‹ L'instruction publique au Canada: précis historique et statistiqueChapitre 9 sur 22 · Cl · texte numérisé non relu

Cl

Elèves dans

la session d'été.

Elèves ayant passé

par l'école dans l'année.

l'oint de rapport 71.059

Jl faut avouer, cependant, que les diminutions des

deux dernières années sont assez frappantes. Le surintendant les attribue en partie à l'augmentation

du prix de la main-d'œuvre qui rend le travail des enfants plus rémunératif pour les parents ; mais il convient aussi que l'infériorité de quelques écoles, par suite de l'emploi de maîtres peu capables, et l'apathie des parents, y sont pour une large part.

Le montant total dépensé pour l'éducation en 1872, dans la Nouvelle-Ecosse, a été de $554,408, sur lequel $171,395 ont été payées par le gouvernement. Ceci présente une augmentation pour le total de $2,298, tandis qu'il y a une diminution de $4,778 sur la part fournie par le gouvernement. Les chapitres de la dépense se résument comme suit : Ecoles publiques, $495,439 — Ecoles normales et modèles, $4,596 — Académies spéciales, $22,842— Collèges, $31,530.

Les universités et collèges sont 1° King's Collège, fondé en 1788, qui a donné en tout, depuis sa fondation, 262 diplômes, les uns de bachelier-ès-arts, les autres de docteur en médecine. Le nombre des professeurs était de 5 et celui des élèves de 10, en 1872. 2° Dalhousie Collège, fondé en 1820, qui a donné en tout 39 degrés -ès-arts et 5 en médecine. Le nombre des professeurs de la faculté des arts était de 6, celui des élèves de 48 ; faculté de médecine, 9 professeurs et 24 élèves ; 3° Acadia Collège, fondé en 1838, 6 professeurs et 35 élèves ; 4° le collège de Saint-François-Xavier, institution catholique, fondé à Anligonish, en 1854, lequel est à la fuis le grand

et le petit séminaire du diocèse d'Arichat, 3 professeurs et 22 élèves ; 5° le collège de Mont Allison, fondé en 1862, 5 professeurs et 18 élèves ; 6° enfin le collège de Sainte-Marie, fondé en 1840, à Halifax, et dirigé par les frères des Écoles Chrétiennes, 5 professeurs et 18 élèves. — Toutes ces institutions sont subventionnées par le gouvernement. Le montant total des subventions est de $6,000. Le nombre de volumes des bibliothèques est de 14,881.

L'école normale de la Nouvelle-Ecosse a trois professeurs ; elle a eu, en 1872, 44 élèves dans la session d'hiver et 36 dans la session d'été. Il a été donné 70 diplômes cette année-là. Elle est en existence depuis 16 ans. Le principal, M. Calkin, dans son rapport, insiste sur la nécessité de procurer à cette école des édifices plus convenables, et cite l'exemple de la province d'Ontario. Le nombre des élèves- maîtres est beaucoup moins grand que celui des élèves-maîtresses et tend à diminuer encore. L'école-modèle annexe de l'école normale a 7 maîtres et maîtresses et 525 élèves. Les écoles publiques se divisent en académies et écoles communes. Il y a les académies de comtés et les académies spéciales. Les premières sont sous le contrôle de syndics qui jouent le même rôle que ceux des écoles élémentaires. Les unes et les autres sont subventionnées par le gouvernement. On y enseigne le latin, le grec, les éléments des sciences, les mathématiques, les langues

modernes, presque partout le fiançais, dans quelques unes l'allemand et l'espagnol. Elles sont divisées en plusieurs classes ou départements, dont un prend le titre de high sckool department. Il y a 40 académies de comtés ; elles ont 42 professeurs et institutrices, et ont en dans l'année 1872, 2,548 élèves en tout. Il y a 7 académies spéciales ; elles ont 25 professeurs et institutrices ordinaires et 12 adjoints ou assistants, et 597 élèves. Parmi ces académies spéciales se trouve un institut pour les sourds-muets, qui a 5 professeurs et assistants et 46 élèves.

Il y a un conseil de l'instruction publique, et des inspecteurs d'écoles, sous le surintendant. Les attributions de ces autorités ne diffèrent guère de celles que nous avons exposées, à l'occasion des autres provinces. On compte 19 inspecteurs, un dans chaque comté et un surintendant pour la cité d'Halifax. Le coût de l'inspection est de $11,825 par année. Dans leurs rapports, les inspecteurs se plaignent assez généralement du manque de régularité dans l'assistance aux écoles, de la diminution dans les salaires des instituteurs, de l'insuffisance du matériel scolaire. Il y a plusieurs districts d'inspection où l'élément français est important. Cet élément prédomine clans les districts de Digby et de Richmond, qui ont pour inspecteurs, le premier M. A. P. Landry, le second M. Rémi Benoit. Les livres d'école français sont importés de la province de Québec. M. Landry failles remar-

ques suivantes sur l'enseignement de la langue française :

« Dans les trois-quarts des écoles de ce district, l'instituteur, pour réussir et contenter les parents ainsi que les élèves, doit être en état d'enseigner également bien les deux langues anglaise et française. Les instituteurs en état de le faire sont très-rares, parce qu'il ne leur est donné aucun encouragement particulier. •Il n'existe aucune disposition de la loi qui accorde à l'instituteur qui peut enseigner les deux , langues, une préférence ou un avantage quelconque. Cependant il faut bien que des enfants apprennent d'abord leur langue maternelle afin de pouvoir ensuite en apprendre une autre. Les enfants d'origine française, qui, à l'école, étudient d'abord l'anglais, n'y font que peu de progrès et, en fin de compte, ne savent ni l'une ni l'autre langue. Nous avons beaucoup d'exemples de ce que j'avance.

« Je sais que pour beaucoup de personnes c'est une question de savoir si l'on doit encourager l'usage de la langue française dans un pays dont la grande majorité est d'origine britannique ou parlant la langue anglaise. Mais, sans entrer ici dans la discussion de cette question, on ne peut nier, dans tous les cas, que si le français doit être enseigné comme langue parlée. plus on prendra de moyens pour l'enseigner correctement, mieux ce sera. Et même s'il était à désirer,* comme beaucoup le prétendent, que la population

française fût plus versée dans la langue anglaise qu'elle ne l'est maintenant, il ne paraît pas s'ensuivre qu'abolir ou négliger l'étude du français soit le moyen le plus sûr d'apprendre l'anglais. Ainsi, soit au point de vue de la justice, soit à celui de la saine politique, il semble que la connaissance du français devrait compter pour quelque chose dans les diplômes accordés aux instituteurs et que ceux qui possèdent la langue française devraient trouver quelque avantage à faire des progrès dans l'étude de leur langue maternelle. Tous les instituteurs d'origine française enseignent l'anglais aussi bien que le français, mais ils ne reçoivent aucune compensation pour cette double tache. »

Les tableaux des statistiques scolaires sont trèscomplets et paraissent faits avec beaucoup d'intelligence. Nous regrettons de ne pouvoir en faire de plus copieux extraits et de n'ajouter à ceux que nous avons donnés plus haut que quelques chiifres qui s'appliquent à toutes les écoles publiques, toujours d'après le rapport de 1872. Lecture, 67,1 17 élèves ; récitation, 31,795; leçons orales en géographie, 37,348 ; géographie de la Nouvelle-Ecosse, 17,462 ; géographie générale, 15,648 ; arithmétique au boulier-compteur, 10,687 ; arithmétique mentale, 47,- 392; arithmétique à l'ardoise, 54,727 ; élèves écrivant couramment, 29,536; grammaire et analyse, 27,047; histoire de l'Amérique britannique, 9,399 ; histoire

d'Angleterre, 10,849; histoire d'autres pays, 1,822; composition anglaise, 9,673 ; tenue des livres, 3,203 ; chimie vulgarisée, 2,372 ; éléments de la langue latine, 500 ; algèbre, 3,298 ; géométrie, 2,643 -, navigation, 392; physique, 957; musique vocale, 27,740 ; dessin, 5,453.

Ces chiffres comparés au nombre total des élèves indiquent un enseignement assez élevé et assez varié, quoique la plupart présentent, comme le chiffre total lui-même, une diminution assez forte sur ceux de l'année précédente.

La cité d'Halifax a une organisation scolaire spéciale sous un bureau de commissaires composé de 13 membres, dont 7 nommés par le gouvernement et 6 choisis par le conseil de ville. Il y a dans ce bureau des catholiques et des protestants, le vice-président actuel est le très-révérend M. Hannan, D. D., vicairegénéral de l'archevêque catholique d'Halifax. Il y a 20 écoles sous le contrôle des commissaires ayant 5,339 élèves ; les dépenses de l'année s'élèvent à $64,262.

Les protestants et les catholiques paraissent assez unis en matière d'éducation. Les institutions catholiques sont, en général, subventionnées par le gouvernement et en partie sous le contrôle de l'état. Nous ne pouvons dire, d'après les documents que nousavons sous les yeux, quelles sont celles qui sont entièrement indépendantes. Nous croyons cependan

que le pensionnat des Dames du Sacré-Cœur à Halifax est au nombre des dernières. Les autres pensionnats ou externats des deux diocèses d'Halifax et d'Arichat sont tenus par des sœurs de Charité ou des sœurs de la Congrégation. (l)

[1876.] — D'après le rapport du surintendant pour 1875, il y a eu dan,s les statistiques scolaires un progrès considérable pendant les trois dernières années, qui fait plus que compenser les diminutions signalées plus haut :

Nombre d'élèves

pour la session d hiver.

Nombre d'élèves

pour la

session d'été.

Nombre total

d'élèves enregistrés

dans l'année.

Le dernier chiffre donne 1 par 4.04 de la population.

Sur le nombre d'élèves de la session d'été il y avait 41 ,460 garçons et 40,438 filles. L'assistance moyenne était de 45,619 ; ce qui ne donne que 55.98 pourcent sur le nombre d'élèves enregistrés, proportion beaucoup plus faible, comme on le voit, que dans les pro-

( I ) Nous empruntons ces renseignements au Sadliefs Catholic Direclory, qui nous a été très-utile pour tout ce travail.

vinces d'Ontario et de Québec. Le nombre des élèves des académiesde comté (comprises dans les chiffres cidessus), 2,239, présente une diminution assez considérable sur 1872. Celui des élèves des cours supérieurs, high school departments, n'est que de 405, dont 183 garçons et 222 filles. Le nombre des élèves des académies spéciales est de 681 ; augmentation sur 1872, 84; celui des élèves des collèges est de 197 élèves réguliers, plus 100 élèves qui ne suivent qu'une partie des cours.

L'école normale établie à Truro n'a, paraît-il, qu'un local assez peu convenable, tandis que la ville a fait élever un édifice spacieux pour une école-primaire supérieure, qui sert d'école annexe ou d'application à l'école normale ; le surintendant fait ressortir le contraste frappant qui existe entre la libéralité de la municipalité et celle du gouvernement. Le nombre des élèves,enl875,aété de 112 dont 88 filles; 73 ont obtenu des diplômes; le nombre des élèves de l'école modèleannexe aétéde512 ; assistance moyenne, 330. Ces chiffres, qui offrent une augmentation sur 1872, présentent une légère diminution sur 187 \. Le surintendant recommande instamment de construire un édifice plus convenable, de former une bibliothèque et un musée, de fournir sur le tout une meilleure installation, d'augmenter le nombre des professeurs et d'ajouter au programme de renseignement plusieurs branches des sciences physiques, et la philosophie in-

tellectuelle et morale, enfin de pousser plus loin l'enseignement de la pédagogie comme science, et de l'histoire de l'instruction publique dans les divers pays.

Le nombre total des écoles publiques était, dans la session d'été, en 1875, de 1,733 ; augmentation sur 1874: 60, et sur 1872: 131. Il y a 1742 sections ou arrondissements; augmentation sur 1874: 19. Le nombre des sections sans école est de 183 ; diminution sur 1874: 27. Le nombre des instituteurs et institutrices, et de leurs assistants munis de diplômes employés dans la session d'été, a été de 1,843. Le nombre des instituteurs était de 611, celui des institutrices de 1,173, sans tenir compte des assistants et assistantes.

Le conseil de l'instruction publique a le pouvoir de faire des règlements pour les examens des aspirants au diplôme d'instituteur, de classer et de graduer ces diplômes, de nommer des examinateurs etdesdéputésexaminateurs et de fixer les lieux où auront lieu ces examens. Us sont faits par écrit sur des questionnaires, sur chacun des points du programme, ou syllabus, adopté par le conseil, envoyés cachetés par le surintendant, et le rapport en est fait par le député qui y préside, au bureau d'examinateurs. Ses membres se partagent les rapports et apprécient les résultats de l'examen d'après un système de points assez semblable à celui généralement en usage dans les universités. Les examinateurs et les députés-examinateurs

reçoivent une légère rémunération ou indemnité. Le coût de ce système, pour l'année 1875, a été de $2,141.

Les diplômes sont divisés en cinq grades, désignés par les cinq premières lettres de l'alphabet. La classe A comprend le diplôme de Principal d'Académie de comté; B, les diplômes d'instituteurs de première classe ; C, ceux d'instituteurs de seconde classe etd'institutrices de première classe ; D, ceuxd 'institutrices de seconde classe et d'instituteurs de troisième classe ; enfin la classe E comprend les diplômes d'institutrices de troisième classe. La partie de salaires payée directement par le gouvernement se répartit dans les proportions suivantes : la classe B posant pour l'unité; C, f; D, i; E, f.

Aux examens de 1875, il s'est présenté 1,042 candidats, ce qui est beaucoup plus de la moitié du nombre d'instituteurset institutrices employés; sur ce nombre, 744 ont été renvoyés; 658 ont obtenu des diplômes, dont 6 de la classe A ; 55 de la classe B ; 196, C ; 188, D ; et 213, E. De plus, chaque instituteur muni du diplôme A ou du diplôme B, qui a enseigné, reçoit un bonus de 830 par année, payable semiannuellement. Les directeurs d'académies de comté ou d'académies spéciales, ayant des traitements plus élevés, sont exclus de celte faveur. Les assistants munis de diplôme reçoivent les deux-tiers des traitements des maîtres du même grade, s'ils ont une classe

tenue dans une chambre séparée et s'ils enseignent au moins quatre heures par jour.

Les diplômes des élèves de l'école normale leur sont donnés par le surintendant, sur le rapport du Principal ; ils sont divisés en trois classes.

Nous ne trouvons point, comme dans les rapports de quelques autres provinces, de tableau de la moyenne du salaire des instituteurs. Le montant payé directement par le gouvernement pour 1875, aux instituteurs et aux institutrices des divers grades, a été de $128,205 ; augmentation sur 1874, $6,305 ; les sommes payées par les syndics des écoles, $292, 754 ; augmentation, $32,820 ; total, $420,959 ; augmentation, $39,125.

Le montant dépensé, en 1875, pour les écoles publiques, a été de $594,038, sur lesquels le gouvernement a fourni $166,511 ; pour l'école normale et l'école modèle annexe, $4,740 ; pour les académies spéciales, $60,683, dont $6,900 par le gouvernement ; pour les collèges, $48,008. dont $7,800 par le gouvernement ; grand total, $707,470 ; augmentation sur 1874, $87,108; subvention totale du gouvernement $185,951.

La construction de maisons d'écoles convenables a occupé et occupe encore d'une manière toute particulière l'attention du gouvernement et celle des diverses autorités scolaires. Depuis 1854, il n'a pas été dépensé moins de $641,650 pour l'érection ou la

réparation de ces maisons. Les règlements du conseil pourvoient en détail à la distribution intérieure, à l'aménagement et à l'installation des écoles ; on s'applique à faire adopter un système de sièges et de pupitres perfectionnés comme dans la province d'Ontario. Le nombre de maisons d'école construites depuis 1864, est de 892 ; il s'en est bâti, en 1875, 72 ; et il y en avait 83 en voie de construction au 31 octobre.

Le Conseil dans ses règlements cite cette phrase de M. Cousin : « S'il peut y avoir une maison dans l'arrondissement située dans un endroit plus agréable que les autres, mieux bâtie, mieux protégée contre le froid, plus plaisante dans son aspect, plus propre qu'une autre à exercer une influence salutaire sur l'esprit de ceux qui l'habitent, cette maison, ce devrait être la maison d'école.»

Le conseil est d'avis « que chaque école élémentaire devrait avoir un bon assortiment de livres d'école approuvés, une horloge, une sonnette, un thermomètre, un boulier-compteur, plusieurs tableaux noirs, une mappemonde, un globe terrestre, un dictionnaire, et un dictionnaire géographique ou gazetleer. De plus chaque école primaire supérieure (advanced schools) devrait avoir une carte du comté, des cartes ou diagrammes pour l'étude des sciences, des instruments pour le mesurage et pour l'étude de la navigation. Enfin pour les écoles divisées en trois

départements : élémentaire, préparatoire et du cours supérieur ou high school department, on prescrit à peu près tous les instruments, cartes, diagrammes, nécessaires à l'étude des sciences. . Le département de l'éducation se charge de fournir toutes ces choses aux écoles, comme cela se pratique dans la province d'Ontario, et des catalogues avec les prix sont publiés de ttmps à antres dans le Journal of Education.

Il a été publié, en 1874, un excellent manuel de la nouvelle loi d'éducation refondue et des règlements scolaires, préparé par M. Benjamin Russell, avocat.

Le conseil de l'instruction publique se compose, comme dans Ontario aujourd'hui, et comme dans la province du Nouveau-Brunswick, des membres du conseil exécutif, dont cinq forment un quorum. Le surintendant est le secrétaire du conseil. (1)

Une disposition législative toute particulière à la Nouvelle-Ecosse, est l'établissement de bureaux de commissaires d'écoles, qui sont un intermédiaire entre les syndics d'écoles dans chaque arrondissement d'école et le département de l'instruction publique. Le gouverneur en conseil nomme pour chaque district sept commissaires, et l'inspecteur d'écoles agit comme secrétaire du bureau. Il y a 32 de ces bureaux pour des comtés ou parties de comté, sans compter celui de la cité d'Halifax. Le conseil de l'instruction

(1) Au Nouveau-Brunswick, le lieutenant-gouverneur, le président de l'Université, et le surintendant sont membres du conseil. Le surintendant agit comme secrétaire.

publique fixe leurs jours de réunion, l'endroit où ils doivent siéger, etc. Ils peuvent se fondre en un seul lorsqu'il y en a plusieurs dans le même comté.

Chaque bureau siège deux fois par année ; il reçoit les rapports de l'inspecteur sur l'état des écoles, il doit les examiner, les approuver, ou, si la majorité des commissaires refuse d'autoriser le payement de la subvention, les raisons de ce refus doivent être mentionnées. Tous les rapports sont ensuite envoyés au surintendant.

Les commissaires ont le pouvoir de régler les difficultés qui peuvent s'élever entre les syndics et les instituteurs, de révoquer les diplômes de ces derniers ou de suspendre l'exercice de leur charge pendant un certain temps, de retenir la part de subside afférente à chaque arrondissement, selon que l'on a à se plaindre des syndics des écoles ou des instituteurs, de fixer les bornes des sections ou arrondissements d'école, de les changer ou modifier au besoin, de décider des difficultés qui s'élèvent entre les syndics d'école et les contribuables, quant au site des maisons d'école ; de déclarer qu'une maison d'école ne doit plus être occupée si elle n'est réparée, ou d'ordonner d'en construire une nouvelle, de répartir les subventions supplémentaires des arrondissements pauvres, d'exempter de la cotisa: ion les habitants des îles ou des endroits pauvres ou isolés.

Mentionnons ici quelques autres dispositions de la

loi, qui ne se rencontrent point dans les autres provinces.

Les ministres, ou prêtres, les filles ou veuves, et toute personne âgée de soixante ans, sont exempts de payer des taxes jusqu'à concurrence de $500 d'évaluation ; les pauvres peuvent être exemptés par les syndics, qui doivent faire rapport de ces exemptions ; enfin, le surintendant de l'éducation, les inspecteurs, les professeurs des écoles normales, les instituteurs sont exempts de toutes corvées [statute labor), de l'obligation de servir dans aucune autre fonction municipale ou comme jurés, enfin de toute capitation ou cotisation quelconque jusqu'à concurrence de $2,000 d'évaluation, excepté en ce qui concerne la taxe des écoles, dont le surintendant est seul exempt jusqu'à concurrence de la même somme.

La rémunération des inspecteurs d'écoles est aussi établie sur une base qui diffère de ce que nous avons vu ailleurs. Chaque inspecteur reçoit semi-annuellement du gouvernement une piastre et demie pour chaque école qu'il a inspectée (il doit les inspecter au moins deux fois par année), plus une somme équivalente à cinq pour cent sur la moitié de la moyenne des allocations faites aux instituteurs des divers degrés, enfin une somme de dix piastres pour papeterie, port de lettres, impressions, etc., pour chaque bureau de commissaires dont il est le secrétaire. Les inspecteurs ont reçu en tout, en 1875, $12,651 pour leurs salaires et $720 pour papeterie, etc.

Il y a un inspecteur pour chaque comté ; les inspecteurs sont nommés par le conseil de l'Instruction publique, sur la recommandation du surintendant. Le conseil a le droit de diviser les comtés dans ce but, d'augmenter le nombre des inspecteurs et de changer les conditions de leurs salaires, pourvu que la dépense ne soit pas augmentée sans l'autorité du parlement.

Leurs devoirs sont prescrits un à un ; ils sont tenus de visiter chaque école au moins quatre fois par année et, lorsqu'ils omettent de le faire, ils doivent en donner les raisons dans le rapport qu'ils adressent au bureau des commissaires.

La loi et les règlements du conseil pourvoient à la distribution de la subvention — il est d'abord payé une somme de $6,600 aux académies de comté, qui se la partagent également et ont chacune $600. Sur la somme de $117,000, qui constitue la subvention des écoles primaires, $7,500 sont payées à la cité de Halifax. Le reste est distribué entre les comtés à proportion du total de jours de présence aux écoles formé par tous les enfants dont les noms ont été enregistrés pendant la session précédente. La somme ainsi établie est ensuite distribuée entre les écoles et payée directement aux instituteurs par l'inspecteur, d'après la classe de leur diplôme, comme on l'a vu plus haut, et d'après le nombre de jours pendant lesquels l'école a été tenue. Les jours où les insti-

tuteurs sont présents à une conférence convoquée par ordre du surintendant sont comptés comme jours d'école.

L'admission à l'école est gratuite, mais il y a deux autres sources de revenus, la subvention payée par le comté et la cotisation imposée par les syndics sur la section ou municipalité scolaire. La subvention du comté est un surcroît de taxes municipales prélevé sur le pied de trente cents pour chaque contribuable, tous frais déduits. Elle se distribue par le bureau des commissaires aux syndics de chaque école d'après l'assistance moyenne et le nombre de jours pendant lesquels l'école a été tenue, les jours qui excèdent le nombre prescrit ne comptant point. Elle est aussi spécialement atfectée au payement du salaire des ^instituteurs. Les subventions particulières faites aux arrondissements pauvres sont déduites de ce montant et aussi de la somme fournie par le gouvernement.

La cotisation imposée sur l'arrondissement est votée dans une assemblée des contribuables qui élisent aussi les syndics et qui, indépendamment de la cotisation annuelle, peuvent voter des cotisations spéciales pour la construction ou la réparation des maisons d'école.

Les cotisations imposées par les syndics ont pour objet de suppléer à ce qui manque encore après que les subventions du gouvernement et du comté sont

connues. Elles servent à augmenter les salaires des instituteurs et à tous les autres besoins de l'école. Il est d'abord imposé une capitation d'une piastre à laquelle est sujet tout homme âgé de plus de vingt-etun ans, résident depuis plus de six mois dans l'arrondissement. Si le produit de cette taxe ne couvre point la somme votée, la balance se complète par une cotisation foncière.

Les syndics ont la direction immédiate de l'école et le choix des maîtres. Ils sont, comme on l'a vu, soumis par voie d'appel à la juridiction du bureau des commissaires du comté, sous plusieurs rapports.

Le conseil de l'Instruction publique les a aussi autorisés à tenir des écoles du soir pour les adultes. Toute personne âgée de plus de 13 ans, qui ne peut fréquenter les écoles du jour, a le droit de s'y présenter ; deux séances de deux heures et demie chaque comptentpour unejournée d'école dans la compilation du nombre de jours pendant lesquels les écoles ont été tenues.

Comme nous l'avons dit plus haut, la cité d'Halifax a des commissaires qui cumulent les devoirs de syndics. Ils ont l'entière administration des écoles de cette ville, qui sont nombreuses et bien dirigées. Il y a douze commissaires dont six sont nommés par le gouvernement, et les six autres sont choisis par le conseil municipal de la cité. Il leur est alloué une indemnité de 81,000 qu'ils se par-

tagent entr'eux, suivant qu'ils le décident eux-mêmes, en proportion de leur assistance aux séances, ou des devoirs particuliers imposés à chacun d'eux. , Les commissaires rétribuent aussi un secrétairetrésorier et un inspecteur ou supervisor, qu'ils nomment eux-mêmes, et qui doit visiter chaque école, au moins une fois par mois, et dont les devoirs sont prescrits d'une manière très-détaillée. Le rapport de M. Rousselle, l'inspecteur actuel, est très-intéressant.

Les commissaires ont le pouvoir d'agir de concert avec toute autre corporation et de donner à cette corporation une part de leurs revenus pour ses écoles, qui alors, comme toutes celles qu'ils établissent eux-mêmes, doivent être entièrement gratuites. Il y avait en 1875, 19 écoles avec 94 maîtres et assistants, 5,125 élèves enregistrés; assistance moyenne, 3,871 ; donnant une proportion de 75.55 pour cent. Les écoles catholiques se font remarquer non-seulement par le nombre de leurs élèves, mais aussi par l'assistance moyenne qui varie de 75 à 90 pour cent. Quelques classes excèdent même ce chiffre, et leur assistance moyenne s'élève de 90 à 97 pour cent.

De 1866 à 1875, le nombre des élèves des écoles de la cité, qui n'était que de 2,670, a presque doublé, et l'assistance moyenne s'est élevée de 66.70 pour cent à 75.55.

Nous avons parlé plus haut de la bonne entente qui régnait en général entre les catholiques et les prolestants. La loi ne contient aucune disposition semblable à celles maintenant en force au Nouveau* Brunswick. Le règlement suivant, quoiqu'il soit dit dans le préambule que « Ta loi ne sanctionne pas dans les écoles l'enseignement des doctrines particulières aux différentes confessions chrétiennes.» paraît laisser une certaine latitude aux syndics.

« Il est ordonné que dans le cas où des parents ou tuteurs auront signifié, par écrit, aux syndics qu'ils ne peuvent approuver, en conscience, les exercices de piété qui se font dans l'école, ou ces exercices seront modifiés de manière à ne point blesser les sentiments religieux de ces parents ou tuteurs, ou ils auront lieu immédiatement avant ou après la classe, et les enfants de ces parents, et les pupilles de ces tuteurs ne seront aucunement tenus d'y assister. »

De fait, comme on l'a vu, les écoles catholiques sont dans un état très-florissant. Beaucoup est dû sous ce rapport à l'énergie, à l'habileté, à la légitime popularité de feu Mgr. Connolly, l'illustre archevêque, dont la mort est dans ce moment également déplorée par toutes les classes de la société.

Si nous sommes entrés dans tous ces détails, c'est parce que la législation et les règlements qui sont maintenant en force dans cette province, diffèrent

sur plusieurs points importants de ce qui se pratique ailleurs. Les dispositions que nous venons d'intliquer nous semblent la plupart judicieuses, ingénieuses même, mais il est possible qu'en somme elles soient un peu trop compliquées.

M. Hunt, le surintendant, nous paraît, d'après ses rapports, rempli de zèle ; il n'hésite point à indiquer au gouvernement et aux autorités scolaires les réformes qu'il trouve urgentes. Il se plaint assez vivement de l'inefficacité des académies de comté, et recommande l'établissement d'un lycée ou high school à Halifax, dut-on pour cela diminuer la subvention des académies. Il parle avec éloge des efforts faits par les bureaux de commissaires de comtés, et paraît disposé à accordera leurs membres une indemnité ou au moins des frais de voyage.

Les dispositions de la loi et des règlements, qui ont rapport à l'installation des écoles, à l'achat des instruments de physique et autres objets, propres à l'enseignement des sciences, et à l'établissement de bibliothèques scolaires, ont obtenu peu d'attention de la paît des syndics d'écoles. M. Hunt les exhorte et particulièrement ceux de la cité d'Halifax à faire de plus grands efforts dans cette voie, et il recommande au gouvernement d'accorder des primes d'encouragement ou quelqu'aide spéciale dans ce but. Enfin, il se plaint avec plusieurs inspecteurs de la disposition qui exempte les personnes âgées de soixante ar.s d'une partie de la contribution scolaire.

N'oublions point de dire en terminant qu'il se publie sous la direction du département, un journal de l'Instruction publique, sous le titre de Journal of Education, qui paraît tous les deux mois, et s'expédie gratuitement aux diverses autorités scolaires et aux instituteurs.

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