SAINT-JEAN-LE-BLANC
1* École de garçons.
M. Masson de la Manerie avait fait don a la fabrique de Saint-Jean-le-Blanc d'une rente de 37 liv. pour aider a l'établissement d'une école de garçons dans la paroisse (16 juin 1750). Mais à cause de sa proximité de deux autres bourgs pourvus de florissantes écoles, Saint- Denis-en-Val et Saint-Marceau surtout, où les frères de la Doctrine chrétienne tenaient des classes fort recherchées, les marguilliers jugèrent que les frais d'installation d'une institution scolaire seraient fort lourds sans être très-profitables. D'un commun accord, les habitants se dessaisirent donc au profit des frères de Saint-Marceau de la rente de 75 liv., et ceux-ci admirent gratuitement les garçons de Saint-Jean-le-Blanc (1).
2* Éoolô de fille».
Lorsque le conseil d'État eut décidé la suppression du monastère des Ursulines de Saint-Charles, qui depuis leur fondation tenaient l'école de charité de la paroisse,
(4) Rapport, f» 53 v».
Tévêque d'Orléans fut autorisé à opérer la réversion de leurs biens sur les œuvres diocésaines auxquelles il jugerait opportun d'en faire l'application, et M« r de Jarente de la Bruyère accorda a la fabrique de Saint- Jean-le-Blanc une rente de 190 liv. au principal de 4,750 liv., constituée sur le clergé de France le 30 septembre 1770, présent Brouard, notaire à Paris (1). Ce revenu était uniquement destiné à la nouvelle école de filles.
Mais Tévêque d'Orléans n'en fut point le fondateur. Ce titre revient de plein droit à M. de la Manerie et a M. Antoine Masson, son frère. Le premier, en 1750, donna une rente de 37 liv. pour frais de premier établissement de cette petite maison scolaire, et le second lui assura 200 liv. de rente en 1769.
Avec ses 427 liv. de traitement, la maîtresse d'école était, on le voit, l'une des mieux dotées relativement k l'importance de la paroisse. Mais en 1791 les revenus commencèrent a lui manquer; et nous avons trouvé parmi les pièces de la fabrique une lettre de Madeleine Pucet, institutrice, qui se plaint au directoire du district de ce que, depuis deux ans, sa rente de 190 liv. sur le clergé a cessé de lui être payée (2).
(1) Fonds de la fabrique deSaint-Jean-le-Blanc. Liasse de pièces diverses.
(2) Itod.
BÀINT-LYÉ
1* Eoole de garçons. — 2° Eoole de filles.
L'établissement d'écoles de charité pour les enfants des deux sexes dans la commune de Saint-Lyé remonte k Tannée 1711, et ce fut k M me Gabrielle-Michelle Dugué de Bagnols, veuve de Jacques Tanneguy le Veneur, comte de Tillières, que les paroissiens furent redevables de cette utile institution. 300 liv. de rente furent le partage de Técole des garçons, tandis que celle des filles n'en reçut que 50. Mais il fut imposé k l'instituteur de recevoir gratuitement et sans aucune exception les enenfants de deux paroisses conliguës : Bougy et Villereau (1).
Sous le régime révolutionnaire, ces trois communes appartenaient au district de Neuville.
SÀINT-NICOLAS-SÀINT-BCESMIN Eoole mixte.
Cette paroisse dépendait de l'abbaye de Mici, qui avait la collation de la cure. Elle comptait au siècle dernier 300 habitants, et tirait son origine de la célèbre abbaye
(4) Note communiquée par feu le docteur Lallier, membre non résidant de la Société archéologique et historique de l'Orléanais.
bénédictine. L'église fut détruite en 1793, et la paroisse annexée k celle de Saint-Pryvé, dont elle forme aujourd'hui un hameau. Son école ayant été comprise dans la fondation du 16 juin 1750, elle percevait du legs de M. de la Manerie une rente de 50 liv. constituée sur le clergé.
SAINT-PRYVÉ
Eoole mixte.
Saint-Pryvé possédait, au XVIII e siècle, une école mixte a laquelle M. Masson de la Manerie laissa une rente de 75 liv. sur le clergé, constituée au capital de 1,500 liv. Au moment où M* r de Montmorency, évêque d'Orléans, suspendit renseignement dans l'école de filles de Saint-Paul pour les causes que nous avons fait connaître, l'école de Saint-Pryvé entra en possession de la moitié du revenu que rapportait la maison scolaire interdite. L'autre partie fut attribuée a l'école de Saint-Ay. (V. S 15.)
SARAN 1» ÉcoU de garçons.
Le 30 novembre 1788, le clergé de France constitua une rente de 16 liv. au profit de l'école des garçons de
Saran (1). Cette disposition concernait une école déjà existante, car le 16 juin 1750, par acte passé présents Duval et Deruelle, notaires au Châtelet de Paris, un capital de 2,500 liv., produisant 125 liv., fut attribué aux deux écoles de ce bourg, conformément aux intentions exprimées par M. Masson de la Manerie dans son testament olographe du 4 août 1729.
La courte note renfermant la mention de la rente de 10 liv. ci-dessus indiquée n'ajoute aucun renseignement sur le donateur de ce petit capital. Nous pensons donc que ces 16 liv. pourraient être une fraction d'une autre renie de 120 liv. constituée par le clergé, le 9 janvier 1754, au bénéfice des écoles du diocèse.
Le rapport de 1792 passe totalement sous silence les deux établissements scolaires de la commune de Saran, qui constituait, avec Cercottes et Gidy, le douzième canton du district d'Orléans.
2» ÉooU d# filles.
D'après un document emprunté au fonds des écoles de charité du diocèse, la ville d'Orléans s'engagea envers la fabrique de Saran, le 8 avril 1778, k servir une rente de 120 liv. a l'école gratuite de filles, et l'acte fut passé par Danglebermes, notaire (2). Cette institution charitable était due a la générosité de M me Gruau
(1) Instruction publique, fonds du district d'Orléans, 1792. Liasse II des comptes à rendre par le scholastique des sommes touchées pour les petites écoles.
(2) Fonds des écoles de charité. État desdites écoles, pièce G, 28, sér. D.
de Blangy, qui, outre le don d'une rente de 33 liv., versa encore une somme de 100 liv. pour les premiers frais d'établissement. Désireux de s'associer à une œuvre aussi utile, M. Ch. Martin Dabit, curé de la paroisse, s'empressa de fournir a ses dépens un mobilier complet, afln que « pour la gloire de Dieu » l'école pût se perpétuer dans un état décent. Puis, faisant appel à la bonne volonté des familles, ce prêtre zélé obtint que ses paroissiens contribuassent, pour deux sols par an chacun, au traitement de l'institutrice. Cette modeste obole, bien légère a chaque ménage, mais qui, groupée, formait une -somme d'appointements suffisants, permettait a la paroisse d'avoir toujours à sa disposition un sujet capable et de premier choix (1).
Le 16 juin 1750, l'école rentra en possession de la rente de 75 liv. a elle léguée par M. Masson de la Manerie.
Une quittance de la demoiselle Pichon, institutrice en exercice, en date du 19 février 1792, fait connaître qu'a cette époque il lui restait 137 liv. de revenu (2).
SANDILLON 1* Éoole de garçons.
Le rapport de 1792 nous apprend qu'une école de garçons, établie dans la commune de Sandillon, recevait
(4) Fonds des écoles de charité.
(2) Liasse de quittances d'institutrices, fonds du district (f Orléans, sér. L.
k cette époque, une soixantaine d'élèves. Elle avait autrefois certains revenus dont elle aurait été privée par suite des événements politiques, car depuis quelques années tous les écoliers étaient payants (1).
3« Éooles ds Allas.
Le 21 mai 1710, un bienfaiteur anonyme donna une rente de 25 liv. k l'école de filles de Sandillon (2) ; mais comme il paraîtrait que la maîtresse n'avait aucun autre revenu, elle recevait de ses élèves une rémunération proportionnée k leur instruction. La classe, en 1792, renfermait environ 60 enfants.
Avant de quitter Sandillon, en 1768, pour diriger l'école de Saint-Denis-de-l'Hôtel, Anne Doslon était chargée de l'enseignement des petites filles indigentes.
SEMOT
1* Eoole de garçons.
Elle était propriétaire d'un revenu de 75 liv. au principal de 1,500 liv., k elle constitué sur le clergé de France par M. Masson de la Manerie, k condition que la classe serait gratuite (16 juin' 1750).
Pour satisfaire k cette clause du contrat, le maître,
(1) Rapport, f» 54 v°.
(2) Fonds des écoles de charité, tableau desdites .école*.
qui n'avait, paraît-il, d'autre traitement que celui ci-dessus énoncé, plus le produit des quêtes en nature, était parfois obligé d'avoir recours au bon vouloir de quelques habitants aisés.
Les choses allèrent ainsi jusqu'en 1790. La caisse départementale rogna alors si bien les émoluments déjà insuffisants du maître d'école, que celui-ci dut se retirer tout à fait. L'école allait "donc être forcément fermée, si le curé ne se fût dévoué a remplir par charité les fonctions d'instituteur (1).
La paroisse de Semoy était alors, comme aujourd'hui encore, l'une des moins peuplées de l'arrondissement.
2° Eoole d# flUes.
Lorsque le clergé de France, par contrat du 20 juin 1782, constitua des revenus a un certain nombre de fabriques pour le soutien de leurs écoles de charité, celle de Semoy y eut part pour une rente de 40 liv. au capital de 1,000 liv. Mais cette rente eût été insuffisante au soutien d'une maison dont la gratuité absolue était la base, si on n'y eût pas ajouté une subvention annuelle de 88 liv., prise sur un fonds légué k la caisse diocésaine par M me veuve Etienne Alleaume, née Marguerite Collet (2), selon son testament du 28 juillet 1766.
(1) Rapport des commissaires, f° 54 v°.
(2) Liasse des comptes à rendre par le scholastique, fonds du district d'Orléans, instr. pub., série L. — Cf. fonds des écoles de charité, pièce T, 18.
Gomme il a été dit ci-dessus, l'administration départementale s'empara en 1790 d'une forte partie de ce maigre traitement. Afin de n'être pas obligée, a l'exemple du maître, de fermer l'école, la demoiselle Leroy dut, a son tour, se recommander a la générosité des habitants ; il ne lui restait plus que 80 liv. au lieu de 128 qu'elle avait touchées jusque-la (1).
SOTIGY 1* École de garçons. — 2° École de filles.
Dès une haute antiquité l'église et le territoire de la commune de Sougy relevaient de la juridiction capitulaire de l'église d'Orléans ; aussi cette paroisse fut-elle entourée par le chapitre d'une sollicitude particulière. Un règlement édicté par les chanoines en 1726 prescrivait d'affecter annuellement une somme de 30 liv. aux écoles des deux sexes, tant de cette paroisse que de celle de Traînou.
Il est vraisemblable que les bienfaiteurs anonymes qui léguèrent deux rentes a l'école de Mareau sont les mêmes que ceux qui pourvurent à l'entretien de celle de Sougy, car les sommes léguées le furent aux mêmes dates (21 avril 1713 et 17 avril 1769); les contrats étaient absolument semblables pour les deux paroisses, et le même notaire les passa le même jour.
(1) Fonds du district d'Orléans. Liasse de quittances d'institutrices, 1792.
TAVERS £ool« dô flUM.
La commune de Ta vers appartenait en 1792 au district de Baugency ; aussi le rapport garde-t-il sur elle le plus profond silence. Mais les archives paroissiales, qui auraient le droit, sinon le devoir, d'être un peu plus explicites, se taisent également sur l'organisation scolaire de la paroisse.
Nous sommes donc complètement dépourvue d'informations sur l'école de garçons. Mais nous avons pu apprendre d'un acte notarié souvent cité par nous — dont la minute est perdue, et dont après mille peines nous avons enfin découvert une expédition aux archives nationales, où elle est conservée dans la collection des arrêts du Parlement — qu'une école gratuite de filles y avait été établie le 50 janvier 1769, et dotée d'un revenu de 200 liv. par M. Antoine Masson (1).
TIGY 1* Éoole dm garçons, 9* eeols ds filles, réunies sn éoola mixte.
Il parait que les deux écoles de Tigy (élevé en 1790 k la dignité de chef-lieu de canton) ne furent jamais
(1) Voir cet acte aux pièces justificatives.
comprises dans les différentes répartitions de rentes scolaires effectuées à différentes époques; c'est du moins ce que pensèrent les officiers municipaux de cette commune, et telle fut l'information qu'ils communiquèrent au district. Il est plus vraisemblable que les écoles de Tigy avaient été fondées et dotées, mais que les titres paroissiaux et communaux de cette localité avaient eu le sort de tant d'autres, car Tigy est fort rapproché de la Queuvre, où se tenait une assemblée protestante.
Quoi qu'il en soit, le résultat de ce dénûment retombait sur les enfants, et tous étaient astreints à une rétribution qui allait de 8 à 20 s. par mois, ce qui procurait au maitre environ 180 liv. par an (1).
1792 trouva les deux écoles réunies sous la direction d'un seul instituteur ; 60 enfants des deux sexes environ fréquentaient la classe, et il y en aurait eu beaucoup plus si elle eût été gratuite. Aussi les magistrats municipaux de Tigy s'épuisaient-ils en vœux ardents pour la fondation d'une institution scolaire non payante (2).
Si les écoles ont parfois tiré un réel profit des vœux des municipalités, ce ne fut pas un fait très-rare avant l'apparition de l'ère révolutionnaire, car alors la charité chrétienne trouvait en même temps le moyen d'y joindre quelques ressources positives. Durant la Révolution, les choses changèrent un peu ; sans priver, comme par le passé, les écoles de l'expression de leur bon vouloir, les administrateurs s'arrangèrent de manière à leur enlever.... leur superflu et a les maintenir ainsi dans
(1) Rapport, f° 56.
(2) Rapport, loc, cit.
cette heureuse médiocrité qui est le bien le plus précieux du sage... De sorte qu'à partir de ce moment, les vœux des municipalités ne rapportèrent plus aux enfants indigents que l'assurance d'une bonne volonté toute platonique. Il fallut néanmoins s'en contenter.
TRÀÎNOU 1° École de garçons. — 2° Eoole d« filles.
Nous ne répéterons pas en cet article ce que nous avons dit au § 45 (commune de Sougy), car l'aperçu trop succinct, malheureusement, que nous avons donné du fonctionnement scolaire dans cette paroisse de Sougy, était exactement le même et convient de tous points a Trainou. L'une et l'autre paroisse dépendaient de l'église d'Orléans, qui y avait établi deux écoles (1).
L'état de l'instruction y était satisfaisant, dit l'auteur d'une notice sur Trainou (2), et vers 1640 presque tous les actes étaient signés d'une main exercée.
Le seul nom de maître d'école que présentent les
(1) Le scholastique de l'église d'Orléans visitait régulièrement les paroisses dépendantes du chapitre et faisait des distributions de fonds aux écoles les moins bien dotées. (Répertoire du trésor des titres de l'Église d'Orléans, t. II, p. 234, et passim, Bibliothèque de l'Évêché). Nous apprenons des registres comptables de la paroisse que cette visite était faite par le prévôt de la Gervaise, assisté d'un de ses confrères du chapitre.
(2) Bulletin de la Société archéol. et histor. de l'Orléanais, t. VII, no 108, p. 352.
actes de 1 état civil est celui de Pierre Larry, en 1785. Il cumulait, comme presque partout a cette époque, la fonction d'instituteur primaire avec celle de sonneur. Il habitait une maison dont la fabrique payait le loyer, car de 1785 à 1790 les comptes des gagers portent la mention suivante : « A Larry, maître d'école, la somme de 20 liv. pour une partie du loyer de son école, suivant sa quittance du 11 janvier 1785 (1). »
TIUNAT Ecole de garçons.
C'est encore aux registres de l'état civil que nous devons la connaissance d'une institution scolaire à Trinay, et nous en apprenons en outre que cette école était de fondation ancienne. La mention fugitive du décès d'un maître, Michel Goiffon, mort âgé en 1670, sans nous fournir la date de son entrée en fonctions, nous donne tout au moins la certitude que l'école était depuis de longues années sous sa direction. Rien n'indique en outre que l'enseignement primaire ait été inauguré par lui dans la paroisse de Trinay.
Il y a tout lieu de penser que, lors du décès de ses successeurs, leur profession n'a pas été indiquée dans l'acte mortuaire, car ce n'est qu'un siècle après qu'ap-
(1) Comptes des gagers de la paroisse de Traînou, fonds de ladite fabrique.
parait le nom de Louis Pavard, récemment installé dans l'école. Enfin, en 1777, Jean Fleury exerça à son tour les mêmes fonctions. Il les remplissait encore a la Révolution et même pendant sa durée. Son fils lui succéda en 1798. Voila donc un exemple, sinon unique, du moins fort rare, d'instituteur resté paisible directeur de sa classe pendant la période révolutionnaire. Le bon esprit de la sage et tranquille population de Trinay préserva sans doute cette commune des excès qui portèrent ailleurs un si grave préjudice a renseignement.
VANNES Éoole mixte.
La commune de Vannes n'avait été a aucune époque, dit notre rapport de 1792, l'objet d'aucune fondation scolaire. Cependant elle renfermait une sorte de classe intermittente, ouverte quand le maître improvisé avait des loisirs, fermée quand son temps était réclamé par les travaux des champs.
Cet instituteur ne tenant ses pouvoirs que de luimême, ne recevait de la fabrique aucun salaire, et il se contentait de ce que lui accordait la générosité des parents.
Il enseignait la lecture, récriture et l'arithmétique ; mais cette dernière science n'était le partage que des enfants annonçant des dispositions particulières (1).
(1) Rapport, f° 56 v».
VIIXKREAU
Une fondation avait été faite a Saint-Lyé pour les enfants de cette paroisse, et pour ceux de Bougy et de Villereau. (Voir § 56.)
VITRY Éoolô de ûllM.
Une pièce (4) appartenant au fonds des écoles de charité nous fait connaître que le 20 mars 1782, par devant Megret, notaire, le clergé constitua à la fabrique de Vitry 40 liv. au principal de 1,000 liv. pour rétablissement d'une école de filles. Un an après (1 er février 1783), il lui assurait une nouvelle rente de 50 liv. (2), et enfin 40 liv. le 20 décembre 1786 (3), ce qui porta le revenu total de l'institutrice k 130 liv.
Les papiers de fabrique encore existants se taisent complètement sur cette fondation, aussi bien que sur ce qui pouvait être relatif à l'instruction primaire des garçons de la paroisse.
(1) Fonds des écoles de charité, pièce 21.
(2) Ibid., pièce 20.
(3) Ibid., pièce Y, 24.
Sur 106 (1) communes rurales dont se composait avant 1789 l'arrondissement d'Orléans, nous en trouvons donc 68 pourvues d'écoles, et encore la majeure partie en possédaient-elles deux. Il en reste 37 où nous n'avons pu reconnaître la présence d'aucun établissement d'instruction. Doit-on nécessairement en conclure que des maisons scolaires n'y existaient pas? Nous sommes loin de le penser, pour des motifs que nous avons déjà fait connaître, mais sur lesquels il est bon d'insister encore. Nous ne saurions nier qu'un petit nombre de bourgades a pu être privé d'écoles ; mais nous avons vu aussi, nous l'avons maintes fois signalé au cours de ces longues recherches, que bien des établissements pédagogiques dont nous avons constaté l'existence ne nous sont connus que grâce k des documents tout a fait étrangers aux fonds paroissiaux ; que souvent ces écoles n'étaient même pas nommées dans les pièces comptables des fabriques dont elles dépendaient, et que, sans les indications que nous avons trouvées dans des dépôts privés, nous eussions dû croire qu'elles n'existaient pas.
Il est non moins vrai encore qu'une série de dévastations successives ont fait subir a tous les genres d'archives publiques les plus déplorables mutilations.
Enfin, nous croyons pouvoir tenir pour un fait avéré que, dans les communes où l'instituteur public faisait
(1) L'arrondissement d'Orléans renferme aujourd'hui 107 communes; il n'en comprenait que 106 avant 1789, le Bardon n'ayant eu d'existence communale propre qu'à une époque toute moderne.
défaut, les enfants n'en recevaient pas moins l'instruction ordinaire. C'est un hommage de justice et de vérité qu'un des législateurs de 1789 s'est plu a rendre à ce passé si souvent exposé, de nos jours, à la méconnaissance et à la calomnie : « Sous l'ancien régime, dit-il, il y avait dans les moindres hameaux un vicaire ou une sœur grise qui enseignait bien ou mal à lire, écrire, calculer et ce qu'ils appelaient le catéchisme (1)... »
Un pareil témoignage, dont la provenance est à elle seule la meilleure garantie de véracité, joint a des preuves tirées de documents irréfragables, nous donne bien, croyons-nous, le droit de redire, après un écrivain qui a beaucoup étudié la question de l'instruction primaire : « L'injustice envers ceux qui ne sont plus, et qui nous ont fait ce que nous sommes, tient le plus souvent à notre ignorance du passé (2). »
Peut-être aura-t-on été frappé de l'extrême modicité des revenus de plusieurs de nos écoles rurales, bien que nous ayons fait observer à différentes reprises que, presque partout, deux quêtes annuelles de blé, vin et javelles constituaient aux émoluments des maîtres un appoint suffisant a peu près pour leur nourriture. Le logement leur était presque toujours fourni par les fabriques. Enfin, dans les rares paroisses où l'usage de ces quêtes n'était pas en vigueur, les fonds diocésains affectés a cet objet apportaient le complément nécessaire au soutien de l'école.
(1) Citation empruntée à M.Maggiolo, Arch. scol. de la Beau ce et du Câlinais, p. 45, note.
(2) Ibid., p. 25.
Ainsi, bien qu'avec des appointements modestes, nos instituteurs primaires se trouvaient suffisamment rémunérés; en ces temps, d'ailleurs, la valeur monétaire n'était point avilie comme elle Test de nos jours. Quand il en était autrement, nos aïeux, obéissant aux inspirations d'un dévoûment qui ne faillit jamais aux graves intérêts de la cause sociale et religieuse, savaient s'imposer, pour les soutenir, les plus généreux sacrifices. Chaque page de cet écrit en apporte la preuve. Puisse l'hommage reconnaissant que nous nous sommes efforcée de rendre a leur mémoire la préserver, au moins pour un temps, de l'oubli !