ÉCOLE MUNICIPALE DE DESSIN
'L'une des fondations qui rendirent, dans notre ville, le plus de service a la classe peu aisée, fut celle d'une école gratuite de dessin. MM. de Bizemont et Desfriches en conçurent la première idée ; quelques autres personnes s'étant ensuite constituées en société, en firent les frais comme actionnaires, et la placèrent sous le double patronage du duc d'Orléans et du corps municipal.
M. de Chevilly, fils de M. de Cypierre, et comme lui intendant de l'Orléanais, se montra très-favorable à cet utile établissement et lui alloua tout d'abord une subvention de 000 fr., a laquelle les échevins en ajoutèrent 300 autres.
(1) Rapport des adm. du district d'Orléans, f° 27.
. (2) L'école municipale de dessin, rattachée par sa constitution et
ses statuts à l'Académie de peinture, semblerait au premier abord
devoir occuper dans cette énumération un rang supérieur à celui
que nous- lui avons assigné parmi les établissements d'instruction.
..Peut-être eussions-nous cédé à cette considération, si son caractère
eût été plus nettement défini. Ce n'était, en 'fcffet, ni une école primaire, ni' toe institution d'ordre secondaire. Son objet semble-
L'école de dessin d'Orléans avait emprunté de l'Académie royale de sculpture et de peinture de Paris le règlement auquel elle obéissait, et, nonobstant son humble rang, elle eu était considérée comme une annexe.
L'ouverture solennelle des cours eut lieu le 23 novembre 1786.
Outre le duc d'Angivillier, qui accepta la présidence honoraire de l'école, en qualité de directeur général des, beaux-arts, le personnel consistait en : douze membres également honoraires, quarante titulaires, neuf administrateurs, un directeur professeur chargé des leçons de dessin et de peinture, un adjoint, un professeur de sculpture, un d'architectnre et de géométrie, un d'anatomie, douze associés libres étrangers, cinq surnuméraires expectants.
Rien, au moment où l'école de dessin fut constituée, ne pouvait faire présager l'existence éphémère qui lui était réservée. Mais bientôt les fonds, ce puissant levier avec lequel on soulève les plus lourds obstacles, vinrent k manquer, ou tout au moins les recettes ne furent pas en harmonie avec les dépenses, qui n'avaient pas été toutes prévues. Son budget, insuffisamment alimenté,
rait toutefois la rattacher à celles de la première catégorie, puisqu'elle offrait à la classe indigente des cours spécialement destinés à son usage, bien que d'autre part ces cours fussent d'un ordre relevé. Si l'étude du dessin fait aujourd'hui partie de renseignement primaire, ce n'est pas sans quelque satisfaction que nous en retrouvons les traces primordiales dans l'enseignement gratuit de nos aïeux. C'est ainsi que, devançant les temps, Je zèle intelligent de nos pères tendait déjà à préparer un terrain rendu si fécond de nos jours.
ne recevait en tout que 5,100 liv. de subvention annuelle, dont :
Allocation du roi 600 liv.
— du duc d'Orléans 500
— de la ville 500
— de chaque actionnaire, 30 liv., soit (1). . 1,500
3,100 liv.
Le traitemeftt de M. Bardin, professeur de peinture et directeur de l'école, absorbait déjà la majeure partie de cette somme, et il n'avait consenti a quitter Paris que sur la promesse de toucher 2,000 liv. la première année, et 3,000 liv. les années suivantes.
Inutile d'ajouter que cette clause ne fut jamais mise à exécution ; et c'est a peine si M. Bardin reçut une indemnité de 2,000 liv., sur lesquelles il devait encore subvenir a son logement, qui n'était pas distinct du local de l'école (2). Sur les 1,500 liv. restantes, il fallait prendre le chauffage, l'éclairage, les gages du portier, les prix des élèves, etc. L'école ne pouvait vivre dans de semblables conditions, car elle était absolument gratuite ; mais on n'eut pas le temps de chercher, en dehors des événements politiques qui se précipitaient, la solution d'une si grave difficulté.
(1) Rapport des adm. du distr., fo 28.
(2) Cette maison, sise rue des Hôtelleries, n° 7, appartenait au collège. En dépit de l'empreinte séculaire gravée sur cet antique débris des âges lointains, U offre encoïe quelque trace de la parure dont une main habile le revêtit au XV e siècle, et Ton distingue, encastrés dans le mur de la cour, quelques motifs de sculpture.
La subvention déjà si insuffisante au maintien de cette institution artistique lui manqua tout a fait, et la cessation forcée des cours dispensa la ville de toute préoccupation ultérieure a son égard. Elle fut plus tard réunie à Técole centrale (1).
(1) Les écoles centrales destinées à préparer des sujets pour les écoles normales furent créées sur le rapport de Lakanal, par décret du 25 février 1795 (7 ventôse an III). Cette institution fut de courte durée.