‹ L'instruction publique dans les États du Nord: Suède, Norvège, DanemarkChapitre 18 sur 70 · PRÉFACE. XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXV

Ce rapport, édité avec luxe par rimprimerie nationale, sous les auspices du ministère de l'instruction publique, n'est malheureusement tiré qu'à un petit nombre d'exemplaires. Répandu dans le monde officiel, il n'arrivera pas à ceux qui doivent surtout s'intéresser aux progrès de l'éducation publique, c'est-à-dire aux pères de famille, dont on ne se préoccupe jamais assez. En Amérique, c'est toujours au public que l'on s'adresse pour tout ce qui concerne les écoles. Aussi personne n'y demeure indifférent à toutes les questions d'éducation. Un des plus grands services que la presse périodique pût rendre au pays , serait de porter à la connaissance du public les faits consignés dans des rapports volumineux destinés à un petit nombre de lecteurs. Le rapport de M. Buisson est le premier ouvage où l'on trouve réunis les éléments d'un tableau comparatif permettant d'apprécier le mouvement vraiment remarquable qui se produit en faveur de l'éducation populaire dans les différents États de l'Europe.

XXYI PRÉFACE.

Ce qui doit préoccuper avant tout les gouyernements et les particuliers qui fondent des écoles, c'est la nécessité de les construire de manière à y réunir tout ce qui peut assurer le bien-être et la santé des enfants. On peut dire que sur ce point toutes les nations semblent aujourd'hui rivaliser de zèle. Le choix du site, la disposition des salles destinées à l'enseignement, les cours, les jardins ou les préaux couverts pour les récréations, les systèmes de ventilation, d'éclairage, et, chose non moins importante, la forme des tables, des pupitres ou des bancs, offrent de nombreuses variétés. Elles attestent jusqu'à quel point on cherche à se conformer partout aux conditions hygiéniques prescrites par la science. Parmi les plans-modèles exposés à Vienne, on a remarqué ceux de la Suède, de l'Autriche, des États-Unis; M. Buisson reproduit le plan d'une admirable maison d'école rurale autrichienne, possédant tous les avantages que l'on serait heureux de voir réunis dans nos écoles de campagne.

Les photographies des nouveaux groupes

PRÉFACE. XIVII

d'écoles construits par la ville de Paris ont donné une idée des sacrifices que la ville s'impose pour remplacer les anciennes maisons d'école, si misérablement installées, par des édifices parfaitement appropriés aux besoins qu'il faut satisfaire. Il manquera toujours, il est vrai, aux écoles des grandes villes, l'air et l'espace qui peuvent être prodigués aux écoles rurales ; mais c'est à l'architecte qu'il appartient de disposer les classes de manière à éviter les inconvénients que cause toujours l'agglomération des enfants sur un même point.

Les règlements français exigent que l'aire d'une classe ne donne pas moins d'un mètre carré à chaque élève et de quatre mètres de hauteur. Les classes doivent être largement éclairées de manière que la lumière se trouve sur la gauche des élèves. On ne saurait croire combien ces prescriptions sont utiles pour la santé de l'enfant.

Le manque de lumière a des inconvénients pour les yeux, une position gênée sur un banc, une mauvaise disposition de la table sur laquelle il écrit nuisent à son développement physique. Il ne faut pas perdre de vue que, sur 400 déviations de la colonne vertébrale obser-

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