collège, dont on ne connaît pas l'origine, existait à Contest au moins depuis le XVIF siècle, Le revenu consistait en une maison et 20 livres de rente.
2 mars 1002. - « Au collège (k'Contcst ost décédé, discret maître Toussaint Girard, prêtre habitué en cette église, sacriste et maistre d'école en cette paroisse, dont le corps a été solennellement inhumé en l'église proche le marchepied de l'autel de la Sainte- Vierge, au-devant du crucifix.... »
1762. — Augustin Sénéchal, vicaire de Contest, est régent au petit collège (2).
Ecole des filles. 1778. — « U y a des sœurs fondées, est-il dit au registre de VEtat du Diocèse. (3) » Cette fondation est due à M. Deschamps, curé de la paroisse de 1760 à 1779, qui donna aux sœurs une maison meublée et 120 livres de rente (4).
(1) Rcgist. paroiss. — (2) Nutc de M. l'ubbj D(>scliamps, euro «It; Cliangé. — (3) Arcli. de l'évêciié du Mans. — (i) Le l'aigc, Diet'.onnaire du Mains, 1,207.
COSSÉ-LE-VIVIEN Oî.02:! hab.).
Ecole des garçons. — Klle na laissé à notre connaissance que peu de traces dans les documents.
iod9. — On trouve « Jehan Courtays, clerc, ycy estudiant, » ce qui semble indiquer une sorte de petit collège (1).
XVIP siècle. — René Herier, clerc, est maistredcscole à Cossé (2).
17o4. — Julien Pagner, prêtre habitué et principal du collège de Cossé (?>). Le pouillé désigne ce collège à l'article Rrindonnière.
Ecole des filles. — L'acte de fondation des sœurs de Saint- Vincent-dc-Paul, en 1763, mentionne lexistence antérieure d'une maîtresse d'école qui jouissait d'une rente fondée.
« Le dimanche quatorzième jour de juillet mil sept cent soi^ xante-cinq, issue de la grand'mossc :
« Devant nous, François Ilondclou, notaire royal réservé aii bourg de Cossé-le- Vivien, ont comparu Messieurs le curé et prêtres dudit Cossé, es personnes de vénérables et discrets maiti*es
Joseph Rousseau, prêtre curé dudit Cossé, François Marteau et Michel Langlois. prêtres vicaires et Jacques Geridry, prêtre habitué, faisant tant pour eux que pour les autres prêtres, vicaires et habitués dudit Cossé. absents; haut et puissant seigneur messire Franeois-Honoré-IIyacinthe de la Corbière, chevalier, seigneur baron de Juvigné, les Alleux, la Chapelle-Graonnaise et autres lieux, présent par les sieurs de la Touche, M® Ambroise- Jean Hardy de Levaré. ancien maire de la ville de Laval ; maître Pierre Guedé du Bourgneuf, seigneur de la terre de la Blanchardière, échevin de la ville de Laval, présens en ce bourg, Gabriel Hermard, procureur syndic. Jean ïhéard, procureur marguillier, etc.. faisant et composant la plus saine partie des habitants de ladite paroisse, assemblés en forme de corps politique au bout des halles de ce bourg, lieu ordinaire des assemblées, au son de la cloche, selon la manière accoutumée, en conséquence de l'avertissement verbal qui leur a été donné es prônes des messes paroissiales des dimanches sept du courant, et de ce jour, à la requête et diligence dudit procureur syndic, auquel a été représenté par mondit sieur Rousseau, curé, que des personnes pieuses, connaissant la grande quantité d'habitants de ceste paroisse, dont la plupart ne sont pas instruits, faute d'école de charité, propre à instruire les jeunes tilles, qui, instruites, apprennent à leurs enfants et domestiques à servir Dieu, à respecter les puissances et à leur obéir, et à vivre selon les préceptes de l'Evangile, et en bons citoyens, et pour le soulagement et visite des pauvres malades, et par là avertir les confesseurs des cas où il est nécessaire d'administrer les sacrements; ces personnes pieuses offrent faire par aumône un fond de douze mille livres, produisant six cents livres de rente, qu'ils remettront à la maison de St-Lazare, à Paris, et que ladite maison de St-Lazare envolera dans ce dit bourg trois sœurs de ladite communauté de l'Institut de St-Vincent de Paul, que toutes les paroisses de la ville de Paris, et beaucoup de villes du royaume se trouvent bien du soin et de l'exactitude des dites sœurs ; mais à condition qu'on leur procurera un logement convenable, dans ce dit bourg; les dits établis ci-dessus, après avoir mûrement délibéré, reconnois-
sent le l)ien et la nécessité diidit établissement, et prient M"" le curé de faire faire cette bonne œuvre et rendre cet établissement stable et permanent, et agréent, en tant que besoin est, ledit don.
«Et Messieurs les curé, vicaires et prêtres es-dits noms ci-dessus, voulant concourir à la dite bonne œuvre, consentent unanimement et offrent remettre aux dites sœurs pour leur logement, la maison, jardin et dépendances, nommés le grand St-Jacques, situés en ce dit bourg, exploités par les nommés Jean Dormet, Thomas Morin, la veuve J. Gécol et Jeanne (Ihancereul, et faisant partie du legs de M'' François Chauvin, prêtre sacriste dudit Cossé, à la charge par les dites sœurs d'acquitter la rente de vingt-six livres due à la confrérie du Rosaire, érigée en l'église de Quelaines, celle de vingt-une livres, douze sols six deniers due à la confrérie du Saint-Sacrement érigée en cette église dudit Cossé, et celle de dix-huit livres, treize sols six deniers due à François La Bâte ; lequelles offres ont été agréées par les autres établis cidessus capitulants et délibérants ; et rassemblée a été d'avis que la rétribution et legs de vingt livres, attribuée à une maîtresse d'école soit payée aux dites sœ-urs qui feront l'école, visiteront les pauvres malades, et leur fourniront les remèdes, ainsi qu'il se pratique dans les endroits où elles sont établies ; et ladite assemblée donne pouvoir à Monsieur le curé d'obtenir toutes les lettres et arrêts d'homologation à ce nécessaires, sans qu'il soit besoin d'un pouvoir plus ample. De tout- quoi avons jugé les dites parties, après lecture, à leur requête et consentement.
« Fait et passé audit lieu d'assemblée en présence de Jean Coupeau, praticien, et René Jeudy, marchand, demeurant audit Cossé, témoins, qui ont signé avec les soussignés et nous notaire, et ont les autres établis, dit ne savoir signer de ce requis » (4).
Le 2 avril 1767, frère ?s. Provost, prieur de Cossé, souscrivit pour une somme de 200 livres à la fondation projetée (o ).
Enfin le contrat eut lieu à Paris entre Pierre Hardy de Lévaré. prêtre habitué de St-Médard. procureur des prêtres et paroissiens de Cossé, et Angélique Ilenard, supérieure générale, le 15 mai 1768.
(( Les dites sœurs s'engagent à envoyer et maintenir à Cossé, trois filles de leur communauté ou même plus grand nombre, qui soigneront les pauvres malades, faisant elles-mêmes les saignées, sirops, décoctions, tisannes, etc., etc.
« L'une des dites filles sera chargée de faire la classe à toutes les filles de la dite paroisse et spécialement aux pauvres. Elle leur enseignera à lire, et les instruira des principaux intérêts de notre sainte religion. Elle ne recevra jamais aucun garçon dans son école, quelque bas âge qu'il puisse avoir. Et à la fin de chaque école ses écoliers diront un Paler e\ un Ave pour les fondateurs. Et lorsqu'il arrivera quelque maladie populaire parmi les malades ou les sœurs, elle suspendra l'école pour aider au soulagement des malades, et reprendra l'école aussitôt qu'elle pourra. »
Par un acte passé devant Coupoau. notaire à Cossé, les habitants s'étaient engagés à verser à la communauté une somme de 15.000 livres fournie par des bienfaiteurs qui seraient à perpétuité recommandés au prône. ^Mademoiselle de la Corbière donna, en 1787, une rente de 16o livres qui devait être distribuée par les sœurs en remèdes et bouillons. Sœur Marguerite Mallot était supérieure en 1787 et 1790 (6).
(1) Rcgist. paroiss. — (2) Rcg. par. de Cosnics. — (3) hisiu. ecclés. LXV. 82. — (4) Ai-chiv. (le la fab., copie, (o) .\rch. de M.-el-L. Fonds de St-Florenf. — (6) .Arch. nation. S. G16o.
COUDRAY (oi3 hab.).
Ecoles des filles. — « 1764. Faisons très expresses défenses à la dame Tiioumain d'enseigner les enfans de votre paroisse sans y avoir été auparavant de nous autorisée et approuvée, et sans votre consentement » (1).
(1) .\i-ch. (le la Mayenne. G, 2S. visite de Mgr du Grasse, (A ècjuc d'Angers.
— 8o — COUESMES i 1.206 hab.).
Ecole des garçons. — 17;}8, François Ferouelle, maître crécole à Gouesmes. figure comme témoin d'un bail.
De 1769 à 1792, cette paroisse eut pour pasteur un prêtre de grand mérite et d'un zèle aussi industrieux qu'ardent et universel. Il se nommait Jean-Baptiste Drouillet, et était né à Vaucé. Après y avoir été vicaire, il passa en la môme qualité à Couesmes, ou il succéda comme curé à M. Mareau.
La paroisse était misérable ; la population nombreuse et apathique n'y trouvait pas où vivre. On désignait les habitants sous les sobriquets de « biquetiers » ou « genotiers » de Gouesmes.
Le nouveau curé transforma sa paroisse en un atelier de filature et tissage à la main, fournissant l'outillage et les matières premières aux plus pauvres, faisant des avances à tous. Les hommes filaient comme les femmes, et l'usage s'en est conservé presque jusqu'à nos jours. D'autres cultivaient le lin et le traitaient, puis faisaient les achats et les ventes. Le curé dirigeait tout avec fermeté et tous les huit jours on lui rendait compte, soit du travail de la semaine, soit du résultat des marchés. Il établit un moulin à gruau et àsarrazinqu'un cheval faisait mouvoir et (pi'oii nommait le moulin de la Giiarité ou de la Religion.
Depuis quelques années les écoles avaient été négligées ; il s'appliqua à relever cette institution si nécessaire. Le plus jeune de ses vicaires, car il en avait deux alors, fut chargé de l'école des garçons, dont il surveillait la régularité et la direction. La classe se faisait dans la maison actuelle des sœurs.
Un chirurgien avait été appelé à Gouesmes par M. Drouillet, qui le rétribuait lui-même, et auquel il présentait inscrits sur un registre les noms de toutes les personnes qu'il avait visitées.
Ge dévouement sans borne permettait au bon curé de gouverner sa communauté avec la verge comme avec la parole.
Il refusa le serment schismatique, se rendit prisonnier aux Gordeliers à Laval, puis à Patience le 14 octobre 1792. 11 y mourut le 22 juin 1793 léguant, par un testament qui ne l'ut jtas exécuté, uii;' partir notahli' de s"s bicMis jiour assurer l'i'ta-
blissement d'un maître et dune maîtresse d'école dans la paroisse qu'il avait tant aimt'é (1).
Ecole des filles. — 1774. La maîtresse d'école du bourg est inscrite sur les registres du chirurgien « pour une saignée réitérée. »
Il y avait d'autres maîtresses dans les villages Ci).
(1) Arch. de la fabrique et notes de M. l'aLibé Gillard. — (2) Arch. de la fab.
COUPTRAIN C40o liab.).
Cette paroisse, érigée au commencement du siècle, dépendait anciennement de Saint-Aignan, où nous constatons l'existence d'une école dirigée par les sœurs de la Chapelle-au-Riboul.
COURCITÉ r2,031 liab.).
Ecole des garçons. — 1388. — Les enfants clercs de Courcité
reçoivent un legs dune personne de Ghampgeneteux. >P Gervais Dassé était maître d'école à Courcité en 1392 (1).
1738. — Le seigneur de Courcité obtint l'enregistrement en parlement pour la paroisse de Courcité d'un règlement de fabrique qui a souvent été invoqué dans les questions litigieuses entre les seigneurs de paroisse et les habitants ou le clergé. On en trouve fréquemment des exemplaires imprimt's ou manuscrits. Un des articles concerne les écoles.
« Les maîtres et maîtresses d'école, y est-il dit, seront nommés par les habitants dans une assemblée qui sera tenue en la manière accoutumée ; auxquelles assemblées le seigneur aura le droit d'assister, si bon lui semble ; auquel cas il présidera et recueillera les suffrages » (2).
Ces termes généraux supposent l'existence d'écoles régulièrement établies presque partout.
fi
« Le principal de l'école de Gourcitéest fondé » disent les registres de V Etat du diocèse en 1778 (3). Le collège de la Goutardière, dont parle Le Paige au mot Courcitc, se rapporte au collège de Villaine-la-Juhel.
Ecole des filles. — 1778. — « Il y a des sœurs de charité, » dit le même document. La fondation dont nous n'avons pas l'acte original était antérieure à 1739. En cette année fut inhumée sœur Marie Bessirard, âgée de 28 ans. Les sœurs Fussot, Bessirard, sœur de la défunte, Ghôllet, Deslandes, Blard, toutes de la maison de la Ghapelle-au-Riboul, assistaient à la sépulture (4). Gauvin dit que l'établissement des sœurs remplaçait l'école fondée en avril 1711, dont la maîtresse était à la nomination du seigneur, du curé et des habitants (oj.
(1) Insin. fc.-lùs. XIX, 317. — (2) Arcii. tic la falj. d'Avcrton. —(3) Arch. de l'Evêché du Mans. — (4) Regist. parois. — (3) Recherches... etc. p. 89
CR AON ''1,032 hab.).
Ecoles des garçons. — La fondation de la confrérie de Saint-Nicolas à Graon est antérieure à 1384. Or, un des articles de ses statuts porte que le maître d'école dira le samedi une messe de Notre-Dame pour les frères et sœurs (1).
Au commencement du XV^ siècle, des écoles s'établissaient dans les paroisses de la baronnie de Graon, et comme ces érections se faisaient sans le congé des chanoines, ceux-ci réclamèrent auprès du sire de la Trémoille pour être maintenus dans leur privilège. S'ils liront intervenir le baron de Graon c'est, disent-ils naïvement, qu'ils sexposeraient, en faisant un procès à des seigneurs, aux ftefs desquels ils avaient des rentes, à des désagréments et à des représailles.
Gette pièce a été citée incomplètement dans les Chroniques Graon ■ «a<>5 d'après une analyse de M. Logeais et récemment par M. Joubert. Llle est trop importante dans hi question (lui nous occupe
pour que nous ne la donnions pas plus complètement, avec l'extrait de plusieurs documents du même dossier.
« Georges, sire do la Trémoille. de Sully et de Craon.... receu avons humble supplication de nos bien amésles doyens chanoines et chapitre de nostre église collégial de Saint-Nicolas de Craon et du rectour des escholles. contenant que comme à cause de la fondation.... nos dits chanoines aient droit de donner et bailler le siège et rectorie des escolles de nostre dite ville de Craon, sans ce que autre de nostre baronnies ne du doyenné du dit lieu de Craon ait celuy droit.., et soient en possession... de traicter et faire traicter ceux qui ont fait le contraire et mis sièges d'escolles hors de nostre dite ville, sans leur congé et licences ; et il soit ainsi que puis naguères, sans la volonté de nos chanoines, ne de leur rectour d'escoUes plusieurs nobles et gens d'église se soient efforcés et efforcent de jour en jour de faire sièges d'escolles ruraux, mettre rectours simples et nos sciens en plusieurs lieux, es fins et mettes de nostre baronnic et doyenné dessus dits, qui est au très grand préjudice, destruction et dommaiges des escolles de nostre dite ville, de tout le bien de science et utilité publique du dit pays ; disans nos dits chanoines, que contre la puissance des dits nobles et gens déglise ils doubteroient emprendre procès pour ce qu'ils tiennent et ont plusieurs de leurs rentes es fiefs et seigneuries d'iceux, lesquels revenus ils leur pourroient empescher et faire de grans cousts.... (pourquoi vous mandons, nos gens de justice), que vous procédez par toutes voies à tenir et garder la liberté de nos chanoines à cause des dites escolles encontre de tous ceux qui se sont efforcés de tenir et faire tenir sièges d'escolles ruraux es fins et mettes de nostre baronnic en lieux non accoutumés sans le congé de nos dits chanoines ou de leurs rectours d'escolle.... Donné en nostre chastel de Craon (14 décembre 14.12; présents : Monsieur l'abbé de la Roue, Monsieur du Bourg et maître Guillaume de Lanet (?) ses conseillers. »
Une nouvelle difficulté survenue en 1460 donna occasion aux chanoines de recourir à la protection de la dame delà Trémoille. Le titulaire de l'école, maître Guillaume Dubreil, était âgé de
soixanto ans et plus, « par quoy ou temps avenir bonnement ne pouroit prendre la peine qui y appartient ». Déjà les manants et habitants de la ville se plaignaient. Ce que voyant, les chanoines « à très grant peine et moiennant grans promesses par eux promises à un nommé maistre Robert Perrouin, luy ont fait délaisser les escolles de Laval, où il étoit très fort amé..., qui est le plus grant bien qui puisse arriver à la seigneurie ; cur, à mémoire d'hommes, ajoutent-ils, n'y eut maistre plus suflisant (le luy, ny qui tant ait fait es parties voisines de clercs suffisans. »
Malgré ces qualités d'un candidat exceptionnel, les ofticiers de la dame de Craon maintenaient « par hayne, dons ou autrement ». le vieux titulaire et refusaient de payer les honoraires du nouveau. Ils avaient même porté la cause en cour de parlement, ce qui était un atfront à la justice seigneuriale de Craon. La dame de la Trémoille le comprit ainsi, l'affaire fut jugée à son bailliage et nous savons que Robert Perrouin fut maintenu recteur des écoles de la ville (2).
1128. — Frère Bertrand du Plessis, religieux de la ïîoë, dépose qu'il y a quinze ans. « il tenoit et gouvernoit les écoles de la ville de Craon » (3).
Le 5 janvier. 14.., Mgr de Craon fait écrire de Rochefort à ses chanoines « qu'il leur envoie maistre Etienne maistre es arts, et que pour l'honneur de mon dit seigneur, ils luy veuillent donner les escolles de Craon. vacants par la démission du maistre Robert Perrouin. et que si dedans ung temps ils ne trouvent le dit Etienne pour suffisant pour les régir, que ils le facent scavoir à mon dit seigneur, que il le leur hostera, car pour rien mon dit seigneur ny vouldroit avoir mis personnaige qui ne fust suffisant. » (Signé) R. Nicolas.
En lo30, les chanoines « bien et duement certiorés des vie, vertus, science, loyauté, industrie et probité de V. et D. maître Pierre Uistre », lui donnent la rectorerie etle gouvernement des écoles de la ville après toutefois qui! a prêté serment (4).
Notons ici, comme anecdote, qu'en cette même année lolJO, un bandit qui s'était introduit chez le vicaire de Saint-Clément de Craon pour le tuer, surpris et voulant apitoyer Michel Guillet,
prêtre, venu au secours de son confrère, lui crie en suppliant : « mon compagnon d'écolle. ne me tue pas, et faites-moy rendre mes basions. » Ce qui démontre que les écoliers ne suivaient pas tous la même voie, ni la bonne (o).
Le 24 octobre 1617. — Devant un notaire de Craon, li. h. maître François Corbieres, escollier, demeurant en la paroisse de Saint- Michel-du-Bois, s'adresse aux chanoines « auxquels il a représenté, qu'ayant eu advis que maistre René Chevrolais qui est précepteur et régent en ceste ville s"étoit désisté de sa charge, il se seroit acheminé en ceste ville à cette fin de supplier mes dits seigneurs luy vouloir conférer la dite charge et régence, offrant de sa part faire les fonctions nécessaires à icelle pour l'instruction de la jeunesse, au mieulx qu'il luy sera possible », ce qui lui fut accordé avec charge d'instruire les enfants « tant de cette ville que paroisses circonvoisines, sans les laisser raiger ny causer à l'église. »
28 décembre 1624. — Maître Pierre Hay, prêtre au faubourg Saint-Pierre, par le douzième article de son testament, donne après son décès (f aux régents de la ville de Craon qui seront commis pour instruire la jeunesse en la religion catholique et non autrement, » la somme de 2o livres de rente sur la closerie de la Halbaudiere, en Simple (6).
A cette époque, les maîtres étaient souvent laïques comme Jean Meulevert, époux de Ficnée Hamelin, dont un des enfants est baptisé à Niafles, en 1628 ; Mathurin Jarzay, époux de Françoise Meslier, qui eut quatre de ses enfants baptisés à Craon, de 1641 à 16ol (7).
Michel Daoudet, régent en 16ol. était prêtre ; il devint chanoine de Saint-Mcolas, et en 1638 h semble avoir abandonné son canonicat au moins provisoirement et s'être « volontairement déporté de l'instruction des enfans » pour habiter Paris. 3Iaître Dominique Caillou, maître ès-arts, licentié ès-lois, professeur en l'université d'Angers, et enseignant la rhétorique à la Sauvagerie, accepta la succession à condition d'être exempt de toute taille. Les honoraires consistaient dans les 23 livres de rente léguées par Pierre Hay, deux autres rentes semblables que payaient la
frairie de Saint-Nicolas et celle du Saint-Sacrement, enfin 12 livres de rente due par le seigneur de Chauvigny.
En outre, le nouveau titulaire recevait des écoliers la rétribution ordinaire, prenait o sols sur les bouchers, et avait le droit de faire « faire la loge et mener la charette. » Le dernier de ces privilèges consistait à faire conduire à travers les rues de la ville par les écoliers une charrette, pour recueillir le bois que les habitants donnaient en aumône.
Dominique Ghaillou était encore régent et demeurait au collège en 1667. On lui avait imposé de prendre un régent quand le nombre des écoliers le demanderait, mais il devait seul enseigner le latin.
René Pelley, qui j.assa plus tard au collège de Ghâteau-Gontier, était régent à Craon en 1686.
En 1730, eut lieu une assemblée des chanoines et des habitants de Craon, il leur fut représenté par le syndic « que il y a en cette ville beaucoup de jeunesse en état de recevoir des instructions et s'avancer dans la langue latine, qui sont retardés faute de régents, n'y en ayant eu depuis très longtemps en cette ville capables d'enseigner, et cela parce que les fonds ne sont suffisants pour y arrêter des régents ; que si l'on pouvoit trouver les moyens de faire un fonds, il se présente des personnes très dignes de remplir cette place, et que les (chanoines de St-iNicolas) ont aussi tait connoitre aux dits habitans qu'il n'y a rien de plus nécessaire tant pour l'état ecclésiastique qu'autres avantages pour la patrie, et ont remontré (qu'ils ont toujours eu le privilège de nommer les régents) offrant même seconder et aider les habitans pour parvenir aux fonds qui pourront être promis et assurés par les dits habitans... et si les régents sont prêtres, les dits chanoines veulent bien donner entrée dans la dite église, et permission de prendre place dans les hautes stalles dans le chœur, après les officiers et chapelains habitués de la dite église, dans laquelle ils leur accordent de célébrer la sainte messe, à con- (htion qu'ils assisteront le dimanche aux offices, qu'ils seront reçus sur le rapport de deux chanoines et de ileux autres députés des habitans de leur vie et mœurs, capacité et suffisances ; les
députés s'assembleront pour cela au chapitre, où l'ancien chanoine prendra le serment des dits régents de se bien et fidèlement comporter. »
Le 22 décembre 1731. — Les habitants présentent pour remplacer le sieur Claude, absent. François Grossier, prêtre du diocèse d'Angers (8).
Pour favoriser le collège, Mgr févèque d'Angers, par décret du 14 mars 1748, lui avait uni la chapelle de Guinefolle. Quand le marquis d'Armaillé fit bâtir le nouveau château, il donna en échange du bien de Guinefolle, qui ne valait que 9,200 livres, la closerie de la Suhardière estimée 14.500 livres (9).
Par accord intervenu entre Tévèque d'Angers et les habitants de Craon, à Foccasion de lunion au collège de la Chapelle de Saint-Guinnefort (sic), il fut décidé que lévèque nommerait le principal ; — que le bureau d'administration se composerait du juge, du procureur liscal, d'un chanoine député du chapitre, du curé de Saint-Clément, représentant sa Grandeur, du procureur syndic et de deux notables: — que le principal se prêterait aux augmentations que pourrait faire le bureau en achetant ou louant les maisons adjacentes, pour y faire des classes ou un logement pour les pensionnaires: — quil ne serait fait aucun changement sur les biens du collège, ni aucun procès par le principal, sans le consentement du collège ; — que le chanoine délégué du chapitre visiterait le collège quatre fois par an ; — que le principal assisterait aux offices des dimanches et fêtes à Saint->'icolas. et y ferait conduire, ou dans une autre église, ses élèves à la messe les jours de classe : — que les classes dureraient deux heures le matin et autant le soir ; — que pour donner quelque émulation, de deux ans en deux ans, il y aurait quelque représentation aux exercices publics.
Nous lisons encore ce qui suit dans le registre du Bureau du collège :
17oo. — Jacques Poisson, président du grenier à sel. dit que W Jacques Poisson, son père, sieur de la Pasquerie. ancien syndic de cette ville, lui a dit avant son décès que pour la considération que ledit sieur Poisson, son tîls, avait pnur le collège dont il
estimait lui-même l'établissement, « il donnait loO livres pour être employées à la perfection des bâtiments dudit collège. »
17oo. — Demoiselle Marguerite Viel, ayant ouï dire que le sieur Viel, son frère, syndic de la ville, pouvait être reliquataire envers la ville « et étant informée que la ville avoit entrepris d'achever le pensionnaire du collège sans avoir suffisamment de fonds », donne pour ce une somme de loO livres.
9 octobre 17oo. — M° ^Maurille Paisot, ancien principal, élant sur le point de se retirer, on fait l'expertise du lieu de Guinefolle.
M^ Charles Grandval le remplace.
A la suite de l'édit du roi, du mois de février 1763, qui ordonnait de faire un état des revenus et utilité des collèges, le bureau écrivit à Mgr d'Angers pour lui rappeler que son prédécesseur avait uni la chapelle de Guinefolle au collège et s'était attribué la nomination du principal. 11 lui demande de se faire représenter encore au bureau par M. le curé de St. -Clément, il espère dans sa protection pour le maintien du collège, qu'il voudra bien appuyer de son crédit auprès du gouvernement. « Ce pays est d'autant plus à plaindre, Monseigneur, qu'il a le malheur d'être éloigné de lo lieues de votre siège d'.Vngers et, par conséquent, moins à portée de se ressentir des etïets de votre bienveillance ordinaire et de profiter des facilités qu'on sait que V. G. procure à tous les sujets de son diocèse qui désirent s'instruire. »
Cet édit concernait les collèges établis ou à établir en place de ceux des Jésuites.
Le 18 avril 1763, Mgr d'Angers répondit qu'il voyait l'importance qu'il y a de conserver le collège et qu'il appuiera les mémoires qu'on lui présentera.
1759-1776. — M. Dumont prêtre est principal, Jean Leroy, clerc tonsuré, régent.
Le dernier principal du collège l'ut M. llené Marsollier. C'était un saint prêtre. Quand vint la Révolution, rien ne put le décider à prêter serment. Le 2 janvier 1792, il reçut une dernière sommation, s'y refusa encore et dut quitter le collège. Le mobilier qui lui appartenait entièrement fut vendu quand même, et le collège resta désert. 31. .Marsollier subit la prison à Laval, la
déportation ensuite en Angleterre et en Espagne. Il revint au pays dès l'année 179o. et y rendit les plus grands services (10).
Ecole des filles. — Son histoire se confond avec celle de l'hôpital : les deux établissements étaient dirigés par les filles de la Trinité. Dos lettres patentes du roi accordées en 1687, nous apprennent qu'en même temps que la sœur Tulard dotait de nombreux établissements de ses filles les paroisses du Bas- Maine, sœur Rousseau procurait le même bienfait à l'Anjou, au Craonnais en particulier. « en formant des maîtresses décoles. n
(( Louis par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre à tous présents et avenir, salut, faisons scavoir que notre cousine Magdelene de Laval veuve de notre cousin le maréchal de Hochefort, comme tutrice de ses enfants, dame et fondatrice de l'hôpital de la ville deCraon, du diocèse d'Angers, nous a fait remontrer que depuis plus de vingt années nos bien aimées Marie-Gabrielle Rousseau. Claude Rigault, Anne Gaillard, Marguerite Huet, Marguerite-Françoise de Tierry et quelques autres filles se seroient employées à exercer Ihospitalité dans ledit hôpital.... et que les dites filles s'employont encore à diverses autres œuvres de charité envers les personnes de tout sexe, particulièrement à l'instruction des petites filles dans les principes de la foy et de la vie chrétienne, tenant les petites écoles en plusieurs lieux du diocèse d'Angers, et encore à donner retraite en leur maison à plusieurs femmes et filles plus avancées en âge pour y faire les exercices spirituels et se disposer à mener une vie vrayement chrétienne ; comme aussij à former parmij elles des maîtresses d'école et encore à instruire et prendre soin des filles nouvellement converties à la foy catholique apostolique et romaine, a quoy il auroit plu a Dieu de donner sa bénédiction, en sorte que leurs travaux auroient produit de grands fruits non seulement en la ditte ville de Craon, mais aussy en plusieurs autres lieux du diocèse d'Angers. Ce qui auroit fait que pour le rétablissement de l'ancien hôpital pour le logement des filles destinées au service d'iceluy et aux fonctions cy-dessus exprimées, notre cousin Henry Louis d'Alongny, marquis de Rochefort, maréchal de
France et baron diidit Craon, a donné son consentem(mt par contrat du dix-huit octobre mil six cent soixantc-cincj, passé devant Armand Rcmond, notaire audit Craon.... Mais comme pour rendre cet établissement plus stable et perpétuer les biens que ladite Rousseau et autres filles demeurantes ensemble ont procuré jusqu'à présent il est nécessaire de former une communauté réglée, à quoy le dit sieur évoque d'Angers a consenti par ses lettres du trois juillet mil six cent quatre-vingt-sept ; laquelle communauté ne peut estre établie et subsister sans notre autorité, notre dite cousine la maréclialle de Ilochefort, et les dittes Rousseau et consorts nous ont très humblement fait supplier de leur permettre d'établir les dittes lilles, assembler avec elles toutes les autres qui se pourront joindre cy-après en forme de communauté sous le titre de société de filles de la Trinité, sans par elles faire aucun vcru, pour faire et exercer en ladite ville de Craon ladite hospitalité et les autres œuvres de piété à quoy elles se sont destinées, et leur accorder nos lettres de permission sur ce nécessaires.... Permettons aux dittes filles de vivre en communauté,.... Donné à iMarly, au mois d'aoust l'an de grâce mil six cent quatre vingt sept, et de notre règne le quarante cinquième. (Signé) Louis, visa par Doucherat. »
Convention entre la baronne de Craon et les filles de la Trinité.
4^™'^ article. — Elles enseigneront gratuitement les jeunes filles de la ville et des environs qui se présenteront, même elles pourront en prendre quelques-unes en pension, conformément à leur institut, et les loger audit hôpital,.... Kllcs ne recevront point de lilles à l'école qui ne soient au-dessus de sept ans, avec pouvoir de les corriger, quand elles se rendront incorrigibles, suivant le règlement de l'école prescrit par mon dit seigneur l'évèque d'Angers qu'elles doivent observer de point en point.
(1) Histoire de la Baronnie de Craon, par M. Juuljurt. p. 9, — (-2) Arch. (le laM.iyenne, Charlrier de Si-Nicolas de Craon, non invontoriù, toino II, f'» 3a3-3(J4 dos Titres fhi chapitre. — (3) Charlrier de la Roë, au.\ Arch. de la Mayoniio, LXXI. — (4) Charlrier de Sl-Mcolas, nhi supra. — (5) Charlrier de Thoiiars. — (0) Charlrier de St-Nirotas. — (7) llp-isl. paroiss. do iNiiiilcs ot do Craon. — (8) Charlrier âr Sainl-Nicolas. — (9) Arch. nation. Ql 703. — (10) Clironiq. paroiss. de Livré. — (11) .Je dois la copie de ces lettres patentes à M. Foubert, aumônier des Bénédictines de Craon.
CRENNES-SUR-FRAUBÉE (oOi liab.;.
École des garçons. — On trouve à Crennes, au XVP siècle, une fondation, déjà signalée ailleurs. « pour les enfans. pour dire les sept psaulmes. »
M. Jean Chapelière, curé de Grennes, dit en son testament du 21 avril 1687 :
« Je veux et entends et donne à toujours à un prêtre capable et de bonne réputation qui sera présenté par ^l. le curé de Grennes pour lors, pour aider à instruire les enfans masles aux petites écoles de ladite paroisse de Grennes, sçavoir une chambre haulte, grenier dessus, couverte en ardoize, une mazure de grange et une estable, et les jardins devans que jai acquis de Marie Gripperey, veuve Jean Levannier, et de Julien Gripperey et sa femme, situés près l'église et cimetière dudit Grennes et cure. »
Le 10 mai 1687. — « En adjoutant à mon testament... J'ai donné et légué à jamais un petit jardin... proche et attenant les jardins des Gripperais, que j'ai acquis depuis peu de Jacques Jagu, au sieur prestre qui sera nommé par ledit sieur curé de Grennes à joindre à ce qui est déjà légué ci-dessus par moy. pour instruire aux petites escolles les enfans masles de ladite paroisse.., à condition par lesdits messieurs des petites escolles qui posséderont ledit legs et ceux ci-dessus, de dire et célébrer par chacun an six messes basses à l'intention de moy testateur et de toutes les âmes qui seront détenues au feu du purgatoire. »
Ecole des filles. — Elle était tenue, au XVIP siècle, par une sœur libre à laquelle M. Guillaume Mottier, prêtre habitué à Grennes. fait plusieurs dons.
«Je veult et entend que si la sœur Marie Grudé, à présent maitresse d'escolle des petites tilles audit Grannes, demeure en la paroisse après mon décès, je désire quelle jouisse sa vie durant de la maison où je fais à présent ma résidence, de la cave de dessoubz, du grenier dessus et dune portion de jardin derrière lesdits logies...
(( Item, je veult et entend que ce qiril se trouvera de viande salée et autres, avec les vaisseaux dans lesquels elle sera, tout ce qu'il se trouvera aussi de bois de chauffage, de filasse à filer, un poinçon de cidre avec le fus, tout ce qui se trouvera de farine moulue, jusqu'au nombre de six demeaux en grains ou farine de méteil ou bled seigle, encore six demeaux d'avoine, le tout comble, soit donné à ladite Grudé.
(( Item, je désire que si elle a besoin de meubles pour son petit mesnage, après mon décès, elle en mette à prix des miens lorsqu'ils seront vendus pour la somme de trente ou quarante livres, sans en rien payer...
« Je donne à ladite Grudé la somme de quarante livres pour faire ses provisions après mon décès. » (2)
En 17Go, la sœur figure aux comptes (h; fabrique pour travail à l'église (;{).
VEtat du diocèse de 1778 constate (jue les enfants sont bien instruits. (4).
(1,2. 3) .Vrcli. (Ir la f,,liri(|U(', — (l) Arcli. dr rrvcclio du .Mans.
LA CROIXILLE (l.â.'iH hab.).
Ecole des filles. — .Vprès la Révolution, le curé de la Crolxille, invitant les paroissiens à pourvoir à la subsistance des sœurs d'école, dit :
« Cette paroisse jouissait autrefois de l'avantage de posséder des élèves de cette maison (de la Ghapelle-au-Uibour». et personne ne doute de l'utilité du service qu'elles rendaient à cette paroisse, en s'employant avec zèle à instruire les jeunes filles et à procurer aux pauvres malades des secours que leurs moyens ne leur permettaient pas de se procurer par eux-mêmes.
« Le zèle de ces pieuses filles les a portées à continuer, autant qu'il leur a été possible, leurs services dans la paroisse où elles avaient autrefois des établissements, et notamment en celle-ci.»!' 1)
Ce texte montre que les sœurs étaient revenues à la Croixille
reprendre leurs fonctions en même temps que le clergé lui-même avait pu y rentrer, et avant qu'aucunes ressources leur fussent assurées.
(l)Arcli. rie la fabri(iu(?. ||j
LA CROPTE (647 hab.)-
Ecole des garçons. — M. Tregory était principal du collège de Grez-en-Bouère (juand il fut nommé vicaire de la Cropte en 1785 (1).
(1) Re^ist. paroiss.
CUILLÉ(i.ool hal).).
Ecole des garçons. — 1790. Jean-Baptiste Lemoyne. prêtre habitué à Cuillé, y possédait plusieurs bénéfices simples assez riches et quelques rentes. Il fait ainsi sa déclaration :
« Je soussigné certifie que. depuis l'âge d'environ vingt-quatre ans, je n'ai pas discontinué, jusqu'à ce jour, de m'occuper dans les villes et les campagnes de l'instruction de la jeunesse et des travaux pénibles du saint ministère, avec l'approbatipn de mes supérieurs, et même à mes frais pendant douze années » (1).
(1) Arcliiv. municipales.
DAON (983 hab.).
Ecole des garçons et des filles. — L'abbé Bernier, plus célèbre sous ce nom que sous son titre d'évèque d'Orléans, est né à Daon. Son père était tisserand, sa mère maîtresse d'école.
Le jeune Bernier lit ses études élémentaires auprès de l'abbé Jauniau, qui sans doute faisait la classe aux garçons (1).
(1) Chronique paroissiale.
DENAZE (:îo(3. hab.
École des garçons. — On connaît encore la maison vicariale, où le vicaire résidait et tenait les petites écoles pour les garçons, dans cette paroisse de 100 âmes. Dès 1808, une donation assez importante fut faite pour avoir une sai-ur d'école.
DÉSERTINES (1.350 hab.).
Ecole des garçons. — M' Louis Plagner, né à Désertines, y possédait un assez riche patrimoine et la chapelle dite des Charlots. Il y tenait l'école dans une maison qui depuis la llévolution a servi de presbytère jusqu'à ces derniers temps (1).
Ecole des filles. — Michel Coutard, sieur du Tertre, légua, pour une maitresse d'école, une maison au bourg. Ce donateur est mort en 1754.
1784. — Anne Ledaupliin. sa^ur d'école, donne reçu d'une somme de 203 livres aux héritiers de i\r' Jacques et Jean Palluel, lun et l'autre curés de Désertines.
1780. — Le procureur de fabrique est autorisé à faire des réparations à la maison de la sœur (2).
3 frimaire an V. — La sœur d'école de Désertines est taxée sur le rôle des impositions à 4 sols 3 deniers (3).
(1) Notes de M. l'abbé Poinlcau. — (2) Arcli. ib; bi bibrii|iio. — (3) .Virh. municipales de Fougcrollcs.
DEUX-ÉVAILLES 581 hab.).
Écoles des garçons. — 1072. Noël Cureau, prêtre, demeurant à Deux-Ëvailles, lègue à un prêtre, vicaire, une maison, nommée la maison de l'école, avec ses dépendances, située au bas du bourg (1).
Ecole des filles. — 1778. « Il y a une maîtresse d'école » (2;. (1) Arcli. de la fabrique. — {2'^ Arcli. fie révêclié du Mans. Klal du diocèse.
LA DOREE (962 liai).).
Ecole des garçons. — o^ioiquil ne semble pas y avoir de fondation spéciale affectée à Fécole, le doyen du chapitre du Mans visitant la paroisse qui relevait de Saint-Julien donne lattestation favorable qui suit en 1736 :
» Nous avons aussi remarqué la sagesse et l'assiduité des prêtres (il y avait le curé et trois vicaires) pour l'instruction de la jeunesse » (Ij.
Ecole des filles. — Elle fut fondée en 172:5 par acte devant Michel Coupcl. notaire à Fougerolles. par Anne de Goué, veuve de Pierre du Plessis-Chàtillon, dame de la paroisse, qui à la même époque dotait une autre école semblable pour quatre petits villages de la Normandie. Les sœurs de la Chapelle-au- Riboul furent choisies par la bienfaitrice.
En 1730. pour suppléer à cette première fondation insuffisante qui ne comprenait qu'une rente de 20 écus, une maison et un jardin. M*^ Philippe Hermet, curé, ajoute dix écus de rente pour les sœurs (2).
1736. — Le doyen du Mans dit qu'il y a dans la paroisse « deux maîtresses d'école de la communauté de feue madame Tulard, dont la sagesse et l'assiduité nous ont fait connaître le bon ordre et la science des enfans du sexe féminin » (3).
1761. — M. le comte de Bugles, petit-fils d'Anne de Goué, donne une rente de 200 livres pour les pauvres^ dont le produit sera remis aux sœurs « chargées de la desserte de la charité, pour, par elles, compter de l'emploi qu'elles auront fait des arrérages de cette rente, comme elles font des autres rentes qu'elles sont autorisées à percevoir par leurs mains » (4).
1778. — VElat du diocèse dit : « 11 v a deux sœurs de charité
— lui —
fondées, qui doivent rendre compte au curé et au procureur syndic de l'administration d'une partie de leur revenu » (o).
7 décembre 1792. — La niunicipalité de la Dorée expose au Directoire que deux individus se sont permis d'entrer dans la maison des sœurs de cliarité et d'école et les ont insultées {(Y).
Voici le nom de quelques-unes des sœurs :
17'i3. — Renée Germain, qui fait l'opération césarienne, après décès, à une femme morte en couches et fait ))aptiser Tt-nfant.
1 76 i, Anne Lemoine et Anne Pinson.
1777, Sœurs (...) Bignon et Anne Boissière.
1782, Jeanne Moche.
1784, Anne-Marie Guesnier (7).
(1) Arcli. (lu cliMpilrc St-.Iulicn du Mans, 15. 34. — (2) Arcli. do la fabrique — (3) Art'li. du chapitre St-.Iuliou : Ihidein. — (4) Arcli. do la labricjue. — (ii) Ai-cliiv. de l'ovôchù du Mans. — (G) Arcliiv. do la Maycnno. registres lia Directoire. — (7) Aroli. de la lalj. ot ros'ist. parois.s.
EPINEU-LE-SÉGUIN (170 hab.).
Ecole des garçons. — Kn 17o8. Técole d'Epineu comptait parmi ses élèves un jt'iine nègre, amené en France par M. des Haies de Gry, capitaine de vaissoau. G;'t entant avait treize ans quand il demanda le baptême. L'acte constate qu'il ne sait « pas encore signer ». Ses jeunes condisciples devaient être plus pr(''coces ; mais le négrillon était bien çxcusable (1).
(1) Hesi"^!. paioi.ss.
ERNÉE (.'i.2r)2 hab.).
Ecole des garçons. — Les documents nous font conqtlètenieut défaut sur les écoles à Ernée pour une épotiue ancienne. Ce ([ue nous avons pu découvrir ne remonte pas au delà des (li-rnières aniit'es du Wll' siècle.
En l'assemblée des maires, échevins, habitants, «il a esté statué que, comme la place de maistre d'école vacquoit par l'abdication du sieur Pierre Dupont, ils ont du consentement du sieur curé choisi la personne deM° Guillaume Guesdon, diacre, à la rétribution de oO livres, en conséquence de Tarrèt du Conseil de 1691, et le pouvoir de prendre par mois de chaque écolier lo sols pour leur enseigner les principes du latin et leur faire le catéchismes les samedys... M. le curé a bien voulu s'obliger de lui payer (en plus) 30 livres par an... en cas que Mgr de Mazarin ne continue pas la rétribution, que feu Mgr le duc son père payoit cidevant, de la somme de 130 livres par forme de dédommagement des halles bâties par les habitans dont il reçoit le profit, et sans préjudice des 30 livres que feu Mgr le duc s'est obligé dans une assemblée de ville de payer par an pour les petites écoles,... fait à la maison de ville, 8 mai 1716 ».
Vers 1719, M. Jouye des Roches, curé d'Ernée, donne une somme de 500 livres pour le logement du maitre d'école.
1741, 1762. — Sépulture de François Pottier, maître d'école.
17o7. — François Legrand est maître d'école.
17o6. — Les habitants demandent une augmentation d'octroi de 2 deniers par pot de vin et d'un demi denier par pot de cidre pour supplément de gages des maîtres et entretien du collège. Ils l'obtiennent en 1762. C'était un revenu supplémentaire de 337 livres.
M'' Pierre Gascoin, prêtre, avait donné une maison au collège pour quinze années expirées en 1733. La ville acheta une autre maison en 1762.
Les latinistes payaient 23 sols par mois de rétribution, ceux qui apprenaient seulement à lire et à écrire donnaient 13 sols. Ces mois d'école produisaient une somme égale aux revenus d'octroi.
Il n'y avait qu'un seul maître en titre qui choisissait un sousmaître approuvé par Mgr l'évèque.
« Tous les différents ordres de la vill(> sont très satisfaits de la bonne discipline du maitre, qui est d'une exactitude scrupuleuse pour les heures et la durée de l'école, se conformant exactement
aux règlements exprimés dans l'acte de nomination (19 septembre 1762), excitant une grande émulation entre les écoliers, veillant assidûment à leur bonne conduite, et les instruisant des principes et des devoirs de la religion » (1).
Les habitants d'Ernée, à la suite d'un vol commis à l'église, avaient fait bâtir en 17o9 une maison pour deux ménages, au pied des remparts, et qui serait occupée par les sacristes. C'est cette maison que la ville acquit de la fabrique en 1 7(j2, moyennant une somme de 3062 livres, pour y établir le collège.
La fabrique faisait aussi un petit traitement de 2o livres par an au maitre d'école (2).
Le registre de l'Etat du diocèse en 1778 dit qu'il y a à Ernée « un collège assez bien tenu » (3),
Les principaux du collège sont :
1715. — Pierre Dupont.
1716, 1718. — Guillaume Guesdon, prêtre. 1745, 1760. — M. Pierre Gambert, prêtre.
1764, 1784. — Etienne Foenel, qui devint curé de Saint-Marssur-la Futaie où il se dévoua pour ses paroissiens décimés par une épidémie.
Il fut exilé en 1792.
Ecole des filles. — La première fondation en règle faite pour l'instruction des jeunes tilles à Ernée nous apprend l'existence à Laval d'une congrégation enseignante établie par les pères Dominicains quelques années avant que la sœur Tulard ait commencé son œuvre.
19 août 1678. — « Jean Lejariel, porté d'atïection pour cette paroisse de Cliarné, considérant qu'il y a en icelle plusieurs pauvres personnes qui n'ont pas le moyen d'envoyer leurs enfants à récolle... et particulièrement aux jeunes filles depuis 6 à 7 ans jusqu'à 12 ou 13, pour leur apprendre à lire et écrire, prier et servir Dieu, et les instruire des principaux points de la religion, ce qui est de grande importance pour lédilication des dites filles et pour le bien public du pays : désirant qu'elles puissent être enseignées par personnes pieuses et capables comme sont les
— loa —
filles (lu Tiers-Ordre de St-Domini(iue. dites de Ste-Catlierine, établies dans la ville de Laval, lègue la somme de 4000 livres pour les gages, nourriture et subsistance de deux filles ou sœurs pieuses et charitables.... et faire, outre ce, le catéchisme aux dites jeunes filles et autres qui voudront s'y trouver deux fois la semaine nommées Tune par Mgr du Mans qui approuve le projet, l'autre par le curé de Gharné et le P. llousteau, religieux de St-Dominique. supérieur des dites filles de Ste-Catherine, etsi elles sont remplacées plus tard, à la nomination du curé ; un examinateur leur sera nommé par l'évèque ; elles ne pourront se retirer sans prévenir 3 mois à l'avance ; — elles pourront aussi montrer aux autres jeunes filles « ayant du moyen » pour une honnête rétribution ; — et diront à l'intention du fondateur, après leurs leçons un Pater et Ave (4j. »
11 est probable que les filles du Tiers-Ordre de St-Dominique ne purent pas fournir de sujets pour rétablissement d'Ernée, car le 13 juillet 1679. Michel le Vayer, grand-vicaire de Mgr l'évèque du Mans, y envoya Ambroise Pavy de Villaine-la-Juhel et Louise Monternault de la paroisse de Tannye. « Etant bien informé, ditil, de vos vie, mœurs, capacité et expérience, nous vous avons nommées, choisies et commises pour régir et gouverner le collège des filles depuis peu fondé dans la ville d'Ernée, et instruire les filles qui vous seront soumises, et pour jouir et disposer des fruits et revenus du dit collège et de ses dépendances, suivant et conformément à la fondation d'iceluy ; à la charge néanmoins que vous garderez et conserverez les règlements des filles de la charité de St-Lazare de Paris. Et pour supérieure du dit collège nous avons nommé la dite sœur Ambroise Pavy, enjoignant à la dite Monternault et aux autres qui seront après elle de luy obéir sous peine de désobéissance. »
Par actes de février et décembre 1683, M. Jean Le Jariel, sieur des Frênes donna les fonds suffisants pour l'entretien d'une troisième sœur. Ce ne fut qu'en 1693 que les sœurs .\mbroyse Pavy et Marie de la Cour, maîtresses d'écoles, profitant de cette libéralité, s'associèrent Louise Lo Fizellier « sans qu'elle soit amovible que pour des raisons de droit. » La nouvelle sœur
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apportait en dot une somme de deux cents livres « avec promesse de se soumettre aux règles establies en la dite communauté et dy conserver la stabilité à toujours, en la qualité qui est mar- • luée par le fondateur. » Louise Le Fizellier fut examinée et approuvée par M. des Roclies-.Iouye, curé de Charné et doyen d'Ernée.
Vers 1701, le « collège des tilles » fut troublé par de graves dissensions auxquelles ne devaient pas être étrangères les menées jansénistes qui, à cette époque, mirent le désordre dans les communautés des Bénédictines d'Krnée et des Calvairiennes de Mayenne. On eut recours, pour réorganiser l'établissement, à la sœur Louise Monternault, une des deux premières fondatrices de l'école, que nous avions vu disparaître presque aussitôt.
Nous donnons ici Tacte de nomination de la nouvelle supérieure et le règlement fait à cette occasion par Mgr lévèque du Mans. Ce sont deux pièces importantes.
« Louis Le Lavergne Montenard de Tressan, par la grâce de Dieu et ordination apostolique, Evesque du Mans, Conseiller du lloy en ses Conseils d'Estat et privé, à notre chère fille en Jésus- Christ, Louise Monternault, salut et bénédiction. Le désordre que la division des maistresss a causé dans les petites écolles des tilles de la ville d"Ernée, nous a engagé à vous commettre pour supérieure, jusqu'à ce que nous ayons trouvé une personne pour cet employ, et depuis un an. ne sen estant présenté aucune capable, le sieur curé et doien d'Ernée et le procureur de fabrique, nommé par le fondateur jiour veiller à l'exécution de la fondation desdites écolles, nous ont requis avec instance de vous establir pour supérieure et première maistresse affin de maintenir le bon œuvre auiiuel vous avez travaillé avec succèz en son commencement avec satisfaction du fondateur et des liabitans de la ville d'Ernée ; nous, désirant repondre aux vunix des liabitans de ladite ville, et procurer lexécution des pieuses intentions du fondateur, vous avons nommée et confirmée, nommons et confirmons par ces présentes supérieure, ou première maistresse des petites écolles des filles de ladite ville d'Ernée, vous donnons le pouvoir de les régir au spirituel et temporel.
conformément aux règlements que nous avons faits, et que nous vous avons mis en main. Enjoignons aux maistresses et associées de vous reconnaître pour supérieure et première maistresse, et d'exécuter nostre règlement. Donné au Mans ce vingt-quatriesme aoust mil sept cent deux. (Signé) Louis, évesque du Mans. »
Voici maintenant le règlement :
« Louis de Lavergne Montenard de Tressan par la grâce de Dieu et ordination apostolique Evesque du Mans, Conseiller du Roy en ses Conseils d'Etat et privé, à tous presens et à venir, salut en Nostre- Seigneur. Les establissemens les plus saints et les plus utilles ne peuvent subsister longtemps, s'ils ne sont soustenus par l'exactitude à pratiquer les règles prescriptes par les fondateurs, et l'expérience nous apprend qu'il est très souvent nécessaire d'adjouter de nouveaux règlemens pour suppléer à ce que les premiers autheurs n'ont pas préveu. Le sieur Le Jariel animé d'un saint zelle (pour l'instruction chrétienne des jeunes filles), a fait une fondation pour entretenir des maistresses d'école dans la ville d'Ernée, et nous avons veu pendant plus de vingt ans ses intentions exécuttées avec beaucoup de soins, mais la mauvaise intelligence et le peu de subordination qui s'est depuis quelque temps trouvé entre les maistresses a interrompu ce bon oeuvre, ce qui nous a obligé de nommer un commissaire pour entendre le sieur curé, le procureur de fabrique et les maistresses, affin de connoistre les causes de ce désordre, et après avoir examiné le procès-verbal de nostre commissaire, le procès-verbal de l'archidiacre de Laval, du vingt juin dernier, avec les mémoires y attachés, et les avis particulliers que des personnes de piété nous avoient donnés : — nous, pour satisfaire à nostre devoir et repondre aux intentions du fondateur qui assujettit les maistresses aux règles que nous jugerons à propos de leur donner, avons fait les règlemens suivans :
« Primo. — Pour explication et addition à nostre précédent règlement, pour maintenir la paix et le bon ordre entre les maistresses et associées, et terminer les difficultés qui nous ont esté exposées de la part des maistresses, il est nécessaire d'establir une première maistresse ou supérieure, et le fondateur ayant
choisy de son vivant Louise Monternault pour commencer l'exécution de sa fondation, dont elle s'est acquittée avec succès, nous, à la prière du sieur curé, procureur de fabrique, et autres personnes de vertu l'avons engagée de retourner à Ernée. de prendre le soin des petittes écoUes, et l'avons establye supérieure pour tout le temps qu'elle voudra y demeurer, et en son absence la seconde maistresse fera la fonction de supérieure.
« 2° La supérieure ou première maistresse réglera les exercices spirituels conformément aux. règlemens faits à ce sujet, et y présidera ; elle prescrira à chacune des maistresses et associées leur employ, selon leurs talens, et elles seront obligées de luy obéir, non seulement en ce qui regarde les écoUes, mais encore en ce qui regarde la conduitte de la maison et l'administration du temporel.
« 3" Les maistresses qui ont commencé l'establissement de ces petittes écolles ont vaiscu en commun, et cet usage s'est pratiqué jusqu'à présent, et pour l'avenir il sera continué. La supérieure, maistresses et associées viveront en commun, et seront nories, blanchies, chauffées des revenus de la fondation et de ce qu'on reçoit des pensionnaires et écollières.
« 4" La supérieure, touttt-s les maistresses et associées subsidiairement travailleront à l'instruction des filles, feront les classes, les catéchismes et lectures spirituelles les jours de festes et dimanches ; le tout selon l'ordre qui leur sera donné par la supérieure.
(f 5" Une des maistresses ou associées, pour exécuter les intentions du fondateur, aura soin de visiter les pauvres malades, de les soulager de tout son pouvoir, et de les disposer à recevoir les sacremens et les préi)arer à la mort ; et comme Jeanne Ficellier, associée, s'acquitte bien de cet employ. elle le continuera ; et lorsqu'elle ne sera pas occupée pour les malades, elle aydera à faire les écolles pour l'une ou l'autre maistresse.
« 6° La supérieure recevra les rentes de la fondation des mains du sieur curé ou procureur fabricier à son deffault, et aucune autre qu'elle ne pourra donner de receu ; les maistresses luy remettront en main ce qu'elles auront receu d»'S écollières. et
elle touchera l'argent des pensions : elle aura un registre sur lequel elle marquera exactement tout l'argent qu'elle aura touché, et la dépense qu'elle aura faitte, et les représentera lorsqu'elle rendra son compte. La supérieure ne recevra aucune pensionnaire qui ne soit de bonnes vie et réputation par ladvis du sieur curé, et la pension sera réglée de l'advis des maistresses dont la supérieure se chargera dans son compte.
« 7° La première maistresse ou supérieure commettra une d'entr'clles pour faire la dépense, luy donnera de l'argent, dont elle se fera rendre compte tous les samedis, et la dépensière aura un registre sur lequel elle marquera chaque jour ce qu'elle aura fait et jusqu'à l'arresté du compte de chaque semaine, sera sur le mesme registre pour estre représenté, lorsque la supérieure rendra compte. Les grosses provisions se feront par la supérieure de l'advis des maistresses.
« 8° Pour empescher la dissipation des revenus de la fondation, et aftin qu'on sçaclie Testât des affaires de la maison, la supérieure rendra compte tous les trois mois devant le sieur curé, le procureur de fabrique et les maistresses et associées. Elle mettra en charge tout ce qu'elle aura reeeu, soit des rentes de la fondation, soit des pensionnaires et écollières, et en dépense tout ce qu'elle aura payé. La dépense courante se justifiera par le registre de la dépensière, et les autres paymens par celluy de la supérieure et par des acquits dans les aiïaires qui les requièrent.
" 9° Chaque maistresse ou associée aura quatorze livres par ah pour ses habits, ainsy qu'il s'est pratiqué jusqu'à présent, (jui leur seront payées, moityé à la Saint-Jean et l'autre moityé à Noël.
« 10" Si, à la fin de l'année, il y a du revenant bon après toutes les charges acquittées, il sera employé par l'advis du sieur curé et procureur de fabrique et consentement des maistresses à achepter ce qui sera plus nécessaire, et plus utille pour la communauté .
« 11" Sera fait un inventaire des titres concernans les rentes et biens de la fondation, lequel avec les originaux sera renfermé en un cotfre fermant de deux clefs, dont l'une sera mise es-mains du sieur curé, et l'autre sera pour la supérieure, et copie des titres
donnée au sieur ciirt; et au itrctcurcur de fabrique lorsqu'il sera chargé de faire la recepte.
« là" Si quelqu'un de ceux qui doivent des rentes constituées veult rembourser le principal, le remboursement sera receu par le sieur curé et procureur de fabrique, la supérieure, maistresses et associées, et l'argent sera renfermé au coffre avec les titres, jusqu'à ce qu'on ave trouvé à le colloquer seurement par l'advis desd. sieur curé et procureur de fabricpie.
(( iV Sera fait un inventaire des meubles, linge, vaisselle, batterye de cuisine, appartenant à la communauté dont la supérieure donnera la charge à une maistresses ou associées pour en empescher la dissipation.
c( 14" Lorsqu'une maistresse ou associée sera admise et receue en la communauté, on fera l'inventaire de ce qu'elle aura apporté, et si elle sorloit. elle ne p(jurra emporter que ce (jui se trouvera dans l'inventaire fait à son entrée.
« lo" Aucune maîtresse ou associée receue dans la communauté ne pourra être renvoyée sans cause grave, et sans en avoir receu ordre de nous.
(f 16" Aucune des maistresses ou associées ne pourra sortir de la communauté qu'elle n'en ay(! donné advis au sieur curé et procureur de la fabrique, trois mois auparavant, lesquels nous en avertiront par escript.
<( Nous recommandons de tout notre pouvoir aux maîtresses et associées de vivre en paix et en union, de s'éloigner du commerce du monde, et d'estre uniquement occupées de leur employ.
(( Nous exhortons le sieur curé, comme directeur nay, de visiter nue fois le mois les écolles de tilles, de veiller à l'exécution de notre; règlement, de nous donner advis des contrav(>nti()ns et de ne souffrir aucunes autres petittes écoles de filles en la ville d'Ernée que celles cy-dessus.
(( Nous recommandons au sieur Curé, et, à son dellault au procureur de fabrique de veiller à faire payer les rentes, et conserver les fonds, le fondateur les ayant clioisy pour cela, et se confiant qu'ils auront la charité de l'exéculter.
« Donné au Mans, en nostre Pallais Episcopal, la ipuilor/iesme
juillet mil-sept-cent-trois f Signé). Louis, évesque du Mans. Par Monseigneur, Honoré » (o).
Le règlement que nous venons de reproduire est le second imposé par Mgr l'évèque du Mans pour la communauté d'Ernée. 11 reproduit complètement celui de Tannée précédente et y ajoute de nouvelles prescriptions.
« Demoiselle Louise Monternault, maîtresse d'école de la fondation de cette ville, depuis le commencement de la dite fondation » mourut âgée de 60 ans le 30 mars (6). Louise Le Fizellier lui succéda comme supérieure et on lui voit comme associée, en 1714, Renée Brault.
En 1732, la communauté se composait de Louise Le Fizellier, supérieure, Madelaine Lacourt, et Anne Palys qui entre alors en fonction.
La supérieure mourut en 1735, à 7o ans (7).
Enfin en 1770, les registres paroissiaux nous font connaître le décès de Demoiselle ^larie Godin, maîtresse d'école ; c'est alors que l'on songea à appeler à Ernée les Sœurs de la Gliapelle-au- Riboul. Cette fondation est due spécialement à l'intervention de M. J.-L. Jeudry, docteur en médecine et maire d'Ernée. Il entretint avec M. Michel Roisné, curé de la Gliapelle-au-Riboul et supérieur spirituel de la communauté, son compatriote, une correspondance dont malheureusement il ne reste que les réponses venues de la Chapelle- au-Riboul. Mais ces lettres sont assez intéressantes pour que nous les donnions ici. Ce sont les seules d'après lesquelles nous puissions suivre les négociations qui précédaient un établissement de cette nature. Monsieur,
Permettez-moi de vous demander si vous avez reçu de Monsieur l'abbé Paillé une réponse à la lettre que vous luy avez écrite le 24 mars conjointement avec Monsieur l'abbé De Gruël. Je luy envoyay cette lettre le jeudy suivant par le Messager. J'enjoignis une, comme vous me faisiez l'honneur de me le marquer. Je n'en ai pas eu de réponse; j'ai pensé que Monsieur Paillé vous auroit écrit directement.
L'arrangement avec les Sœurs est bien aisé à faire ; je suis allé
voir, avant la Quinzaine de Pàfjue, Monsieur le Curé de Deux- Evailles, leur supérieur pour le gouvernement extérieur de la Société. Il a envie de faire le voyage d'Ernée. Nous avons mis jour au lundy 30 de ce mois : ainsi, Monsieur, au lieu d'un hôte, vous en aurez deux. Ce sera pour lors que nous conclurons tout. Ce Monsieur m'a demandé si la fondation est de 3o0 livres de rente indépendamment des bàtimens,des jardins et de la vallée. Je n'ai pu Uiy répondre sur cela, je vous prie de m'en dire deux mots dimanche prochain.
Il ne faut rien, Monsieur, pour le voyage que j'ai fait faire au Mans. J'ai trop d'obligation à notre patrie, pour ne pas profiter de toutes les occasions de luy en marquer ma reconnaissance ; je suis même fâché de ce que vous affranchissez les lettres que vous me faites l'honneur de m'écrire.
Mille très-humbles respects à Madame votre épouse, à Mademoiselle BouIIier et à Monsieur l'abbé De Gruël.
J'ai l'honneur d'être dans les mêmes sentimens. Monsieur, Votre très-humble et très obéiss' serviteur. RoiSNÉ, curé de la Ghapelle-au-Iliboul.
Le 19 acrll 1770.
Monsieur, J'ai reçu lundy au soir l'ordonnance de Notre Seigneur Evêque pour rétablissement des Sœurs de notre paroisse dans la Maison d'instruction et de Charité de la ville d'Ernée. Ma santé se trouvant un peu meilleure, j'en profiterai pour aller vous porter lundy cette ordonnance qui est très-])ien arrangée. — Monsieur l'abbé Paillé me mande de vous la faire passer; présumant ([ue Monsieur votre Curé est à Paris, je vous l'envoyerais dans la présente lettre, sans que je veux en être le porteur. — J'espère que Monsieur le Curé de Deux-Evailles sera de la partie; on décidera en (piel temps vous aurez des Sœurs : ce sera le plustost possible.
— Hi —
— ^Mille respects à Madame votre épouse et à Mademoiselle Boullier. — J'ai l'honneur d'être très respectueusement,
Monsieur, Votre très-lmmble et très obéissant serviteur, RoiSN'É, curé de la Cliapelle-au-Riboul.
Le 21 May 177 0.
Monsieur.
La Supérieure des Sœurs de Charité compte aller à Ernée avec une de ses filles le lundy dans Toctave de la Fête-Dieu, et y passer un jour franc. — J'ai l'honneur de vous en donner avis, afin que vous vous retrouviez à la maison dans ce tems, si vous aviez quelque voyage à faire. — Vous pourez faire ensemble, conjointement avec Monsieur l'abbé De Gruël, un petit traité conditionnel, en attendant qu'on sçache certainement par où le grand chemin ouvrira. — Monsieur Tanquerel, que nous eûmes l'honneur de voir en passant par Mayenne, nous dit qu'il y a bien de l'apparence que ce sera par la grande rue. — Permettez-moi. Monsieur, de vous réitérer mes actions de grâces de vos bontés et politesses, et d'assurer Madame votre épouse. Mademoiselle Boullier et Monsieur Le Bouteiller de mon profond respect. — J'ai l'honneur d'être dans les mômes sentimens.
Monsieur, ^'otre très-humble et très obéissant serviteur. RoiSNÉ, curé de la Chapelle-au-RibouI.
Le 10 juin 17 70.
[Monsieur, Voilà trois sœurs que nous avons destinées pour votre maison d'instruction et de charité ; nous les croyons capables de remplir vos vues et de faire la satisfaction du public. Je vous prie d'avoir la bonté de leur prester vos secours pour rendre leur sort heureux. J'ai des preuves certaines de votre pouvoir et bonne vo-
— ri:{ —
lonté pour cet oltet; et je crois (}ue si nos sœurs ont le l)<)nheur d'être lionorées de votre protection, tout yra bien.
Il est utile que Mme Brault donne son billet de ce qu'elle rcconnoit à elle dans la maison des sœurs, afin d'éviter quelques contestations en cas de mort.
Avec votre permission, je présente mes respects à Mme Jcudry et la prie d'avoir les mêmes bontés pour nos sœurs qu'elle a eues pour nous dans notre voyage chez vous. Je fais la mêrne assurance de respect à Mademoiselle votre sœur, et suis très reconnaissante de toutes vos attentions et politesses.
.lai l'honneur d'être avec respect. Monsieur, votre très humble et très obéissante servante.
Sœur DEUNOUST, s.p.e.
A la Chapelle, ce H juillet 1770.
Monsieur,
Les trois sœurs de charité nommées pour notre patrie n'fittendent ({u'un guide et des chevaux pour s'y rendre demain ; elles y iront avec la meilleure volonté, .l'espère (pi'avec la miséricorde de Dieu qu'elles aiment dt; tout leur cœur, elles rempliront les desseins que votre charité et votre zèle pour le bien public vous ont inspiré, et que les personnes charitables qui se sont intéressées et s'intéresseront pour leur établissement, n'auront point lieu de s'en repentir. Les pères et mères qui ont des filles à instruire peuvent en toute sûreté les leur confier, et les pauvres malades leurs bras; je les crois en état, Monsieur, de leur rendre bien des services, en suivant vos ordonnances et celles de Messieurs vos confrères : vous en jugerez par vous-même, et je m'attens à des reproches semblables à ceux que vous m'avez fait plus d'une fois, je risquerai d'aller les recevoir sous un mois, si Dieu nous conserve.
En attendant l'honneur de vous voir. j"ai celui d'être avec les plus vifs sentimcnsde respect et de reconnoissance,
Monsieur.
Votre très-hund)lt' l'i très-ohéissant serviteur.
Le 8 juillet 1770. Doisné. curé de la Chapelle-au-Uiboul.
Mille très-humbles respects à Madame Jeudry et à Mademoiselle sa sœur, je leur recommande nos chères sœurs.
Les guides et les chevaux viennent d'arriver, Monsieur, et m'ont remis la lettre que vous m'avez fait l'honneur de mécrire. Le temps ne permet pas d'ajouter à la mienne, sinon que j'irai à Ernée sous un mois, comme je l'ai promis, et que j'espère que vous nous direz bien de bonnes choses de nos sœurs. (8)
Voici maintenant l'ordonnance épiscopale de Mgr de Grimaldi qui donne un résumé histori(iue de la fondation (rp>née et montre à quel titre et dans quelle forme les évèques intervenaient en pareille matière.
« Louis- André de Grimaldi, des Princes de Monaco, par la grâce de Dieu et Ordination Apostolique, Evèque du Mans, Conseiller du Roi en tous ses Conseils, etc., à tous ceux qui ces présentes verront, Salut en notre Seigneur .Tésus-Christ.
« Vu la requête à Nous présentée par les sieurs Louis-Auguste de Gruel, curé de la ville et paroisse d'Ernée, et Julien-Louis Jeudry, docteur en médecine, procureur marguillier de l'Eglise paroissiale dudit Ernée. dans laquelle ils Nous remontrent qu'il a été fondé dans lad. paroisse d'Ernée une maison d'instruction et de Charité, pour y recevoir trois Sœurs chargées d'enseigner gratuitement les principes de la religion chrétienne aux pauvres filles et autres sous une légère rétribution par mois, leur apprendre à lire et à écrire ; et aussy destinées à assister de leurs soins et exhorter les pauvres malades : qu'aux termes de lad. fondation lesd. Sœurs, après la première nomination qui en fut faitte par le fondateur lors de la fondation, doivent être dans la suite choisies par le S"" Curé dud. Ernée et par le procureur marguillier lors en charge ; qu'elles ne peuvent être admises à remplir lesd. exercices sans avoir auparavant été par Nous approuvées : que toutes trois, ou, du moins, une d'elles, doivent être tirées d'entre les filles du Tiers-Ordre de S'-Dominiques dites de S'^-Catherine de la ville de Laval : que cette congrégation ne subsiste plus, et que jusqu'à présent aucune fille n'en a été tirée
— Ho —
pour être à la tète do cet (''tal)lissomerit, mais qu'elles ont été prises indistinctement dans lad. ville d'Ernée ou dans les environs ; que si dans la famille- du fondateur, il se trouve quelque fille parente à quelque degré que ce soit, qui ait d'ailleurs les qualités nécessaires, elle sera choisie par préférence pour occuper une des places, lorsqu'il s'en trouvera de vacantes ; (pie cet établissement de trois Sœurs qui a produit en ditférens tems les fruits de la plus grande utilité publique, se trouve actuellement réduit à la Sœur nommée Renée Brault, âgée de quatre-vingtquatre ans, et, par là, incapable de remplir l'objet de lad. fondation; que le<> supplians chargés de nommer aux places vacantes croyent se rapprocher davantage de l'esprit et de lintention du fondateur en choisissant pour les remplir des Sœurs attachées à une congrégation ; que celles de Sillé-le-Guillaume établies dans la paroisse de la Ghapelle-au-Iîiboul et rependùes dans Notre diocèse, se faisant estinier par leur régularité, leurs talens pour l'instruction de la jeunesse, leur zèle et leur charité pour le soin des pauvres malades, ils désirent leur confier, sous Notre authorité et de Notre consentement, l'exercice de ladite fondation. Pourquoy ils nous supplient d'ordonner que lad. fondation sera remplie par une Supérieure tirée de lad. Société des Sœurs de la Ghapelle-au-Iîiboul, laquelle amènera avec elle un nombre de Sœurs suffisant pour remplir les différens objets de ladite fondation, sous la réserve : 1" de conserver pour associée lad. Sœur Renée Brault, si mieux elle naime se retirer dans sa famille avec une pension prise sur les revenus de lad. maison, et dont elle conviendroit avec lesd. Sœurs de la Ghapelle-au-Riboul ; "2" de conserver aussy aux parentes du fondateur le droit qui leur est acquis par la fondation, de pouvoir occuper par préférence une des places lorsqu'il s'en trouvera de vacantes;
<( Vu copie par extrait des titres de fondation de lad. maison d'instruction et de Gharité, des 19 aoust H)78, 5 février, 18 décembre 1683, et 27 novembre 168'*, annexée à la<l. requête;
(c Vu aussy le règlement fait par Monseigneur d<; Tressan, l'un de Nos prédécesseurs, pour la discipline et le bon ordre de lad. maison d'instruction et de Gharité ;
— lit) —
(( Tout considéré. Nous, pour seconder un dessein aussy louable, que le zèle et l'amour du bien public inspirent aux suppliants ; et pour rendre led. établissement également avantageux et durable; connoissant. d'ailleurs. Texactitude des Sœurs de la Chapelle-au-Riboul à remplir les devoirs de leur état, soit pour l'instruction de la jeunesse, soit pour le soulagement des pauvres malades, (ce qui forme le double objet de lad. fondation;:
« Ordonnons que les Sœurs de laChapelle-au-Riboul seront établies dans la maison d'instruction et de charité de la ville et paroisse d'Ernée en nombre suffisant ; et qu'une d'entre elles sera Supérieure de lad. maison: sous la réserve : 1" que la Sœur Renée Brault leur sera et demeurera associée le reste de ses jours, si mieux elle n'aime se retirer dans sa famille avec une pension prise sur les revenus de lad. maison, dont elle conviendroit avec lesd. Sœurs de la Chapelle-au-Riboul ; i" que, sil se trouvoit dans la suite une parente du fondateur qui eût les qualités requises, elle sera préférée pour occuper, toutefois avec Notre appro])ation, une des places en cas de vacance: l^o que lesd. Sœurs ne pourront occuper led. établissement dans la ville d'Ernée, qu'autant qu'il Nous plaira de les y conserver. Nous réservant, à Nous et à Nos successeurs, la faculté de les renvoyer, lorsque, Xjour des raisons à Nous connues, Nous le jugerons à propos. Confirmant, en tant que de besoin, le règlement plein de sagesse fait par Monseigneur de Tressan, l'un de Nos prédécesseurs, voulons qu'il soit observé selon sa forme et teneur.
Donné au Mans, dans Notre palais Episcopal, sous Notre seing, le sceau de Nos armes et le contre-seing de Notre Secrétaire, le seize may mil-sept-cent-soixante-dix.
{Signé ;) t Louis, évêque du Mans.
Par Monseigneur.
(Sigtié :) Rolland. » (9)
La maison était en assez mauvais état quand la nouvelle com^ munauté s'y installa d'après la note suivante :
La fal^rique paya les frais d'actes, ce qui a été indispensable et juste, dit-on : 1° parce que M. le curé d'Ernée est le supérieur
de cette maison et le marguillor en est l'administrateur; 2" parce que, lorsque lesdites sœurs ont été installées dans leur maison d'instruction et de charité, elles n'y ont trouvé aucun argent et fort peu de meubles et linge, et la maison même dans la plus grande dégradation : que cette maison a été réparée aux dépens de 4o0 livres données par des personnes charitables qui ne veulent pas être nommées ; et que M. du Pin, Mme de Bouserey et Mlle de la Chevrinais leur ont donné les lits et autres meubles nécessaires. » ^10).
Deux religieuses de la Chapelle-au-Riboul moururent à Ernée, avant la Révolution : sœur Anne Jardin, âgée de 48 ans, en 1773, et « vénérable Jeanne Louveau, née à Saint-Front. » qui n'avait que 25 ans, en 1788 (H).
L'établissement comptait toujours trois sœurs en 1778 (12\
;. {]) Arch. de rJIÙtcl-dL-Ville d'Kriiro. — (-2) Arcli. de la fabr. — (3) Ardi. de l'évèclié du Mans. — (4) Insin. Ecclés. XXXYII, 492. — (o) Arcli. munifipalt'S d'Ernèe. Je dois tout co qui vient de cette source à M. Frédéric Lec()i|. — (n et 7) Rcg. paroiss. — (8 et 9) Arch. municipales. — (10) Arch. de lu lalirii|ne. — Ml) Reg. paroiss. — (12) Arch. de l'évêché du Mans.
ÉVRON (/i,482 hab.).
Ecole des garçons. — <( Le collège dKvron avait été fondé, à la lin du W'I" siècle, par un abbé commendataire qui en donna la présentation ti ses successeurs. 11 nous a été impossible de rien trouver de plus précis sur la fondation de ce collège... Le principal, quand il avait pris possession, était inamovible. L'a])l)é avait donné pour la dotation de l'établissement nue rente de quarante livres... Le reste de la dotation était un bienfait de la fabri({ue de la paroisse ; elle avait concédé au principal cent-vingt livres de rente sur le lieu de la Présais, dépendant autrefois dt! la Léproserie : elle lui accordait encore le titre de vicaire et les émoluments, sans lui en imposer les charges fl). »
Les petites écoles étaient annexées au collège. Pas plus (|uc M. Gérault. nous n'avons trouvi'' rorii^iiic du collège, dont bien cerlaitieuieut la fondîitiou du Wl'- siècle iT/dait (Hi'uue n'-organi-
sation. Quand nous voyons les prieurés lîénédictins. comme Vaiges et Saint-Loup-du-Doigt. dotés décoles dès le commencement du XV^ siècle, sinon dès l'origine, on doit croire que l'abbaye n'avait pas laissé son chef-lieu dépourvu.
Le premier document inédit que nous ayons trouvé sur le collège est un don de « sept-vingts-six livres tournois » fait par Suzanne Lebourdais, en 1614, pour quoi « sera dit chacun an par le maître d'écolle une messe basse le jour de lobit de la dite testatrice, et tous les soirs, après Foraison que ont accoustumé de dire les escoUiers, sera dite une oraison particulière à l'intention de la dite testatrice » (2).
La pièce suivante nous fera connaître comment se faisait le choix du maître d"école en 1723. Le procureur syndic, par publication au prône, convoque les habitants, qui se réunissent sous les halles.
« Auxquels le dit procureur remontre qu'il est besoin de nommer un maistre d'ecoUe dans ce lieu au lieu et place de M^ Julien Daugeard, prêtre, pourvu présentement de la cure de Ghastres. Et iceux habitans. pour délibérer sur le choix d'un maistre d'écolle, ayant considéré que pour remettre le collège dans son antien éclat et vigueur, il est besoin de nommer et choisir une personne capable, pour quoi ils ont unanimement jette les yeux sur maistre Louis Foucher. prestre de ce lieu, maistre es arts de la faculté d'Angers et gradué, comme très habille tant en, la langue latine que françoise, poisye, arriméthique et écriture, plainchamps et musique, et pour sa longue expérience et méthode d'anseigner la jeunesse dans la grand mère et basse classe, et dans lart horratoire. pour lesquelles considérations ils ont tous dune commune voix nommé le dit sieur Foucher... pour régent et maistre d'écolle, le présentent en cette qualité à Mgr l'abbé et baron de ce lieu, pour luy conférer et luy donner lettres de provisions de la dite charge de maistre d'écolle, luy donnant, les dits habitants, pendant qu'il exercera la dite charge, le logement ordinaire avec les soixante et seize livres et deniers reconnus, à la charge de dire les messes accoutumées, pour par luy aussi jouir des autres prérogatives. Le tout conformément aux
anciennes fondations et accords traités entre les seigneurs prédécesseurs et le dit général.
« Plus, donne le dit général au dit sieur Foucher une des deux sacristies, ainsi qu'ils y sont fondés de tous temps, et qui a esté depuis quelque temps unie par les dits liabitans au dit collège, pour luy servir en quelque façon de fond, afin d'obliger un régent à prendre plus soin de rinstruction des enfans. Le revenu de laquelle sacristie ne consiste qu'en quelques libéralités des habitans et quelques droits de l'église, pour avoir soin des ornemens de l'église, conjointement avec le sacriste de la nomination de Mgr l'abbé seul » (3).
« L'abbé de Pradel fît construire à ses frais (1786) des classes pour le collège, à rentrée de la cour de cet établissement, sur le bord de la rue de la Perrière. Dom Barl)ier, l'homme de confiance de l'abbé, fut chargé de diriger Touvrage » (4;.
« Le collège est de plein exercice avec de nombreux pensionnaires », dit la municipalité le 23 août 1789.
21 mars 1791. — Le principal demande [qu'on rétablisse un mur de clôture pour empêcher les élèves di sortir et piller les jardins.
« Le principal, dit le maire en 1800, jouissait autrefois, outre des 140 livres, de deux pensions assez consé(pientes de révoque du Mans et de l'abbé d'Evron. Il y avait jusqu'à 'M) pensionnaires et beaucoup plus d'externes » (o).
Voici le nom des quelques principaux au XVllI'^ siècle :
172o. Julien Daugeard, nonuué curé de Châtres.
1725. Louis Foucher.
1737. Guy Coutelle, nommé curé de Voutré.
17o2. Jean Desbleds.
1769. Charles-François Cochon.
1783. Michel lîoussin (6).
1783. Joseph Poupin.
Tous étaient prêtres. Le dernier fut fidèle à ses devoirs quand vint la Uévolution. Le parti avancé se plaint « qu'il se montre toujours récalcitrant à la loi, qu'il donne à ses écoliers des principes inconstitutionnels, et qu'il a même détourné le lils du citoyen
Lesourd, oflicier municipal, de se faire pn-tre. On le soupçonne d'avoir corrompu quelques membres de la municipalité ».
M. Poupin, qui n" avait cessé d'être estimé à Evron, y rentra et rouvrit le collège le i^'" floréal au IX. Le maire fait léloge de son « érudition, de sa morale et religion bien pure » (7).
Ecole des filles. — La première institution pour Tinstruction des tilles fut, à Evron, Fœuvre d'une sainte tille dont la mémoire y est restée en vénération. En 1614. Hélène Leboucher y fonda la Société des sœurs de la Miséricorde dont le ])ut était de soigner les pauvres malades, d'ensevelir les morts et d'instruire les ignorants. Cette congrégation, approuvée par Mgr Charles de Beaumanoir, fut enrichie de nombreuses indulgences par le pape Innocent II. La Charité d'Evron, grâce à l'impulsion de ces personnes dévouées, put servir de modèle à celles qu'on établit dans un grand nombre de paroisses (V. l'art. St.-Ouën-des-Toits). Nous ne pouvons en faire ici l'histoire, et nous passons immédiatement à l'arrivée des sœurs de la Chapelle-au-Iiiboul à Evron. Car la providence voulut que la fondatrice de cette communauté qui devait rendre ses plus grands services et prendre ses plus utiles développements sous le titre de société des Sœurs de la Charité d'Evron, vint elle-même y installer deux de ses filles en 1720 (8).
Voici l'acte préliminaire à leur installation :
(7 avril 1720, dimanche)... « Dans l'assemblée du général des manans et habitans de la ville et paroisse d'Evron. à l'issue de la grand'messe, sous les halles... le sieur curé a remontré que pour entretenir la Charité établie en ce lieu sous le nom de Sœurs de la Miséricorde..., les Sœurs et plusieurs autres particuliers avoient par intervalle fait cuire de mois en mois alternativement la viande fournie aux dépends de la Charité, et l'auroient distribuée avec le potage, pain et autres choses aux pauvres malades, mais que ce pieux service avoit été souvent interrompu et qu'il est même sur le point de cesser tout à fait, par l'abandon actuel que tous en font, tant sous prétexte d'embarras que parce que, pour s'en excuser, ils allèguent (lue le nombre des pauvres s'est
l)oauo()up multiplié, cl (juo le fond de ladiU; CharilL' sCsl si considérablement augmenté, par l'union qu'on y a faite des dons faits par Mgr d'Estrées, dernier abbé, que l'on devroit avoir et même gager quelques personnes, non seulement pour la cuisson et distribution des viandes et autres nécessités, mais encore pour soulager de la main les dits malades. Gomme aussi a remontré le dit sieur curé, que le don de cent livres de rente fait par feu M" René Aubry, bailly de ce lieu, demeureroit caduc par la faculté que les héritiers ont de l'amortir aux dits babitans... Sur lesquelles deux propositions les dits babitans délibérans ont donné avis au sieur curé, et mesme prié de faire venir deux tilles dévotes de la communauté de la Cliapelle-au-Uiboul, les(iuellesou lune d'icelles sauront seigner, ventouser. faire et donner lavemens, panser les playes, visiter les malades, montrer gratuitement à prier et servir Dieu, à lire et à écrire aux tilles des pauvres, mandians et autres, qui n'ont moyens d'envoyer leurs enfans aux écoles gagées, à la cbarge de ne seigner et faire choses semblables qu'aux pauvres qui seront inscrits sur leurs états, auxquels elles se conformeront, si ce n'est en cas de nécessité pressante pour autres liersonncs faute de chirurgiens, et ce par ladvis de médecins ou d'apoticaires à deffault.
(( Lesquelles tilles qui se nommeront Sieurs de la (lliarité seront logées dans la maison de la dite Charité, fournies de meubles suflisans; elles donneront reconnaissance, et seront fournies de bois pour leur chauflfage et cuisson de viandes, nosries, et leur sera paie à chacune 'M) livres par an pour leur ha])illement et entretien... »
Les Soeurs étaient arrivées à Evron le 20 mai suivant, ('/étaient Fran^-oise ller])elin et Anne Tatin. Nous connaissons pour les années suivantes :
172'i. r»enée Bermont.
172o. Marie Bruneau.
1728. Marie drosse.
1728. Gabrielle Lechat.
Une clause du contrat portait f|ue les Sœurs iraient tous les ans à la Gliapelle-au-liiitoul pendant les vacances. L'article (»'"'' du n
nouveau règlement, fait en 17:58, en raison des malheurs extraordinaires de cette année, porte :
« Continueront les dites Sœurs leurs escholles soir et matin a moins qu'elles n'en fussent empeschées par le nombre des malades, auquel cas elles donneront congé le matin ou le soir. »
Le contrat fut passé devant Dimbault, notaire (9).
Le 16 juillet 1792, les Sœurs sommées de prêter serment répondent (( qu'elles ne le prêteront jamais et qu'on pouvait disposer de leur sort. » Le Conseil leur donne quarante-huit heures pour réfléchir, et, si elles persistent, elles seront obligées d'abandonner l'instruction « en quittant Kvron pour aller vivre dans un autre climat. »
Pendant ce temps, la supt-rieure générale de la communauté, sœur Marie Mailay, se retirait elle-même au Pas, sa paroisse natale. L'orage passa et le gouvernement pensa de lui-môme à utiliser de nouveau des dévouements qui ne se rebutent jamais. La lettre suivante nous met au courant des négociations qui amenèrent à Evron l'établissement du chef-lieu de la congrétation : 4 floréal an XI. Maire au Préfet.
« Madame Meslay, supérieure des dames de la Chapelle-au- Piiboul, est venue ici aujourdliuy pour faire la visite des bâtiments de la maison des Bénédictins, dont vous me parlez dans la lettre que vous m'avez fait l'honneur de méerire de Mayenne le 30 prairial dernier. Je lai accompagnée et lui ai procuré tous les renseignemens nécessaires à l'objet de son voyage.
a II paraist que M™^ Meslay, qui m'a paru très empressée à se prêter aux vues du gouvernement et aux vôtres, ne se soucie guère de venir ici provisoirement et avant qu'on ait pu faire les dispositions préparatoires absolument nécessaires à son établissement. Ces dispositions consistent à faire faire les réparations, dans les dépenses d'ameublement, etc., etc., et dans l'expulsion des locataires qui occupent la maison, et dont le voisinage lui paraît incompatible avec son état....
« ]\Iadame Meslay m'a prié de vous écrire afin que vous ayez la bonté de prendre... les moyens qui vous conviendront. Il est convenu que je lui transmettrai votre réponse. Elle désire entrer ici
avant l'iiivor prochain, saison toujours tk''sagr('abIo surtout dans ce pays ; ol)t('nir de vous une partie du jardin pour le service de sa maison et par suite les terres de Tencios.
Je vous prie, citoyen préf«^t, en mon particulier, de vouloir bien donner des soins à la plus prompte organisation possible de cet utile établissement, et d'ordonner les dispositions nécessaires à cet effet » (lOj.
Nous avons vu. dans un acte précédent, que la fondation des Sœurs de Charité était pour les fdles pauvres. Les riches trouvaient à Evron môme une maison d'éducation. En effet, quand il fut question de supprimer au XVIIF siècle les Bénédictines d"Evron pour en réunir les biens au couvent de la Madeleine de Mayenne, il y eut réclamation du marquis de Montécler, fondateur, des religieuses et des habitants, qui, dans un placet au roi, disent que cette communauté « éditie la p()i)ulation et que les jeunes fdles d'Evron y sont élevées » (H).
(1) Notice historique sur Ecron, p. 78. — (2) Arcli. di- lu f;ibri<iuc. — (3)Dociunonts particuliers.— (i) Notice sur Evron. — (:>) Arcli. raunlcipnles.
- (6) lnsin.Kecié,s. LVIII,169 ; LXIV.SIG ; LXX, 84; LXXVF, 11.— (7) Arch. mmiicipales. — (8) Notice sur Evron, p. oO-;J7. — ('J) Arch. de la fabrique.
— (10) Arcli. municipales. — ^11) Copie inlonne, collection personnelle.
FONTAINE-COUVERTE ('80:; hab.).
Ecole des garçons. — On trouve dans les registres paroissiaux de nombreuses mentions d'écoliers de la classe populaire, dans les premières années du XVII- siècle. Nous en citerons quelques-unes à cause des particularités singulières (|ui s'y rattachent.
1604. — Fut enterré un grand garçon. Matin, lils de Michel Ferré ; estoit septiesme tils, l'alloient renvoier à rcscolli' jutur toucher des escrouelles. »
1606. — Guillaume Ilunault est dit l'mjllà'r à Fontaine-Couverte.
1611. — Un petit escolier est parrain du fds d'une pauvre fdlemèrt'. lillc elle-même de .lean Fouchard : « il y a longtenqis qu'il l'ut pendu, n
— ii'i —
IGll. — Sépulture d'un grand escollier « (jui fut tué dune branche de chesne. que sa mère faisoit abattre. »
1612. — Autre sépulture de Robert Lebouc. écolier (1).
(1) Rogist. paroiss.
FOUGEROLLES i;i/i't7 hab.).
Ecole des garçons. — Le testament de Guillaume Voisin, prêtre, demeurant à la Thomassière. nous montre l'école de Fougerolles fonctionnant régulièrement en 133.3. On lui voit cette union avec léglise qui distingue les écoles les plus anciennes.
Le testateur, entre autres dispositions, fonde une messe qui « sera chantée.., par le maistre d'echolle et ses esehoUiers qui sauront chanter et à la fin diront Libéra me sur la tombe dudit prestre. les oraisons Absolve me et Deus. veniœ lanjiior, et le dit service fini le prestre prendra di.K sols, baillera au magister trois sols, qui en départira deux à ses escholliers qui auront chanté la messe et retiendra douze deniers pour luy. les suppliant qu'ils prient pour les trespassés : et le dit prestre retiendra le résidu, qui sont sept sols... » (1).
La distinction qu"on remarque iei entre le maislre (Vecliollc et le magister est à signaler.
1743. — Pierre Bréhier est maitre d'éeole.
11 janvier 1791. — » Sur le mémoire du conseil général de la commune de Fougerolles, expositif qu'il existe dans le bourg une maison dépendant du temporel de la cure, construite par le prédécesseur du curé actuel, destinée à tenir les peh'tes koles. le Directoire autorise le conseil de la commune à Tacquérir pour lui servir de lieu de réunion » (2).
Il y avait une maison du bourg désignée sous le nom de collège.
Louis Germain Boursin. chapelain de la Hautonnière, résidant au village de la Godardière. y faisait les petites écoles avant la Révolution.
Pierrt' Milan, chapelain de Sfe-Geniève de la liigoltière, village
assez éloigné tlu bourg, y faisait égalciiK-nt l'école à la uièiiic époque (:{).
Ecole des filles. — La fondation dont nous allons analyser les actes authentiques et raconter brièvement Thistoireest une de celles qui attestent avec évidence la vitalité de lEglise et l'esprit de dévouement qu'elle inspire sans relâche. Disons d'abord que môme avant lépoquc dont nous allons parler, l'éducation des liUes n'était pas négligée à FougeroUes ; la nouvelle fondatrice y trouva des maîtresses qui sous le nom de filles dévoies s'occupaient de cette œuvre, et le curé de la paroisse venait, en 170)5, de faire don d'une maison « en faveur de l'établissement des tilles de charité pour l'instruction des jeunes tilles et pour le soulagement des pauvres malades. »
Le 29 mars 1673 avait lieu à St-Nicolas-des-Champs, à Paris, l'abjuration du protestantisme de .Marie Leniaire. native de Paris, femme du sieur Dubourg, bourgeois. C'est la fdle issue de ce mariage qui sera la fondatrice de riiôpital et de l'école de FougeroUes. Elle avait quatorze ans à l'époque où sa mère faisait son abjuration. De bonne heure, par une inspiration du ciel, dont on retrouve à cette époque d'assez nombreux exemples, elle résolut d'aller en province consacrer sa vie et sa fortune à une œuvre de charité chrétienne. La Providence dirigea ses pas vers le Bas- Maine et elle tenta, sans succès, une fondation charitable à Ambrières. l'n peu découragée par ce premier échec, elle vint se retirer à Mayenne et y vécut quelque temps, attendant l'heure et l'appel de Dieu.
Monsieur Dupont, curé de FougeroUes, eut connaissance des intentions de Mademoiselle Dubourg et comprit que. mieux que personne, elle le seconderait dans un projet qu'il nourrissait luimême et dont il avait jeté les premiers fondements. Les deux bienfaiteurs s'entendirent : Marie-Klisabeth Dubourg vint à FougeroUes et, le 17 mars 1709, elle passait le contrat suivant.
« Après avoir remarqué depuis plusieurs années qu'elle demeure au bourg de FougeroUes, deux besoins importants au public, l'un (jue les habitants sont souvent affligés de griefves ma-
ladies qui causent chasque année la mort à un grand nombre de pauvres, faute d'estre soulagés par les remèdes et aliments nécessaires, que plusieurs personnes charitables pourroient leur fournir s'il estoit establi un lieu commode où les pauvres malades pussent estre retirés et soignés : et l'autre que les filles de cette grande paroisse demeurent pour l'ordinaire dans l'ignorance faute de maîtresse d'ecolle pour les instruire.... pour subvenir à la nécessité et aux besoins des pauvres malades de l'un et l'autre sexe de cette paroisse de Fougerolles, et pour procurer l'instruction convenables aux jeunes filles de cette paroisse et des mitres lieux circoncoisins. .. donne... (au curé, au seigneur de Goué et au général des habitants) deux maisons situées en la ville de Paris,... une loge ou boutique... (à elles appartenant) tant en qualité d'héritière bénéficiaire de la dite Lemaire, sa mère, que par substitution qu'auroit faite en sa faveur deftunte demoiselle Esther Gaillard, son aïeule maternelle, et par la succession de deffunt Daniel Dubourg, son frère... »
Les conditions stipulées furent qu'il y aurait une salle pour les hommes, une autre pour les femmes et une troisième où demeureraient les filles (le charité. La demoiselle Dubourg se réservait l'administration et le choix des filles nécessaires à la desserte de l'Hôtel-Dieu ; après elle, la supérieure sera élue par les administrateurs.
L'établissement fut approuvé par l'évèque du .Alans le 27 février 1710, confirmé au mois de septembre par lettres royaux que le parlement enregistra le 12 mai 1712. La permission de conserver le Saint-Sacrement dans la chapelle fut accordée en
Pour une cause que nous n'avons pas pu démêler clairement, il s'éleva de bonne heure des difficultés entre les directrices de l'hôpital unies au curé d'une part et le châtelain de Goué d'une autre. La fondatrice, par sontestamentdu 2 août 1723, pour obvier à ces ennuis, décida que désormais la supérieure ne rendrait ses comptes qu'à l'évèque du ;\Ians et à un procureur nommé par le parlement de Paris, et qu'elle serait élue par les autres sœurs. Ces dispositions furent approuvées en 1734 par lettres patentes du
roi, ot en reconnaissance une nouvelle inscription mise à la porte de rétablissement portait Técusson de France et ces mots: C'est ICI l'hôpital de louis quinze notre bon ROY. — Beattis qui iiitrlligit super pfjenitin et pauperem.
Les tiraillements continuèrent entre l'hôpital et le château. Userait trop long d'en faire le récit même abrégé. Bornons-nous à dire, pour rentrer dans notre sujet spécial, que la supi-ricure déclare en 1789 :
« Que les sœurs, outre le soin des malades, sont obligées à faire et font effectivement tous les jours les petites écoles à toutes les tilles, pauvres et riches, (jui veulent y venir ; et pour encourager les pauvres filles à venir à l'instruction, la maison donne, sans obligation, cliaque jour une fois la soupe, depuis Noël jusqu'au mois d'aoust. »
C'est une bonne manière d'arriver à l'instruction obligatoire.
Nous ne connaissons que trois supérieures jusqu'à la lîévolution.
1710, 1723. — Marie-Elisabeth Dubourg, fondatrice.
1730, 1778. — Renée Maltète.
1788. 1789. — Jeanne Tesiard.
En 1789 rhôpital comptait sept sœurs et deux filles données.
Le 28 mai 1792, elles furent dénoncées parla municipalité pour « leur conduite incivique », et leur remplacement fut voté et décrété par le Directoire : ce fut lu ruine momentanée de l'établissement.
Quoique ces pieuses tilles portassent le nom de sœurs et un costume religieux, elles n'appartenaient à aucune congrégation, et avaient défense de faire des vœux, ce fut même le grief dont se servirent contre elles lesseigneurs de Goué, qui prétendaient que l'on voulait établir une congrégation en dehors de l'autorité (4).
{\). .Arcliiv. fie la fiibriqur. — (2). Arcliiv. do la .Mayenne, registres lUi directoire. — (3) Noies de M. l'abbé l'ointeau, curé d'Aslillé. — (4) Archives de l'bùpital, de la l'abnque, du château de Goué, de la Mayenne, et notes de M. l'abbé l'ointeau.
FROMENTIÈRES (1.054 hab.).
Ecole des garçons. — Gervais Ilerrouin, prùtre. natif de Fromentières et curé de Loiron. fonde, en 1326, diverses prières et messes dans une chapelle qu'il avait fait bâtir en l'église de Fromentières. Et y ajoute encore quatre anniversaires et office solennel le jour de Sainte-Anne.
(( Et donne au maistre d'escollc de la dite paroisse de Fromentières et à ses escolliers qui assisteront tant aux dits anniversaires que au dit service la somme de 10 sols à l'arbitration du chapelain » (1).
En lo77, Gervais Arnoul. prêtre, fonde une messe par semaine à dire par le curé, ou vicaire, ou secrétaire, ou maître d'école, « et chaque jour ou soir comme à l'heure des vespres une salutation devant rimage de la sainte Vierge » (2).
Jaillot indique un collège à Fromentières, dit M. Gauvin. (3)
(1) Archiv. du chapitre du Mans ; Pouillé du XVP siècle. — (2) Cabinet de M. l'abbé Esnault. — (3) Recherches, etc., p. 136,
LE GENEST 1 884 hab.\
Ecole des filles. — UElal du Diocèse, en 1778, constate, « qu'il y a deux filles de charité » au Genest (1). Elles habitaient une maison au ])Ourg qui. en 1801. fut affermée par la municipalité pour 72 francs (2).
Les sœurs Turpin et Bruneau, religieuses de la Chapelle-au- Riboul, qui étaient en fonction à l'époque de la Révolution, refusèrent le serment et étaient très estimées des paroissiens qui, par décision prise en assemblée générale, le 26 mai 1792, demandèrent aies conserver pour soigner les malades et instruire les enfants pauvres.
Marie Brossct et Marie Bellanger. que l'on qualifie sœur de chari'é sans que nous sachions à quel titre, se présentèrent pour remplacer les sa'urs inciviques, et proposèrent de prêter ser-
ment. La municipalité refusa de les recevoir malgré les injonctions et les menaces du Directoire (3).
Le récit de cette scène ne manque ni d'intérêt ni d'actualité.
Juin. 1792. — « Les officiers municipaux de la paroisse du Genest s'étant refusés à recevoir le serment de deux sœurs de charité pour remplacer celles qui n'avaient pas voulu le prêter, le district de Laval nomma un de ses membres pour commissaire et suppléer à son défaut. Mais la municipalité, fors un de ses membres, persista dans son refus et le commissaire fut même obligé de se retirer pour sa sûreté. Nous avons en conséquence arrêté que les officiers municipaux seront appelés devant le directoire du district pour rendre compte de leur conduite, et leur être fait injonction expresse de procéder dans trois jours à la réception du serment civique des dites sœurs de charité ; leur déclarant que, faute d'y satisfaire, il y sera procédé par un commissaire, et que dans ce cas pour désobéissance réitérée lisseront provisoirement suspendus et poursuivis devant les tribunaux, leur déclarant en outre que dans le cas de trouble, il sera envoyé un détachement rie garde nationale et de gendarmerie nationale, à la charge de la commune ou, quoique ce soit, aux frais de ceux qui seront dénoncés et prouvés en être les auteurs.
« Les officiers municipaux s'étant rendus en conséquence devant le directoire du district, bien loin de reconnaître ([u'ils se sont égarés, témoignant au contraire qu'ils veulent soutenir leur erreur, nous avons arrêté que le district demeure chargé de nommer un commissaire, lequel se fera escorter d'un nombre suffisant de gendarmes et de gardes nationaux, dont les frais seront supportés par les officiers municipaux. » (4)
Vive la liberté t
(1) Arch. de l'Evùchô du Mans. —(2) Arch. municipales de Loiron. — (3) Arch. de la Mayenne, Regisl. du Directoire. — (4) Arch. Nation. F<o m. Muvcnnc, carton 5.
GENNES ET SAINT- AIGNAN (1,097 hab.).
École des garçons. — 1792. — Pour suppléer à l'école supprimée par la Révolution, la municipalité des communes de Gennes et Saint-^ignan demande que Henry-René Girard soit nommé maître d'école, avec un traitement de 300 livres. (1)
(1) Arch. de la Mayenne, Registres du Directoire.
GORRON (2,856 hab.).
Ecole des garçons. — 1194. — Guillaume, Jean et Robert Degrangère, paroissiens de Gorron, vendent « à maistre Fabien Fiault, bourgeois de Gorron, et recteur des escollesdu dit lieu, à ses hoirs et à ceux qui auront cause de luy.... la somme de quatre livres tournois d'annuelle et perpétuelle rente. »
Maître Fabien Fiault est prêtre en 1510.
1526. — Jean Perier, prêtre, fait un don à ses petits-neveux « qui vont à l'escoUe. »
1766, 1792. — Siméon Brodin est maître écrivain à Gorron (1).
La réponse au questionnaire de 1788, dit à l'article des écoles :
1788. — « Il y a deux maîtres d'école publique pour le français qui instruisent les jeunes garçons.
« Un des maîtres d'école ne jouit d'autre fonds ou revenu que d'une maison et jardin à la Renardière et qui a été léguée par M. Julien Brault, prêtre, pour un maître d'école. Les habitans l'ont déchargé de l'impôt de taille, vu lamodicitéde la fondation, pour l'attacher à la paroisse. A ce moyen il instruit vingt enfans des pauvres. 11 subsiste par ailleurs par les petites rétributions qui lui sont payées par les autres enfans.
« L'autre maître d'école ne jouit d'aucune fondation, » (2)
VEtut du clergé en 1778 porte également qu'il y a une école fondée pour vingt pauvres enfants ' 3).
Ecole des filles. — Le 24 mars 1697, dans une assembléedes
habitants réunis pour cet effet, M. Picard, curé, fit une double proposition pour l'établissement d'une maîtresse d'école il fut décidé : '
ce D-avoir une maistresse d'école avec une compagne pour lui
aider, et ont prié (lesdits habitants) leur curé d'en trouver et <1 en choisir une, et pour luy assurer et à sa compagne au moins du pam pour leur subsistance, ont réglé entre eux que la glane qui a coustume d'estre resserrée par les sacristains de l'église tous les ans au mois d'aoust, doresnavant seroit partagée entre 1rs dits sacristains et la dite maistresse d'ecolle et sa compagne • et que mesme dès la prochaine récolte, en cas qu'il en soit venu mie ou qu'elle vienne tost après, laditeglaneserapartagéecomme <-'ssus, c'est-à-dire, que les sacristains diviseront la paroisse en deux, feront deux billets pour ce sujet, et que le sieur curé et se. successeurs, au nom et pour ladite maistressed'écolleet sacompagne, en tirera un, et que la glane qui écherra dans le canton de son billet sera ramassée pour elle à la diligence du dit sieur curé et amsi a l'advenir tous les ans ; à quoi ils se sont obligés etconsenti, et même par le présent ont arresté entre eux que la dite maistresse d'école ne seroit ni directement, ni indirectement comprise, non plus que sa compagne, dans les rooles de sel et de la faille, non pIus que d'autre taxe, de quelque nature qu'elle puisse arriver dans laparoisse pour le général de ladite paroisse (4). »
\,n 1 716. — Dame Catherine de la Galisonnière, veuve de messir.. Pierre-Louis du BaiUeul, baron de Gorron, ajouta une rente de io livres pour deux maîtresses d'école, (o)
Enfin, vers l'année 1744, les sœurs de la Ghapelle-au-Riboul riir.mt appelées à Gorron pour y soigner les malades et tenir les ' '"les. Le document suivant fait l'histoire de cet établissement et e'iaire plusieurs questions concernant les écoles (6).
" Déclaration que présente et dépose à messieurs les officiers "l'Hiicipaux de Gorron, le sieur Urbain Gonnet de Uoisroger. prê- 'ï'e. cure du dit Gorron, et en cette qualité bienveillant et protégeant les fondations utiles et avantageuses, établies dans sa paroisse pour l'éducation et instruction de la jeunesse, le soin et soulagement des pauvres malades.
« ini y a un établissement pour l'instruction des jeunes filles; ce sont les dames de charité (le la société de Sillé-le-Guillaume connues sous le nom des sœurs de charité de la communauté de la Chapelle-au-Riboult, elles sont ordinairement trois, ce sont elles qui sont chargées de veiller aux soins et soulagements des pauvres malades.
« 2° Fonds et rentes dont elles jouissent :
« Elles jouissent et occupent une maison composée d'une chambre cave dessous, un grenier sur la chambre, laquelle avait été léguée à l'église par François Ruault et Jeanne de Briel, avec un pem jardin, plus une autre petite maison basse composée d'une salle et grenier dessus, cette dernière maison sert de classe pour y tenir les écoles, elle avait été léguée à l'église de Gorron par
Julien Garnier.
« Vu la petitesse de cet appartement qui ne pouvait contenir ensemble les jeunes filles à instruire, il y a environ douze ans que le curé, la dame de la paroisse et le général des habitants se cotisèrent pour faire construire une nouvelle salle adjacente a la première maison servant de logement aux sœurs : cette salle fut construite sous les yeux et de la connaissance du contrôleur des actes qui sur l'emplacement passa un acte comme notaire, pour régler avec le voisin la forme, grandeur et étendue et droits respectifs de jours sur son jardin, il ne dit pas un mot des règlements qu'on ignorait et qui assujettissaient à se pourvoir devant monsieur l'intendant de la Généralité de Tours pour agréer et autoriser la construction et bâtisse de cette nouvelle salle si nécessaire pour l'éducation de la jeunesse, on laissa a peu près six ans les sœurs tranquilles et qui jouirent paisiblement de cette salle • lors du passage et domicile à Gorron du sieur Tillet, contrôlem- ambulant, il ht assigner au tribunal de l'intendance les sœurs maitresses d'école de Gorron pour y être condamnées a payer deux cent livres d'amende, pour avoir fait bâtir cette salle sans l'autorisation de M. l'intendant. Le curé lui adressa parla voix de son subdélégué de Mayenne une requête expositive et justificative en faveur du bien public et avantage des enfants de la paroisse, qui ne pouvaient être réunis dans l'ancienne classe,
et de la nécessité, vu le grand nombre d'élèves dans la paroisse, de les partager en deux salles, et de la bonne foi avec laquelle on ignorait ce règlement, et de l'impossibilité morale où l'on était d'en être instruit d'après le silence du contrôleur de Gorron, qui n'en donna aucun avertissement, lorsque avant la construction il passa l'acte d'arrangement avec le voisin des sœurs, pour les jours de leur salle sur son jardin. .Malgré nos représentations et supliques, M. l'intendant condamna les sœurs à vingt-quatre livres d'amende et aux frais. Ce fait s'est passé il y a environ cinq ans. Les représentants de la Nation le prendront en considération s'ils le jugent à propos ; il sera facile de juger de la dureté de la poursuite et amende par la grande modicité du revenu dont elles jouissent, et qu'on eût soin d'exposer dans la requête adressée à M. lintendant. Les deux maisons de l'autre part dénommées ont été destinées pour le logement des sœurs de l'agrément de monsieur l'évêque du Mans, après un procès-verbal de commodo. et sur la demande du curé et général des habitants, il y a environ quarante-cinq ans.
« Outre les deux maisons qu'elles occupent, elles jouissent de deux rentes, l'une de soixante livres et l'autre de vingt-cinq ; ce sont les dames du Bailleul, dames de la paroisse, qui leur ont fait cette dot. Elles n'ont point d'autres revenus ; elles ne pourraient vivre dans cette fondation avec cette modique rente, mais le curé leur donne tous les ans une provision de blé pour K'ur nourriture, et elles pourvoient au surplus à leurs besoins par leur travail et le petit bénéfice qu'elles font avec leurs pensionnaires et élèves en état de payer. Je, curé de Gorron et doyen de Passay-au-:Maine sousigné, certifie la présente déclaration sincère et véritable en foi de quoi je l'ai signée, ce premier mars mil sept cent quatre-vingt-dix.
(Signé) Gonnet, curé de Gorron, doyen » (7).
Le registre de \'Etai du Diocèse en 1778 et le questionnaire de 1788 ne font que confirmer ce que l'on vient de voir sans y rien ajouter.
Les SŒ'urs dont nous connaissons les noms sont :
176't. Sœur Peliouard.
1766, 1768. Sœurs Renée Lemestivier.
1769. Sœurs Antoinette Gallais.
1768, 1784, sœur Elisabeth-Françoise Leroyer (8).
(1) Arch. de la fabrique. — (2) Arcli. municipales. — C3) Arcli. de l'évêché du Mans. — (4) Arch. de la fabrique. — (5) Ibidem. — {&) Ibidem. — (7) Arch. municipales. — (8) Arch. de la fabrique.
LA GRAVELLE (526 hab.).
Ecole des garçons. — En 1792, pour remplacer l'école antérieure à la Révolution, la municipalité est autorisée à donner 100 livres à Mathurin Gueral, maître d'école (1).
Cette paroisse, siège d'un grenier à sel important jusqu'au XVIIF siècle, comprenait un nombre proportionnellement considérable de personnes instruites.
(1) Arch. de la Mayenne, Registres du Directoire.
GRAZAY (1,040 hab.).
Ecole des garçons et des filles. — 16o0. Jean Lecornu, prêtre, demeurant à Mayenne, fait une fondation de messes dans l'église de Grazay, « et s'il y a un prestre qui tienne l'eschole au dit Grazay il célébrera les dites quatre messes. » La fondation était de 40 livres de rente (1).
1736. — Le doyen du chapitre, visitant la cure de Grazay, dit : « Il n'y a ni maître ni maîtresse décote fondés en titre, quoiqu'il y ait l'un et l'autre » (2).
Il semble que la situation était moins bonne en 1778 d'après VEtat du Diocèse, où nous lisons : « Il n'y a ni maître ni maîtresse d'école ; les enfans ont peu de ressources pour l'instruction » (3).
(1) Arch. de la fabrique. — (2) Arch. du chapitre du Mans^ B. 34. — (3) Arch. de l'évêché du Mans.
— 13o — GREZ EN-BOUÈRE (1,629 hab.).
Ecole des garçons. — Le collège de Grez-en-Bouère est ancien. Les titres font mention à une époque reculée de la rue de l'École, et quand il est question plus tard des titulaires du collège, on ne rappelle jamais la fondation.
I068. — Ancel Leboucher est régent à Grez (i).
Louis Follenfant, qui devint principal du collège de Ruillé en 1700, était précédemment à Grez-en-Bouère (2).
Après lui les habitants choisissent du consentement du seigneur de la paroisse pour sacristain et aussi « pour roftîce de maître d'écolle... pour jouir seul des émoluments d'icelle, s'en acquitter bien et duement, conformément aux ordonnances du diocèse, » François Blanehet, prêtre.
Les métayers lui promettent en outre un boisseau de seigle, les closiers une moitié ou un quart de boisseau ; de plus il dira la messe de Saint Sébastien (3).
1747. — Pierre Chantelou est pourvu du collège (4).
S octobre 1791. — Un arrêté du Directoire affecte au paiement d'un laïc, à condition qu'il remplisse les fonctions de maître d'école, un bénéfice de 120 livres, qui avait cette destination. René Jardin est désigné pour cet emploi (5).
Ecole des filles. — En 1677. M. Farion, curé de Grez, appela dans sa paroisse une pieuse fille qui « en son adolescence s'étoit rendue à Paris sous la direction de^ M. Vincent de Paul et sous l'obéissance de Mademoiselle Le Gras, qui, alors, commençoit l'institut des Filles de la charité, servantes des pauvres » (6).
(i) Insinuât. Ecclés. XII. 209. — (2) Rcgist. paroiss. — (3) Etiuie de M. Mouëzy, notaire à Grez-en-Houoru. — (4) Arcli. de la Guenaudiùro. — (5) Arch. de la Mayenne, Reijist. du Directoire. — (6) Regist. paroiss. année 1G99.
LE HAM (1,010 hab.).
Ecole des garçons. — La fondation du collège de Villaine
est faite avec clause particulière en faveur de la paroisse du Ham.
HAMBERS (1,629 hab.).
Paroisse peu instruite, dit VEtatdu diocèse en 1778 (1).
Vers 1700, le curé d'Hambers avait sollicité Julienne Jouvin, alors postulante des Sœurs de St-Lazare, à Javron, de venir tenir les petites écoles à Hambers, où sa mère était retirée. Cette jeune fille, qui plus tard devint supérieure générale de la congrégation, ne se laissa pas vaincre et persévéra dans sa résolution d'aller au séminaire de St-Lazare (2).
Le curé d'Hambers avait» droit d'inspection et direction... sur la présentation, administration et exercice des principaux et régents du collège d'humanité du Rubay et de S'-Georges-de-Villaines » (3). Cette fondation donnait des droits privilégiés aux enfants d'Hambers qui voulaient fréquenter le collège de Villaine.
(d) Arch. de l'évêchè du Mans. — (2)Arch. nation. S. 6163.— (3) Arch.de la fabrique.
HARD ANGES (877 hab.).
Ecole des garçons. — En l'année 1504, Jean Mesnaige
prêtre de Hardanges, fonda à l'autel St-Pierre, en l'église paroissiale, une chapelle chargée de deux messes par semaine, et assigna comme dotation les deux lieux contigus de la Morière et de la Métairie, avec une maison au bourg, toute garnie de meubles. Le premier chapelain, qu'il nomma lui-même, fut Guillaume Mesnaige, clerc. Après la mort du fondateur, la présentation du bénéfice auquel était déjà sans doute attribuée la fonction de maître d'école, fut réservée au seigneur du Layeul (1).
En tous cas, quand arriva l'ordonnance de 1398 qui enjoignait aux pauvres d'envoyer leurs enfants aux écoles, René-Brandelis
de Champagne, devenu par acquisition seigneur du Layeul, fonda une seconde prestimonio nommée la iMarienne, la Mariette ou le Bourg, et des deux réunies forma le bénéfice du régent des petites-écoles.
En 1698, M^ Pierre Gruau, vicaire et maître d'école depuis 1665, voulant augmenter encore l'ancienne dotation du collège de Hardanges, fonda par son testament la Chapelle du Uacinay, dite aussi prestimonie des Petites-Ecoles.
Depuis lors, et surtout sous la direction habile de M'' Louis Pinçon, l'école de Hardanges acquit une plus grande réputation. On lui donne le nom de Collège, et, en effet, le régent ne se borna plus à l'enseignement de la lecture, de l'écriture et des éléments de calcul, mais il eut des latinistes fréquentant sa classe ; les élèves lui venaient même des paroisses voisines.
Avant la lin du XVI1I« siècle, la Chapelle de la Morière fut donnée par le seigneur de Layeul, en même temps marquis de Villaines, au titulaire du collège de cette ville.
La Piévolution mit sous séquestre les biens ecclésiastiques formant la dotation des écoles (2).
Voici la liste de la plupart des régents titulaires :
1612. — Guillaume Potier.
1631. — Marie Mesnage.
16o4. — Guillaume Mesnage était chapelain, mais Pierre Gruau faisait l'école.
1701. — Denys Turmeau, qui obtint le bénéfice par résignation de Louis Lenormand, pourvu lui-même en 1694, par décès de Guillaume Mesnage.
1736. — Louis Pinçon, par décès de Louis Lenormand.