‹ L'instruction publique dans les états du nord: Suède--Norwége--DanemarkChapitre 39 sur 75 · DES FEMMES · texte numérisé non relu

DES FEMMES

Dans les dix dernières années , on s'est occupé de donner aux femmes une éducation plus systématique et plus approfondie, et de leur préparer des moyens d'existence. Aussi, depuis peu, de nombreuses maisons d'éducation ont été fondées pour leur ouvrir l'accès d'emplois et de métiers dont elles étaient auparavant exclues.

Un court aperçu des institutions qui sont en Suède destinées aux jeunes filles fera connaître les mesures employées pour assurer aux femmes les avantages d'une instruction supérieure.

1** Le séminaire de Stockholm, pour former des institutrices, fondé en 1861. Le nombre des professeurs se monte à 18; celui des élèves à 57. Le cours dure trois ans et l'enseignement est gratuit. Les objets d'instruction sont :

La religion, l'histoire sainte, la langue suédoise.

ilO L'INSTRUCTION DANS LES ÉTATS DU NORD.

la mythologie des peuples Scandinaves, les langues française, allemande et anglaise, l'histoire du Nord, l'histoire générale, la géographie, Thygiène, les mathématiques, la pédagogie et les méthodes, le chant, le dessin et la gymnastique {Cours obliga-toires).

La botanique, la zoologie, la chimie, la physique, la géométrie, l'algèbre, les langues française, anglaise et allemande [Cours facultatifs),

2° L'École normale pour les jeunes filles, fondée en 1864, et qui est une sorte de préparation pour le séminaire : 22 professeurs, 264 élèves. On y enseigne : la religion, les langues suédoise, française, allemande et anglaise, l'histoire de la Suède, l'histoire générale, la géographie, l'arithmétique, la géométrie , la physique , la calligraphie , le chant^ le dessin, la gymnastique et des travaux manuels.

3° Des écoles élémentaires supérieures pour les jeunes filles, fondées et instituées dans le genre de l'École normale donnant à peu près le même enseignement.

Stockholm a cinq écoles privées , dont la plus ancienne date de 1833 et a été fondée par l'archevêque WaUin et le professeur Frynell , connu comme historien; la plus récente date de 1870. Le nombre des professeurs qui se trouvent dans ces écoles se monte à 124, et celui des élèves à 877.

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A Upsal, il y a trois écoles; la plus ancienne date de 1849, la dernière de 1871 ; 32 professeurs et 246 élèves.

A Gôieborg, une école, fondée en 1 867 ; 19 professeurs et 126 élèves.

Dans toutes les grandes villes de province, excepté dans celle du Nord , il y a des écoles de ce genre. Les plus anciennes remontent à 1847, la plupart datent de 1860. Beaucoup sont dirigées par des institutrices qui ont fait leurs études dans le séminaire de Stockholm.

Dans aucune de ces écoles renseignement n'est igratuit; cependant, sur une proposition du roi au Reichstag, une subvention a été demandée pour la construction de quatre institutions élémentaires destinées aux jeunes filles dans les villes de province, de sorte que celles-ci jouiront comme les garçons d'un enseignement gnituit.

4" Cours pour les jeunes filles, institués par Kossander en 1833. L'enseignement, qui est donné par 1 professeur et 6 institutrices , a lieu dans l'après-midi, et sur les sujets suivants : histoire sainte, histoire de la Suède, histoire naturelle, botanique, géographie, esthétique, langue suédoise, géométrie, calcul, algèbre , chant. Le nombre des élèves est de 60 chaque année, plus 100 qui ne font qu'assister à certains cours.

A 6es cours est jointe une école de couture, où les

élèves apprennent les travaux d'aiguille et la confection des vêtements de femme.

Il y a 1 institutrice et 14 élèves.

5° L'Académie royale de musique, recevant depuis 1854 des élèves du sexe féminin, qui étaient en 1872 au nombre de 84. L'enseignement est gratuit. On y enseigne : l'harmonie, la composition, l'instrumentation, la lecture de la musique, l'histoire et l'esthétique* de la musique; le solo^ le chœur, le piano, le violon, le violoncelle, la contrebasse, les instruments à vent. Ces derniers ne font pas partie de l'instruction des femmes.

Le plus grand nombre d'élèves du sexe féminin, pendant une année scolaire, a été de 137 . L'examen complet d'harmonie, qui comprend l'harmonie, le chant, le piano, l'orgue, a été subi par 57 élèves. L'examen complet de directeur, qui comprend l'harmonie , l'histoire du contre- point, l'esthétique de la musique, l'instrumentation , le chant, le violon, le violoncelle, le piano, a été subi dans l'automne de 1872, pour la première fois, par une femme, qui a reçu un très-brillant certilicat pour son talent sur l'orgue.

G° L'Académie royale des beaux-arts ouverte, en 1 864, aux élèves du sexe féminin. Cependant on ne leur donne qu'un enseignement limité; on leur apprend le dessin d'après des modèles en plâtre et vivants, les effets de draperie, la peinture, l'ana-

tomici, la perspective. Le nombre des élèves ne doit pas aller au delà de 23. Celles qui désirent y entrer concourent entre elles pour les places vacantes. L'enseignement est gratuit.

7** L'École industrielle de Stockholm, depuis 1854 est accessible au sexe féminin. On y enseigne : le dessin, la peinture, le modelage sur l'argile et la cire, la lithographie , la xylographie , la gravure en taille-douce, la perspective, la calligraphie, la tenue des livres, le vernissage, l'arithmétique, la géométrie, le suédois, l'allemand, le français et l'anglais. L'enseignement est presque gratuit, car chaque élève ne donne que 30 ores par mois, et 50 de supplément par semaine pour l'étude des langues.

Cette école est très-fréquentée ; elle réunissait, en 1873, 791 élèves du sexe féminin.

8" L'Institut central de gymnastique, dans lequel des élèves du sexe féminin figurent comme institutrices. Il y a deux enseignements : 1** théorique : anatomie, physiologie et hygiène, dynamique, pathologie, principes delagymnastiquepour les malades et les bien portants ; 2° enseignement pratique : exercices de gymnastique pédagogique et leur application aux malades. Eu 1820, une femme fut reçue pour la première fois comme maîtresse de gymnastique; depuis 1864 on en a reçu 56; en 1872 on y instruisit huit femmes. Il y a trois femmes qui

sont maîtresses à l'Institut. L'enseignement est gratuit.

9° Maisons d'éducation pour les sages-femmes. Il y en a à Stockholm, àGôteborgetàLund, oùron enseigne gratuitement l'accouchement en général, à saigner, à vacciner et à soigner les petits enfants. Le cours dure un'an, et un peu plus pour celles qui désirent avoir la permission d'employer les instruments, ce qui est généralement désiré parce que les sages-femmes qui l'obtiennent inspirent une plus grande confiance. Une telle permission n'a pas été accordée sans -difficulté. Aujourd'hui il n'y a plus d'opposition, mais dans les cas graves oh doit appeler des médecins. Depuis 1829, époque où les sages-femmes ont obtenu la permission de se servir d'instruments, aucune plainte ne s'est élevée contre elles pour une méprise ou une négligence dans l'exercice de cette partie de leur profession. Les chiffres suivants en font foi :

En 1860, 203 accouchements ont été opérés par les sages-femmes avec des instruments, 189 avec desinstruments^émousséset 16 avec des instruments tranchants; 200 mères seulement vécurent et 5 moururent; 149 enfants vécurent. En 1869, les sages -femmes opérèrent 362 accouchements avec des instruments, 341 avec des instruments émoussés et 21 avec des instruments tranchants ; 347 mères survécurent et IS succombèrent; 270 en-

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fants vinrent au monde vivants. A Stockholm, les sages-femmes ont joui, depuis environ 200 ans, du droit d'enseigner. L'institution semble avoir été complètement organisée en J760. 32 élèves ont été chaque année reçues^ et parmi elles 12 sont logées et nourries dans l'établissement.

Celui de Lund date du commencement de ce siècle, et le nombre des élèves qui s'y trouve est de 15. La fondation de l'Institution de Gôteborg a eu lieu en 1836, et le nombre des élèves est maintenant de 37. Aujourd'hui il y a en Suède 1,850 sages-femmes, dont 143 à Stockholm.

10** Séminaires pour les institutrices des écoles populaires. Il y en a un à Stockholm , fondé en 1866, 113 élèves; un à Skara, qui est plus ancien et compte 78 élèves. L'enseignement est gratuit et comprend : la religion , le suédois , le calcul , la géométrie , l'histoire , Ja géographie , la physique , la pédagogie, la méthode, la musique, la calligraphie, le dessin linéaire, la gymnastique, l'horticulture, la natation.

H" Écoles populaires , répandues partout, dans les villes aussi bien que dans les campagnes; en 1871, il y avait 2,540 écoles populaires -fixes ; 1,145 écoles populaires ambulantes, 3,833 petites écoles, avec 2,776 institutrices en tout et environ 280,000 élèves du sexe féminin. On y enseigne la lecture, la religion, le suédois, l'arithmétique,

la géographie, Thistoire, la physique, la calligraphie, le chant, la gymnastique et des travaux manuels.

12® L'École supérieure populaire pour les femmes, à Samuelsbergi fondée en 1 870, ayant pour but de répandre chez les filles des cultivateurs une plus haute instruction que celle des écoles populaires, et de faire d'elles de bonnes mères de famille et de bonnes institutrices. On y enseigne : la religion, le suédois, l'histoire de Suède, la géographie, le dessin d'imitation , la calligraphie , les travaux manuels. En outre, on consacre quelques heures par semaine à la géométrie, à l'arithmétique, à la tenue des livres et à l'histoire naturelle. Ily a 2 professeurs et i institutrice ; le nombre des élèves se monte à 37. L'institution est encore trop récente pour qu'on puisse apprécier les résultats obtenus.

^y Écoles de couture pour les enfants des classes pauvres. Il y a dans beaucoup de villes et même à la campagne des écoles où l'on enseigne gratuitement à filer, tisser, coudre, marquer le linge et tricoter, dans quelques-unes même à faire du crochet et des nattes.

14® Parmi les écoles oii l'on enseigne aux jeunes filles , en dehors des classes , les choses nécessaires à l'entretien d'une maison, on peut citer :

Trois à Stockholm : 1° l'établissement de Muhrbeck, fondé en 1747 et voué à cette destination

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en 1770. 295 jeunes filles y sont instruites, entretenues et soignées, et en sortent comme domestiques. Il y a 41 jeunes filles qui, ayant reçu renseignement ordinaire des écoles élémentaires, apprennent en outre à cuire, à laver, à repasser, à filer, tisser, coudre et tricoter. 2° l'établissement de Malmqvist, qui fut fondé en 18S2, par deux époux malheureux , pour recevoir 3 enfants abandonnés, niais qui aujourd'hui a pris un tel développement qu'il compte 83 pupilles. 286 jeunes filles en sont sorties, les unes comme institutrices, les autres comme servantes. Dans ces deux établissements, on reçoit des enfants dès leur première jeunesse. 3° l'École pratique, fondée en 1870, comprenant 1 8 élèves. Pour y être reçu, il faut avoir atteint l'âge de 43 ans et avoir fini ses éludes, parce que renseignement ne comprend que les travaux pratiques qui sont nécessaires à une servante ; le cours dure trois ans.

A Gôteborg, il y a aussi une école pratique, fondée en 186S, à peu près d'après les mêmes principes que la précédente; 23 jeunes filles en suivent les cours, 60 à 70 sont déjà sorties comme servantes. Dans beaucoup de villes de province, il y a de semblables écoles existant déjà ou en voie de formation.

Les kinderheime, qui ont également pour but de former de leurs protégés du sexe féminin des

servantes, sont répandues par tout le pays. Parmi celles-ci, on peut citer celle de la princesse Eugénie, fondée en 1860, à Stockholm, mais transférée par sa protectrice, en 1868 , à Gotland, dans le voisinage de la résidence d'été de la princesse. Les enfants y sont reçus dès leur enfance, reçoivent l'instruction des écoles populaires et sont de plus exercées aux travaux manuels et à ceux du ménage. 28 jeunes filles en sont déjà sorties, et présentement il y en a 46.

15"* Des écoles du dimanche et du soif, dans lesquelles les enfants pauvres sont instruits à certaines heures de l'après-midi par les filles des classes instruites, sont établies à Stockholm et en province. On y enseigne, le dimanche, la religion et le chant, et les jours de la semaine l'arithmétique, la calligraphie, l'orthographe, l'histoire naturelle. A Stockholm, le nombre des professeurs et des institutrices monte à environ 140, et celui des élèves à 2,000.

16"* Écoles de raccommodage. 11 y en a quatre à Stockholm, avec environ 16 maîtresses bénévoles et 160 élèves ; on a pour but d'apprendre aux jeunes filles pauvres à conserver leurs vêtements en bon état.

Pour engager à établir des écoles de ce genre et procurer aux femmes l'accès de plusieurs carrières réservées aux hommes, deux dames suédoises

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ont fondé à leurs frais une feuille, le Journal des Familles y qui a soutenu pendant dix ans avec chaleur les intérêts de leur sexe. Le but principal de ce journal a été de raffermir l'esprit de famille. Pour répandre la lecture des bons ouvrages et les rendre accessibles même aux gens pauvres, la rédaction du journal a fondé à Stockholm, en 1867, un cabinet de lecture dont on prêtait les livres et les manuscrits.

Plusieurs femmes , en Suède, se sont fait remarquer par leurs ouvrages; on peut citer M™' Lenngren (née en 1754, morte en 1817) et Frédérika Bremer (née en 1801, décédée en 1866), connue et estimée de tout le monde civilisé.

Des cantatrices célèbres montrent jusqu'à quel point l'art musical est développé en Suède :

Jenny Lind, Christine Nilsson, Louise Michaeli ont acquis une célébrité européenne. Quant aux talents plus obscurs qui constituent la bonne ménagère, l'Exposition universelle a montré que les femmes suédoises les possèdent à un très-haut degré. La première Suédoise qui s'est fait connaître dans ce siècle, par son talent de peintre, fut Sophie Adlersparre (née en 1808, morte en 1862), qui sut triompher de toutes les difficultés de son art. Beaucoup de Suédoises ont été remarquées à la dernière exposition de Vienne. Parmi elles citons : Amélie Lindegren, Agnès Borjesson, Ma-

thilde Dietrichson, etc., dont on a admiré les chefsd'œuvre.

La sulpture compte aussi de véritables talents parmi les dames suédoises qui se spnt adonnées pour leur propre satisfaction à cet art difficile.

Parmi les médailles, une des plus belles quiaiept été exposées a été exécutée par madame Lea AUborn, qui, depuis 1853, a obtenu la place de médailleur et de graveur dans le cabinet royal des médailles, à Stockholm.

Dans l'Académie des sciences il y a trois femmes: une pour les sciences zoologiques, et deux pour les sciences géologiques; et plusieurs exécutent à l'aquarelle pour cette académie des dessins de plantes, de fleurs.

La gravure sur bois, la xylographie, la lithographie, la gravure en taille-douce et la photographie sont pratiquées avec succès par des femmes.

Elles ont obtenu par des décrets du 29 septembre 18S3 et du 21 octobre 18S9 le droit d'exercer les fonctions d'institutrices dans les écoles publiques; et par un décret du Reichstag de 18S9-i86(), on leur a accordé le droit de pouvoir exercer la fonction d'organistes au service de TÉtat. Par les décrets des 18 janvier et 18 juin \ 861 , elles ont obtenu l'autorisation de subir les examens de dentisterie et de chirurgie. Le Reichstag de 1862 à 1863 leur a accordé le droit de diriger des bureaux de télégra-

phes, et d'être employées partout comme gardesmalades : Par Tordonnance royale du 3 juin d870 elles peuvent subir Texamea de maturité dans les écoles élémentaires supérieures, et être admises comme étudiantes dans les universités, enfin exercer la médecine, après avoir subi les examens requis.

Le résultat pratique de ces concessions se manifeste par les chiffres suivants :

Comme institutrices dans les institutions fondées ou surveillées par l'État, on compte en ce moment 2,836 femmes, dont seize pour le dessin, trois pour la musique dans les écoles élémentaires de garçons. Des institutrices enseignent dans trois écoles élémentaires privées pour les garçons, à Stockholm, non-seulement dans les basses classes , mais encore dans les classes supérieures. Deux femmes ont subi, l'une à Stockholm et l'autre à Copenhague , leur examen de dentisterie et elle exercent cet art avec une grande habileté. Trois femmes ont aussi subi avec succès l'examen de chirurgie.

On a ouvert, en 1867, un cours pratique et théorique pour les gardes-malades, à l'hôpital d'Upsal , c'est une femme qui le dirige et qui a reçu son instruction à Londres. Ce cours a été suivi par vingt-sept femmes, qui ont été placées dans les hôpitaux. Deux dames désireuses aussi de présider

aux soins qu'on donne aux malades dans les hôpitaux s'efforcent en ce moment d'acquérir les connaissances nécessaires.

Dans un hôpital de Stockholm [Diaconisses-- /^>«wÂ:e/zAaw5), qui peut recevoir quarante malades, et a été ouvert en 1857, tous les soins sont donnés aux malades par des diaconesses, avec l'assistance d'un médecin. La plupart des remèdes employés sont préparés par elles. Les diaconesses sont très-recherchées dans les familles comme gardesmalades.

Quatre femmes exercent l'emploi d'organistes, 168 sont employées dans les télégraphes, et 38 occupent l'emploi de directrices des postes.

De J871 à 1873, 4 femmes ont subi l'examen de maturité, et 2 d'entre elles poursuivent leurs études à Tuniversité d'Upsal, l'une dans la section de philosophie, et l'autre dans la faculté de médecine.

Le décret royal du 19 mai 484S a donné aux filles le même droit qu'aux garçons à l'héritage paternel. Auparavant le fils avait les deux tiers de la succession et la fille un tiers. Par le décret du 22 décembre 1846, la femme peut dans les villes et à la campagne faire le commerce de détail; enfin celui du J 8 juin 1864 lui a donné complète liberté d'exercer le commerce en gros; celui du 16 novembre 1863 l'a déclarée majeure, sans aucune

restriction, à l'âge de 23 ans, et celui du 8 novembre 1872 permet à la femme majeure d'exercer par elle-même sous son nom.

Dans des banques privées, dans les banques d'épargne , les assurances sur la vie , les établissements financiers et les maisons de commerce, beaucoup de femmes possèdent des places avantageuses qui leur rapportent entre 800 et 2,500 francs. Quelquefois elles dirigent des banques privées, et, dans une ville de province, une femme administre depuis 4871 la caisse municipale.

Les ordonnances indiquées ci-dessus ont ouvert à l'activité des femmes , dans le commerce, un champ plus étendu. Chaque année le nombre de celles qui s'y adonnent devient plus considérable. En 1871, 4,0SS faisaient le commerce, et 2,67S dirigeaient elles-mêmes leurs affaires. Dans la même année 504 possédaient des fabriques et des usines et employaient 918 femmes comme ouvrières.

Une femme s'est fait connaître par plusieurs inventions mécaniques et a établi un atelier pour fabriquer les machines. Deux sœurs exercent avec succès le métier d'orfèvre, d'autres s'occupent d'horlogerie ; les unes en association avec des parents, les autres seules, et une d'elles a obtenu une mention à l'Exposition de Londres. Beaucoup

exécutent les travaux de leur métier en faisant des souliers, des passementeries, des gants, etc., etc. La plus grande partie des personnes employées dans les fabriques de soie et de laine sont des femmes; beaucoup d'imprimeries sont dirigées par des femmes; différentes parties du travail sont exécutées par les femmes chez les bijoutiers, les horlogers, ferblantiers, etc. Dans les deux fabriques de porcelaine de Gustafsberg et de Rorstrand, on emploie 329 femmes, dont beaucoup sont occupées à rémail et au modelage.

Dans Je bureau des copies qui fut ouvert en 1864 pour la préparation de la rédaction du Journal des Familles^ beaucoup de femmes trouvent une occupation assez lucrative pour la copie et les traductions.

Pour les produits des petites industries féminines qui ne peuvent venir sur le marché, on a fondé en 1870 à Stockholm, sous le nom de ruche (Bienenkorb), un établissement où la vente est trèsproductive.

Non-seulement dans la capitale, mais encore dans la plupart des villes de province, il y a des associations de dames qui cherchent à procurer aux femmes des classes pauvres un salaire en leur distribuant des ouvrages de couture, de tissage, etc.

Beaucoup d'autres sociétés de bienfaLsance ont

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été fondées par les femmes pour secourir les nécessiteux. Ainsi, par exemple, il y a à Stockholm une société générale de bienfaisance, dont la directrice est la reine ; des sociétés pour l'encouragement au travail et l'assiduité, et une Caisse de secours à Lotten Wennberg pour les nécessiteux, à la tête desquelles se trouve la reine douairière ; une Société protectrice des enfants pauvres, ayant pour protectrice la princesse Eugénie.

Feu la reine Louise a fondé une caisse pour décider les ouvriers à se faire pour leur vieillesse un capital au moyen de quelques épargnes annuelles.

Parmi les établissements de bienfaisance, citons celui de la princesse royale Louise pour les enfants malades, fondé en 1834, pour en recevoir 35 à 60; la maison fondée par la reine actuelle pour recueillir les femmes condamnées pour délit et les préserver d'une rechute. 80 sont sorties de cet établissement après qu'on leur eut procuré un métier ou une occupation convenable ; l'asile des pauvresses honteuses fondé en 1862 par la comtesse Schwerin et doté par Frederika Bremer, où les femmes des classes instruites trouvent une demeure et une retraite convenable; l'école silencieuse pour les sourds-muets fondée en J86i. Enfin, le pays est couvert pour ainsi dire de sociétés de bienfaisance inspirées par la charité : je n'en cite ici que les plus importantes.

L'industrie domestique, qui est surtout exercée par des paysannes, consiste dans le tissage et dans la filature pour les besoins de la maison. Dans plusieurs parties du pays et particulièrement dans le Nord où le lia est cultivé avec succès, ces travaux ont reçu une extension importante, et la toile fabriquée à la main forme dans le royaume un article de commerce important.

Si les fabriques étrangères les surpassent pour la couleur et la symétrie, elles sont cependant supérieures aux produits des autres pays pour la solidité. Au centre de la Suède, à Wingàker, dans Soderman Land, on fabrique des quantités considérables de filets et de tissus faits d'une laine sans teinture, et les paysannes de ces pays voyagent pour écouler leurs marchandises. Dans la province de Westergôtland, les paysans fabriquent en quantité considérable des étoffes de coton; des entrepreneurs, la plus grande partie des paysans aisés, livrent les matières, payent une main-d'œuvre insignifiante et répandent ensuite ces marchandises dans tout le royaume et même en Norwége où ils trouvent un bon débit.

Tricoter est aussi une industrie domestique, et les paysannes des côtes de Touest font de bons tricots bien chauds pour les matelots. Dans certains endroits on fabrique aussi des gants qui sont employés par les gens de la campagne.

Une autre occupation, est le crochet, qui se fait à Ostergôtland, dans le centre de la Suède. Probablement, cette industrie remonte au temps où le cloître des nonnes de Wadstenn, dans le nord, était renommé et où les nonnes s'occupaient à des ouvrages de crochet , car ce travail est exercé sur tout dans la ville déjà nommée et dans les environs par des femmes des basses classes.

Cette industrie ne donne pas de grands résultats, ayant été longtemps négligée en ce qui concerne le dessin et la qualité des produits. La reine Louise, femme du roi Charles XV, chercha à la relever en faisant venir de l'étranger de nouveaux modèles et de bon fil, pour les donner aux ouvrières. Ces tentatives n'ont pas été impuissantes, si on en juge d'après les beaux échantillons de crochet que l'on reçoit de Wadstenn. Mais cette industrie est faite sans suite, car les ouvrières s'occupant chaque jour des travaux de la campagne ne peuvent ainsi exécuter de grandes commandes.

Dans un autre endroit, au Nord, le crochet est aussi une industrie domestique des paysans, mais on l'exerce d'une façon différente; seulement pour les besoins des habitants, et jamais en grande quantité. Depuis des siècles cette industrie est restée stationnaire. Ces ouvrages de crochet

dénotent une certaine habileté, mais les modèles et la forme toujours identiques se transmettent de génération en génération sans être modifiées et l'on ne peut y constater aucun progrès.

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