LA CHAPELLE-SAINT-MESMIN
1» Éoola de garçons.
Bien qu'elle ait été élevée en 1790 à la dignité de chef-lieu de canton, cette commune a repris aujourd'hui un rang plus modeste et fait partie du canton nord-ouest d'Orléans. Il y existait depuis fort longtemps •deux écoles de charité où se rendaient, lors du recensement des établissements d'instruction, en 1792, un nombre considérable d'enfants. L'école des garçons en recevait k elle seule 70 environ, et ses revenus se montaient a 78 liv. 10 s., savoir :
De M. de la Manerie, 62 liv. 10 s.
Rente sur le clergé (1), 16 liv.
(1) Rapport, f° 47 v<>.
2° fioola de 1111m.
Le 21 mai 1710, une personne anonyme légua une rente de 25 liv. pour fonder une école k La Chapelle- Saint-Mesmin ; quatre ans après (23 novembre 1714), une autre rente de 50 liv. 12 s. 8 d., au principal de 300 liv., fut constituée par M. Genty, en faveur du même établissement (1).
Quelques enfants de familles aisées y étaient reçues moyennant une rétribution de 3 a 10 sols par mois, tandis que la plus forte partie des écolières la fréquentait a titre gratuit.
Le nombre de ces dernières étaient environ de 90 au moment de la suppression de l'école (2).
Un peu plus riche que la précédente, cette classe avait encore 118 liv. 10 s. de revenu en 1792 :
De M. de la Manerie, 62 liv. 10 s.
Du clergé, en deux parties, 31 liv.
Pour le logement, 25 liv.
Le capital affecté par M. de la Manerie a la dotation des deux maisons scolaires consistait en 2,500 liv. constituées sur les États du Languedoc.
(4) État des écoles de charité, fonds des écoles, sér. D. (2) Rapport, f° 47 v<\
CHÀRSONVILLI Éoole de garçons.
Nos investigations à travers les titres mutilés des archives paroissiales, nous ne saurions trop le redire pour le déplorer, n'ont pas toujours été couronnées de succès.
Souvent, dans les communes où il y avait des écoles, ces intéressantes institutions n'obtiennent pas même une mention ; et c'est au hasard seul que nous sommes redevable d'en retrouver le souvenir.
Un exemple frappant de cette proposition très-réelle, malgré son apparence paradoxale, nous est fourni entre beaucoup d'autres par la paroisse de Charsonville. C'est qu'en effet le rapport officiel de 1792, aussi bien que les archives communales, passent complètement sous silence ces établissements d'instruction, et cependant nous lisons dans un compte de fabrique de 1754:
« J'ay payé au maître d'écolles, pour avoir été chercher le coq et le faire racomodé et reporté, et plus deux grille neuf et racomoder les autres. Le tout se monte à 19 liv. (1). »
Ce n'est ni comme modèle de style, ni comme spécimen de l'instruction de MM. les gagers de Charsonville que nous reproduisons cet article de dépense ; c'est
(1) Fonds de la fabrique de Charsonville, compte des gagers, arch. du Loiret, G.
uniquement pour nous armer d'un argument décisif en faveur d'une opinion souvent émise par nous, et sur laquelle nous insistons encore. Si donc nous n'avons pu fournir dans cette liste des communes pourvues d'écoles que 69 noms sur 106, ce n'est pas que ces communes manquassent d'institutions primaires; mais, la plupart du temps, les archives paroissiales font absolument défaut, ou, comme a Charsonville, des écoles existantes n'y sont pas même mentionnées.
CHÀTEÀUNEUF-SUR-LOIRE 1* Éooto <to garçons.
Châteauneuf, alias la Vrillière (1), chef-lieu de canton et centre d'une population considérable, renfermait au XVII e siècle une école pour les enfants de chaque sexe. De temps immémorial, les classes des garçons étaient dirigées par deux maîtres dont les appointements ; servis par la fabrique, se trouvaient complétés par les aumônes de quelques paroissiens.
De 1684 k 1793, l'hôpital fournit gratuitement le local scolaire et prit même la charge d'une cotisation annuelle de 14 liv. pour favoriser l'admission de 12 enfants indigents.
Les autres écoliers étaient soumis à une rétribution
(1) Le nom le plus ancien de cette petite ville est celui de Châteauneuf; mais au XVII e siècle, à cause du duc de la Vrillière qui la possédait en fief, elle reçut cette nouvelle dénomination, qu'elle r.onsorva jusqu'à la Révolution, où ollo j>rif ivllo dc> Port-Npuf.
mensuelle de 6 à 15 s. Les frères de la Doctrine chrétienne venaient de prendre la direction des classes quand éclata la révolution (1).
2* |Éoole de JUlec
Depuis une époque très-reculée, une école de filles, ouverte par la fabrique, recevait gratuitement tous les enfants pauvres. Une constitution de 64 liv. de rente, au principal de 1,600 liv., assise sur les revenus de la ville d'Orléans, fut faite en sa faveur par les maire et échevins. Defaucamberge en reçut l'acte le 25 janvier 1777. Les fonds provenaient d'une donation anonyme.
GHÉCY 1* Éoole de garçons.
M. Masson de la Manerie ne pouvait omettre au budget de ses libéralités une paroisse qui était presque la sienne, puisqu'il y possédait en fief quelques terres (2). Il fit donc a la fabrique, pour l'enseignement primaire, une constitution de 150 liv. de rente, au principal de
(1) Rapport, f° 40 v°.
(2) Le fonds de l'apanage contient plusieurs ports de foi par M. Masson de la Manerie et par sa nièce, M ra « Elisabeth Masson, veuve Jogues de Guedreville, pour les fiefs de Poinville, Chanteresne, la Salle et autres, sis paroisses de Combleux, Ghécy, Boigny. (A, 469, arch. du Loiret.)
5,000 liv., sur les États du Languedoc, dont le maître d'école percevait 80 liv., et la maîtresse 70 liv. '
Parmi les titres relativement récents de cette commune qui sont passés sous nos yeux, aucun n'est venu nous révéler le nom du fondateur de rétablissement scolaire dont nous nous occupons, non plus que la date de sa fondation , et cela ne doit pas nous surprendre.. Si, au temps des guerres de religion, les calvinistes pillèrent et brûlèrent nombre de presbytères avec les archives paroissiales qu ils renfermaient, Chécy, placé par sa position topographique au foyer même des assemblées protestantes (1), devait tout le premier éprouver les désastreux effets de cette proximité, et son église fut en partie démolie. Des lettres patentes de Charles IX, du 20 novembre 1568, que Polluche a transcrites dans un de ses manuscrits, constatent que pendant les troubles, tant de 1562 que de 1567, les titres communaux de Chécy « ont été perdus et adirez (2). »
Le premier nom d'instituteur que nous ayons rencontré dans les registres de 1 état civil de cette paroisse est celui de Pierre Gaucher, de 1716 a 1720. Après lui nous trouvons :
1726. — Louis Saget.
1772. — Rigault.
Cette école recevait gratuitement les enfants pauvres;
(1) Le château de l'Isle, appartenant à Jérôme Groslot, et l'un dos points de réunion des assemblées protestantes, dépendait alors de Chécy.
(2) Voir, pièce justificative XI, le texte de ces lettres patentes.
mais ceux appartenant à des familles aisées étaient astreints à une modique rétribution (1). Il en était de même dans l'école des filles.
2° École de filles.
Elle avait part à 70 liv. de rente sur la constitution de 150 liv. dont il a été question au paragraphe précédent. La maîtresse touchait en outre 30 liv. sur le clergé (2).
Un état des écoles de charité du diocèse nous apprend que cet établissement scolaire devait son origine à la générosité de M 11 * Charron qui, le 24 février 1712, affecta a sa fondation un capital de 1,066 liv. produisant 45 liv. 9 s. 1 d. (5). Plus tard, une autre personne fit don a cette école de 25 liv. de rente. Enfin, M. Masson de la Manerie lui laissa un revenu de 70 liv. (16 juin 1750).
En 1761, la maîtresse d'école, Marianne Bedoy, veuve Binet, décéda et fut remplacée par Marianne Binet, sa fille, qui mourut la même année.
Une quittance datée du 2 septembre 1792 nous fait connaître qu'à cette date Rose Beau, aussi maîtresse de l'école de Chécy, n'avait plus en tout pour honoraires que 50 liv. sur le clergé d'Orléans (4). Il n'est nullement constaté dans le rapport des commissaires que cette école reçût des élèves payantes.
(1) Rapport, f° 41 v°.
(2) Rapport, loc. cit.
(3) État des écoles, fonds des écoles de charité.
(4) Liasse de quittances d'instituteurs, fonds du district, sér. L#
CLÉRY 1* Éoole de garçons.
Il y a tout lieu de penser que si Cléry ne possédait point d'école avant M** de Coislin, qui en établit près de trois cents dans retendue du diocèse d'Orléans, cette commune ne tarda pas a être l'objet de l'attention de quelque personne généreuse et zélée pour le bien, car dès les premières années du XVIII e siècle, une assemblée d'habitants fut convoquée pour décider une question relative au maître d'école, qui exerçait en même temps les fonctions de chantre. Or, parait-il, la fabrique ne lui allouait aucune indemnité pour son assistance au lutrin; aussi ne s'y rendait-il que lorsqu'il n'avait rien à faire de plus pressé. Pour mettre fin a un état de choses si préjudiciable aux intérêts de la paroisse, le curé proposa d'inscrire le sieur Touzé, maître d'école, pour une somme de 25 liv. par an sur le revenu de la fabrique, à condition toutefois qu'il s'acquitterait ponctuellement de ses devoirs de chantre (18 janvier 1700).
Un article du compte de 1715 mentionne la présence simultanée de deux instituteurs, tous deux chantres de la paroisse : « Payé aux maîtres de l'école la somme de vingt-deux livres, savoir : sept a Dumay, suivant la quittance du 15 janvier 1715, et au sieur Guérin quinze livres, suivant la quittance, ci 22 livres. » * Comme il y avait toujours eu deux chantres a Cléry,
et que tous deux étaient payés 20 liv. par an, il est probable que l'article ci-dessus, qui ne porte point de quantième, se réfère à un paiement partiel, car en 1717 le sieur Guérin figure de nouveau au budget paroissial pour la somme entière de 20 liv. (1).
L'école Saint-André de Cléry participa en 1769 a la magnifique donation que firent le 30 janvier, au nom de leur père, les enfants de M. Antoine Masson, frère de M. de la Manerie. Elle est inscrite sur la liste de cette fondation, qui ne comprend pas moins de douze écoles, pour un revenu annuel de 30 liv. (2).
2* Éoole de filles.
Si nous n'avons pu savoir a quelle date se rattachait le premier établissement d'une école de filles dans la commune de Cléry, nous pouvons au moins tenir pour certain qu'elle était antérieure a 1710. En effet, le 30 octobre de cette année, M. Baguenault de Beauvais constitua à son profit une rente de 24 liv. par devant Rou, notaire au Châtelet d'Orléans (3).
Cette classe était absolument gratuite. Les fondateurs lui avaient donc assuré certaines ressources que la perte presque totale des archives de fabrique nous laisse complètement ignorer.
(4) Comptes de la fabrique de Cléry, p. 445.
(2) Voir pièce justificative X, l'acte du 30 janvier 4769.
(3) Fonds de la fabrique de Cléry, liasse de pièces diverses.
COINCES Éoole mixte.
Une école mixte recevait, moyennant une indemnité mensuelle, variable selon l'instruction, tous les enfants de la commune; mais la fabrique allouait au maître un traitement annuel de 24 liv. pour qu'il instruisît gratuitement quatre petits indigents. Le rapport auquel nous empruntons ce détail — car les archives paroissiales n'existent plus — ne fait pas connaître l'auteur de cette fondation (1).
COMBLEUX École mixte.
Dans l'un des codiciles de l'admirable testament de M. Masson de la Manerie, nous trouvons une disposition toute spéciale a l'école de la petite paroisse de Combleux, l'une des moins peuplées de notre arrondissement.
Après avoir spécifié la donation qu'il voulait faire a l'école de Boigny, M. de la Manerie ajoutait :
(1) Rapport, f° 42.
c Je donne et lègue à la même intention, à la paroisse de Comblera la rente de dix-sept livres deub par les Charpantier, par contrat passé par M. Chassinat, notaire, et un autre demi arpend de terre (1), à prezant en vigne au Pré Percé. * (Codicile du 27 avril 1746.)
Ces deux institutions scolaires, fondées Tune et l'autre par M. de la Manerie, sont les seules qu'il ait nominativement désignées dans l'acte de ses volontés dernières ; et cette exception, indice d'une sollicitude spéciale, se trouve parfaitement justifiée par le lien qui rattachait M. de la Manerie aux communes de Boigny et de Combleux. Dans la première il possédait le fief de la Salle, dans la seconde celui de Poinville, et il faisait de fréquents séjours dans ces deux agréables résidences d'été. Quant a l'hiver, il le partageait entre son hôtel de la rue des Capucines, paroisse Saint-Eustache, a Paris, et sa maison appelée la Babylone, rue d'Escures et paroisse Saint-Michel, a Orléans (2).
Lorsqu'un an après son décès ses héritiers firent entre les divers établissements d'instruction primaire la répartition de la fondation de 120,000 liv. que le testateur leur avait destinée, l'école de Combleux y participa pour un revenu de 50 liv. (16 juin 1750).
(4) L'autre moitié de l'arpent avait été donnée à la fabrique de Boigny, comme on Ta vu ci-dessus.
(2) Cette maison, annexée récemment à l'Hôtel-de- Ville, porte le n° 3 de la rue d'Escures. C'est dans la petite habitation séparée de celle-ci par une cour que M. de la Manerie avait installé l'apothicairerie des pauvres, dont il fut, sinon le fondateur, du moins le plus insigne bienfaiteur.
CRATANT
Eoole à* filles.
La paroisse de Cravant souffrit de grands dommages dans les guerres religieuses du XVI e siècle, et l'église, dépouillée de tout revenu, tomba dans une extrême pauvreté dont elle ne sortit qu'en 1755 (1). Ces douloureuses épreuves, auxquelles eurent part bon nombre d'autres églises de ce diocèse, vinrent la surprendre vers Tépoque où le fameux Gentien Hervet, ce savant humaniste qui ne croyait pas déroger en acceptant le titre et en remplissant les humbles fonctions de maître d'école, y exerçait le ministère sacré, comme curé titulaire de la paroisse (1561-1562).
Que devint alors l'école de garçons? Aucune information ne nous est parvenue sur elle, les funestes événements que nous venons d'indiquer ayant causé la perte de tous les documents anciens dans une foule de paroisses rurales.
Nous apprenons d'un certificat émané de M. Miron, curé de Gravant, et portant la date de 1720, qu'a cette époque l'école de filles était régie par une demoiselle Fauveau, qui aurait reçu, pour enseigner gratuitement les
(4) Réponse au questionnaire adressé par l'évêque d'Orléans aux [curés du diocèse (manuscrit de Polluche, t. III, a» 461 bis èe la Bibliothèque d'Orléans).
enfants indigentes, nue gratification de 10 liv. sur la caisse épiscopale (1).
Le chiffre des revenus, afférents a cette maison scolaire ne nous a pas été révélé. Nous avons seulement connaissance d'une rente de 20 liv. qu'un bienfaiteur anonyme lui constitua en 1707 (2).
CREUZY Eoole de filles.
La commune de Creuzy ne compte aujourd'hui que 257 habitants; il n'est donc guère probable qu'elle ait eu, aux deux siècles précédents, une plus grande importance ; et malgré les proportions restreintes de sa population enfantine, elle n'était nullement destituée d'un enseignement primaire organisé. Le curé s'était sans doute chargé de l'instruction des garçons, caria paroisse ne renfermait, a notre connaissance, qu'une école de filles, inscrite sur le tableau des institutions de charité pour une rente de 10 liv.
(1) Quittances de maîtres d'école, fonds des écoles de charité.
(2) Fonds des écoles de charité.
DARVOT Eoole de garçons.
Il n'y avait dans le bourg de Darvoy qu'une école où les garçons étaient seuls admis. Le maître n'avait pour tout revenu qu'une rente de 100 liv. et le produit de la quête du blé, du viu et des javelles, qui pouvait lui rapporter environ 200 liv. Cette classe était absolument gratuite, et elle recevait un très-grand nombre d'enfants (1).
Très-peu de temps avant la promulgation du décret suppressif de tous les établissements d'instruction publique (18 août 1792), la commune de Darvoy cherchait à se procurer une maîtresse pour diriger une école payante de filles. Inutile d'ajouter que ce projet ne put être mis a exécution.
DONNERY 1* École de garçons. — 2° Ëoole da filles.
Il paraît que la commune de Donnery n'avait participé a aucune des diverses constitutions de rente faites a différentes époques par le clergé, tant au profit des loca-
(4) Rapport, f° 42.
htés dépourvues d'écoles que de celles dont les revenus étaient insuffisants. Cependant le nom de Jacques Pension, instituteur, figure plusieurs fois dans les comptes de fabrique pour diverses allocations étrangères a celle de 48 liv. qui lui était allouée en qualité de chantre ; mais ces sommes n'excèdent jamais 10 liv. (1).
C'est sans doute pour le motif énoncé au début de cet article que le maître et la maîtresse des écoles de Donnery n'admettaient aucun élève à titre gratuit dans leurs classes. La rétribution mensuelle, il est vrai, était assez légère (2).