VIII PREFACE
puissante administration centrale ; j'ignore s'il pourra conquérir cette autonomie dont on prétend que Va race anglo-saxonne possède exclusivement le privilège.
Ce que je crois fermement, c'est que l'esprit pratique, l'énergie du caractère, un patriotisme profond et réfléchi, ne se développent que là où les citoyens ne se renferment pas dans une indifférence égoïste et ne se reposent pas uniquement sur leurs gouvernements pour la défense de leurs plus chers intérêts.
L'admiration que je professe pour l'organisation de l'Instruction publique aux États-Unis ne va donc pas jusqu'à me faire .penser qu'elle puisse s'adapter facilement aux institutions administratives de la France.
Alors même que la République sera devenue son gouvernement définitif, il lui faudra bien du temp^ pour substituer à ses préjugés et à ses habitudes des principes véritablement démocratiques. Les conceptions de la plupart de ses hommes politiques ne vont pas au delà d'une République autoritaire.
Chez nous, il faut bien le reconnaître, l'esprit d'initiative ne s'est manifesté jusqu'à présent, en ce qui concerne l'éducation publique, que dans une portion de la société qui y a vu surtout Tinfluencelque pourrait lui assurer sur les destinées du pays cette arme puissante de l'enseignement de la jeunesse des deux sexes. La loi de 1850, faite en sa faveur, lui a ouvert une libre carrière. Ni les sympathies des fa-