PRE VES DE L'EXISTENCE, AU MOYEN ÂGE, D'ÉCOLES PRIMAIRES RURALES
Tous ceux qui se sont appliqués à l'étude du moyen âge sont unanimes a signaler les nombreux vestiges de l'instruction primaire, qu'on retrouve épars dans les documents émanant de ces temps reculés. Faisons donc appel aux témoignages des érudits de notre époque, et interrogeons leurs livres. Voici ce que nous trouvons, entre autres, dans YHistoire de du Guesdin de M. Siméon Luce : « On a cru longtemps que le moyen âge n'avait connu rien qui ressemblât a ce que nous appelons l'instruction primaire. C'est une grave erreur. Il est fait, a chaque instant, mention d'écoles rurales dans les documents où l'on s'attendait le moins a trouver des renseignements de ce genre, et l'on ne peut guère douter que pendant les années mêmes les plus agitées du XIV e siècle, les villages n'aient eu des maîtres enseignant aux enfants la lecture, l'écriture et un peu de calcul. C'est même en ce siècle que le titre de clerc, auquel une certaine instruction fort restreinte avait coutume d'être inhérente, commence a devenir très-fréquent en dehors du clergé proprement dit (1). »
Dans des lettres de rémission de mars 1380, délivrées à Jeannin Renier, de Châteaurenard, il est question « d'un maistre descole appelé Jehan Pimperdu, qui apprenait les enfans du capitaine du chastel de Beauche
(1) Siméon Luce, Histoire de du Guesclin, p. 15 et 16.
(Eure-et-Loir, arrondissement de Dreux, canton de Brezolles), avec autres enfants. D'autres lettres de rémission de la même année mentionnent Jehan le François, Breton, maistre de l'escole de Boiscommun. En 1382 apparaît Guillaume Neret, d'Orléans, clerc et pauvre marchand (1). »
Nous rappellerons encore la transaction passée en 1496 au sujet de la maîtrise d'école d'Épieds, qui dépendait du seigneur de Montpipeau, auquel la nomination du maître était réservée et qui, naturellement, subventionnait l'école (2).
Enfin, car il faut mettre un terme a ces citations, notre savant concitoyen, M. G. Vignat, éditeur du Cartulaire de V abbaye de Notre-Dame de Baugency, signale, dans une des chartes qu'il a publiées, la mention en 1192 des bâtiments scolaires de cette ville, d'où il est permis de conjecturer avec vraisemblance qu'à cette époque des classes y étaient en activité (voy. charte n° 124). En effet, au nombre des privilèges dont jouissaient les religieux de l'abbaye, se trouvait celui de tenir l'école de la ville, « scolam Balgenciaci, » et ce droit dont ils avaient été frustrés leur fut restitué en 1192 par le ûls de l'usurpateur (3).
Ces témoignages sont catégoriques, et il semble qu'il y aurait quelque témérité a mettre en doute des faits si positivement démontrés.
Nous allons maintenant, en suivant Tordre alphabé-
(1) Siméon Luce, Histoire de du Guesclin, loc. cit.
(2) Extraits de minutes notariées. (Manuscrits de Polluche, 435 ter, p. 3, Bibliothèque publique d'Orléans.)
(3) M. G. Vignat, Cart. de Notre-Dame de Baugency, introd., p. 33, § vin.
tique, passer successivement en revue les écoles primaires rurales de l'arrondissement d'Orléans; et, empruntant, comme précédemment, nos informations à des sources toujours authentiques, nous espérons démontrer que renseignement primaire n'était pas, avant 1789, aussi délaissé dans les campagnes qu'on se plaît à le dire de nos jours.
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Plan scolaire de l'arrondissement d'Orléans
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