RÉCAPITULATION
[1876].—Nous avons pu voir dans tous les chapitres qui précèdent l'action isolée de chacune des provinces, en tout ce qui a trait à l'instruction publique. Si d'un côté ceux qui aiment à généraliser, peuvent regreller une direction si peu uniforme, tant de différence et même de divergence entre les systèmes suivis ; ceux qui, au contraire, tiennent plus à la liberté qu’à Funiformité, ceux qui aiment à voir le genre humain se mouvoir avec plus d'aisance au milieu d’institutions diverses, peuvent se réjouir à bon droit de la hiberté qui est laissée à chaque province, persuadés du reste, comme cela est déjà arrivé, que ee qui est essentiel ou très-utile ne manquera pas de devenir aussi général que les besoins particuliers de chacune
des sociétés politiques qui forment notre confédération, et les circonstances dans lesquelles elle se trouve placée pourront le permettre.
Les deux provinces les plus anciennes.et les ‘plus populeuses offrent, sous le rapport de l’organisation scolaire, à la fois une grande ressemblance et une grande différence. L'ensemble des institutions d’éducation de la province de Québec s’est formé lentement et a plutôt commencé par les institutions d'éducation supérieure, par les pensionnats, que par les écoles primaires. Celui de la province d’Ontario s’est établi, pour bien dire, tout d’une pièce, légalement et administrativement. Il y a eu dans la province de Québec plus d'initiative individuelle, plus de créations indépendantes de l’Elat, non-seulement à l’époque où l’action de la législature se bornait à voler des subventions, mais même au début de l’organisation du système municipal, et cela à raison de la grande opposition que rencontrait l'établissement de l'impôt scolaire. AS
Nous avons déjà montré quel rôle important le clergé catholique et ses nombreuses communautés enseignantes ont rempli et remplissent encore à cet égard. Il en est résulté qu’une classe d'institutions intermédiaires entre les colléges classiques et les écoles primaires s’est formée, avec l’aide de subventions du gouvernement, il est vrai ; mais sans aucune réglementation ni ingérence administrative. Il s'ensuit qu’il y a peu d'uniformité dans les programmes de
ces institutions et que leur classement est très-défectueux. Le pouvoir de les réglémenter a été conféré dès son institution au conseil de l'instruction publique ; mais ce n’est que tout récemment que ce corps a pu faire quelque progrès dans cette voie. Les lycées lou hkigh-schools et les instituts classique: de Ja province d’Ontario, connus autrefois sous le nom d'écoles de grammaire, ont été dès le principe organisés par le gouvernement sur une base uniforme.
L'organisation des écoles primaires offre pas de ressemblance ; cependant, il y a encore Jà plusieurs .… différences notables qui ont dû frapper nos lecteurs, et quenous résumerons plus loin en comparant toutes les provinces entre elles, ce que nous ferons d’abord, sous le rapport de la direction générale.
4° Direction générale. —La direction générale de l'Instruction publique est conférée dans la plupart des provinces à un conseil de l’Instruction publique et à un ou plusieurs surinlendants. Dans la province de Québec, il y a un surintendant avec deux secrétaires, l'un catholique, l’autre protestant, et deux sections du conseil de l'Instruction publique, l’une catholique et l'autre protestante. Le surintendant est le président du conseil de l'Instruction publique et préside aussi la section religieuse à laquelle il appartient ; comme on l’a vu, les évêques catholiques en sont membres ex officio. Dans la province de Manitoba, il y a deux surintendants, l’un catholiqne et l’autre pro-
testant, et deux sections du conseil, l’une catholique, hautre protestante. Dans l’île de Terreneuve, il n'y a pas de conseil de l’Instruction publique ; il y a trois surintendants, un pour les catholiques, un pour les anglicans, et le troisième pour les méthodistes ; les écoles des autres confessions religieuses sont provisoirement inspectées par les deux surintendants protestants. Des bureaux d'éducation locaux suppléent à l'absence d'un conseil de l'Instruclion publique, et pour cela le territoire est divisé en districts catholiques, anglicans, méthodistes, presbytériens ét congrégationalistes.
Dans les provinces d'Ontario, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et de la Colombie Britannique, l'élément religieux n’est pas reconnu dans la constitution du conseil de l'Instruction publique, et il n'y a qu’un seul surintendant de l'éducation. Dans la province d'Ontario, le conseil de l'Instruction publique a été remplacé dernièrement par un comité du conseil exécutif, et le surintendant par un ministre de l'Irstruction publique avec un député-ministre. Au Nouveau-Brunswick, le conseil se compose du lieutenant-gouverneur, des membres du conseil exécutif et du surintendant de l'éducation, qui en est le secrétaire. A la Nouvelle-Ecosse, les membres du conseil exéculif forment le conseil de \'Instruction publique, et le surintendant en est le secrétaire. Dans cette province, il y .a comme de
petits conseils de l’Instruction publique, dont les inspecteurs des écoles sont les secrétaires et qui servent d’intermédisire entre l'exécutif et les syndics des écoles. Ce trait est particulier à cette province. Enfin, dans l'Ile de Prince-Edouard, il y a un bureau de l'éducation composé de onze membres nommés par le gouvernement, et il y a trois visiteurs, un pour chacune des grandes division de l'île, qui remplissent à la fois le rôle de surintendants et celui d’inspecteurs.
2° Inspection des écoles. —Dans toutes les provinces les membres du clergé, les juges, les membres du parlement et d’autres dignitaires sont d'office visiteurs des écoles. Nulle part cependant on n’a voulu con'ster uniquement sur cette inspection gratuite et volontaire qui en bien des endroits est devenue un droit plutôt qu'une fonction, quelque chose dc ‘lus honorifique que réel. Partout des fonctionnaires rétribués ont été chargés du soin de constater l’état des choses, d’en faire rapport à l'autorité centrale et de servir d’agents ou d'intermédiaires entre elle et l’autorite locale. Dans les provinces peu popuieuses de Manitoba et de la Colombie Britannique, les surintendants, comme on l'a vu, remplissent eux-mêmes l'office d'inspecteur ; il en est de même à Terreneuve, où il y a des surintendants pour chaque dénomination religieuse. A l’île de Prince-Edouard où il y a, comme on vient de le voir, un inspecteur pour chacune destrois grandes
divisions de la province, les deux fonctions sont également réunies.
Dans les quatre autres provinces : Ontario, Québec, le:Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse, il v a des inspecteurs qui font rapport au surintendant ; au Nouveau-Brunswick et dans la provir.ce de Québec, ces fonctionnaires sont nommés par le gouvernement, à la Nouvelle-Ecosse par le conseil de l'Instruction publique, sur la recommandation du surintendant, dans la province d’Ontario, ils sont nommés et rétribués par les conseils municipaux des villes ou des comtés. |
Au Nouveau-Brunswick, les inspecteurs doivent avoir obtenu un diplôme de professeur d'école de grammaire et ils doivent après leur nomination suivre le cours de l’école normale pendant une session. Dans la province d'Ontario, ils sont tenus de subir un examen et d'obtenir des certificats de commissions nommées à cet effet. Ontario est la seule province où il y ait deux classes d’inspecteurs. En sus des inspecteurs des écoles communes et des inspecteurs des écoles catholiques séparées, il. y a trois inspecteurs des lycéeset des inslituls classiques ; ils sont nommés par le gouvernement.
La rémunération des inspecteurs des écoles communes dans la province d'Ontario est proportionnée au nombre d'écoles visitées : on leur paie aussi des frais de voyage. A la Nouvellc-Ecosse, les inspecteurs sont payés pour chaque école visitée ; ils ont aussi une commission de cinq pour cent sur les allocations faites
aux instituteurs, et des frais de bureau, comme secrétaires des bureaux d'éducation locaux.
Dans la prüvince de Québec, partout où cela a pu se pratiquer, il y a des inspecteurs protestants et des inspecteurs catholiques pour les mêmes circonscriptions ; et, de fait, il n’y a presque plus d'écoles qui soient sous le contrôle d’inspecteurs d’une religion différente de celle de la majorité des élèves. On a pu voir assez au long à quelles discussions l'inspection des écoles a donné lieu dans cette province, et nous n’yreviendrons pas. Nous dirons seulement que le conseil de l'Instruction publique s’est occupé tout récemment de cet important sujet, et qu’il y a tout lieu d'espérer que le gouvernementet la législature dont les ressources financières sont maintenant beaucoup plus considérables ne reculeront pas devantun surcroîtde dépenses nécessaire pour assurer une inspection plus éfficace. Il est question d'augmenter le nombre des inspecteurs et leur traitement, d'exiger d'eux l'emploi exclusif de leur temps, de leur accorder d’abord un salaire fixe moindre que celui qu’ils reçoivent aujourd'hui, mais d'y ajouter, comme cela se pratique ailleurs, une rémunération pour chaque école visitée, et des frais de voyage. On se propose aussi de rendre obligatoire ce qui s’est assez généralement pratiqué, comme on l’a vu, c’est-à-dire de restreindre par la loi la nomination des inspecteurs aux instituteurs enseignant depuis
un certain nombre d'années ou n’ayant pas abandonné l’enseignement depuis trop longtemps, d'exiger de plus un examen sur la pédagogie et la législation de l'instruction publique, enfin de réglementer plus strictement la visite des écoles et l'inspection des livres des secrétaires-trésoriers. Il a été aussi question d’avoir des inspecteurs des institutions d'éducation supérieure subventionnées, qui eux-mêmes surveilleraient les inspecteurs des écoles primaires, ce qui répondrail à la question quis custodiat custodes ?
3° Direction locale.—Subventions et impôts scolaïres.—Dans toutes les provinces les écoles sont sous la direction immédiate de syndics chargés de faire exécuter les réglements de l'autorité centrale et surveillés pour cela par les surintendants et les inspecteurs. A ces syndics ou commissaires appartient le choix des maîtres (parmi ceux qui ont été admis à l'enseignement par une autorité supérieure), la fixation de leur traitement, la construction des maisons d'école, leur ameublement, leur entretien, la perception et l'administration des contributions locales, ainsi que de la part de subvention du gouvernement qui revient à la municipalité.
Dans toutes les provinces, à l'exception de celles de Québec, dé Terreneuve et de Manitoba, il y a des syndies pour chaque école. Au Nouveau-Brunswick, il y a souvent plusieurs écoles sous la direction des mêmes syndics. -Dans la province de Québec, il y
a des commissaires, et, le cas échéant, des syndies d'écoles dissidentes dans chaque municipalité scolaire ; ces commissaires ou syndics ont toujours plusieurs, quelquefois même {surtout pour ce qui est des commissaires) un nombre assez considérable d'écoles sous leur contrôle. Une municipalité scolaire se compose ordinairement d’une paroisse ou d'un {ownship, et, dans certains cas, mais assez rarement, d’une section de paroisse ou de township.
Dans la province d'Ontario les cotisations foncières sont imposées el perçues par le conseil municipal du comté, et par celui de la municipalité locale, ville, township ou village, lesquels ont pour cela une sorte de jurisdiction concurrente, Dans la province de Québec, la cotisation est imposée et prélevée par l'autorité scolaire ; mais elle peut être aussi prélevée par l'autorité municipale ; cet arrangement cependant a lieu assez rarement. Dans les provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle- Ecosse, il y a, comme dans Ontario, un double impôt scolaire, l’un qui se fait par la municipalité du comté, l'autre par les syndies d'écoles.
Partout, à l'exception de Terreneuve, les commissaires ou syndics qui ont la direction immédiate des écoles sont élus par les contribuables. Dans la province de Québec, à défaut d'élection dans un temps donné, la nomination se fait par le lieutenant-gouverneur en conseil, sur la recommandation du suriretendant. Cela arrivait très-fréquemment dans les
commencements, lorsque le système de contribution était si impopulaire. Malgré le changement qui s'est opéré, il arrive eneore assez souvent, par suite de différentes circonstances, que le gouvernement se trouve obligé de faire ces nominations.
Dans toutes les provinces, à l’exception de eelles de Terreneuve et de la Colombie Britannique, il se prélève une cotisation foncière et, comme on a pu le voir par les chiffres que nous avons donnés plus haut, l'augmentation de ces cotisations dans la province d'Ontario à quelque chose d’étonnant et, quoique moindre, elle est encore assez remarquable dans la province de Québec.
L'admission à l’école est aujourd’hui tout-à-fait gratuite dans la province d'Ontario. Dans cette province, ainsi que dans celles de Manitoba et de la Colombie Britannique, l’assistance à l'école est obligatoire sous peine d'amende et d'emprisonnement pour les parents ou tuteurs des enfants. Dans la province de Québec, on exige des parents une rémunération ou rétribution scolaire pour tous l2s enfants de sept à quatorze ans, qu'ils fréquentent l’école ou non.
C'était là, dans une certaine mesure, l'équivalent . d’un système compulsoire qui n’a pas été sans succès ;
mais dans un grand nombre de municipalités l’on a abandonné ce que l’on appelle la rétribution mensuelle, et l'on préfère imposer une cotisation foncière plus considérable. ;
Dans toutes les provinces les enfants indigents sont admis gratuitement aux écoles ; et les gouvernements accordent des subventions particul.ères pour les districts pauvres où l'impôt scolaire ne peut être que. difficilement perçu.
Il y a une très-grande variété dans la distribution de la subvention du gouvernement et dans celle des cotisations locales. On dirait même que l’on a essayé toutes les combinaisons imaginables pour en faire l'épreuve comme dans une sorte de concours expérimental, si l’on ne savait que chaque provinee a agi isolément et sans trop se préoccuper de ce qui se passait dans la province voisine.
Dans les provinces de Québec et d’ Ontario, la subvention du gouvernement se partage entre les municipalités scolaires, d’après le chiffre de la popudation donné par le dernier recensement ; mais comme dans la province de Québec chaque municipalité scolaire compte plusieurs écoles, la subvention et la cotisation se partagent entre les arrondissements d’école, d’après le nombre d'enfants de cinq à seize ans qui se trouve dans chacun d’eux. La subvention se partage aussi entre les commissaires de la majorité religieuse ct les syndies de la minorité, d’après le nombre des enfants qui ont fréquenté les écoles des uns et des autres,
Chaque municipalité peut établir une école séparée de filles qui compte pour un arrondissement dans la distribution des deniers, et une école-modèle à
laquelle il peut être alloué, en sus de la subvention du gouvernement, une somme de $80 sur les revenus de la municipalité.
Dans la province d'Ontario les différentes sections scolaires d'un township ou canton peuvent se réunir et n'avoir qu'un seul bureau de syndics d'école comme dans l’autre province ; il y a une tendance très-marquée vers cette espèce de centralisation. Il suffit que la majorité des contribuables des deux tiers des arrondissements votent en faveur de cette fusion, pour qu'elle ait lieu.
La cotisation imposée par le conseil de comté et, dans le cas d’une fusion des arrondissements, celle qui est imposée par le conseil municipal du township s'apportionnent entre les écoles dans la proportion du traitement payé aux instituteurs, et une partie se paye directement, sur l'ordre donné par l'inspecteur. La cotisalion du comté pourvoit encore au traitement des inspecteurs, à l'établissement des bibliothèques . de paroisses et à bien d’autres choses qu’il serait trop long de détailler. Ce système est {rès-compliqué ; il est le résultat de nombreux changements dans la législation ; dans son ensemble, il est la preuve du zèle de la population pour l'instruction publique et de la rivalité que l’on a su créer entre les différentes autorités scolaires et municipales.
Les écoles séparées ont droit à une part de la subvention du gouvernement, de toutes les autres . subventions faites par la province ou les munici-
palités, à proportion. du chiffre de l'assistance moyenne des élèves comparé à celui des autres écoles du township où elles sont situées.
Au Nouveau-Brunswick, la moitié des taxes prélevées sur le comté s'emploie à payer le traitement des instituteurs ; la subvention et les cotisations locales se répartissent entre les écoles, partie d’après la classe du diplôme que possède le maître, partie d’après le succès oblenu par l'école suivant les rapports des inspecteurs.
A la Nouvelle-Ecosse, la cotisation prélevée dans
tout le comté se distribue par les bureaux de commissaires aux syndics des écoles, d’après l'assistance moyenne des élèves et le nombre de jours pendant lesquels elles ont été tenues. L'’impôt scolaire y prend la forme d’une capitation, taxe première à laquelle, en cas d'insuffisance, on supplée par une cotisation foncière.
Dans l'Ile de Prince-Edouard, une partie de la sub-
vention du gouvernement se paie directement aux instituteurs et aux instilu‘’ices ; ces dernières recevant $4, et les instituteurs $6 pour chaque élève, d’après le chiffre de l'assistance moyenne. En sus ‘des impôts scolaires prélevés par le comté et par les syndics des écoles, ces derniers peuvent encore imposer des cotisations spéciales pour la construction, l’ameublement, les livres, les cartes et en : général pour l'installation et l'entretien de l’école.
Dans toutes les provinces les cités et les villes ont une organisation scolaire tout à-fait différente de celles des comtés et des municipalités rurales. L'impôt y est toujours prélevé par l’autorité municipale qui prend part généralement à la nomination des commissions scolaires. :
Les deux grandes cités de Montréal et de Québec ont des commissions séparées pour les catholiques et pour les protestants ; la moitié de chacune de çes commissions est nommée par le gouvernement, l’autre par l'autorité municipale. L’impôt destiné aux écoles catholiques se prélève uniquement sur la propriété possédée par des catholiques ; et celui qui est destiné aux écoles protestantes uniquement sur la propriété possédée par des protestants. La subvention du gouvernement se partage d’après les populations respectives. Ce trait est particulier à la province de Québec.
4 Instituteurs et écoles normales.—Dans toutes les provinces, il y a des commissions chargées de l’examen des candidats à la charge d’instituteurs ou d’institutrices. Dans la province de Québec, les ministres des divers cultes et les membres des communautés . religieuses enseignantes sont exemptés de cet examen. Il y a dans cette province des commissions qui ne peuvent donner que les diplômes du second et du troisième degré ; d’autres qui donnent les diplômes des trois degrés ; et tandis que les diplômes
donnés aux élèves des écoles normales par le surintendant, sur la recommandation du principal, s’étendent à toute la province, ceux des bureaux d’examen ne sont valables que dans une er di déterminée.
Partout le pouvoir de révoquer les diplômes, après enquête, pour mauvaise conduite ou incapacité notoire, est confié” au conseil de l’Instruction publique, au surintendant ou à quelque autre autorité. Partout aussi, comme on a pu le voir, cn a donné aux instituteurs le droit d’en appeler à une autorité supérieure, dans le cas d’une destitution injuste de la part des : syndics ou des commissaires.
Dans toutes les provinces, à l'exception de Terreneuve, de Manitoba et de la Colombie Britannique, il y a une ou plusieurs écoles normales. A Terreneuve, on y a suppléé par l'établissement de bourses dans les lycées et les académies des diverses confessions religieuses. À la Colombie Britannique, comme on l’a vu, en attendant la création de l’école normale, dont l'édifice est en voie de construction, un lycée est aussi chargé de préparer des instituteurs.
Dans la province d'Ontario, il y a maintenant deux écoles normales, une à Toronto et une nouvellement ouverte à Ottawa. IL est question d'en établir une troisième. Elles sont non-confessionnelles et instruisent en commun les élèves des deux sexes, qui sont séparés cependant dans les écoles-modèles annexes.
La province de Québec est la sen! wù les écoles pormales soient confessionnelles ; . les deux écoles catholiques sônt aussi les seules q:.: aient des pensionnats. Il y a à celle de Québec deux pensionnats séparés, un pour les filles et l’autre pour les garçons. L'école normale catholique de Montréal n’a enseigné jusqu’à présent qu’à des garçons et n’a par conséquent qu’un seul pensionnat. L'école normale prôtestante, aussi établie à Montréal, n’a point de pensionnat, les élèves- ‘ maîtres et les élèves-institutrices y reçoivent l’instruction en commun. Cette école normale est aussi -la seule de toute la confédération qui soit affiliée à une Université et en partie dirigée par le conseil universitaire. ,
Dans toutes les provinces, un assez petitnombre de jeunes gens se font de l’enseignement une carrière permanente, et partout aussi (à l'exception de la province de Terreneuve), il y a un bien plus grand nombre d'institutrices que d’instituteurs. La même chose peut s’observer aux Etals-Unis. Le fait est qu’en Amérique tant d’autres carrières beaucoup plus lucratives, quelque chose que l’on fasse, sont ouvertes à la jeunesse, que l'on ne peut guère espérer retenir longtemps dans l’enseignement les hommes de talent et d’ambition.
Pendant un grand nombre d'années, nous avons
pris connaissance des journaux d'éducation publiés L . Q n
aux Etats-Unis. Toujours nous y avons vu el nous
y voyons encore de longs &ticles intitulés : « Professional teachers » où « Teaching as a profession. » On y disserte à perte de vue et très-sensément aussi sur la nécessité de faire de l’enseignement une profession ; mais on ne paraît guère être plus avancé qu'au premier jour. Est-ce à dire qu’il faille cesser de préparer des jeunes gens à l’enseignement ? Estce à dire que ceux qui n’enseignent qu’un petit nombre d'années né rendent pas de très-grands services ? Certainement non, et nous ne pouvons mieux faire que Je reproduire ce que dit M. le D' Larue, dans une série d'articles remarquables publiés dans le Journal de l'Instruction publique.
« Je suis partisan déclaré de nos écoles normales ; elles liennent un juste milieu entre nos écoles modèles on académiques et nos colléges ; elles comblent une lacune qu'aucune autre institution ne saurait mieux remplir.
« Je ne connais qu'une seule de ces écoles, celle de Québec. :
« J'ai eu occasion de suivre d'assez près celte instiiution et je n'en dirai sa’un inot. Son système d'enseignement me semble à l'abri de la critique. Ses professeurs ont des hommes remarquables, nonseulement par leur savoir, mais encore par leur extrême habileté dans l’art de l’enseignement. Aussi, les progrès que les jeunes gens font à l'école nor-
male-Laval, dans l’espace de deux ou trois années que dure le cours d’études, sont-ils étonnants.
« L'agriculture y est enseignée avec soin, non-seulement aux élèves-maîtres, mais encore aux élèvesmaïtresses. Tous se livrent à cette étude avec ardeur et un goût décidé ; enfin, cette institution jette chaque année dans nos campagnes un certain nombre d'instituteurs et d’institutrices dont l'enseignement éclairé et intelligent a porté déjà les plus grands fruits.
« À mon avis, nul argent du gouvernement n’est plus profitablement employé que celui qui est destiné au soutien de ces écoles ; seulement, je réclamerais deux améliorations importantes ; d'abord, qu'une plus large part fût faite à l’enseignement de l'agriculture, ensuite que les portes de ces écoles fussent plus largement ouvertes.
« À cause des cours de sciences qui s'y Annoent je ne connais rien de mieux qu’un séjour d’une année à l’école normale pour compléter un cours d’éludes commerciales ; rien de mieux, non plus, pour préparer un jeune homme à entrer dans la carrière’ industrielle. Qu'on ouvre donc toutes grandes les portes de ces établissements, qu'on en permette l'entrée aux externes, et que les jeunes gens qui se destinent au commerce ou à l'industrie puissent avoir accès, moyennant rétribution, aux excellentes leçons qui s’y donnent.
« Pour former de bons instituteurs, ces écoles sont
indispensables. En effet, le mot pédagogie n'est pas un vain mot ; il signifie l’art d'enseigner, l’art de diriger les enfants ; or, pour bien enseigner, il ne suffit pas de savoir, il faut encore savoir enseigner ; et cet art, comme tout autre, s’apprend.
« On se plaint qu’un certain nombre des jeunes gens qui sortent des écoles normales embrassent d’autres carrières que celle de l’enseignement ; tous, paraît-il, ne se font pas instituteurs. (Cela, à mon avis, ne fait ni chaud ni froid. Que quelques-uns se fassent marchands ou industriels, si c’est leur goût, quel mal y a-t-il? Ce quiimporte, avant tout, c’est que dans le commerce, dans l’industrie, dans l’agriculture, comme dans l’enseignementet dans toutes les carrières, on ait des hommes compétents et ca. pables de bien remplir les diverses fonctions de leurs états respectifs, pour le plus grand bien du pays.»
Un très-g'and nombre d'hommes marquants aux Etats-Unis ont été des instituteurs dans leur jeunesse, et nul deute que l'esprit ne gagne beaucoup par l'exercice de l’enseignement. Ces hommes se sont distingués dans les carrières qu'ils ont embrassées, probablement à raison des habitudes de travail, de la discipline qu’ils s'imposaient à eux-mêmesen même temps qu’à leurs élèves. Nous pourrions, même aus tour de nous, en citer plusieurs honorables exemples. Mais, sans signaler personne en particulier dans les * rangs des laïques, nous ne devons pas oublier de
Le
faire remarquer que beaucoup des excellentes qualités du clergé catholique de ce pays peuvent être
dues à ce que ses membres ont été pour la plupart
régents dans nos colléges. Les ministres protestants, de leur côté, ont presque toujours exercé l’enseignement dans leur jeunesse.
Les traitements des instituteurs et des institutrices, comme on a pu le voir, présentent partout une augmentation progressive quoique lente, dans quelques provinces. Ontario et la Colombie Britannique sont bien en avant des autres sous ce rapport. En ce qui concerne la Colombie, il est bon de remarquer que la valéur de l'argent y est beaucoup moindre qu'ailleurs. Dans la province de Québec, comme on le verra par le résumé statistique que nous donnons plus loin, le nombre des écoles est plus considérable à proportion que celui des élèves ; les municipalités scoläires ont à leur charge l'entretien de nombreuses écoles ; elles sont situées dans des conditions de climat, de ressources financières, et de disposition topographique très-désavantageuses. De plus, une grande partie des ressources dont l'instruction publique peut disposer sert à l'entretien des écoles dirigées par des religieux ou des religieuses, par ces dernières surtout. Ce sont là des professional teachers, des personnes qui ont.embrassé l'enseignement comme carrière permanente. Les institutions religieuses peuvent fournir plusieurs instituteurs et plusieurs is lutrices pour une somme relativement moindré,
indépendamment de bien d'autres motifs qui concourent à leur faire donner la préférence; il est évident que cet état de choses doit être pris en considération, lorsque l'on s'étonne de la modicité des salaires accordés aux instituteurs et aux institutrices laïques.
Les commissaires d'écoles, il est vrai, font dans beaucoup d’endroits preuve à cet égard de mauvaise volonté, de mesquinerie, ou tout au moins d’une négligence coupable. Le maître et souvent la maîtresse d'école à bo” marché sont plus en vogue qu'ils ne devraient être, et même le mince traitement dont on est convenu n'est pas toujours payé régulièrement, soit par le peu de soin que l’on met à faire rentrer les contributions scolaires, soit par la malhonnèteté de quelques secrétaires-trésoriers. Ce sont des griefs dont on s’est plaint un peu partout, et dans quelques provinces, comme on a pu le voir, on a tâché d'y remédier en faisant payer une partie du traitement des maîtres directement par l'autorité centrale.
Les instituteurs, dans leurs conférences à l’école normale Jacques-Cartier et à l’école normale Laval, ont dernièrement signalé cet élat de choses au conseil de l’Instruction publique et ont demandé avec instance que leur salaire fût payé directement par le département: de 1'Instruction publique. IL y a lieu d'espérer que cette demande favorablement accueillie par ce corps, le sera aussi par le gouvernement et la législature de la province.
Les conférences d'instituteurs, sous un nom ou sous un autre, existent maintenant dans presque toutes les provinces ; ii n’2n est pas ainsi de la caisse de retraite. Cette institution si utile ne saurait, il est vrai, être maintenue sur uu bon pied qu’avec bien des sacrifices de la part du gouvernement, partout où les maîtres restent peu de temps dans l’enseignement et ne reçoivent que de faibles traitements.
I1se publie, dans la province de Québec, deux journaux d'éducation, l’un en langue française et l’autre en langue anglaise, et deux autres dans cette dernière langue dans la province d’Ontario et à la Nouvelle- Ecosse, Au Nouveau-Brunswick, le surintendant publie une circulaire semi-annuelle qui a la forme d'une revue ou Magazine. Ce sont-là, avec les conférences, de puissants moyens de perfectionnement et de progrès pour la classe enseignante.
d° Enseignement religieux.—Dans plusieurs pages de ce livre, nous avons dû faire mention des difficullés survenues à ce sujet. Les deux provinces où tout le système de l'instruction publique est le plus absolument non-confessionnel, sont le Nouveau- Brunswick et la Colombie Britannique.
A la Nouvelle-Ecosse et à l'île du Prince-Edouard, jusqu’à -ces dernières années, quoiqu'il n’y eût aucune disposition législative qui protégeât les droits des minorités, les écoles catholiques avaient pu, par une entente tacite, suivre le système, si cher aux catholiques, de mêler l’enseignement religieux à
l'enseignement profane. A la Nouvelle-Ecosse, le même état de choses existe encore aujourd’hui ; mais à l'Ile du Prince-Edouard la situation tend, comme nous l'avons dit, à se rapprocher de celle qui existe au Nouveau-Brunswick. Tandis que, dans un district au moins, l'enquête faite par une commission spéciale a constaté que l'éducation donnée dans les écoles avait un caractère protestant très-accentué ; ailleurs on chicane les catholiques sur l’enseignement du catéchisme, et l’on hésite à payer aux Frères des écoles chrétiennes qui se sont soumis à J’obligation d'obtenir des diplômes de l'autorité, la subvention à laquelle ils ont droit, parce que l’on a découvert que leurs livres d'école ont un caractère confessionnel. Avant et depuis la confédération, la question des écoles séparées a souvent été soumise à la législature. Dernièrement une requête très-énergique et signée par plus de 9,000 catholiques a été présentée. On y expose tout simplement le dilemme dans lequel on se trouve placé— envoyer ses enfants à des écoles où ils ne peuvent aller en conscience, ou payer à la fois pour des écoles qu'ils ne peuvent fréquenter et pour d’autres écoles qu'il faudra nécessairement entretenir à la place de celles-là. Un gouvernement entièrement dévoué au sécularisme a été formé ; les nouvelles élections lui ont donné une . majorité dans les chambres, et la question est plus éloignée d’une solution qu’elle ne l’a jamais été.
Dans la province d’Ontario, les minorités reli- T
gieuses catholiques ou protestantes peuvent obtenir des écoles séparées, à des conditions qui ont été rendues de plus en plus faciles. La législation actuelle y a été le résultat de luttes prolongées et souvent vivlentes, mais sur lesquelles l'état de choses établi tout d'abord dans ce qui était alors une section de la province du Canada, et ce qui est aujourd'hui la province de Québec, a eu le meilleur effet. Les inspecteurs des écoles séparées catholiques sont aussi catholiques, et les syndics de ces écoles peuvent obtenir leur part des diverses subventions spéciales pour bibliothèques, livres, etc.
Dans l& province de Québec, où les écoles dissidentes ont été permises dès le principe, la minorité . protestante a successivement oblenu une section tout à fait distincte du conseil de l’Instruction publique, une part de la subvention de l’éducation supérieure proportionnée à sa population, des inspecteurs d’écoles, des commissions d'examen séparées partout oùil y a une population protestante appréciable, un Secrétaire ou député-surintendant protestant, une école normale protestante, une division absolue de l'impôt scolaire dans les villes, enfin dans les campa” gnes, la faculté pour les protestants de payer leurs cotisations à une école protestante en dehors de la municipalité où leursterressont situées, même lorsqu'ils n’y sont pas résidents. Plusieurs de ces concessions sont, comme on le voit, bien en avant de celles qui ont élé obtenues pour les cApIques de la province d'Ontario.
Dans la province de Manitoba, il y a une division encore plus complète. 11 y a deux sections du conseil de l'instruction publique, deux surintendants, les districte d'école catholiques et protestants co-exislent avec des limites différentes, de manière que toutes les écoles soient nécessairement catholiques ou ptoleslanles.
Enfin, dans la province de Terreneuve, non-seulement les catholiqnes sont complétement séparés des protestants, comme à Manitoba, mais les diverses; sectes protestantes ont chacune leurs surintendants, leurs bureaux de commissaires, leurs subventions proportionnées à leur population. Il n'y a pas moins de cinq confessions religieuses reconnues ainsi par la loi, les catholiques, ies anglicans, les méthodistes, les presbytériens et les congrégationalistes ; et quoique les deux dernières soient très-peu nombreuses et ne puissent dans le moment participer à tous les avantages qui leur sont accordés, elles seront libres plus tard de se prévaloir des dispositions de la loi dans tout ce qu’elle aura de praticable ; rien ne s'oppose non plus à ce que de nouvelles sectes, qui s’élebliraient dans la province, ne soient mises sur le même pied.
On peut donc dire que Terreneuve est, sous le rapport de la liberté de l'enseignement religieux, aux antipodes de la Colombie Britannique, et* même du Nouveau-Brunswick, qui en est géographiquement beaucoup plus rapproché, et où les’dispositions les
plus absolues et les plus restrictives sont en vigueur. 6° Statistique générale —D'après les conventions modernes, les tableaux de l'instruction publique doivent se classer dans les divisions suivantes: 1° Education supérieure ; 2° Education secondaire ;. 3° Education spéciale; 4° Education primaire, eubdivisée en éducation primaire supérieure et en éducation élémentaire. Nous avons déjà fait voir qu'il y avait à peine une conformité suffisante dans le classement des institutions d'éducation dans les différentes provinces, pour pouvoir les résumer bien rigoureusement sous ces dénominations. Il y a bien d’autres points encore qui offrent des difficultés, et il serait important que les autorités scolaires des différentes provinces s’entendissent pour publier des statistiques uniformes, qui pourraient être de temps à autre résumées pour toute la confédération (!). L'éducation supérieure proprement dite ou universitaire s’est établie lentement dans les provinces où elle existe maintenant, elle s’'y'est développée par degrés, et a eu pour origine l'instruction secondaire appuyée elle-même sur l'instruction primaire. L'Université de Toronto remonte, par sa première charte, à l’année 1827. C'est aussi de 1827 que date
(1) Le département des statistiques à Ottawa pourrait peutêtre entretepir une correspondance avec les différents départe” ments de l’Instruction publique à ce sujet, ou mieux encore, or” voquer une conférence entre les surintendants des différentes provinces, pour en arriver à des tableaux uniformes.
l'Université McGill, quant à l'Université Laval, bien que sa charte na soit que de 1852, elle remonte par le séminaire de Québec qui l’a fondée à l’année 1663. * L'Université du Nouveau-Brunswick, a eu sa première charte en 1800, celle de la Nouvel'e Ecosse en 1788. C'est vers cette dernière époque (en 1789) qu’un comité du conseil exécutif recommandait l’établissement d’une université dans l’ancienne province de Québec (1).
Les colléges classiques, la plupart affiliés aux universités, existent comme on l’a vu dans chaque province. Dans la province de Québec, il y a aussi des collégesdits industriels d’où cependant l'enseigneme.it <lassique n'est pas toujours exclu et que, pour cette raison, nous avons, pour cette province, placé dans la même colonne que les colléges classiques dans le tableau suivant de toutes les institutions d'éducation de l'Amérique Britannique du Nord.
Les chiffres de ce tableau sont un peu plus élevés que ceux qui sont donnés officiellement dans chaque province. La raison en est que, dans toutes les provinces, à l'exception de celles d’Ontario et de Québec, l'on a négligé de donner la statistique des écoles indépendantes, statistique importante cependant en ce qui concerne les écoles catholiques. Nous avons sup- -pléé de notre mieux à cette omission, à l’aide des renseignements çüe nous avons pu nous procurer (?).
(1) Voyez page 56 et les suivantes.
(} Voyez Noles el errata, à la fin du volume.
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Même pour les provinces d'Ontario et de Québec, remarque s'applique au chiffre de leurs élèves.
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Dans les deux petits tableaux suivants, on trouvera les écoles spéciales plus en détail. Le premier contient celles qui sont plutôt de bienfaisance, et le second celles qui donnent un enseignement professionnel. Dans Ja catégorie des premières, nous aurions pu placer les orphelinats et les Salles d'asile que les Anglais appellent Infant schools et les Allemands Kindergarten. Nous ne devons point laisser passer celte occasion de dire que Montréal possède trois de ces écoles, dues surtout à l'initiative et » la libéralité de M. Rousselot, curé de ifotre-Dame, qu’elles sont fournies de tout le matériel requis, et sont de véritables modèles du genre. Les salles d'asile, ainsi que les orphelinats, sontcomprises dans le chiffre des écoles primaires.
Parmi les institutions de bienfaisance nous devons aussi mentionner l'Œuvre du patronage élabli à Québec par M. ‘Hamel, recteur de l'Université Laval, et quelques laïques zélés. Elle fait un bien considérable et a des écoles du jour et des écoles du soir.
Les écoles de réforme et d'industrie de la province de Québec sont confiées, à Montréal, aux frères de Charité et aux sœurs du Bon-Pasteur, et à Québec et Lévis, aux sœurs du Bon-Pasteur ei aux sœurs de Charité. Ces communautés religieuses, instituées dans un but de charité, sont devenues des communautés enseignantes; elles ont un grand nombre d'écoles et de pensionnats dans les campagnes.
L'écoie de réforme protestante est établie à Sherbrooke. Ces écoles, ainsi que les écoles d'agriculture, ne figurent point dans les rapports du surintendant.
Parmi les écoles spéciales du second tableau, on remarquera les écoles de navigation. Elles ont été établies par le gouvernement fédéral qui organise aussi en ce moment un collége militaire à Kingston. L'école de Québec a été fermée, en octobre 1875, parce qu'elle n'avait pas assez d'élèves, dit le rapport du ministre de la marine, tandis que le subside a été retiré aux écoles de Halifax et de Saint-Jean du Nouveau-Brunswick, parce qu’elles avaient assez
d'élèves pour se soutenir par elles-mêmes.
Une première école établie, il y a quelques années, sous la direction de M. Kingston, n'avait pas eu de succès. Il est certain cependant qu'il y.a sur lesdeux rives du Saint-Laurent au-dessous. de Québec toute une population qui par ses goûts et ses aptitudes . devrait être une pépinière de marins.
Des démarches se font en ce moment auprès du gouvernement local pour obtenir qu’il se charge de rétablir l’école de Québec. Si elles réussissent il serait à désirer que l’on engageât les élèves de l'école normale à suivre une partie des cours. Ils se mettraient ainsi en état de donner aux enfants des écoles primaires des leçons élémentaires ou préparatoires . sur la navigation, comme nous avons vu que cela se pratique dans les provinces maritimes.
Il serait aussi à propos d'inviter les nombreux apprentis pilotes de la région de Québec à fréquenter celte école, et l'on pourrait peut-être exempter d’une année d'apprentissage, ou d'un des quatre voyages en Europe que l’on exige maintenant, ceux qui obtiendraient un bon certificat d'examen. (!)
Nous aurions aimé à inscrire dans le tableau des écoles spéciales les académies commerciales et les cours spéciaux pour le commerce donnés dans les colléges classiques ou industriels; mais nous n’aurions pu le faire que pour la province de Québec, et encore avec quelque difficulté. Nous avons donc laissé ces institutions dans la colonne des académies et des écoles primaires, avec lesquelles elles sont confondues daasles rapports officiels ; on trouvera, dans le chapitre spécialement consacré à la province de Québec, quelques re.seignements sur ce sujet.
Les écoles d'agriculture adjointes à des colléges ont encore, comme on le voit, un très-petit nombre d'élèves. Enlrlande, on a essayé d'adjoindre des écoles d'agriculture aux Queen's Colleges ; le résultat a été nul. Plus tard on en a élabli en rapport avec l’école normale centrale de Dublin et ses deux succursales,
(t) Au moment où nous revoyons Ces pages on nous apprend qu'une députation présidée par l’Hon. P. Fortin qui s'occupe depuis longtemps de cette question, a obtenu du gouverne” ment local une réponse favorable.
les écoles modèles de Cork et de Belfast : elles ont été plus prospères.