‹ L'instruction publique aux États-Unis. Écoles publiques, colléges, universités, écoles spécialesChapitre 62 sur 134 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

voir leur pays marcher l'égal de ceux où les sciences, les arts et les lettres sont le plus en honneur,

inspire aux habitants une émulation généreuse. Ceux-là même qui ont passé leur vie dans les affaireSy au milieu de spéculations industrielles ou commerciales, sentent qu'il ne sufât pas à une nation de s'élever au rang des plus riches et des plus puissantes; qu'il est une gloire plus haute à laquelle elle doit prétendre sous peine de déchoir. Us comprennent que les œuvres industrielles ne doivent leurpcrfection qu'aux découvertes delasience; que la main qui exécute a besoin d'être conduite par rintelligence qu'éclaire l'étude des théories. Ils veulent que leurs théologiens, leurs jurisconsultes, leurs médecins, leurs ingénieurs, ne soient pas inférieurs en savoir aux hommes éminents qui remplissent l'Europe de leur renommée. Ils ont enfin la prétention d'avoir, ainsi que les autres peuples, leurs poètes, leurs musiciens, leurs peintres, leurs sculpteurs et leurs architectes, comme ils ont déjà leurs financiers, leurs constructeurs, leurs négociants, leurs publicistes, leurs historiens et leurs hommes d'État.

C'est soùs l'influence de ces sentiments que se sont élevés depuis un demi- siècle les universités et les collèges, créés pour ainsi dire de toutes pièces, et réunissant, dès les premiers jours dé leur existence, des moyens de travail supérieurs, par leur

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nombre et leur importance, à ceux que les plus flo • rissantes universités de l'Europe ne parviennent à se procurer qu'après de longues années. Des États dont la formation date de vingt ans, et dont les noms sont à peine connus de l'ancien monde, voient chaque jour se fonder des écoles de hautes études, pour lesquelles de vastes bâtiments se con^ struisent et qu'une munificence inépuisable s'empresse de pourvoir de biblipthèques, de laboratoires^ de musées, de gymnases, d'observatoires astronomi* ques. Il ya dix ans, un savant Suédois', visitant les établissements d'instruction des États-Unis, s'éton^ nait de ne point y rencontrer de collèges consacrés à l'enseignement de l'agriculture , du commerce et des arts mécaniques. Quelques années après, un acte du Congrès comblait magnifiquement cette

lacune, et aujourd'hui fleurissent trente écoles spéciales de ce genre, richement dotées et s'organisant de la façon la plus intelligente et la plus large.

Tout en rendant hommage au zèle et au bon vouloir des Américains , et en reconnaisant qu'aucune nation^ n'attache à l'éducation et au savoir une plugfgrande importance, on pourrait croire que les ji^ultats ne répondent pas à l'étendue des sacjffices. Ce serait une erreur. D'abord, il faut bien

/ 1. M. SilicstrOm.

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retard çomtne ne pouvant sans danger/ être offert aux enfants des classes ouvrières? Où trouveraiton des jeunes gens et des jeunes ûlles plus réflé-

' chis , d*un esprit plus mûr, ayant dans Tordre des sciences et dans celui des lettres plus observé , ayant recueilli plus de faits, connaissant mieux rhistoire de leur pays, ses productions, ses ressources, ses institutions politiques, ayant en un mot appris de bonne heure à aimer leur patrie et à en être fiers? Grftce à cette éducation première dont cEacun peut prendre sa part, etjbnt la presque totalité des habitants profite, il n*est point de pays où le besoin de la lecture soit plus général. Les livres et les journaux dont personne ne peut se passer sont partout, pasisent de main en main , et popularisent sur tous les sujets une foule de connaissances qui, lorsqu'elles ne trouvent pas leurs applications pratiques, écldrent et développent les intelligences. Et qu'on ne s'y. trompe pas : ce ne sont pas ces ouvrages, ou malsains ou frivoles, de-

* venus en France, comme nous le déplorons avec tant de raison, l'aliment le plus ordinaire de cette partie trop minime, hélas! du peuple qui sait où qui veut lire. Il se'compose sans doute aux États-Unis des romans et des œuvres d'imagination dont les sujets sont cherchés en dehors de la vie réelle; mais ce ne sont pas ceux que préfère un peuple qui lit pour s'instruire et ne demande pas à ses lectures

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un vaîn amusement. On serait étonné ep voyant quels sont les' livres que Ton trouve le pljus souvent entre. les mains des plus simples ouvriers, dea hommes et des femmes du peuple. Ce sont, après les ouvrages politiques et les journaux, dès livres d'histoire et de voyages , et des traités scientifiques'.

Et il faut bien qu*il en soit ^nsi chez les nations où tous les citoyens sont appelés à prendre une part directe aux affaires du pays. L'école les a préparés admirablement aux devoirs qu'ils ont à remplir. L'État ne les trouvera jamais trop éclairés, ni trop instruits; or, person^nelïç niera que des hom* mes ayant un rôle à remplir dans tous les actes de la vie politique et civile, ne trouvent dans cette nouvelle école de puissant| moyens d'instruction. * :" Ne sont-ce pas, en effet, de véritables écoles d'enseignement ^i^^es meetings dans lesquels s'agitent toutes les questions qui intéressent non pas seulement la politique, mais encore tout ce qui peut éclairer les esprits sur les finances, le commerce y l'industrie, l'économie politique, l'éducation? N'oublions pas ces lectures publiques, ces conférences qui ne sont pas seulement, comme chez nous, d'ai«

'- 1. M'approchanl un jour, dans une des rues de New-York, d'une pauvre vieille qui faisait la lecture» tout en Téndaiit des objets dé la plus mince Valeur, je m'aperçus que le livre qu'eitiB tenait à la main était un recueil de poésies de Longfullow.

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