ACADÉMIES
Toutes les parties de l'enseignement, commencées dans les écoles primaires, se continuent et se complètent, avec les développements que comporte rage plus avancé des élèves, dans les classes de grammaire. Établies les unes dans des maisons spéciales, les autres dans les écoles primaires, leur organisation varie, dans les divers États de TUnion, et quant aux matières qu'elles embrassent et quant
à la distribution des classes. C'est à New-York que j'ai trouvé le meilleur système d'études et les programmes les mieux rédigés. On les a pris pour modèles dans plusieurs États de l'Ouest.
On s'était pendant longtemps fondé, pour la distinction des cours, sur les livres classiques {iext books) adoptés par les comités ; et les instituteurs, s'occupant avant tout d'en faire la répartition entre chacune des années consacrées aux classes de grammaire, ne suivaient en général aucun ordre
logique et régulier. Les programmes de New- York établissent les différents degrés que les élèves doivent successivement parcourir, d'après les matières mêmes de renseignement.
Le cours régulier des études dans les classes de New- York se partage, d'après le programme publié en 1868, en degrés. Les élèves y sont admis àl'âge de neuf ou dix ans. La durée totale de l'enseignement est de quatre à cinq ans. Une année entière est ei^igée pour les cours du degré le plus élevé. On y enseigne la lecture, l'épellation, la grammaire anglaise raisbnnée, les définitions, Tétymologie, la composition, l'arithmétique, la géographie et l'histoire. Les leçons de choses [oral instruction) y faisant suite à celles de l'école primaire, font connaître successivement les qualités des objets familiers, les propriétés des plantes, des minéraux, des animaux; puis les faits appartenant au domaine de Tagriculture, du commerce et de l'industrie. On y continue avec le même soin l'enseignement pratique de la morale [manners and moral).
Un cours d'études supplémentaires, divisé en deux degrés, est établi pour les filles et pour les garçons. Dans les premières [female grammar schools)^ les élèves étudient la grammaire anglaise (analyse et composition ) , la rhétorique , la littérature anglaise, Thistoire ancienne, l'histoire moderne, abrégée pour ce qui concerne les États autres que
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la France et TAngleterre, objets d'un enseignement plus détaillé, l'algèbre, la géométrie, la physique, rhistoire naturelle et l'astronomie.
Ces cours sont les mêmes pour les garçons, qui poussent cependant un peu plus loin l'étude de l'algèbre et de la géométrie. Ils ajoutent à la physique et à l'histoire naturelle la chimie, le dessin d'architecture et de machines, et la tenue des livres. L'histoire des États-Unis, de leur constitution politique, les lois municipales et internationales, com« plètent cet enseignement supplémentaire, auquel les élèves ne sont admis qu'après des examens sévères présidés par le surintendant.
Dans plusieurs États, les classes de gramtnaire avec leurs cours supplémentaires sont communes aux élèves des deux sexes sans distinction. La même remarque s'applique aux écoles supérieures dont j'aurai bientôt à parler, et la tendance générale des esprits semble devoir conduire dans un avenir prochain à ouvrir aussi aux jeunes filles les cours des collèges et des facultés. Plusieurs villes, comme nous le verrons, ont déjà pris sur ce point l'initiative.
Les écoles primaires, comme celles de gram^
, maire, ont aussi des cours de musique vocale et de
dessin, dont renseignement est conduit très-loin
dans les cours supplémentaires. Le surintendant
peut autoriser pai*eillement l'étude du latin, du
no PREMIÈRE PARTIE.
français, de raUemaad dans les classes les plus avancées des écoles de grammaire.
Toutes ces études, ainsi que j'ai fait observer, correspondent à nos écoles réelles ou professionnelles, et à la plus grande partie de notre enseignement secondaire.
C'est depuis un petit nombre d'années seulement que l'organisation des écoles primaires et des écoles de grammaire a reçu le degré de précision qui lui a longtemps manqué.
Les efforts intelligents d'hommes tels que MM. J. Philbrick, de Boston, Randal, de New-York, Wells, de Cincinnati, Ira Divol, de Chicago, sont parvenus à en circonscrire jusqu'à un certain point les limites et à en déterminer le but. Les résultats auxquels on est parvenu, dans les États où l'éducation publique est le mieux ordonnée, ont été de donner aux élèves une instruction suffisante et immédiatement applicable aux besoins de la vie, tout en les préparant à continuer leurs études, s'il leur convient ou s'il leur est possible d'entrer dans les écoles supérieures, et plus tard dans les établissements classiques ou scientifiques, collèges ou universités.
Si l'instruction donnée dans les écoles primaires, n'était considérée que comme une préparation pour les écoles de grammaire, et si celles-ci ne faisaient que préparer aux écoles supérieures, le but ne serait pas atteint.
Il était nécessaire, d'une part, de traiter chacune des branches de renseignement public, comme formant un cours complet d'instruction, quoique limité et proportionné soit à Tâge des enfants^ soit aux nécessités sociales qui les forceraient à s'en contenter; de Fautre part, de disposer les programmes de telle sorte que celui de la branche supérieure fût là suite et la continuation de la branche qui la précède immédiatement, et que depuis Tenfant de six ans, recevant les premières leçons à Técole primaire, jusqu'au jeune homme ou à la jeune fille de dix*huit ans qui sort de l'école supérieure, il n'y eût, dans le système des études, ni lacune ni solution de continuité. Ainsi se trouvent conciliés les principes de l'égalité et la loi de progression. Pour tous les enfants de la libre Amérique, le point de départ et le point d'arrivée sont les mêmes. Tous entrent dans ce vaste domaine de l'éducation publique, en marchant dans le même sentier et en suivant le même curriculum d'études. La seule différence (et cette différence est le fait non de la législation, mais des conditions naturelles de la vie), c'est que les uns s'arrêtent à un certain point du voyage; les autres, en plus petit nombre, à un point plus éloigné; les autres, en nombre encore plus restreint, atteindront le sommet et les dernières limites.
L'État ouvre libéralement à tous les écoles de
8t> PREMIÈRE PARTIE.
tous les degrés. Après les écoles de grammaire, il organise, sous le nom de high schools, écoles supérieures, des établissements où le niveau des études s'élève encore avec ce double caractère, déjà constaté pour les écoles des degrés inférieurs, qu'ils donnent une instruction immédiatement applicable et qu'ils préparent aux cours dont se compose l'enseignement classique.
L*organisation de ces écoles affecte deux formes différentes : Tune, sous le nom d'école supérieure anglaise [english high school)^ embrasse les matières dont se compose en général ce que nous appelons X enseignement professionnel^ dans lequel les langues anciennes et les hautes parties scientijBques occupent peu de place ; l'autre {latin high school) se rapproche davantage de notre enseignement classique.
On y étudie le latin et le grec. Dans quelques États, ces écoles forment deux divisions tout à fait distinctes. Dans d'autres, elles n'ont quun programme général; mais, comme les leçons se font à des heures différentes, les élèves peuvent choisir parmi tous les cours ceux qu'il leur convient le mieux de suivre. C'est ce qui a lieu à Chicago, à Saint-Louis, dans la free A cademy de New- York, qui
cependant vient d'ajouter aux di\isions établies un cours particulier, donnant l'instruction purement professionnelle. A Boston, les deux genres de high
schools sont distincts; il en 'est de même à Philadelphie. Chaque ville adopte le système qu'elle préfère, selon le point de vue où elle se place.
Il est assez difficile de constituer un enseignement qui doit être à la fois spécial et général. Les études littéraires, historiques et philosophiques, devant y trouver place, ainsi que les études de mathématiques, de physique, de chimie et d*histoire naturelle, de plus en plus envahissantes, est-il possible de les faire marcher de front, et ne devient-il pas nécessaire d*assigner à chacune d'elles une part distincte? d'opérer à un certain moment cette séparation qui, sous le nom de bifurcation^ a été pendant plusieurs années essayée dans nos écoles françaises, puis abandonnée comme ne produisant aucun des effets qu'on en avait attendus ?
Dans un pays qui, comme l'Amérique, est toujours à la recherche du mieux et qui ne recule devant aucune tentative se présentant sous la séduisante image du progrès, tous les systèmes peuvent être mis en œuvre et fonctionner sur divers points. On les adopte ou on les rejette, selon que l'expérience et les résultats pratiques les justifient ou les condamnent.
Les meilleurs esprits travaillent maintenant à faire comprendre que, de cinq à dix-huit ans, l'instruction publique doit être dirigée dans des vues générales ; que les lettres et les sciences ne peuvent
pendant ce temps être* Tobjet d'études spéciales et approfondies ; qu'en se bornant à y chercher une source d'enseignements et d'informations positives, les maîtres doivent songer avant tout à former des hommes et des citoyens, également préparés pour entrer avec distinction dans les diverses carrières qu'ils auront choisies, mais auxquelles il serait souverainement imprudent de les condamner en quelque sorte d'avance. Les écoles publiques ne doivent former ni des agriculteurs, ni des mécaniciens, ni des ingénieurs, ni des physiciens, ni des chimistes; c'est le fait des écoles spéciales qu'il s'agit de multiplier, et qui s'organisent en effet dans la plupart des États de l'Union, d'une manière forte et puissante, en dehors et à côté des écoles existantes.
Conçus dans cet esprit, les programmes des écoles publiques primaires, secondaires et supérieures, se dégagent peu à peu des matières qui les encom*
braient jusqu'à ce jour, et qui leur donnaient cette
apparence encyclopédique qu'ont eue pendantlongtemps et qu'ont encore malheureusement beaucoup trop ceux de nos baccalauréats. Mais c'est encore moins par le nombre et la nature des objets dont se compose le programme des grammar schools et des high schools^ que par la méthode et la mesure qui doivent présider à leur enseignement, que Ton peut apprécier leur caractère et leur nature.
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Il est expressément recommandé de ne prendre dans chacune des branches d'études enseignées que la partie la plus essentielle, c'est-à-dire ce qu'il importe à tous de connaître, en réservant pour les écoles particulières les matières que doit embrasser et approfondir tout enseignement spécial. Les professeurs sont naturellement portés à donner une importance exagérée à la partie de renseignement dont ils sont chargés : ils traitent la grammaire, l'histoire, la géographie comme si elles étaient les seules branches de l'instruction ; ce qui les conduit à insister trop longtemps sur les mêmes points et à entrer pour chacun d'eux dans des détails trop minutieux. Payais été étonne, par exemple, de l'importance donnée dans les écoles de grammaire, et même dans quelques écoles supérieures, à Tépellation des mots. Quel que soit le système orthographique adopté pour noter tous les sons de la langue anglaise, il me semblait qu'après avoir épelé pendant cinq à six ans, les élèves les moins intelligents devaient être suffisamment habitués à distinguer les sons des lettres, à en séparer et à en assembler les syllabes. J'ai vu avec plaisir, plus tard, que sur ce point j'étais d'accord avec l'habile surintendant de la cité de Boston, M. Philbrick, qui, dans son rapport de 1867, p. 237, disait : « L'art d'épeler n'a jamais été considéré comme nécessaire.^oger Asham, cet homme d'une si grande sagesse et d'un
savoir si profond, rinstituteur des princes et des princesses, l'auteur d'un des meilleurs livres d'éducation qui existent, ne pouvait pas épeler dans le sens que nous donnons aujourd'hui à ce mot. Les plus grauds écrivains du siècle d'Élizabeth ignoraient cet art. Shakespeare n'aurait pas pu épeler son nom. L'orthographe alors n'était pas fixée^; chacun était libre d'épeler à sa fantaisie. Aujourd'hui les dictionnaires nous ont enlevé ce privilège, et nous sommes tous forcés, sous peine de passer pour illettrés de nous conformer aux usages reçus. Cette nécessité ne nous impose pas néanmoins l'obligation d'épeler pendant dix ans, afin de parvenir à ne point faire de faute d'orthographe; le temps peut être employé plus utilement. »
Des observations semblables pourraient être faites au sujet de l'enseignement de l'écriture, n'ayant pas pour objet principal de former des calligraphes; de la géographie, qui ne doit pas surcharger la mémoire des élèves d'innombrables détails qu^ils devront nécessairement oublier et qui ne leur seront, quand bien même ils en conserveraient le souvenir, d'aucun usage; de l'histoire, qui n'est pas seulement une science de dates et de faits appris dans des livres, mais un aliment pour l'esprit et la raison ; de la grammaire, enfin, dont il est nécessaire de retrancher l'appareil scientifique auquel les élèves ne prêtent qu'une attention médiocre, et dont les
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règles s*apprenneat plus utilement et se retiennent bien mieux lorsqu'elles se déduisent de la lecture même des textes mis entre leurs mains.
^ Les écoles supérieures pour les jeunes gens et les jeunes filles prennent de jour en jour une plus grande importance; elles forment le couronnement des écoles publiques, et tous les hommes sincèrement dévoués à la cause démocratique ne cessent d'insister sur la nécessité pour chaque État de donner à ces établissements une forte organisation. C'est en effet pour les études supérieures qiie se sont fondées et se fondentjouruellement de grandes institutions privées, qui, en raison du haut prix de renseignement, sont abordables seulement pour les familles riches. Les écoles publiques ouvertes gratuitement à tous les enfants, sans exception, ont ^ S/?; l'avantage de servir la grande cause de T^lité, que les lois doivent défendre contre certaines tendances dont j'ai déjà signalé quelques symptômes. L'Amérique s'est trouvée trop bien, jusqu'à présent, du système qui réunit, pour leur donner une instruction et une direction communes, les enfants de toutes les conditions, pour qu'elle ne tienne pas à le conserver et môme à lui donner, s'il est possible, une plus grande extension. La liberté de l'enseignement à tous ses degrés sauvegarde les droits des familles. S'il en est qui, pour quelque motif que ce soit, préfèrent pour leurs fils ou leurs filles des
maisons où ils ne se trouveront pas en contact avec les enfants des pauvres, aucune loi n'entrave leur volonté ; mais les hommes distingués chargés de veiller sur les écoles savent bien que la République doit une grande partie de sa force aux institutions qui établissent entre les enfants de toutes les classes des raports journaliers. Us sont aussi utiles aux plus riches , témoins de Tactivité et de l'énergie courageuse de ceux qui devront tout à leur travail, qu'aux plus pauvres qui contracteront l'habitude de ces manières polies et ce ton d'urbanité dont les premiers peuvent leur donner l'exemple.
Partout où j'ai trouvé ces écoles supérieures établies, j'ai pu constater chez les élèves une ardeur de bien faire, un zèle, une émulation, qui attestent le prix qu'ils attachent à des études par eux librement choisies. Ils en poursuivent le cours, sans qu'il soit nécessaire d'employer à leur égard la contrainte ou les sévérités de la discipline. Des classes vastes et bien aérées, établies dans d'élégants édifices et pourvues de tout ce qui peut rendre les études attrayantes et profitables, bibliothèques, cabinets de chimie, de physique et d'histoire naturelle, musées, salles pour la musique, pour la gymnastique, pour les exercices militaires, séances courtes, exercices variés, récréations fréquentes, tout contribue à faire aimer ces beaux établisse-
ments, confiés souvent à la direction d'hommes supérieurs.
La loi exige qu'une haute école soit ouverte, au moins pendant neuf mois de Tannée, dans toutes les villes ayant cinq cents familles.L'inexécution de cette loi est dans quelques villes sévèrement punie. Leur nombre s'accroît de jour en jour. Dans le Connecticut, il s'en est établi récemment à Danburg, Windsor, Loks, Mereden, Stamford, Norwolk, Derby et Bandfort ; celle de Hartford, dont on célébrait récemment l'anniversaire, est une des plus anciennes des États-Unis.
La création* d'une high school dans une localité y attire de nouveaux habitants. A Norwich, la free^ Academy^ grâce à la munificence de ses fondateurs et à la belle bibliothèque qu'elle possède a vu sa population se doubler en quelques années. Les écoles publiques de New-Haven sont renommées dans tous les États de l'Union. Le révérend J. Fraser, dans son remarquable rapport à la reine d'Angleterre, les cite souvent avec éloges. M. H. Bamard, dans son rapport au Congrès, les présente comme d'excellents modèles à imiter. J'ai été frappé particulièrement de rétat florissant de ses high schools. Dans l'une depuis longtemps établie sous le nom de Bopkins grammar^ et qui est une véritable école supérieure^ des soins particuliers sont donnés à l'étude des langues anciennes, en vue des cours «du
collège dTale, auxquels elle prépare. Une autre est ouverte aux jeunes gens, qui se destinent plus particulièrement aux affaires, et aux jeunes filles, qui sont dans l'intention d'entrer dans renseignement. On y a cependant établi des cours de grec, de latin et de hautes mathématiques, pour les jeunes gens qui voudraient se vouer aux études classiques. L'école d'Hopkinsa été fondée en 1662 par Edwards Hopkins, administrateur de Tamirauté sous Cromwell. Il avait fait lui-même ses études à Shrewsbury, et devint gouverneur de Gonnecticut. Les jeunes élèves de cette école se distinguent, en général, par des manières élégantes et polies, qui pré- N^ viennent en leur faveur.
L'école supérieure de Cincinnati, Hughes high school^ est aussi dirigée avec beaucoup d'intelligence ; elle compte déjà plus de trois cents élèves. C'est un véritable établissement d'enseignement secondaire. Les élèves y apprennent le français, l'allemand, le latin et le grec. Plusieurs sont entrés dans ces dernières années, après de brillants examens, dans divers collèges de l'Est et de l'Ouest. La ville de Cincinnati a une bibliothèque publique qui réunit plus de 24,000 volumes, mis journellement à la disposition des habitants. Le nombre des volumes prêtés en 1868 a été de cent huit par jour.
Une high school exerce sur toutes les écoles une
influence salutaire. C'est là que se forment les bons instituteurs. Ses bienfaits sont universellement appréciés par les familles pauvres, qui peuvent, grâce à elle, donner à leurs enfants une instruction élevée, et aux ricbes, qui ne pourraient trouver, même à prix d'argent, dans les écoles privées, des. ressources aussi abondantes. Les surintendants et les comités considèrent en général les écoles privées comme funestes à Téducation publique. Les parents
' qui y envoient leurs enfants ne portent aucun intérêt aux autres écoles. Ils se dispensent de prêter leur concours à ces comités de surveillance qui rendent à réducatiou populaire des services dont cha-
^cun apprécie Timportance. Partout où s'établissent des écoles privées, fondées par des particuliers ou par des corporations, les écoles public jes subissent une dépréciation fâcheuse.
M. Northrop, secrétaire du bureau d'éducation de l'État de Connecticut, fait, dans son rapport de 1867, la remarque suivante :
a Au point de vue économique, la préférence devrait être donnée par les familles à nos écoles publiques. La dépense d*une high school secondaire va de 5,000 à 1 0,000 fr., selon son importance et le nombre de ses professeurs. La dépense pour chaque élève est, dans une école privée de même genre, de 1,500 à 2,500 fr. par an. Dans des vil-
lages que j'ai visités réceoiinent, j'ai trouvé que la dépense, pour quatre enfants élevés hors de leur pays, est de 8,800 fr., somme qui suffirait pour procurer à huit élèves le- même avantage, sans qu'ils fussent obligés de quitter leurs familles. »
(K II est d'une administration sage et juste, dit M. Léonard Bacon, de faire en sorte qu'aucun enfant ne soit privé d'une haute éducation. L'État n'a pas moins besoin d'établir et de soutenir un système d'écoles publiques que de se défendre contre les sauvages, dont l'existence met en danger la société. L'enfant pauvre, le fils d'une pauvre veuve, peut, par suite de son éducation, ajouter quelque chose ail bien-ôtre et à la puissance de L'État ; si ses talentsL faute d'occasion de se produire, se perdent, comme une pierre précieuse dans l'Océan, l'État subit une véritable perte. »
Indépendamment des écoles supérieures, il eiiste un grand nombre d'établissements du même degré pour les deux sexes, qui, sous les noms &' Académies^ sont incorporés aux écoles de l'État ou en restent indépendants. Les premières reçoivent des subventions prises sur le fonds général des écoles. Elles sont ordinairement administrées par une corporation de tuteurs et soumises aux visites des inspecteurs.
L'instruction, dans les académies, est plus élevée en ce qui concerne les filles que celle des écoles
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supérieures. Elles sont intermédiaires entre cellesci et les collèges. Dans l'État de New- York, elles sont Tobjet d'un soin particulier de la part d'un conseil composé des régents de l'université, et dont font partie le gouverneur de l'État, le lieutenant gouverneur, le surintendant et le secrétaire de rinstruction publique. Ce conseil se divise en plusieurs comités, ayant dans leurs attributions respectives l'incorporation des collèges et des académies, le soin des collections de chimie, de physique et d'histoire naturelle, les bibliothèques, l'examen des instituteurs^ la distribution des fonds et des salaires, l'achat du mobilier classique et enfin les inspections.
Les académies que compte l'État de New -York sont au nombre de 445, sur lesquelles 211 ont été, en 1868, visitées par les régents.
Elles ont eu 34,851 élèves, sur lesquels 11,896, c'est-à-dire, 5,677 jeunes gens et 6,219 jeunes filles de l'âge de 15 à 18 ans, ont fréquenté les cours de renseignement classique. D'après le dernier rapport des régents, la valeur des édifices où sont établies les 211 académies soumises à leur inspection est estimée 12,508,580 fr. ; celle des bibliothèques, contenant 132,101 volumes, 719,925 fr.; celle du mobilier classique et des appareils scientifiques, 565,410 fr. Il faut ajouter à ces sommes 2,351,285 fr. représentant d'autres propriétés mo-
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bilières ou immobilières, ce qui porte le total à 16,145,200 fr.
Le revenu annuel, composé des sommes payées par les élèves, de l'intérêt des propriétés foncières et mobilières, de la part affectée à chaque établissement dans la répartition du school fund^ a été, en 1868, de 3,836,495 fr.,les dépenses de 3,774,745 francs, à savoir 2,625,605 fr. pour les traitements des professeurs, au nombre de 1,081 (471 hommes et 610 femmes). Sur ces 1,081 personnes, 621 seulement ont déclaré vouloir se livrer à l'enseignement d'une manière spéciale.
Dans l'État d'Ohio, la plus ancienne académie a été établie en 1820, dix>huit ans après la constitu- , tion de cet État. La plus ancienne académie spéciale pour les filles a élé fondée en 1832. Le nom^ bre des unes et des autres s'est accru d'année en année. Ce sont les dernières* qui semblent donner l'instruction la plus élevée. C'est du reste le caractère général de toutes les écoles des filles aux États-' Unis.
L'enseignement de la plupart des académies embrasse les matières suivantes :
1** Cours préparatoire, arithmétique^ tenue des livres, grammaire anglaise et géographie ;
2" Mathématiques, physique, algèbre, géométrie, trigonométrie, arpentage, astronomie, génie civil, technologie, perspective, navigation ;
£gole8 publiques. d5
3* Langues anciennes et modernes , antiquités grecques et romaines ;
4® Sciences naturelles, physiologie, hygiène, botanique, zoologie, minéralogie, chimie, géologie, météorologie ;
&^ Sciences morales et politiques, critique, logique, préceptes du christianisme, théologie naturelle, droit constitutionnel, économie politique, principes de pédagogie.
Un pareil programme qui se trouve être à peu près le même dans toutes les écoles supérieures aurait Ueu d'effrayer, si les élèves étaient obligés de Fembrasser dans toute son étendue. Mais dans les académies, comme dans les écoles supérieures, chacun a la liberté de choisir ceux des cours qu'il se propose de suivre dans Tordre scientifique ou dans Tordre moral. Nulle censure^ comme je Tai fait remarquer, n'est exercée à leur égard^et les professeurs ont plus souvent besoin de modérer leur zèle que de Texciteri