APERÇU GÉNÉRAL
Les principes qui président à Torganisation des écoles publiques, se retrouvent dans les établissements nioins nombreux, mais non moins remarquables, où les jeunes gens et les jeunes filles viennent chercher une instruction supérieure. Les uns et les autres ont été fondés, dotés et entretenus par TÉtat, les communes, les particuliers ou les associations libres, laïques et religieuses. Ils sont entièrement indépendants de l'administration centrale, renfermée par la Constitution dans la surveillance des intérêts communs à tous les États confédérés, et ne slmmisçant jamais dans les affaires particulières de chacun d'eux.
Les premières leçons que reçoivent les enfants, dans^ leurs familles et dans les écoles, tendent à leur
apprendre que, pour soutenir les épreuves de la vie, ils ne doivent compter que sur eux-mêmes. La société américaine se cooipose d^individus ayant de bonne heure confiance en leur propre force et en leur valeur personnelle. Le même sentiment domine pour tout ce qui concerne renseignement, aussi bien que pour les entreprises et les associations de toute nature.
Là se manifeste le caractère propre d^ la race anglo-saxonne, qui, pour conserver son indépendance, ne laisse à TÉtat que Tautorité nécessaire pour seconder et protéger le libre développement de l'énergie individuelle ; bien différente en ce point de nos races latines, tout imprégnées encore derespritdes institutions romaines et ayant longtemps considéré comme Tidéal des gouvernements une. administration savamment organisée, enveloppant dans son vaste réseau ou entraînant dans son action toutes les forces vitales d'un peuple; semblable à une vaste machine, dont toutes les parties fonctionnent comme autant de rouages, avec un harmonieux ensemble, sous l'impulsion d^un moteur unique. Rien n'est plus étranger à l'esprit américain.que cette conception de l'^/a^ enseignant, d'après laquelle s'est fondée notre Université française, et qu'a faitfléchir peu h peu le principe de la liberté pénétrant dans renseignement comme dans nos institutions poli^ tiques.
L'existence d'un ministère de Tinstruclion publique gouvernant, à Taide d'une puissante administration centrale, les écoles, les collèges et les universités, nommant à tous les emplois, rédigeant tous les programmes, imposant les méthodes d'enseignement, dressant la liste des livres classiques, réglant et contrôlant toutes les dépenses, dont le montant est déterminé d'avance par un budget toujours insuffisant (tâche immense, dont le parfait accomplissement dépasse les limites des forces humaines), est ce qu'il y aurait au monde de plus incompatible avec le caractère des États-Unis et l'esprit de leurs institutions.
11 ne me parait pas inutile que nos compatriotes se donnent, en les étudiant, le curieui et intéressant spectacle d'établissements créés sous des inspirations diverses ou sous l'empire de circonstances particulières, par l'initiative des habitants, le plus souvent par Teffet d'une donation importante, faite par quelque citoyen généreux.
11 n y a rien ici qui ressemble à l'indifférence que rencontrent ailleurs des établissements dont l'existence et l'entretien reposent sur la toute-puissance de l'État. L'instruction publique est Tafiaire de tout le monde ; elle trouve sans cesse de riches bienfaiteurs pour fonder des maisons d'éducation, et des citoyens disposés à leur offrir un concours désintéressé. C'est ainsi que se sont créés ces collèges^ ces
académies et ces universités, dont chaque année Yoit s'augmenter le nombre. Libres de toutes les entraves qu'imposent des traditions qu'il faut respecter, ils né sont pas exposés à se renfermer dans un cercle d'études ayant eu dans le passé leur raison 1 d'être, mais ne se trouvant plus d'accord avec les j exigences ou les aspirations du temps présent.
L'enseignement purement classique, qui a été pendant longtemps le seul en vigueur dans les plus célèbres collèges de TUnioil? fondés dans l'Est par les premières colonies anglaises, a subi, surtout dans ces derniers temps, de notables transformations\ A côté des chaires de littérature, d'histoire et d^ philosophie, qui ont fait la gloire des célèbres universités de New-Haven, de Cambridge, de Nevr- Yorketde Philadelphie, les sciences mathématiques^ physiques, chimiques et naturelles sont venues successivement prendre la place et l'importance qu'elles ont conquises dans le monde moderne. Les luttes entre la tradition, qui engendre la routine, et le be^ soin d'innover, qui est la condition du progrès, n'ont été ni longues ni ardentes ; un sentiment intelligent des besoins publics a dicté les sages transactions au moyen desquelles une ample satisfaction a été donnée aux partisans des anciennes études et « à ceux des nouvelles.
Pour se faire une idée des grands collèges des États-Unis, il faut, avant tout, se rappeler que, des-
tinés aux jeunes gens de seize ou de dix-sept ans, ils n'ont aucune analogie avec ces établissements qui, SOUS le nom de lycées ^ reçoivent à la fois et élèvent ensemble des enfants de neuf à dix ans et des jeunes gens de dix-huit à vingt. L'enseignement du collège américain ne s'adresse qu'aux jeunes gens parvenus à l'âge où les élèves dé nos lycées commencent ce qu'on a longtemps désigné sous le nom de classes d'humanités et de belles lettres. Ce ne sont plus des enfants, ce sont ou ce seront bien* tôt des hommes.
Us n'ont pas été soumis, dans le cours de leurs premières études, au régime de l'internat; c'est comme externes libres qu'ils participeront à un en« seignement supérieur.
Ce n'est pas au sein des villes populeuses^ c^est le plus souvent dans leur voisinage, au milieu d'une riante et fertile campagne, que sont établis les collégesj où les élèves respirent un air pur et peuvent se promener librement sur les bords des ruisseaux ou sous les allées que forment autour de l'établissement de beaux arbres séculaires. Plusieurs bâtiments séparés et ayant chacun une destination spé*» ciale^ chapelle^ classes^ bibliothèque^ salon^ cabinet d'histoire naturelle, collections scientifiques, sont groupés autour de delui qu'habite le directeur. Tout autour^ d'élégants cottages servent de demeures aux professeurs^ quipeuvent s'y Uvrèr avec calme àleur&
études de prédilection. Non loin du collège enQn, des maisons particulières où les élèTes trouTent le logement et la nourriture. Ils ignorent les contrariétés et les assujettissements de la discipline, suivent les cours de leurs maîtres, travaillent à leurs heures et trouvent sous la main tous les instruments de travail rassemblés pour eux à grands frais. Ils n*ont avec les professeurs dont ils reçoivent les leçons que des rapports affectueux ; ils écoutent leurs avis avec déférence, et ils peuvent puiser dans leurs entretiens une foule de connaissances qui complètent heureusement renseignement des classes.
Dans la revue que je me propose de faire des principaux collèges de TUnion, on pourra juger de l'importance des collections de toute nature, de la richesse des cabinets de physique et des laboratoires de chimie qu'ils possèdent et qui sont mis, de la façon la plus libérale, à la disposition des élèves.
Mais ce qui constitue pour eux un des éléments les plus puissants d'instruction, c'est l'existence, dans chaque établissement, de bibliothèques égalant et surpassant souvent, par le nombre et le choix de leurs volumes, celles de nos villes les plus importantes.
Une bibliothèque est considérée comme Tannexe le plus indispensable de toute école publique. Les leçons des instituteurs et des institutrices ne con-
COLLÈGES, UNIVERSITÉS, ÉCOLES SPÉCIALES. 9.?.i
stituent pas seules l'éducation : elles exercent et développent les facultés; elles donnent aux enfants les connaissances élémentaires; elles jettent dans leurs jeunes esprits des germes que développera Tavenir. Mais, à côté de cet enseignement, il en est un autre, tout aussi fécond en heureuses conséquences : c*est la lecture de bons livres. L'établissement de bibliothèques dans les villes, et même dans les villages, produit les plus heureux résultats. Il s'y forme des cercles de famille où, pendant le travail du soir, les jeunes gens lisent, à la grande satisfaction d un auditoire attentif, des ouvrages en vers ou en prose. Les hommes voués chez nous à la cause de l'instruction populaire, qui font de généreux efforts pour former partout des bibliothè* ques communales, n'ignorent pas que c'est une œuvre à laquelle travaillent avec ardeur un grand nombre de citoyens des États-Unis. Ceux-ci savent aussi apprécier de leur côté les louables efforts que font chez nous plusieurs hommes de cœur pour triompher de l'indifférence et de l'apathie qu'ils rencontrent, sur ce point comme sur tant d'autres, dans nos populations dépourvues de tout esprit d'initiative ^ On s'occupe depuis longtemps en Amé-
1. J'ai eu le plaisir de Toir, à Boston, le savant M. Ëliol, qui, en sa qualité de promoteur zélé de la formation de bibliothèques rurales, professe une vive sympathie pour les fondateurs de la Société française de Franklin.
rique, de rétablissement de ces bibliothèques. En 1847, le révérend Francis Weyland, président de l'université de Brown (Providence), affecta 500 dollars à la création d'une bibliothèque publique, à la condition que les habitants fourniraient pour le même objet une pareille somme, ce qui eut lieu. En 1 851 , sur la proposition du révérend J. -B. Whîte, la législature de New-York fit déclarer par une loi que toute ville et toute cité pouvait établir et entretenir une bibliothèque, recevoir les fonds nécessaires, établir des taxes spéciales et approprier à cet usage des bâtiments convenables.
L'État de Gonnecticut possède des bibliothèques, presque toutes ouvertes gratuitement au public. Le nombre des volumes réunis dans ces bibliothèques était de 989,474. Framingham et Waltham ont chacune 4,000 volumes; Weston, 2,500; Concord, 5,000; Sherborn, 1,200. Sudbury vient de recevoir un legs de 25,000 dollars, pour la création d'une bibliothèque. DansFannée 1 867 seulement, le même État a reçu pour cet objet des legs s'élevant à la somme de 1,1 00,000 fr.
Ce sont les livres qui ont servi à la fondation du collège d'Yale, à New-Haven. Dix des principaux membres du clergé de la colonie se réunirent à Braudford et s'engagèrent à fournir un certain nombre de livres pour la fondation d'un collège, 40 volumes in-folio formèrent le premier noyau d'une
bibliothèque qui en compte aujourd'hui 60,000. Dans rÉtat d'Iudiana, la législature votait tout récemment une taxe d'un dixième de mille de dollar sur la propriété imposable, pour l'achat de livres distribués entre les townships^ en raison du nombre des élèves des écoles* La somme de 41,000 dollars (20S,000 fr.) a été consacrée à cette acquisition. On a choisi les livres qui devaient former ces bibliothèques, et 28,000 exemplaires de ces ouvrages ont été répartis entre les diverses communes de l'État ^
1 . Je mets sous les yeax du leetear la liste de ces ouvrages : la Vie de la foi, par Upham. — V Horticulture dam Vlndiana. — Lettres aux mères, — Les Soldats d'indiana^ pendant la guerre pour le maintien de l'Union, — La Santé, ses amis et ses enne* mis, — Tribut de la Nation ù Àbrahdm Lincoln, — La Ménagère américaine. — Chronique de la famille Schomberg Cotta, «— leN très aux jeunes gens^ par Timothée Tilcomb. — Histoire de AimwtlL — Vinstmction élémentaire, — Eécits de la Genèse, — Comment on devient homme. — Histoire de Vlndiana^ par DlUon.
— Autour du monde, — L Éducation, par Herbert Spencer. — Manuel politique, — Le Cheval, par Yoall.— Les Arbres fruitiers,
— L'Enfant pauvre et le prince marchand, — La bonne Fille et la Femme sincère, — L'Homme d'État américain. — Mémoires sur la guerre, — L'Angleterre, par Macaulay. — Vie de Washington, par Cécil. — DiX'huit siècles de Christianisme. — Les Plaisirs de la science. — Sandford et Merton, — Lettres pour les jeunes gens^ par Dodd. — Les Soldais de la Bible, — La Famille et le Collège, — Poèmes de Bryant. — Les Écoles graduées, — Le Christ dans l'Histoire. — La Vie des Poëfes anglais > — Histoire des Puritains. — La Vie du Christ, — Statistique. — Encyclopédie de Chambers. — Les États-Unis, par Bankroft. — La Science du langage, par MUller. — Vie de Samuel Adams, — Vllliade d'Homère. — Beligion et Chimie, — Le Vrai, le Beau et le
L'habitude de la lecture, contractée de bonne heure en Amérique, grâce aux facilités que procure rétablissement des bibliothèques populaires, ne se perd jamais. Il n*est, sur ce point, aucune nation qui puisse soutenir la comparaison avec les États- Unis. De là rimportance extrême des journaux et des revues, devenus Tobjet d'un besoin universel et dont il serait difficile de ne pas reconnaître Fimmense influence sur l'éducation générale. Ils répandent partout, avec une rapidité incroyable, non-seulement les faits qui intéressent la politique , mais encore une foule de renseignements et d'informations qui constituent, pour ainsi dire, un fonds commun de sentiments et d'idées dont l'ensemble ne contribue pas médiocrement à la formation du caractère national K
Ce ne sont donc pas seulement des livres que l'on met entre les mains des jeunes gens des collèges; on ne craint pas de mettre à leur disposition les
Bien\ par Victor Gonsin. — Vie de Lincoln, par HoUand. — Les Races humaines, — Histoire de la civilisation en Europe^ par GaizoL — Les Œuvres poétiques, de Tennyson.
Le choix de ces ouvrages, dont quelques-uns sont si sévères et d'un ordre si élevé, rapproché des catalogues de nos bibliothèques communales, pourrait donner lieu à bien des observations.
t. Voir à V Appendice la noie sur les journaux des Élalg- Unis.
principales revues et les journaux politiques. J*ai TU partout, dans les collèges les plus renom mes pour la solidité de leur enseignement, des salles parti * culières établies pour la lecture des revues et des journaux. Les directeurs et les professeurs pensent qu'il est indispensable de donner à Tactivité qui se développe dans les grandes réunions d'étudiants un but sérieux. Ils veulent que tous les jeunes gens,tout en se livrant à leurs études classiques, se forment d'avance des opinions sur les questions morales et politiques qui agitent le monde. Des opinions, m/^me erronées, sur ces su* jets importants, valent mieux, selon eux, que l'indifférence; les généreuses émotions qu'elles font naître ne laissent point de place aux petites passions qu'exciteraient les débats stériles et les mesquines compétitions qui surgissent ailleurs dans les établissements scolaires. Occupés de discussions dans lesquelles est engagée la société tout entière, les esprits s'élèvent et s'éclairent, les âmes s'élargissent et la raison se mûrit. Pour maintenir l'ordre et la discipline parmi des étudiants accoutumés à méditer sur les grands intérêts de la patrie, il n'est pas besoin de cette surveillance inquiète et soupçonneuse qui contrôle tous les mouvements, épie tous les actes et met constamment aux prises
l'indépendance naturelle de la jeunesse avec
S2C DEUXIÈME PÂRflE.
raiitorité toujours contestée d'un sous -maître;
La statistique exacte des établissements consacrés à renseignement supérieur dans les trente-sept , États de TUnion n'est pas moins difficile à faire que celle des écoles publiques, pour lesquelles je n'ai pu oSrir que des appréciations approximatives. Le dernier recensement officiel ou census a été dressé et publié en 1860, et pendant les dix années écoulées depuis, il s'est produit dans l'état moral et matériel de l'Union américaine plus de changements que n'en avaient amenés les trente années précédentes. A l'aide des renseignements partiels que j'ai pu recueiUir, en consultant les rapports annuels des présidents ou des administrateurs des universités et des collèges, j'ai pu constater que le nombre de ces établissements s'élevait, en 1869, à 290 environ , réunissant de 70 à 80,000 étudiants des deux sexes, de dix-sept à vingt-quatre ans. Le personnel des professeurs était d'environ 3,000. On évaluait à 1,800,000 le nombre des volumes possédés par les bibliothèques des collèges.
Ce sont ceux d'Yale, à New-Haven, et de Harvard, à Cambridge (les plus anciens de l'Union), qui possèdent les plus riches bibliothèques : celle du premier contient 119,0ûj() volunies, et celle du second, 80,000; ceux de.Brown (Providence), de Darmoulh, de l'université de Georgetown et
Funiversité de Virginie en ont de 30 à 38,000 *.
Ceux qui réunissent le plus grand nombre d'élèves sont : l'université de Miehigan, à Ann-Arbor, 1,225; le collège d'Oberlin (Ohio), 1,136^; université de Madison (Wisconsin), 775; Packer- Institute (filles), à Brooklyn, 751 ; collège de la cité de New-York, 770 ; collège Manathan, à New- York, 597 ; université de Washington, à Saint-Louis, 618; université de Kentucky, à Lexington, 650 ; collège d'Yale, àNew-Haven, 505; collège de Notre-Dame, à Saint-Joseph, 500 ; collège Girard, pour les orphelins, à Philadelphie, 497 ; collège Harvard, Cambridge, 479 ; collège de Saint-François-Xavier, à New-York, 568; collège de Mont-Union, 459; université d'Iowa, 450; université Wesleyenne, 440; collège Comell, à Ithaca, 425 ; collège Colombien, à Washington, 432; coUégeColombia, à New-York, 429.
Sur ces 290 collèges ou universités, 90 seulement ont été fondés et sont entretenus par les États dans
1. U n'est ici queslion, bien entendu, que des bibliothèques appartenant aux collèges. Dans toutes les villes, même les moins considérables, se sont formés et se forment chaque Jour encore de nombreux établissements de ce genre par l'État, les corporationSi
les associations scientifiques. Les plus célèbres sont celle de Vin* ttitut Smit/isonien à Washington ; la bibliothèque communale da Boston, réunissant déjà 200,000 Yolumes; celle d'Astor à New- York, résultat d'une donation de plus de 2 millions faite à la ville par Topulent John -Jacob Astor.
2. Voir les détails que j*ai donnés sur cet établissement, h propos de la coéducation des deux sexes, p. 101 et suivantes.
lesquels ils se trouvent. Ils sont en conséquence ouverts aux enfants appartenant à tous les cultes. Les deux cents autres sont des établissements libres devant leur création à des particuliers ou à des corporations religieuses. Us portent les dénominations suivantes : méthodistes, 59 ; baptistes, 39 ; prèsbytériens, 32 ; catholiques romains, 31 ; épiscopaux, IS; évangélistes luthériens, 12; congrégationalistes, 1 1 ; fils du Christ, 4 ; frères unis, 4 ; universalistes, 2 ; unitairiens^ 2 ; allemands réfor« mes, 2 ; amis (à Lebanon), 1 ; disciples, i ; campbellistes (à Eurêka), 1 ; swedenborgiens, 1.
Deux grand établissements militaires ont, aux États-Unis, une réputation méritée : c'est l'école militaire de Westpoint et l'école navale d'Annapolis.
Outre ces établissements, portant indifférenunent les noms de collèges ou d'universités, les États de l'Union comptent 83 séminaires théologiques, qui réunissent 4,834 étudiants appartenant aux cultes suivants : catholiques, IS ; baptistes, 15 ; presbytériens, 12; épiscopaux, 12; évangélistes luthériens, 8 ; épiscopaux, 7 ; méthodistes, 7 ; unitairiens, 3 ; allemands réformés, 2 ; universalistes, 1 . — 385 professeurs y sont employés, et leurs bibliothèques possèdent 437,000 volumes.
Les écoles de médecine sont au nombre de 51, ayant 443 professeurs, 6,637 étudiants, sur lesquels
COLLÉfiES, UNIVERSITÉS, ÉCOLES SPÉCIALES. 220
3,882 ont été gradués; leurs bibliothèques contiennent 78,755 volumes.
Les écoles de droit sont au nombre de 22, ayant 74 professeurs et 1,442 élèves.
II faut enfin joindre à toutes ces écoles les vingtdeux nouvelles institutions, fondées en vertu de r agriculture collège act^ attribuant 9,51 0,000 acres de terre à la création d'écoles spéciales d'agriculture, d'arts mécaniques et de sciences appliquées.
C'est dans les collèges et les universités que se confèrent les grades de bachelier, de maître et de docteur, pour les divers ordres d'enseignement. En Amérique, comme en Europe, les diplômes qui attestent la possession de ces titres sont à la fois le couronnement des études libérales et la condition requise pour Texercice de certaines fonctions.
Mais il est un autre genre d'établissements où les jeunes gens et les jeunes filles recevant une éducation analogue à celle que donnent les collèges proprement dits, peuvent obtenir les grades auxquels donnent droit les connaissances comprises dans l'enseignement secondaire : ce sont les Aca-demies^ établissements particuliers, dont j'ai dit un mot dans la première partie de cet ouvrage * . Bien que placées dans un rang inférieur à celui des col-