SUNT-AY
Éoole de flllee.
La plupart des pièces appartenant au fonds des écoles de charité sont relatives aux classes de filles ; celles qui intéressent les écoles de garçons n'en font plus partie aujourd'hui. Il s'ensuit que, pour la moitié au moins des maisons scolaires dites de charité, nous sommes presque totalement privée de renseignements.
Nous trouvons, sur le tableau des constitutions de rentes du clergé, l'école de filles de Saint- Ay inscrite pour deux fractions de rente: la première, de 25 liv., porte la date du 21 mai 1710; la seconde est de 45 liv. 13 s. 4 d. (1).
(1) Fonds des écoles de charité, tableau des rentes du clergé.
La commune de Saint-Ay, que la Révolution avait rattachée au district de Baugency, ne figure pas, pour ce motif, dans le rapport de 1792; mais une pièce dont la teneur se trouve reproduite dans l'inventaire des biens scolaires de Saint-Paul porte que si l'institution de tilles fondée dans cette paroisse venait a cesser, le revenu de la maison dont MM 1108 Sarrebourse lui avaient fait don serait partagé entre les établissements primaires de filles de Saint-Ay et de Saint-Pryvé.
La classe de charité de Saint-Paul ayant été momentanément interdite, comme nous l'avons dit au § 15 de la première partie, il y a tout lieu de croire que la réversion stipulée au contrat de donation s'effectua dans les conditions arrêtées entre les parties.
SAINT-CYR-EN-VAX 1* Éoole de garçons. — 2° Ecole de nUea.
Avant 1741, la paroisse de Saint-Cyr ne possédait point de maison scolaire. Frappé de cet inconvénient, qu'il n'était pas toujours facile de conjurer dans un pays où les locaux convenables étaient malaisés a trouver, et aussi pour éviter au maître la charge d'un loyer qu'il avait jusqu'alors été contraint de subir, un habitant du pays, Jean Du val, légua à la fabrique 200 liv. de rente pour bâtir une école. Un an après (6 mars 1742), conformément aux résolutions arrêtées dans une assemblée d'habitants, le curé la fit édifier au clos du Mesnil, quartier du bourg. Elle attcnait à la chapelle Saint-Sulpice, et
c'était pour mettre ce monument à l'abri des tentatives de vol auxquelles son isolement pouvait l'exposer que cet emplacement avait été choisi. Le remboursement d'une autre rente de 100 s. léguée par Françoise Bacon, veuve Jean Souchet, compléta la somme nécessaire.
Le 18 octobre 1750, la fabrique entra en possession d'un revenu de 75 liv. légué à l'école de garçons par M. de la Manerie, et comme elle se trouvait momentanément dépourvue de titulaire, on procéda à l'élection d'Eugène Vivien. Nous apprenons du procès-verbal de rassemblée réunie a cette occasion qu'il jouissait de l'exemption de tailles, recevait chaque année une gratification de 16 liv., et touchait 15 s. par enterrement et 5 par service anniversaire. Cette dernière clause du contrat nous permet de conjecturer qu'il joignait a ses fonctions celle de sonneur ou de bedeau (1).
Ce ne fut qu'ultérieurement a 1750 que les deux écoles de Saint-Cyr furent réunies en une classe mixte; et encore ne l'était-elle qu'a l'égard du local, car la femme de l'instituteur se chargeait de l'instruction des filles.
Cette réunion fut sollicitée, comme nous l'apprend le rapport, afin d'obvier à l'obligation, onéreuse pour la fabrique, de pourvoir la maltresse d'un local, et celle-ci n'eût pu sulffire seule îi une charge si lourde, en raison de ses modiques appointements, car les deux maisons scolaires pratiquaient un régime de gratuité générale et absolue. Il est vrai que les quêtes annuelles contribuaient il assurer aux instituteurs une rémunération suffisante (2).
(1) Fonds de la fabrique de Saint-Cyr. Liasse de titres divers.
(2) Rapport, fo 50 r°.
8AINTHDENII-IN-VAL I» École de garçons.
Elle était propriétaire d'un revenu de 122 liv. 10 s., savoir :
1° 7 liv. 10 s., legs de M. Edme Crossard, curé de Saint-Denis (5 février 1739), Julien, notaire.
2* 15 liv. legs de MM«" Herry (23 mai 1749), Binecher, notaire.
3° 100 liv., legs de M. de la Manerie (Duval, notaire à Paris, 46jukH7ôO)(l)>
L'école de garçons de Saint-Denis-en-Val est-elle d'ins» titution postérieure a celle de filles? C'est une question que les papiers de fabrique encore existants ne nous laissent aucun moyen de résoudre» Elle était toutefois antérieure à 1739, époque h. laquelle M% Groasard lui légua la rente de 7 liv. 10 s. inscrite ci-dessus*
a* Éoole de fille*.
L'école de filles prit naissance en 1696. MM" C * Tassin et Defifoy, auxquelles revient l'honneur de cette utile fond&tfoû, donnèrent pouf son premier établissement une Somme de 2,000 liv. pair contrat passé le 30 août 1696 èû rëmtie de Liphard Bfandin, notaire k Orléans.
(1) Fonds de la fabrique de Saint-Denis-en-Val. Inventaire deg biens de la fabrique.
D'autres donations aidèrent en peu de temps la nouvelle classe k s'installer d'une manière complète. Moyennant de modiques souscriptions offertes par de zélés paroissiens, une autre somme de 2,000 liv. ne tarda pas a être réunie (7 septembre 1785). Ce capital produisait un revenu de 100 liv. constitué sur le clergé.
L'école jouissait en outre de deux autres rentes, l'une de 40 liv. sur le roi, l'autre de 18 liv. assise sur des immeubles.
Jusqu'en 1718, la classe se tint dans une maison louée par la fabrique ; mais le scholastique ayant disposé de quelques fonds pour faciliter la construction d'un édifice scolaire, les habitants acquirent au centre du village un terrain sur lequel ils l'érigèrcnt. Cette maison coûta 1,200 liv., et le roi, par une concession spéciale, accorda a la fabrique une somme prélevée sur les octrois, pour l'indemniser du loyer de l'institutrice (1).
Le nom d'Étiennette Perroton, première maîtresse d'école de la commune de Saint-Denis, nous a été conservé par le curé, rédacteur de l'état civil de la commune de Bou, en laquelle elle mourut en 1719, après y avoir enseigné dix ans. Elle avait été auparavant, pendant trentetrois ans, a la tête des classes de filles de Saint-Deniscn-Val.
Le rapporteur du district nous fait connaître qu'au début de la période révolutionnaire, les écoles des deux sexes de Saint-Denis perdirent presque tous leurs revenus. Les deux instituteurs, dont les cours étaient abso-
(1) Rapport, f°51.
lument gratuits, se trouvaient dans un tel dénùment qu'ils durent alors recourir a l'exercice de quelque métier manuel pour se procurer des moyens d'existence (1).
sunt-denis-de-l'hôtel
1<> Éoole de garçons.
Les renseignements que nous puisons dans le fonds des écoles de charité nous apprennent que la maison scolaire des garçons était très-fréquentée en 1747.
Nous eussions vivement souhaité de pouvoir déterminer d'une manière précise l'époque de sa fondation ; mais nous en sommes fatalement dispensée par la perte totale des archives paroissiales au XVI e siècle, que nous avons déjà signalée au début de cette seconde partie. (Voir ci-dessus, chap. 1 er , § 5, p. 165.)
Ce ne sera donc pas de la première institution de cette école que nous aurons à nous occuper, mais de la seconde, qui aurait eu lieu, croyons-nous, antérieurement a 1728. C'est du moins ce qui semble résulter d'une donation testamentaire de M. Corréard, curé de la paroisse, reçue le 9 juillet par Piot, notaire k Jargeau (2), et en vertu de laquelle les écoles de garçons et de filles de Saint-Denis étaient appelées a se partager une rente de 25 liv. Rien, dans les termes en lesquels cette donation
(1) Rapport, f°54.
(2) Registre des comptes de fabrique de Saint-Denis-de-1'Hôtel, arch. du Loiret, sér. G.
est conçue, ne semble favoriser l'interprétation qu'elle s'adresse à des établissements dont la création soit encore en projet. Nous pensons au contraire qu'elle a pour but l'accroissement de maisons déjà nées, mais dont les ressources étaient encore peu assurées.
Le 25 juin 1730, Julien, notaire a Orléans, recevait un autre acte testamentaire par lequel Pierre Couet et Marie Mathagon, sa femme, léguaient a la classe de garçons de Saint-Denis une rente de 100 liv. (1). Certaines conditions cependant devaient être observées :
1° L'école serait absolument gratuite pour tous les enfants indigents ;
2° La fabrique pourvoirait au local scolaire et au logement du maître ;
3° L'instituteur s'acquitterait k l'église de l'emploi de chantre ou de sonneur (2).
Jusqu'en 1747 le maître d'école occupa une maison louée a bon compte par la fabrique ; mais elle la reprit pour y loger le vicaire, et dès lors le prix de location de l'immeuble scolaire alla toujours en augmentant. Nous trouvons dans le compte de 1716 une somme de 30 liv. affectée k cet objet; puis, quelques années après, en 1789, le loyer de l'école est porté a 60 liv.
L'instituteur, outre son traitement fixe de 112 liv., percevait deux fois l'an le produit d'une quête en nature (3).
(1) Registre des comptes de fabrique de Saint-Denis-de-rHôtel, arch. du Loiret, sér. G.
(2) Ibid.
(3) Rapport, fo 50 v<>.
Les quelques noms que nous avons pu retrouver sout ceux de :
1750. — Charabert.
4768. — Bonavre.
1783. — Ménard.
2° Éoole de filles.
L'école de filles de Saint-Denis existait, comme la précédente, en 1728, car nous la voyons entrer pour moitié dans le partage de 25 liv. de rente léguées par M. Pierre Corréard, curé de Saint-Denis, aux maisons scolaires des deux sexes de sa paroisse. Mais comme elle n'avait point eu part au legs des époux Couët, M. Masson de la Manerie lui laissa un revenu de 200 liv. L'acte de cette constitution, dit le rapporteur du district, fut homologué au parlement en 1777.
Il parait qu'après M mo Voyon, qui aurait cessé ses fonctions vers 1760, l'école resta quelque temps sans titulaire; mais en 1768 le curé et les marguilliers de Saint-Den^s firent certaines offres k Anne Doslon, institutrice en titre a Sandillon, qui les accepta, comme il résulte d'une assemblée paroissiale d'habitants dont on trouvera le texte ci-après (1), et elle s'installa en la même qualité a Saint- Denis-de-FHôtel. La fabrique s'engagea k faire les frais du logement jusqu'à concurrence de 70 liv. ; mais nonobstant cette condition, les marguilliers payèrent, en 1785, 140 liv. pour le loyer d'Anne Doslon. Il fut convenu en outre qu'elle serait exempte de toutes tailles et charges quelcon-
(1) Voir pièce justificative XIX.
ques ; mais elle devait fournir gratuitement les livres de classe.
Anne Doslon fit à la paroisse de Saint-Denis la même infidélité qu'a celle de Sandillon, et une nouvelle assemblée d'habitants (1), convoquée pour le même objet, se réunit le 24 septembre 1786 pour procéder a l'élection d'Anne Dufour, veuve Bréchemier, qui prit pour aide une demoiselle Brisset, avec laquelle elle partagea les 125 liv. de traitement que lui allouait la fabrique.
Il paraît, comme nous l'apprend le rapport du district (2), que certains dissentiments survenus entre Anne Dolson et la fabrique avaient motivé sa retraite de Saint-Denis. Son traitement, parait-il, lui aurait même été supprimé en 1783. A partir de ce moment aussi, et malgré le rétablissement de l'allocation attribuée à la nouvelle institutrice, celle-ci ne fut plus tenue à l'enseignement gratuit de toutes les petites filles de la paroisse. Douze seulement choisies par le curé y furent reçues a ce titre ; les autres furent soumises à une rétribution mensuelle de 8 a 12 sols, selon leur degré d'instruction.
SÀINT-HILAIRE-SÀINT-MESMIN 1* Éoole de garçons. — 2» Éoole de fiUea.
Sans avoir jamais été bien opulentes, les deux maisons scolaires de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin avaient eu
(1) Voir pièce justificative XIX 6«.
(2) Rapport, f° 50 v«.
jusqu'à la Révolution des revenus suffisants, bien qu'elles participassent au régime de gratuité absolue en vigueur dans la plupart des écoles de charité de notre diocèse. M. Sergent, chanoine de Sainte-Croix, avait largement participé à leur établissement, et nous les trouvons en outre inscrites, sur un état de comptes du scholastique, pour une rente de 10 liv. 18 s. 9 d., qui leur fut constituée par acte du 2 septembre 1718, et qui était une fraction d'un legs important (1) de M. le chanoine Dussaussoy. Ce digne ecclésiastique, frappé de la difficulté qu'éprouvaient la plupart des pauvres fabriques rurales a fournir aux indigents les livres de classe, fit vendre sa bibliothèque et en affecta le produit à cet objet (2).
Les deux maisons se partageaient en outre une rente de 125 liv. provenant d'une donation de M. de la Manerie, et une de 76 liv. due à M. Antoine Masson (1750 et 1769). Mais en 1792 il ne restait plus a mettre en commun que 250 liv. de revenu (3). Le maître et la maîtresse d'école ne faisaient aucune quête. Dans les paroisses qui, a l'exemple de Saint -Hilaire, restaient étrangères k cet usage, M« r Fleuriau suppléait au déficit par une allocation prise sur la rente de 115 liv. léguée a cet effet par M. Sergent, le 16 avril 1697, laquelle ne s'appliquait qu'aux écoles de filles (A).
Tous les enfants apprenaient a lire, écrire et compter.
(1) Liasse de comptes à rendre par le scholastique, 4791-4792, fonds du district d'Orléans.
(2) Fonds des écoles de charité.
(3) Rapport, f» 52.
(4) Rapport, loc. cit.
SÀINT-JEÀN-DE-BRAYB 1* Eoole de garçons. — 2* Eoole de filles.
On apprend de l'enquête faîte par le district d'Orléans en 1792 qu'à cette époque les deux écoles de Saint-Jean-de-Braye n'étaient plus ouvertes gratuitement qu'aux élèves pauvres. M. de la Manerie avait constitué k la première un revenu de 100 liv. et un de 25 liv. seulement à la seconde, car celle-ci avait quelques autres ressources, savoir :
40 liv. sur l'Hôtel-de-Ville d'Orléans.
20 liv. sur le clergé.
15 liv. d'un legs de M. Lecointe, ancien curé de la paroisse.
En somme totale 100 liv. (1).
SÀttîT-JEÀN-DE-IA-RUELL*
1° Éoole de garçons.
Nous ne rencontrons dans les archives de cette commune aucune information de nature a nous faire connaître la quotité des revenus de sa maison scolaire, et nous n'y aurions même trouvé aucun indice de son existence si, en parcourant les comptes de fabrique de
(i) Rapport, f<> 53 v».
1752 à 1761, nous n'y eussions incidemment rencontré cette mention d'un article de dépense, un peu étranger, il faut en convenir, à notre sujet :
« Dix livres au maître d'école pour avoir porté la robe de bedeau pendant deux ans. *
Nous trouvons bien, a la vérité, aux chapitres de recette de 1765 a 1791, l'encaissement de deux rentes sur le clergé, l'une de 40 liv. et l'autre de 20 liv. (1). Bien que l'objet de leur attribution ne soit pas indiqué, il est évident qu'elles devaient appartenir aux écoles, car nous voyons dans l'acte de 1750 qu'un capital de 1,500 liv., produisant 75 liv., fut affecté aux deux classes de cette paroisse, conformément aux intentions de feu M. Masson de la Manerie.
Le revenu le plus fort fut sans doute attribué au maitre des garçons. •
8° Êoole de flUoa.
Dès Tannée 1734, l'article qui suit se trouve porté en compte au budget paroissial, et y trouve place d'année en année :
« A Jacques Rousseau, pour deux années de loyer de la maison à luy appartenante, dans laquelle demeure la maîtresse d'école, échues à la Toussaint, 40 liv. (2). »
Il en résulte que le loyer de l'institutrice était k la
(4) Rapport, f<> 52 v<>.
(2) Registre de comptes des marguilliers de Saint-Jean-de-la- Ruelle de 1765 à 1791.
charge de la fabrique; mais, en dehors de la rente de 20 liv. léguée k l'école par M. de la Manerie, nous n'avons trouvé aucune trace du complément de ses revenus.