‹ L'instruction primaire avant 1789 à Orléans et dans les communes de l'arrondissement d'après desChapitre 23 sur 71 · SAINT-PAUL · texte numérisé non relu

SAINT-PAUL

1° Éooles do garçons.

Dès le XIV e siècle, on constate dans la paroisse de Saint-Paul l'existence de petites écoles (1) ou tutelles, et à partir de 1536 il nous est donné de pouvoir reconstituer, sans trop de lacunes, la filiation des maîtres qui s'y sont succédé jusqu'en 1789.

Mais si l'enseignement primaire florissait depuis tant de siècles dans ce quartier, aussi bien que dans tous les' autres de notre ville, il n'y fut établi d'école de charité proprement dite qu'en 1711.

Le 2 avril de cette année, en présence d'Odigier, notaire au Châtelet d'Orléans, M* r Fleuriau, assisté de M. de Beauvilliers, son vicaire général, et des commissaires délégués du clergé d'Orléans et de tout le diocièse, reconnut avoir vendu, créé et constitué, et « s'oblige à payer une rente de 150 liv. à la paroisse de Saint-Paul pour l'école des pauvres garçons qui sera fondée es mains de M. Etienne Bouchet, curé de la paroisse, qui distribuera annuellement la somme aux maîtres de ladite école (2). » Il fut en outre stipulé que si cette école venait 'a cesser, « la rente serait reportée sur l'école des filles jusqu'au rétablissement de celle des garçons, et qu'a défaut de toutes les deux, elle reviendrait aux indigents de la paroisse. » Les

(1) Comptes municipaux de la ville d'Orléans, passim.

(2) Fonds des écoles de charité, pièce 227.

3,000 liv. de capital avaient été offertes par un généreux anonyme.

Le 2 août 1740, Marguerite Bizeau, veuve Vautier, donna à l'école de Saint-Paul 5 liv. de rente en deux parties.

Complètement gratuite, cette petite classe de charité fut installée rue des Carmes et aux frais des paroissiens qui, en retour, s'étaient, paraît-il, réservé le choix du maître. Nonobstant ces conventions antérieures, le curé, en 1772, réclama, comme directeur de l'école, le droit d'en nommer l'instituteur. De là contestation ; mais après beaucoup de pourparlers, les plus notables paroissiens, et avec eux les marguilliers, firent au curé la concession de ratifier la nomination du maître qu'il avait indûment institué, à condition qu'il se désisterait pour l'avenir de ses prétentions mal fondées et reconnaîtrait aux habitants le droit d'élire le maître (1). Il semblerait que plus tard l'école fut transférée impasse du Coq, rue de la Porte-Madeleine, où se trouvait déjà celle de la paroisse Saint-Laurent.

Outre la maison de la rue des Carmes, l'école était encore propriétaire d'un petit immeuble sis rue de la Crosse, dont elle tirait quelque revenu.

Les rentes de l'école des garçons de Saint- Paul étaient formées des donations qui suivent :

51 liv. 1 s. 8 d. sur le clergé, au principal de 1,250 liv M données à l'école par M. Fontaine des Montées, secrétaire du roi. Sur cette somme, 250 liv. provenaient d'un legs de M. Charles Boyetet pour un catéchisme perpétuel dans la paroisse (2 janvier 1699, présent Odigier, notaire à Orléans).

(1) Fonds des écoles de charité, pièce 228.

150 liv. sur le clergé d'Orléans, au principal de 3,000 liv., legs d'une personne anonyme (2 avril 1711).

104 liv. dont le principal provenait en partie de remboursements faits à l'école, et d'un don de 1,000 liv. par M. Antoine Masson, secrétaire du roi (Odigier, 27 avril 1705).

15 liv. au principal de 300 liv. sur la ville d'Orléans, legs de M. de Mareau, doyen de Sainte-Croix (Odigier, 29 mars 1736).

4 liv. 10 s. au principal de 00 liv., don de M. Jacques Saintonge, bourgeois d'Orléans (Chassinat, 29 août 1739).

50 sols de rente foncière sur une maison au coin des rues des Sept-Dormants et des Bouchers, don de Marguerite Bizeau (Delàroue, 12 juillet 1740).

50 autres livres, don de la même personne, pour avoir part aux prières de l'école.

50 liv., don de François Roumilly, vigneron d'Ingré, et de Madeleine Stobre, sa femme (Destas, 15 novembre 1740).

50 liv. au principal de 1,200 liv., don de M mo Anne Michau, veuve de M. Gabriel Baguenault (Delaroue, 25 novembre 1734).

15 liv. sur la ville d'Orléans, don de M. de Mareau, doyen de Sainte -Croix.

120 liv. au principal de 400 liv., don de M. Sinson de Gauvilliers, doyen des trésoriers de France à la généralité d'Orléans.

120 liv. au principal de 2,800 liv., legs de M. de la Manerie (Jullien, 1749) (1).

En 1792, 250 enfants fréquentaient la classe du sieur Philipon. Il y en avait une seconde tenue par les sieurs Christophe et Billard. La fabrique servait à chacun de ces trois instituteurs un traitement de 300 liv. (2).

Voici les noms des anciens maîtres d'école et de grammaire de Saint-Paul :

1536- — François Lemattre.

1536- — Denis Nepveu.

(1) Registre des rentes, maisons et autres biens de la fabrique de Saint-Paul, t. II, avril 1748, du folio 487 à 703, coté L, 2.

(2) Rapport des commiss., f° 21 r°.

1590- — Pierre Gufllot, tenant tutelle, rue de la Vannerie^).

1644- — Etienne Fleurv.

....-1066. — Guvonneau l'aîné.

• ...-1667. — Guillaume Landemore.

. . . .-1670. — François Gasté.

....-1672. — Christophe Benoît.

. . . .-1687. — Joseph Devoir.

. . . .-1690. — N. (nom illisible), maître d'école.

... .-1691 . — Claude Dolon (ci-devant à Saint-Benoît).

. . . .-1694. — René Landemore.

1708-1735. — Etienne Depille.

Page 1