‹ L'instruction primaire avant 1789 à Orléans et dans les communes de l'arrondissement d'après desChapitre 43 sur 71 · ÉCOLES PRIMAIRES RURALES DE L'ARRONDISSEMENT D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

ÉCOLES PRIMAIRES RURALES DE L'ARRONDISSEMENT D'ORLÉANS

§ 1. — Andeglou (Chevilly), école de garçons et école de filles.

§ 2. — Artenay, école de garçons et école de filles.

§ 3. — Baugency, écoles de garçons et école de filles.

§ 4. — Baule, écule de filles.

§ 5. — Boigny, école de garçons.

§ 6. — Bou, école de garçons et école de filles.

§ 7. — Bougy (v. Saint-Lyé).

§8. — Bricy, école mixte.

§ 9. — Bucy-Saint-Liphard, école tenue par le curé.

§ 10. — Cercottes, école de garçons.

§ 11. — Chain gy, école de garçons et école de filles.

§ 12. — Chanteau, école mixte.

§ 13. — Chapelle Saint-Mesmin (La), école de garçons et école de filles.

§ 14. — Charsonville, école de garçons.

§ 15. — Châteauneuf-sur- Loire, école de garçons et école de filles.

g 16. — Chécy, école de garçons et école de filles.

§ 17. — Cléry, école de garçons et école de filles.

§ 18. — Coinces, école mixte.

§ 19. — Combleux, école mixte.

g 20. — Cravant, école de filles.

§ 21. — Creuzy, école de filles.

g 22. — Darvoy, école de garçons.

g 23. — Donnery, école de garçons et école de filles.

§ 24. — Dry, école de garçons et école de filles.

g 25. — Épieds, école de garçons,

g 26. — Fay-aux-Loges, école de garçons et école de filles.

g 27. — Férolles, école de garçons.

g 28. — La Ferté-Saint-Aubin, alias Saint-Michel, école de garçons et école de filles.

(1) Voir pièce justificative XIII, la liste de toutes les communes de l'arrondissement d'Orléans rattachées aux cantons dont elles dépendent.

§ 29. — Fleury-aux-Choux, école de garçons et école de filles.

§30. — Huôtre, école de garçons et école de filles.

§ 31. — Huisseau-sur-Mauves, école de garçons et école de filles.

§ 32. — Ingré, école de garçons et école de filles.

g 33, — Jargeau, école de gai çons et école de filles.

§ 34. — Lailly, école de filles.

§ 35. — Lion-en-Bauce, école de garçons et école de filles.

§ 36. — Loury, école de garçons et école de filles.

§ 37. — Mardié, école de garçons et école de filles.

g 38. — Mareau-aux-Prés, école de filles.

§39. — Marigny, école de garçons.

§40. — Messas, école de filles.

§ 41. — Meung, école de garçons et école de filles.

§ 42. — Neuvillc-aux-Bois, école de garçons et école de filles.

§ 43. — Olivet, école de garçons et école de filles.

§ 44. — Ormes, une école.

§ 45. — Patay, écoles mixtes et école de filles.

§ 46. — Rebrér.hien, école de filles.

§ 47. — Ruan, école de garçons.

§ 48. — Saint-Ay, école de filles.

§ 49. — Sain t-Cyr-en- Val, école de garçons et école de filles.

§ 50. — Sainl -Denis-en- Val, école de garçons et école de filles.

§ 51. — Saint-Denis-de-1'Hôtel, école de garçons et école de filles.

§ 52. — Saint- Hilaire-Saint-Mesmin, école de garçons et école de filles.

§ 53. — Saint-Jean-de-Braye, école de garçons et école de filles.

§54. — Sain t-Jean-de-la-Ru elle, école de garçons et école de filles.

§ 55. — Saint-Jean-Ie-Blanc, école de garçons et école de filles.

§ 56. — Saint- Lyé, école de garçons et école de filles.

§ 57. — Saint-Nicolas-Sain t-Mesmin, école mixte.

§ 58. — Saint-Pryvé, école mixte.

§ 59. — Saran, école de garçons et école de filles.

§ 60. — Sandilion, école de garçons et école de filles.

§ 61. — Semoy, école de garçons et école de filles.

§ 62. — Sougy, école de garçons et école de filles.

§ 63. — Tavers, école de filles.

§ 64. — Tigy, école de garçons et école de filles (réunies en école mixte).

§ 65. — Trainou, école de garçons et école' de filles.

§ 66. — Trinay, école de garçons.

§ 67. — Vannes, école mixte.

§ 68. — Villereau (v. Saint-Lyé).

§ 69. — Vitry-aux-Loges, école de filles.

ANDEGLOU (CHEVILLY) 1° Éoole do garçons. — 2° Eoolo do filles.

La commune de Chevilly, comprise dans le canton d'Artenay, au centre de la Beauce, portait avant 1789 le nom d'Andeglou, qui n'est plus aujourd'hui que l'un de ses hameaux.

« Personne n'ignore combien, en Beauce surtout, les chemins sont impraticables l'hiver. » Ce sont les termes en lesquels l'un des orateurs qui prirent part, au Directoire, k la discussion de la loi sur l'érection d'une école par canton, rendait un involontaire et inconscient hommage k la persévérance de nos aïeux dans le développement et la multiplication des écoles primaires.

Ainsi, la fréquentation d'un centre scolaire lointain est jugée par ces législateurs impossible en présence de l'état défectueux des voies de communication ; et ils croient donner satisfaction a toutes les aspirations, répondre a tous les besoins, en dotant chaque canton d'une seule école siégeant a son chef-lieu, tandis que ceux qu'on acccuse aujourd'hui de n'avoir eu nul souci de l'instruction populaire trouvaient, dans leur ingénieuse industrie, les moyens de renverser l'obstacle en le prenant corps a corps, c'est-a-dire en accroissant le plus possible les institutions primaires dans les villages.

En conséquence, Chevilly jouissait depuis 1738 du

double bienfait de deux classes, Tune de garçons, l'autre de filles. Toutes deux devaient leur existence a M. de Saint-Géry,' abbé comraendataire de l'abbaye de Flavat. Le maître avait un revenu de 120 livres, et la maîtresse un de 100 (1).

ARTENAY 1* Éoolo do garçons. — 2° Éoolo do filles.

Le 4 mars 1704, Guillaume Doublet, prieur d'Artenay, voulant employer a de pieux usages sa fortune personnelle, demanda a l'abbé de Sainte-Geneviève, son supérieur, l'autorisation d'en disposer par testament.

Il légua, conséquemment, aux deux écoles gratuites de la paroisse une rente perpétuelle de 100 liv., et nous reproduisons ici les termes mêmes de l'acte de cette donation :

« Article 3. — Payeront lesdits gagers chacun an, à perpétuité, au maistre d'école qui enseignera les garçons et à la maistresse qui enseignera les filles de la paroisse, la somme de cent livres, savoir : au maistre d'école soixante livres et à la maîtresse quarante livres, payables à chacun ladite somme par quartiers de trois mois en trois mois, aux jours que se diront lesdits quatre services (comme il est porté dans l'article 1 er ), affin qu'ils enseignent gratuitement les pauvres de la parroisse et les instruisent des mistéres de nostre religion. Pourquoi, en reconnois-

(1) Procès -verbaux de visites épiscopales, manuscrit de M. l'abbé Dubois, t. IV, mémoire 47, p. 118, Bibliothèque publique d'Orléans.

sance, le maistre et la maistresse d'escole feront dire par leurs escoliers chacun par bandes, aux quatre jours desdits services et premiers vendredis de chaque mois, à l'issue de la messe, le psalme De profuniis à haulte voix et l'oraison Absolve qmesumus Domine, sur la fosse dudit donateur. »

Ce don engageait a perpétuité les gagers d' Artenay ; et en cas d'inexécution des volontés exactes du testateur, le curé devenait investi du legs « pleinement et totalement, » aux mêmes conditions.

Enfin, si le prieur-curé se montrait a son tour négligent, la rente passait aux religieux de Saint-Euverte, comme subrogés a la fabrique et au curé (1).

Comme on le voit par la teneur de cet acte, Artenay était avant 1704 en possession d'écoles pour les enfants des deux sexes. Bien % que celle des filles y fût en plein exercice, les archives paroissiales, cependant, ne renferment plus aucune pièce nous permettant d'ajouter quelque chose à une aussi brève indication. Nous le regrettons d autant plus que le rang qu'occupait cette riche paroisse, chef-lieu d'un populeux canton, nous est garant de l'état florissant d'une institution dont la Beauce, en général, n'a jamais méconnu l'importance.

Plus favorisée en ce qui concerne l'école des garçons, nous avons pu retrouver dans les papiers de fabrique certains détails sur son organisation. Nous avons même lieu de tenir pour certain qu'elle fut ouverte en 1626, car cette même année M. Marin Boucher, scho-

(1) Fonds de la paroisse d' Artenay, pièce XV, série G, arch. du Loiret.

lastique de l'église d'Orléans, accorda au sieur Collet la permission d'organiser une classe payante dans la paroisse. Une sentence de l'oflicial nous apprend en outre qu'un différend s'éleva bientôt entre le curé et le maître d'école au sujet de l'enseignement, auquel tous deux avaient simultanément part. Le sieur Collet aurait voulu que le prieur restât complètement étranger à l'instruction des enfants de la paroisse, et il l'accusait, en outre, de peser sur le choix des parents. L'intervention de l'autorité ecclésiastique pacifia bientôt ce conflit, et la bonne harmonie, qui n'avait été troublée de part et d'autre que par un excès de zèle, ne tarda pas a être complètement rétablie.

En 1751, l'école d'Artenay était dirigée par un institeur nommé Jacques Gojon, dont nous trouvons la si-

gnature au bas d'une acte de vente intéressant les pauvres de la paroisse (1).

BAUGENCY

1° École do garçons.

En parlant, dans la première partie de ce travail, des écoles de la rue du Gros-Anneau, dépendant de l'abbaye de Notre-Dame de Baugency, nous avons eu l'occasion d'indiquer brièvement que ces deux collèges

(1) Fonds du prieuré d'Artenay, registres des comptes de gagers, arch. du Loiret, série G.

n'étaient que des succursales de la classe primaire tenue dans cette ville par les religieux, dont deux occupaient les prieurés-cures de Saint-Nicolas el de Saint-Firmin.

La charte qui mentionne cette antique école est fort curieuse, et nous en donnerons seulement ici une analyse succincte ; on pourra la lire in extenso dans le cartulaire de l'abbaye publié par M. G. Vignat (1).

Il y est dit que Jean, fils de Lancelin, et comme lui seigneur de Baugency, s'était emparé de l'école de la ville. Il la restitua en 1192 aux religieux auxquels elle appartenait, a condition que le sacristain de l'abbaye la régirait à perpétuité. Celui-ci, en reconnaissance de ce bienfait, prit l'engagement de tenir une lampe constamment allumée devant l'autel des Saints-Martyrs, à l'intention de Lancelin, père défunt du seigneur Jean.

Il résulte évidemment de cette restitution que le droit exclusif de diriger l'école n'avait jamais cessé d'appartenir aux religieux, puisqu'ils en étaient les fondateurs. L'érudit éditeur du cartulaire fait observer qu'à cause des revenus qui lui étaient annexés, elle constituait un bénéfice d'un certain rapport; et si la restitution en fut faite au sacristain plutôt qu'a l'abbé lui-même, c'est uniquement parce qu'elle dépendait de sa prébende.

Dès que Lancelin eut accompli cet acte de justice, les religieux cessèrent d'être troublés dans l'exercice de leur droit, et en 1534 un autre seigneur de Baugency, François d'Orléans, marquis de Rothelin, leur confirma, dit le père du Moulinet (2), le privilège de recevoir des

(1) Charte de Scolâ, n<> 124.

(2) Le P. du Moulinet, Histoire de Baugency, citation tirée de l'introduct. au Cartulaire, p. 33, note.

maîtres et des maîtresses de la ville, une prestation en argent au profit de leur sacristain.

Ce nouveau renseignement nous fournit l'occasion d'une remarque : au XII e siècle, les religieux de Notre- Dame tenaient eux-mêmes leur école ; plus tard , tout en réservant leur droit a la propriété, ils commencent k déléguer les fonctions à des maîtres étrangers; mais, en signe de possession immuable, ils perçoivent une sorte de fermage ou de redevance.

L'institution primaire de Baugency est, sans contredit, la plus ancienne de notre arrondissement sur laquelle des notions précises aient été portées a notre connaissance, car nous n'osons assimiler l'école presbytérale de Meung, si fameuse dès le IX e siècle, aux modestes établissements scolaires dont nous retraçons l'histoire dans cette seconde partie de nos recherches.

2° Éooles do filles.

L'on aura remarqué qu'à l'article précédent, nous avons rappelé, d'après le père du Moulinet, historien de Baugency, que les maîtres et les maîtresses d'école de cette importante commune étaient sous la dépendance directe du sacristain de l'abbaye.

Vu la distance qui sépare notre époque de ces temps éloignés, et faute surtout d'indications plus précises, nous devons nous borner a énoncer, comme appuyé sur ce témoignage autorisé, le fait de l'antique établissement de maisons scolaires de filles dans les deux paroisses de Saint-Firmin et de Saint-Nicolas ou dans Tune d'elles.

A uue date plus rapprochée de nos temps, les Dames Ursulines s'étaut établies a Orléans, choisirent Baugency pour y fonder une succursale de leur ordre, et un certain nombre de ces religieuses s'y installèrent le 22 mars 1016 (1). Elles ne lardèrent pas a ouvrir un pensionnat et une classe gratuite où avaient accès toutes les petites filles indigentes de la ville (2).

Mais ce n'est probablement pas a cette maison scolaire que se rapporte la fondation de 200 liv. de rente faite le 50 janvier 1769 par les exécuteurs testamentaires de M. Antoine Masson. Il est dit dans l'acte notarié qui s'y réfère, et dont on trouvera le texte ciaprès (5), que cette donation concernait l'école gratuite de filles de la paroisse de Saint-Nicolas.

Comme, dans la suite de ces recherches, nous aurons plus d'une fois encore l'occasion de rencontrer le nom de M. Antoine Masson parmi ceux des bienfaiteurs les plus généreux de notre enseignement rural, nous avons pensé que quelques lignes sur lui ne paraîtraient pas déplacées ici.

M. Antoine Masson, secrétaire du roi et frère aîné de M. Masson de la Manerie, pratiquait comme lui la bienfaisance la plus large, et chaque année il employait près de 5,000 liv. en aumônes. Les écoles de charité,

(1) Poixccïik, ms. 433 bis de la Bibl. d'Orl., p. 369.

(2) Au verso de la page du ms. 433 qui contient la lettre autographe où se lit ce renseignement, nous trouvons cette note qui en est le po$t-scè % iptum : « J'ai oublié de noter que nous avons été établies pour l'instruction des pauvres et leur apprendre à lire. >»

(3) Voir pièce justificative X.

qu'à l'exemple de son illustre frère il affectionnait particulièrement, avaient surtout part à ses dons ; et en quittant cette vie , il les recommanda à ses héritiers d'une manière toute spéciale, bien que, pour divers motifs, il n'eût pas cru devoir imposer cette œuvre par testament. Mais ses sept enfants, respectueux des moindres désirs d'un père qu'ils vénéraient, remirent entre les mains des administrateurs des charités de M. Masson de la Manerie, pour fonder ou entretenir dix écoles d'indigents avec un revenu de 200 liv. chacune, le capital dont M. Antoine Masson employait annuellement le revenu en bonnes œuvres. De ce nombre était celle de la paroisse de Saint-Nicolas.

Si les liens d'une étroite parenté ne rendaient pas le nom de M. Antoine Masson inséparable de celui de M. de la Manerie, il lui resterait néanmoins uni dans nos glorieuses annales de la bienfaisance orléanaise, pour prendre place, avec les donateurs généreux dont nous avons été heureuse de citer ici les noms, parmi les plus dévoués bienfaiteurs de notre enseignement primaire.

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