‹ L'instruction publique aux États-Unis. Écoles publiques, colléges, universités, écoles spécialesChapitre 31 sur 134 · Voir plus haut, pages 22 et · texte numérisé non relu

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de les modifier, de. les métamorphoser en quelque sorte, pour convertir en citoyens d'une démocratie pure de£ hommes dont le plus grand nombre est dépourvu de toute instruction et qui appartiennent aux conditions inférieures de la société. Ils apportent à TAmérique des idées et des habitudes souvent contraires à celles qu'il importe de leur donner. Les écoles publiques , considérées comme des instruments de civilisation agissant à la manière des immenses machines industrielles qui produisent vite et beaucoup , nous frappent moins par la perfection des résultats que par la puissance des moyens. Comme ces grandes forces de la nature primitive employées à l'élaboration des éléments qui devaient entrer dans la composition de notre globe, elles créoit le présent en préparant l'avenir. Images de la société américaine elle-même , elles ne sont encore qu'à la période de formation ; mais envisagées à ce point de vue, elles présentent un merveilleux.spectacle, et notre vieille Europe, en l'admirant, peut y puiser des leçons et des exemples dont elle pourrait tirer plus d'un avantage.

L'instruction publique est partout l'affaire de la commune. La constitution lui impose le devoir d'établir un nombre d'écoles suffisant pour recevoir tous lès enfants qui sont en âge de s'y rendre. L'État peut intenter une action à la commune pour l'obliger à s'imposer la taxe nécessaire à l'entretien de ses

écoles ; les parents de tout enfant que Ton refuserait d'y recevoir ont le droit de réclamer des dommagesintérêts.

Pour que tous les membres d'un État social établi sur le principe de la souveraineté populaire pussent remplir leurs devoirs de citoyens, il était nécessaire, comme on le voit, qu'une instruction convenable leur fût gratuitement donnée. Or, l'admission gratuite dans toutes les écoles des enfants des deux sexes, sans distinction de rang^ de fortune et de race, résulte de l'obligation imposée par les lois, sous des peines sévères, aux communes et aux villes, d'entretenir à leurs frais des écoles dont le nombre soit proportionné à celui des élèves qui doivent les fréquenter* La gratuité n'existe d'une manière absolue que si les familles sont entièrement exemptes de payer une rétribution scolaire, quelque minime qu'elle soit^ et si la commune ou l'État pourvoit à tous les besoins de l'éducation ^ tant au traitement des maîtres qu'à l'entretien matériel de l'école. C*e8t précisément ce qui a lieu aux États-Unis* La fondation d'une école étant obligatoire pour les communes ^ la fréquentation de cette école est nécessairement obligatoire pour tous les enfants. Lés parents ^ riches ou pauvres > ont un intérêt égal à profiter des moyens mis à leui* disposition, et il ' semblerait qu'ils dussent être portés à en user sans ^u'il fût nécessaire de les y contraindre* Plusieurs

" États ont néanmoins voulu que cette obligation fût écrite dans la loi.

Celle de TÉtat de Massachusetts, adoptée par d'autres législatures, impose mie amende de 100 fr. aux parents qui négligent d'accomplir ce devoir. La libre Amérique ne croit nullement porter ainsi atteinte aux droits des pères de famille. La concur* rence privée a créé à côté des écoles publiques des établissements où les parents peuvent, s'ils le jugent à propos, envoyer leurs enfants. Ils ont le droit de choisir les maîtres et les écoles qui leur conviennent; mais la loi ne leur reconnaît pas le droit à l'ignorance; la patrie a besoin du concours de tous ses enfants, elle ne peut attendre aucun service de ceux que l'incurie des familles a laissés cçpupir dans l'ignorance et l'abrutissement.

L'instruction obligatoire^ contre laquelle un faux libéralisme fait entendre parmi nous des protesta-^ tions ridicules, n'est dont point regardée aux Ëtatstinis comme une tyrannie. De Routes les obligations que les lois imposent aux familles , il n'en est aucune qui ne soit beaucoup plus onéreuse que celle qui leui* enjoint de faire apprendre la lecture et récriture à leurs enfants.

Les États-Unis attachent d'autatit plus d'importance à l'exécution de la loi qui considère l'instruction comme un des principaux éléments de prospérité pour la République, qu'ils ressentent plus

vivement les funestes effets produits par la négligence , le mauvais vouloir et Tinconduite des parents qui laisseraient leurs enfants errer dans les rues où les mauvais exemples les pervertissent, plutôt que de les envoyer dans les écoles où leur moralité et leur instruction sont assurées. Aux mesures prises pour les y obliger, ils ont ajouté des lois sévères pour prévenir les dangers du vagabondage.

Des inspecteurs spéciaux {truant offkers) sont chargés de s'entendre avec les instituteurs et les administrateurs des écoles publiques pour veiller à ce qu'aucun élève inscrit sur les registres ne manque à Tappel. Les absences sont notées; si «lies deviennent habituelles, de sérieux avertissements sont donnés aux familles; si, malgré ces remontrances , les enfants sont retenus chez leurs parents sans motifs légitimes, les inspecteurs les font conduire d'autorité dans des établissements xiisposés pour les recevoir. En cas de vagabondage, les mêmes officiers font conduire les délinquants dans des maisons de correction. Ils y reçoivent Tin^ struction nécessaire, prennent Thabitude du travail et sont arrachés ainsi à une existence justenient considérée comme une école de perversité et de iîrime.

En France, . pour rendre l'instruction obligatoire^ il faudrait commencer par la rendre gratuite, ce .qui malheureusement n'existe pas encore et n'existera

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peut-être pas de longtemps. Nous avons vu qu'en 1866, sur 3,477,842 enfants, que réunissaient les écoles primaires communales et religieuses, 2 millions 111,182 payaient la rétribution scolaire.

Les sommes votées par TÉtat, les subventions données par les départements et les communes , et enfin les rétributions scolaires payées par les fapiilles atteignent, nous ne saurions trop le répéter, un chiffre bien inférieur à celui qui pourrait assurer la gratuité de renseignement primaire. Que serait-ce si, comme aux Ëtat-Uûis, on songeait à donner à tous les enfants Tadmission gratuite , non pas seulement aux petites écoles enseignant la lecture, récriture et le calcul, mais encore aux écoles supérieures, aux écoles professionnelles y aux collèges et aux lycées? Ce magnifique résultat, qui est une réalité pour le Nouveau-Monde, et qu'ont rêvé quelques honnêtes philanthropes de 1789, ne serait aujourd'hui considéré par bien des gens que comme une de ces utopies dont notre légèreté ferait justice. Il faudrait pour cela retrancher, pour les donner à rinstruction publique, 400 millions à ce budget de la guerre qui ne saurait être trop gros pour une nation essentiellement militaire. Mais revenons h l'Amérique. .

Les taxes se lèvent, des comités cantonaux sont élus4 indépendants les uns. des autres, ils sont responsables de leurs actes devant Tôpinion publique

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et même devant la justice dans le cas où la loi serait violée.

Au centre de chaque État, est le board of educor tioHy le bureau de l'instruction publique , à la tête duquel est le surintendant choisi par la législature, non pour soumettre à son autorité les comités locauX) mais pour leur rendre compte annuellement des progrès ou des besoins de Téducation publique. Chaque État, chaque ville, chaque canton gouverne, dirige, comme il l'entend, les écoles qu'il fonde. Cette liberté favorise tous les essais, permet toutes les tentatives , et donne lieu à une grande variété de systèmes et de méthodes ; mais , malgré cette variété, le principe démocratique , universellement appliqué , imprime à l'organisation de l'enseignement un caractère général qui rend les différences beaucoup moins sensibles qu'on ne pourrait le croire. En l'absence d'une autorité supérieure imposant à tout un pays des règlements uniformes » sans tenir compte de la diversité des besoins, l'opinion publique, sans cesse tenue en éveil et éclairée par une presse intelligente et bien informée , fait partout prévaloir le système d'éducation qui convient le mieux à l'état social auquel il doit être appliqué.

Les règlements en vigueur, dans les États où les études sont le mieux dirigées, sont des modèles auxquels les autres États ont tout intérêt à se confor^

mer. La liberté ne nuit donc nullement à l'uniformité.

Pendant les douze années que dure l'éducation ^atuitement donnée à tous, une savante organisa*

tîon fait successivement passer les enfants par des degrés déterminés et distincts, s'élevant successivement depuis les études les plus élémentaires jusqu'aux écoles supérieures. Ces douze années se partagent en trois périodes, primary schooh^ gramr mar schook^ kigh schook. Lecture , écriture , dessin, musique, gymnastique, grammaire, langue maternelle, langues étrangères, géographie, histoire, arithmétique, algèbre, géométrie, trigonométrie, physique, chimie, histoire naturelle : tel est l'ensemble qu'embrasse cette éducation nationale.

L'étude des langues anciennes ayant sa place dans les programmes, sans être obligatoire, il n'est pas un seul des enfants ayant suivi les cours des écoles publiques qui ne puisse être suffisanmient préparé aux études collégiales et universitaires. L'égalité des droits à une éducation supérieure ouvrant les carrières libérales n'a de limites que l'inégalité forcée qui naît de la différence des fortunes, ou qui résulte de l'insuffisance du travail ou de l'intelligence. La loi suprême est ceUe qui met à la disposition de tous les moyens de parvenir à tout.

Les écoles d'adultes ou écoles du soir {evening

schools) présentent aux États-Unis Un aspect Jtout particulier. Elles ne réunissent pas seulement des élèves de tous les âges, depuis douze ans jusqu*à soixante, hommes ou femmes; toutes les nations et toutes les races y sont représentées. ïl y a un grand avantage à réunir ainsi des éléments si divers.

Cette communauté d*études rapproche des individus souvent prévenus les uns contre les autres par suite des préjugés de nationaUté ou de couleur. Objet des mêmes soins de la part de leurs instituteurs et de leurs institutrices, ils prennent l'habitude de se voir, de se rencontrer aux mêmes heures ; il s'établit entre eux un courant d'idées et de sentiments qui les rapprochent; ils ne sauraient trouver une meilleure préparation aux devoirs qu'ils auront à remplir dans la société, où ils jouiront des droits civils, religieux et politiques , assurés à tous les citoyens de la République dont ils doivent faire partie.

Les élèves de couleur ne sont ni les moins attentifs ni les moins assidus. Les adultes qui ont pu dans leur enfance fréquenter les écoles publiques, et qui n'ont qu'à reprendre des études interrompues pendant un temps plus ou moins long, font tout naturellçréent des progrès plus rapides que les autres/Ce sont partout les Allemands qui montrent le pins de dispositions pour le travail. Ils donnent, en général, l'exemple de la régularité, de la bonne

conduite, de la docilité et de la patience. Ils exercent donc une heureuse influence sur tous ceux qui fréquentent avec eux ces écoles du soir.

L'instruction qu'on y reçoit est assez étendue pour ceux qui peuvent y consacrer plusieurs années. Elle embrasse presque toutes les matières enseignées dans les écoles primaires, les grammar schools et les high schools.

On s'aperçoit bien, en voyant les écoles publiques, dont la plupart sont des édifices construits à grands frais, pourvues d'un riche mobilier classique, et réunissant toutes les conditions hygiéniques qui assurent la santé et le bien-être des élèves, qu'il s'agit d'un grand intérêt national. Le seul État de New-York dépense annuellement pour le matériel et le personnel de ses écoles publiques plus de 38 millions de francs ; le budget de la ville de New-York s'élève, pour cet objet, à 18 millions. Les États de l'Ouest rivalisent de zèle pour surpasser les plus célèbres cités qui, dans l'Est, ont depuis longtemps créé d'admirables établissements d'instruction publique. Quelques-uns de ces États n'ont été constitués que depuis vingt ans ; niais en Amérique ce ne sont pas les morts qui vont vite, comme dans la ballade allemande, ce sont les vivants. La ville de Chicago n'était, il y a trente ans, qu'un hanjeau formé de quelques huttes indiennes. Elle comptait déjà, en 18SS, 34,000 habitants; le

nombre s'en est élevé, en 1860, à 110,000, en 186S, à 173,000. Il est en 1869, de 250,000. La ville a déjà fait construire cinquante maisons d'écoles. Elle a en<)utre un grand nombre d'écoles privées, de séminaires et d'académies, et son université a déjà acquis une grande importance.

Le même progrès s'est accompli dans des cités déjà peuplées et florissantes et qui ne datent que d'hier. Pendant le^ cinq années de la dernière guerre , l'État d'Ohio a dépensé 60 millions pour les écoles publiques, 6 millions pour les écoles de haut enseignement. Il consacrait ainsi à l'enseignement 50 Vo de la taxe totale, outre la taxe de guerre et celle qui était imposée pour le payement de la dette publique (à cette époque les États-Unis dépensaient, pour les frais de guerre, 12 millions par jour.) L'État d'Ohio possède aujourd'hui 13,000 maisons d'écoles ayant 600,000 élèves. Ainsi, à l'inverse des gouvernements qui, préoccupés du souci de conserver leur autorité, ont cru ne pouvoir la conserver qu'en tenant les peuples dans l'ignorance, les États-Unis, jaloux d'assurer leur liberté, ont reconnu que Tinstruction généralement répandue en est la condition essentielle ; c'est à ce point de vue qu'il faut se placer avant tout pour apprécier leurs écoles publiques. Tout y est établi de manière à ce que l'instruction de TÉtat ne puisse, en quoi que ce soit, gêner l'indépendance indivi-

duelle et rinitiative privée ; la religion et la politimae sont d'accord sur ce point.

/^Primitivement constituées sous l'influence de l'esprit puritain dont était fortement imprégéne la race àjajols religieuse et morale, pratique et entreprenante, qui a fondé la grande République^ les écoles de l'État n'ont "point eu à redouter l'opposition que font ailleurs aux établissements laïques les maisons dirigées par les congrégations religieuses ; toutes poursuivent le même but, la liberté.y^

Le pays, où le sentiment religieux parait encore être le plus vivace, a compris la nécessité de tenir les écoles en dehors des influences que l'esprit de prosélytisme pourrait exercer snr elles. C'est dans les temples et les églises, c'est sous la surveillance ^ des ministres des différents cultes c[ue doit se donner exclusivement l'enseignement religieux proprement dit, et que s*exp]iquent et se commentent les dogmes positifs. Dans la crainte de voir imprimer à l'instruction publique une tendance sectaire, la loi exclut les ministres du culte^ à quelque dénomination qu'ils appartiennent, de tous les comités dirigeant ou inspectant les écoles entretenues par l'État ; et quoique les instituteurs n'ouvrent jamais la classe ^sans faire faire à leurs élèves une prière commune et leur lire un chapitre de laBible,Jl leur est expressément défendu de faire mention des

dogmes d'aucune doctrine chrétienne particulière et d'aucune religion positive. Il est même des établissements où, comme dans Tinstitut des orphelins, fondé par Girard, à Philadelphie, l'entrée est strictement interdite à tout ministre de quelque culte que ce soit*.

Bien que ces prescriptions de la loi, tout en sauvegardant celle des libertés qui paraît aux Américains la plus précieuse, la liberté de conscience, donnent aux sentiments religieux et aux exigences de chacun des cultes qui se partagent le domaine de la foi, une satisfaction entière, elles commencent, il faut bien le dire, à soulever de nombreuses objections de la part des ministres, et en particulier de ceux du culte/htholique.

Le catholicité, en particulier, oppose à ce système d'énergiques réclamations. Il s'en autorise pour avoir des écoles sépai'ées. Ce qui ne l'empêche pas de demander sa part dans les subventions de PÉtat. Les Jésuites ont des établissements florissants à New-York, Baltimore, Washington, Cincinnati, Saint-Louis, la Nouvelle-Orléans et Mobile, Les chefs des diverses congrégations ont fondé partout des écoles paroissiales pour les enfants appartenant

1. Lorsque je me suis présenté au collège Girard, le concierge, voyant un visiteur en liabit noir et en cravate blanclie, et me prenant pour un révérend, avait commencé par me dire que je ne pouvais visiter Tintdricur de l'établissement.

à leur cultié. Il y a donc un commencement de lutte «ntre les écoles publiques, réunissant les enfants appartenant à tous les cultes, et les écoles privées, cuYertes seulement aux élèves faisant profession de telle ou telle religion déterminée. Il y a des ministres qui considèrent la tolérance comme conduisant à Findifférence en matière de religion, et, par suite, à Firréligion et à Tathéisme.

Quel sera le résultat de cette lutte, dans laquelle est engagée fortement la liberté de conscience? L'avenir nous rapprendra. C'est un point noir à signaler dans le domaine de l'éducation publique aux États-Unis.

J'en ai déjà signalé un autre dans le domaine de l'égalité démocratique : c'est la tendance de quelques familles riches à pj:éférer les établissements privés et payants ai^^ëcoles publiques, où tous sont admis gratuitement, sans distinction de rang et de fortune. Ce sont là des tendances trop inhérentes à la nature humaine pour qu'on s'étonne de les rencontrer dans la libre Amérique. La liberté it'ses inconvénients comme ses avantages; mais elle seule peut compenser les uns paîi les autres, et tant qu'elle continuera à être le principe suprême des institutions politiques, la démocratie américaine ne recevra point d'atteintes sérieuses.

Quant à l'enseignement lui-même, je crois en

avoir fait apprécier suffisamment l'esprit et les résultats. Conçu d'abord dans un esprit essentiellement pratique,, il a produit des effets excellents et inap: préciables en tout ce qui concerne les classes élémentaires. A mesure que l'on S'élève, on voudrait qu'il donnât une plus large part à l'imagination ; que les études historiques et littéraires ne se bor- «| nassent pas à des informations et à des recueils dç faits ; que les hautes facultés > dont la culture forme le goût et ouvre à l'esprit l'immense domaine de ridéal, y trouvassent une plus ample satisfaction. Mais c'est surtout dans les collèges et les universités, dont j'aurai àm'occuper dans une autre partie de ce rapport, que je pourrai indiquer quelquesunes des lacunes dont les Américains sont les premiers à se plcdndre, et qui tendent d'ailleurs à disparaître de jour en jour. Là aussi le zèle est immense et le progrès rapide. Il me sera difficile d'y constater un desideratum qui n'ait été signalé avant t moi par les hommes éminents qui s'occupent de l'enseignement public, et que l'on ne soit déjà en mesure de combler bientôt.

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