DANS L'ORLÉANAIS
Dès que la civilisation éclose sous l'incubation du christianisme se fut assise sur le sol de la province orléanaise, l'instruction, malgré de réelles difficultés (1), y eut aussitôt droit de cité.
Mais il faut remonter jusqu'à Théodulfe pour trouver un programme scolaire savamment organisé. Ce fut ce grand évêque qui rendit l'instruction vraiment populaire dans son diocèse, en allumant de nombreux foyers d'études jusque dans les plus petites bourgades, presbyteri per villas et vicos scholas habeant. A Orléans, ils offrent un enseignement élevé et varié; on les nomme
(4) Il ne faut pas oublier que les chrétiens n'eurent pas toujours le droit de s'instruire dans les sciences profanes, l'empereur Julien les leur ayant interdites ; cette défense ne fut levée qu'au commencement du règne de Valentinien et Valens. (Rohrbaciier, Hist. de l'Église, t. IV, liv. 35, p. 16.)
les écoles épiscopales, les grandes écoles (1). A Saint- Pierre-le-Puellier, collégiale de la même cité ; à Meung, où renseignement le disputait en perfection a la ville d'Orléans elle-même (2), ils s'appellent écoles presbytérales. Dans les modestes paroisses rurales, ils portent le nom plus humble encore de petites écoles -
Vauthier, l'un de ses successeurs, s 'inspirant du même esprit, revient a la charge avec son autorité pontificale, et, de crainte que le clergé rural ne manquât du temps nécessaire pour instruire Jui-même son troupeau dans les sciences profanes, il lui recommande de faire choix d'un clerc instruit et de bonnes mœurs, pour lui confier l'école (3). En même temps il prodigue a l'enseignement supérieur les encouragements les plus efficaces.
N'est-ce pas vraiment un beau spectacle que celui de ces évêques du IX e siècle rivalisant de zèle pour la diffusion de l'instruction populaire ? Ici, point de déclamations spéculatives ; les moyens les plus pratiques sont sagement prescrits, et le sol de la province est bientôt couvert d'écoles.
Si, en jetant les yeux sur le programme des études aux VII e , VIII e et IX e siècles, Ton ne peut se défendre d'un étonnement mêlé d'admiration, cette admiration le cède
(4) "Voir pièce justificative I la liste des modérateurs des écoles, nommés aussi écolâtres, puis plus tard scholastiques, et enfin chanceliers dans la hiérarchie universitaire.
(2) Voir cette commune, à la deuxième partie.
(3) Ut unusquisque presbyter suum habeat clericufn quem religiose educare procuret et si possïbilitas Me est, scholam in ecclesia sua habere non negligat : solerterque caveat ut quos ad erudiendum suscipit, caste sinceriterque nutriat. (Capitula promulgata in synodo apud Bullensem fundam (synode de Bou) an. 869 % ap. Labbe, Concil. t. VIII.)
bientôt a une émotion respectueuse dès qu'on se prend a considérer ce que cette instruction, en réalité si élémentaire, a coûté de peines et de sacrifices. Tant d'entraves, dont une seule eût suffi a paralyser l'essor des lettres, les mirent souvent en danger de périr ; mais les conciles veillaient, et sous leur impulsion le clergé et les ordres monastiques ne laissèrent jamais s'amoindrir l'héritage intellectuel dont l'Église fût de tout temps la fidèle gardienne. C'est ainsi que l'instruction traversa la plus grande partie du moyen âge, et, à mesure que les temps progressent, on la voit grandir et s'affermir de jour en jour.
Les écoles épiscopales de Théodulfe, arrivées, au XII e siècle, a l'apogée de leur éclat, avaient considérablement élargi leur programme (1). Dans ce vaste plan d'études, embrassant toutes les sciences alors connues, la jurisprudence canonique et civile s'était, dès les temps les plus reculés, cujus initii memoria non extat (2), placée à un rang distingué. Aussi, lorsque l'Université vint, en 1305, se greffer sur le tronc séculaire de ces grandes écoles, elle n'eut qu'a poursuivre, en la modifiant un peu, la voie tracée avant elle; et tandis que les écoles monastiques et épiscopales s'appliquaient a former des humanistes, l'Université travailla de préférence à faire des docteurs en droit (3).
(1) Voir au t. XIV des Mémoires de la Société arch. et histor. de l'Orléanais, notre étude intitulée : L'enseignement des lettres et des sciences, etc. — Orléans, Herluison, 1875.
(2) Polluche, mss. 461, l ep dossier. — Pour ne pas allonger inutilement cet aperçu, nous avons rejeté dans l'appendice le curieux tableau des revenus de l'Université et du traitement de ses membres. Voir pièce justificative II.
(3) La réputation de l'Université orléanaise était déjà si bien
Cette transformation se trouvait, a la vérité, merveilleusement préparée par une tendance accentuée au délaissement des études classiques ; mais il convient de rappeler que si l'Université réserva le rang le plus important a la jurisprudence, elle fut loin d'abdiquer toute participation a l'enseignement littéraire. Cette vérité, peu mise en relief jusqu'à ce jour, a laissé planer sur notre enseignement universitaire une accusation d'exclusivisme qu'il n'a pas méritée ; et a cause de cela nous espérons qu'on nous pardonnera de nous arrêter un instant a considérer cet aspect nouveau de son organisation. Nous voudrions mettre en relief le lien qui rattachait les maîtres d'école et de tutelle de la ville d'Orléans à l'Université dont ils étaient membres, démonstration parfaitement connexe au sujet que nous traitons. Quant aux autres faces sous lesquelles on peut envisager cette institution scientifique, des travaux spéciaux (1) nous dispensent d'y insister ici.
Il résulte, disons-nous, de pièces inédites du fonds de l'Université, mais depuis de longues années tombées dans l'oubli et récemment retrouvées, qu'un lien étroit rattachait a l'Université un nombre considérable de maîtres de grammaire et d'arts libéraux connus sous le nom de maîtres de tutelle et d'école. Une partie
établie au temps de Charles V (XIV e siècle), que ce prince, ayant à décider une question importante, voulut avoir l'avis des plus fameux jurisconsultes du temps, et fit consulter les Universités de Bologne, Montpellier et Orléans, ainsi que les plus notables clercs de la cour de Rome. » (De Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, t. I, p. 430.) (4) Bimbenet, Histoire de V Université d'Orléans.
donnait son enseignement dans le local universitaire, tandis que les autres tenaient les diverses classes paroissiales de la ville (1), et ce sera k l'Université ellemême que nous demanderons le témoignage de leur affiliation (2).
(4) Si nous en croyons un historien Orléanais, Vergnaud-Romagnési (Hist. d'Orléans, p. 587), les maîtres en théologie et en philosophie auraient, eux aussi, participé aux privilèges, accordés aux professeurs de « bonne$ lettres » et de sciences. Le fait est certainement établi quant aux théologiens, puisque nous les voyons en 1449, dans un acte authentique, proclamés solennellement membres de l'Université par son recteur et le collège tout entier. Cette affiliation les rendait participants à tous les droits et privilèges universitaires ; l'acte, dit Couret de Villeneuve (Étrennes orléanaises, 4762), en était conservé chez les PP. Récollets, successeurs des Gordeliers. C'est ainsi que nous lisons, dans le Compte de commune de la ville d'Orléans, année 1447, mandement 52 : « Audit Guillaume Cabu, notaire de Chastelet d'Orléans, pour avoir examiné neuf tesmoings tant des quatre ordres mandiens comme des maistres tenans escoles. » L'enquête mentionnée dans ce passage se rapporte à un procès entre la ville et l'Université, se disant exempte d'impôts. — Et ailleurs : « A Jehan Cailly et Pierre Chauvreulx, notaires, pour avoir fait ung autre instrument des offres que firent les procureurs de la dicte ville aux recteur et maistre-escolle de l'Université pour raison dudit octroy. » (Ibid., compte de 1451-1452, mandement 12.) — (Ibid., compte de 1457-1458, mandement 49.)
Si, en dehors d'une reconnaissance aussi positive, il était besoin d'une confirmation nouvelle, nous la trouverions dans la défense portée, en 1447, par Hugues Billiet, procureur de l'Université, à l'encontre des ordres religieux de la ville, de fournir des prédica» teurs pour la fête du 8 mai. En 1447, en effet, l'Université et la ville étant en procès et le procureur Billiet tenant peu à se rendre agréable aux échevins, leur refuse la coopération des religieux comme membres du corps universitaire, ce qu'il n'eût pu faire si leur agrégation n'eût pas été unanimement et surtout officiellement reconnue*
(2) Fonds de l'Université, liasse de privilèges* (Archives du Loiret, série D«)
« En 1538, Jean Barrier, étant procureur général de l'Université, appela du décret de certaines commissions décernées par les bailly et prévost d'Orléans, commissaires pour le fait des tailles et impôts levés en la ville d'Orléans, auxquels tailles et impôts avaient été imposés les docteurs régens et non régens, tuteurs actuellement lisans, bedelz à masse, maistres d'escolle de grammaire, scribe, libraire et autres officiers de ladite Université, savoir :
« Jehan Meynier, — Estienne Meslant, — Yves Moireau, docteurs régents; — Estienne Saulcier, — Claude-Pyrrhus d'Anglebermes, — Jean Barrier, procureur général, — François d'Estrepoy, scribe, — Philippe Loré, bedel.
« Paroisse de Bonne-Nouvelle. — Nicole Chahaigner, tuteur et lecteur en l'Université.
« Paroisse de Saint-Flou. — Christophe Landré, maistre d'escolle.
« Paroisse de Saint^-Liphard. — Gentien Hervet (1), maistre d'escolle et tuteur; — Michel Sevyn, maistre d'escolle de grammaire et tuteur.
(1) Cette humble préface de la vie de Gentien Hervet fut souvent aussi celle de la carrière de plusieurs de ses contemporains dont le nom a traversé les siècles. Citons seulement Pierre Daneau, Nicolas Duchemin, que sa liaison avec Calvin eût suffi à rendre célèbre, s'il ne l'eût été déjà par son savoir, etc. Il n'est point rare non plus de rencontrer dans les annales pédagogiques de cette époque des noms appartenant à des personnages d'un rang distingué, et parmi ceux-ci nous relevons celui de Nicolas de la Saussaye, qualifié maître d'école de la paroisse de Saint-Laurent. C'est bien là une des meilleures preuves que tout ce qui se rattachait à l'éducation de l'enfance revêtait aux yeux de nos pères une importance exceptionnelle. Quelque modestes que fussent en réalité ces fonctions de pédagogues d'enfants de dix ans, ils les tenaient pour nobles et grandes, car, après tout, il n'est rien de plus magnifique et de plus élevé que la mission de former des hommes à la science et à la vertu. Nec aliqua in mundo potest esse fortuna, quam litterarum non augeat glo* riosa notitia. (Tullius, Epist)
« Paroisse de Saint-Pierre-le-Puellier. — Claude Lepelletier, maistre d'escolle; — Jean Perret, maistre d'escolle.
« Paroisse de Saint-Sulpice. — Aignan le Forestier, maistre d'escolle de grammaire; — Jean Goineau, maistre d'escoUe de grammaire.
« Paroisse de Saint-Pol. — François Lemaistre, maistre d'etcolle de grammaire ; — Denis Nepveu, maistre d'escolle.
a. Paroisse de Saint-Benoît. — Martin Legendre, maistre d'escolle.
« Paroisses de Saint-Flou et de VAleu-Saint-Mesmin. — Girard Dollé, maistre d'escolle.
c Paroisse de Saint-Sulpice. — Jean Clerc, maistre d'escolle.
a Paroisse de Saint-Victor. — Guillaume Coquebrayne, tenant tutelle en l'Université; — François Glincart, escolier allemand tenant tutelle en l'Université (1). »
L'Université reconnaît donc elle-même que tous ceux qui sont inscrits sur cette liste sont bien authentiquement et bien positivement ses membres (1). Et parmi tous ces noms de maîtres d'école nous n'en trouvons que trois dont l'enseignement ait pour siège le local universitaire ; tous les autres dirigent les diverses écoles paroissiales de la ville. L'on aura remarqué qu'aucune différence n'est faite entre les uns et les autres. Il semble difficile, en présence de preuves aussi concluantes, de soutenir que l'enseignement des lettres était exclu du programme de l'Université, et qu'elle se renfermait exclusivement dans celui du droit.
Si l'on nous objectait que la pièce précitée pourrait n'avoir été dressée que pour une circonstance exceptionnelle, il nous serait facile d'en produire de semblables a
(1) Fonds de l'Université , liasse de privilèges, 1536-1549, pièce 3.
des époques différentes, comme preuve constante que l'affiliation des maîtres d'école k l'Université était un fait parfaitement conforme aux usages de tout temps observés. Nous relaterons donc encore ici une seconde déclaration du même genre.
« Extrait de la matricule des noms et surnoms des privilégiés et exempts de l'Université d'Orléans, faite et arrêtée par les recteur, docteurs régens et collège de ladite Université, pour obéir à l'arrest deMM* rs les généraux conseillers du roy nostre sire, sur le fait des aides et finances d'icelui S& r , prononcé le 14 février 1554, intervenu sur la vérification et entérinement des lettres patentes du roy en forme de déclaration, données à Paris le 7 novembre audit an.
« Professeurs et maîtres d'école tant en grammaire que mathématiques et arithmétique : Jean Pillard, Jean de Hesves, Jean le Clerc, Claude Gautier, Pierre Danneau, Guillaume Poirier, Antoine Pois.
« Tous lesquels maistres d'école, qui sont au nombre de huit seulement cette présente année, nous certifions et approuvons faire profession et tenir escole respectiveme'ht, tant en grammaire, arithmétique, mathématiques et orthographe, ne faisant autres escoles, aiant suffisamment nombre d'enfants et personnes qu'ils instruisent; nous, docteurs régens et collège de l'Université d'Orléans, duement assemblés en la chambre de la librairie delà dite Université, avons conclu, certifié et approuvé, concluons, certifions et approuvons les dénommés au rôle et matricule ci-dessus, selon Tordre contenu, fait et arrêté audit collège, le samedi 23 e jour de mars 1602. Ainsi signé : Lhéritier, recteur; Delalande, scribe. » /Extrait des minutes de M e Thué, notaire au Châtelet d'Orléans, pour les six premiers mois de l'année 1602, manvserit de Polluche, n° 435 ter, p. H.)
Voisin de l'Université, et côtoyant une partie de son enseignement, un collège dirigé par les Jésuites s'ouvrit a Orléans en 1617 et ne tarda pas a devenir l'objet d'une faveur marquée de la population. Mais des consi-
dérations tout à fait étrangères a l'avantage des études en fit décider la suppression après cent quarante-cinq années d'une féconde et brillante carrière. I! devint institution municipale, et, réorganisé sur ce pied nouveau, atteignit l'époque où la Révolution le frappa d'un coup mortel. On essaya, comme partout, de le transformer en école centrale ; cet essai ne dura pas. Le collège, ne put être rouvert qu'en 1805, et il prit alors le nom de lycée.
Orléans, on le voit, n'avait rien négligé pour favoriser le développement de l'instruction, et cependant l'œuvre n'était pas complète. Si des écoles de toat genre donnaient accès aux professions civiles, il n'y en avait pas une seule pour préparer ceux que des aspirations plus élevées attiraient vers la vie sacerdotale.
C'était à M« r de Coislîn, à ce pieux et savant cardinal qui, au témoignage de Saint-Simon, se dérobait aux pompes de la cour pour donner plus de temps à la surveillance des trois cents écoles qu'il avait réorganisées ou fondées dans son diocèse, c'était à lui qu'était réservé l'honneur de concevoir et de réaliser la création <Tun séminaire (t667)„
Le prompt succès qu'obtint en peu de temps cet établissement décida Me r Fleurtatt, son successeur, k y joindre \m petit séminaife o& ¥<m cultivai! awe soi» tes vocations naissantes. Il paya, comme les autres, son tribut k la destruction générale.
H nous reste encore S parlter d'une catégorie d'établissements pédagogiques dont la fréquente mention apparaît, dans les documents du XVI e siècle, sous le
nom de collèges, sortes d'internats spécialement destinés k recevoir les étudiants inscrits sur les rôles universi-
Il est probable que chaque nation de f Université devait posséder pour ses écoliers un centre d'études de ee genre ; cependant le nom du seul collège de Champagne est parvenu jusqu'à nos jours, et encore ne savons-nous s'il nous est permis d'identifier, avec Beauvais de Préau , le collège de Champeaux a celui de Champagne (i), te premier de ces deux noms étant exclusivement le seul (pie portât le collège dont Miquellus (2) avait la direction. Peut-être la ressemblance des noms pourrak-elle autoriser cette confusion.
Sk autre» établissements similaires florissaient vers fe même temps ; c'étaient ceux :
De If. Gentil (1588); de Sainte-Colombe^ de M. Goisel (1589) ; de M. Gresque (1592), le collège de justice (1599), et celui de M. Chambault (1602).
Enfin, avant de clore cette liste, nous y ajouterons les deux écoles de la rue du Gros-Anneau; c'est ainsi que ces institutions sont désignées dans les documents e& y en est fait mention. L'ordre logique eût peut-être exigé qu'elles prissent place en tête de nofrè énumérafion, si ce n'est a raison de leur importance, du moins petâr leur antiquité; MRais comme nous allons efr pariter #*ec tfn pévt pfafr de d&tëfoppeiftent <jtite des sfcptf qui précèdent, c'est par elles, au contraire, que nous préfé-
(!) Remarques d'e BeauVais de Préau, annexées aux Essais historiques de Polluche»
(2) Miquellus, alias Louis Miqueau, auteur d'une Histoire latine du siège d'Orléans.
Les écoles de la rue du Gros-Anneau étaient, disonsnous, au nombre de deux.
L'une, située dans la rue de l'Éléphant, in vico Elephantis, portait le nom de Verger Courreau et servait de succursale k l'école fondée et dirigée k Baugency par les religieux de l'antique abbaye de Notre-Dame. C'était lk qu'ils envoyaient leurs élèves qui devaient suivre les cours de notre Université, et avant elle ceux des grandes écoles épiscopales.
Le second immeuble, affecté aux écoliers de Notre- Dame de Bourgmoyen, près de Blois, occupait, d'après un terrier de 1768, l'emplacement de la maison n° 24 de la rue du Gros-Anneau (1).
Leur situation sur le territoire de la paroisse Saint- Liphard convenait parfaitement, on le voit, a leur destination, le quartier où se trouvaient ces sanctuaires de l'étude étant presque exclusivement occupé par la population universitaire.
Dans cette revue rétrospective des établissements d'ordres supérieur et secondaire de la province orléanaise, nous nous sommes attachée a établir par des preuves irrécusables que jamais la sollicitude de nos pères n'avait failli k encourager les plus nobles et les plus légitimes aspirations de l'intelligence. Nous les avons montrés, durant de longs siècles, enveloppant de leur
(1) Voir Cartulaire de Notre-Dame de Baugency, par M. G. Vignat, t. XVII des Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, page 34 de l'introduction. — L'Académie des inscriptions et belles-lettres vient d'accorder une mention honorable à l'auteur de ce consciencieux ouvrage, au concours annuel des antiquités de la France.
prévoyance la savante Université aussi bien que l'humble école du pauvre, et jamais leur courage n'a failli à ce grave devoir.
Cette tâche de gratitude et de justice accomplie, il ne nous reste plus k présent qu'à poursuivre le but spécial de nos recherches, l'instruction primaire, dont nous n'aurons plus a nous écarter désormais.