DE L\ SECONDE ÉDITION. V
surveiller eux-mêmes remploi de ce fonds des écoles, qui est la première et la plus considérable de leurs dépenses annuelles. Ce ne sont pas quelques fonctionnaires, dont le zèle et les lumières, quelque grands qu'ils puissent être, ne sauraient suffire à une lâche aussi étendue et aussi lourde, ce sont six cent mille citoyens , répartis en comités formés par voie d'élection, qui se partagent le soin de veiller à l'éducation nationale. Ils n'attendent pas que l'autorité étende ou restreigne, selon ses craintes ou ses préjugés, ses programmes officiels, pour déterminer la nature des études que doivent suivre les sept millions d'enfants dont une éducation aussi large que rationnelle fera des hommes. Ils ne demandent pas à un préfçt ou à un recteur de former et de nommer des instituteurs : ils créent euxmêmes les écoles normales qui les préparent, et ils les placent dans les établissements où ils pourront rendre le plus de services.
Partout où l'instruction publique est dirigée par l'État, elle ne figure que pour une soinme insuffisante dans un budget dont la guerre absorbe la plus grande partie. C'est à grand'peine alors que l'on peut organiser un système d'éducation publique conforme aux besoins de la société. Savoir lire et écrire et compter est presque le nec plus ultra du savoir que l'on se borne à désirer pour les fils et les filles des ouvriers et des agriculteurs. Aux Étals-Unis, tous les enfants peuvent participer à un enseignement que donnent à peine nos meilleurs collèges.