‹ L'instruction publique aux États-Unis. Écoles publiques, colléges, universités, écoles spécialesChapitre 63 sur 134 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

liiables causèjries d'hommes d'esprit, mais de véritables leçons faites devant des milliers d'auditeurs accourus pour s'instruire et non pour se distraire, par des savants spéciaux , apportant des idées nouvelles ou exposant les résultats de leurs propres découvertes. ' ,

Les pays de suffrage universel ont besoin de citoyens éclairés ; ils ne sauraient en avoir un trop grand nombre. Chez les nations où n*ont pas encore pénétré lès principes qui régissent les démocraties, on s'est habitué à considérer une éducation supé* rieure comme devant être surtout le partage des hommes qui aspirent aux fonctions publiquea. C'est celte pensée qui, il y a quelques années, donnait lieu, en Frdiice, à tantale déclamations contre l'extension donnée à l'enseignement classique. Tout bachelier, se présentant sous les traits d'un futur fonctionnaire, était un objet de, terreur pour ceux qui, n'ayant qu'un nombre limité de places à distribuer, voyaient des conspirateurs dans tous les Jaunes gens sans emploi. On ne s'habituait pas à ' l'idée de/ voir dés agriculteurs, de simples marchands ou des ouvriei:s pourvus d'une instruction supérieure à celle que donnent les écoles primaires. Il me semble que l'avènement 4'un système politique, ayant le suffrage universelpourbase, a fait ouyrir les yeux aux plus aveugles, et qu'en voyant les terribles effets de l'ignorance et le désordre social

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dont il faut lui imputer la plus grande partie, on ne serait pas fâché aujourd'hui d'être, comme l'Amérique, en possession d'un large et vaste système d'éducation populaire.

Il est une autre erreur, aussi généralement répandue et contre laquelle on peut encore invoquer l'exemple de T Amérique : c'est qu'en étendant à toutes les classes les bienfaits dé l'instruction, on sjexpose, par cette immense extension, à en abaisser le niveau. « 11 y a sans doute, dit-on, une certame somme de savoir répandue sur toute la surface des États-Unis, mais les hautes parties de la science ne sont abordées que par un petit nombre d'intelligences privilégiées. L'Amérique n'a pas des astronomes, des géologues, des chimistes, des historiens, des artistes, des poètes, des philosophes, dés philologues aussi éminents que ceuxdoat s'honçrent la France, l'Allemagne, l'Angleterre ou TltaUe. Les études dans les collèges, les universités, les facultés de droit, de médecine, de lettres et de théologie ne peuvent pas être aussi fortes que dans les nôtres. »

J'ai fait voir, en produisant leurs programmes, que les établissements d'enseignement supérieur s'apprêtent à soutenir braiment la concurrence. Je me suis borné à faii*e connaître les moyens qu'ils possèdent^ les méthodes employées par leurs professeurs, les conditions dans lesquelles sont placés les étudiants qui suivent leurs cours. La question

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de savoir en quoi nos bacheliers ou nos docteurs sont supérieurs ou inférieurs à ceux qui prennent leurs grades en Amérique me semble d'une importance fort secondaire. Je signalerai seulement la principale différence qui existe entre le mode d'instruction suivi dans les facultés des deux pays : c'est que, pendant toute la durée des cours, les étudiants des universités américaines ne sont pas de simples auditeurs, écoutant avec plus ou moins d'attention les leçons d'éloquents prrfesseurs ; ce sont, jusqu^à lafin, de véritables élèves travaillant sous leurs yeux, guidés et dirigés par eux, et trouvant enfin, pouf ce qui concerne les études scientifiques, toutes les ressourcesjlaboratoires de recherches et instruments de travail dont on a songe, cette année même, à pourvoir nos étudiants dans l'établissement fondé sous le nomd'éçole pratique des hautes études. Nous avons été sur ce point devancés par l'Amérique.

Je n'ai plus, en terminant, que quelques mots à ajouter aux considérations qui précèdent.

Ce qui me paraît devoir résulter le plus clairement de cette étude sur l'instruction publique aux États-Unis, c'est l'admirable puissance que possède l'initiative privée dans un pays où les citoyens, ne demandant rien à leur gouvernement, ont pris de bonne heure Fhabitude de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins, de se réunir, de se concerter, decombiner leurs moyens d'action, de déterminer l'éten-

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