EN ALLEMAGNE, IL Y AVAIT ’ EN 1870 ' C
Dans les 463 Realschulen 88956 élèves.
— 588 gymnases 107 586 —
— 26 universités(facultésde théo-
logie, de droit, de médecine
et de philosophie) • 22 4l0étiidianls.
— 43 écoles normales 8 244 élèves.
— 79 écoles de commerce et in-
dustrie 14 678 —
— 307 écoles d’enseignement su-
péricurpourlesjeunesfilles 44 221 —
— 17 instituts polytechniques. . 7 993 —
Total 294088 él. ou ét.
PTE ;
199 223 élevés 76 230 —
1 . Ces détails sont empruntés au Deulscher Universtats-wnl Schul-Kalender auf die Zeit lom 1 Okiober 1871, bis 31 MSrz 1873. Berlin, 1872.
INTRODUCTION
Ainsi , il y a aux États-Unis 078 6li8 jeunes gens et jeunes filles prenant part à renseignement secondaire et à celui des universités et des grandes écoles spéciales. L’Allemagne n’en compte que 294 088.
J’aurais voulu pouvoir établir la même comparaison entre les États-Unis et la France. Mais, au lieu de l’immense publicité que l’on donne en Amérique à tous les résultats delà statistique, nous sommes réduits à des renseignements rares et incomplets pour ce qui regarde notre pays.
On comptait en 1869 :
Dans renseignement primaire, 4 300 000 entants de 6 à
10 ans.
Dans l’enseignement des lycées, des collèges et les écoles
d’enseignement secondaire spécial. . . . 72 890 élèves. Dans l’enseignement libre ecclésiastique et
laïque 77 000 —
Total 149 899 —
11 faudrait ajouter à ce nombre celui des élèves de l’enseignement supérieur des Facultés et celui de toutes les grandes écoles spéciales de commerce, d’industrie, d’arts et métiers, des arts et manufac-' tures, des écoles navale, militaire., polyleclmique , des élèves des écoles normales, etc., etc.
En supposant que le nombre total de nos étudiants fût supérieur à celui des établissements cor-
XXMl
INTKÜÜUCTION.
respondaiits d'Allemagne, nous serions encore bien loin de cet énorme chiffre de 978 658 étudiants des deux sexes, qui suivent aux États-Unis les cours d’enseignement secondaire et d’enseignement supérieur.
Tel est, pour les États-Unis, le premier résultat d’un système d’éducation qui ouvre libéralement l’accès, pour les différents degrés de l'enseignement ' secondaire, à tous les enfants sortis des écoles primaires.
Le nombre des éléves qui participent à cet enseignement exerce nécessairement une grande inlluence sur l’instruction 'générale .du pays et par suite sur les progrès de la science dans toutes ses divisions.
Il n’est pas de nation qui attache autant de prix à l’instruction; il n’en est point où le goût et l’habitude de la lecture soient . plus répandus. Ce besoin de lecture est amplement satisfait par l’établissement des bibliothèques privées et publiques et des bibliothèques scolaires, réunissant un nombre de volumes vraiment prodigieux. 11 y avait en 1860 (toujours d’après le coistis) 27 730 bibliothèques, contenant 13 316 379 volumes. On en compte aujourd’hui 164 815, réunissant 45 528 938 volumes. Les collèges et les universités ont, pour leur part, 14 375 bibliothèques réunissant 3 598 597 volumes; celles des écoles du dimanche en comptrtit
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INTRODUCTION
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8 346 153. 1241 cabinets de lecture [circulating met tenta la disposition dupublic2 536 128 volumes. Les églises ont 4 478 bibliothèques, 1 634 915 volumes.
Si l’on ajoute à ces moyens d’instruction ceux que procurent les journaux et les revues, on aura une idée encore plus complète de cette avidité d’instruction et d’information, qui sollicite les lecteurs des États-Unis. Ces journaux et ces revues étaient, en 1870, au nombre de 5 871, tirant chaque année plus d’un milliard et demi d’exemplaires. En 1860, il n’y en avait encore que 4051 tirés à 927 951 548 exemplaires dans l’année, et ayant une circulation de 13663409 exemplaires.
Les journaux politiques occupent naturellement une grande place parmi ces publications périodiques. Ils sont au nombre de 4433, tirés à plus de onze cents millions d’exemplaires dans une année. Mais il y a aussi 93 journaux d’agriculture, 142 pour le commerce et l’industrie, 407 journaux religieux, 503 de littérature, histoire, philosophie, etc., 207 pour les beaux-arts et l’industrie, etc.
Il faut faire entrer en ligne de compte, parmi les plus puissants et les plus importants moyens d’éducation et d’instruction, les écrits et les prédications des ministres appartenant aux 27 sectes religieuses de toutes les dénominations formant 72 459 associations, quisc partagent aux États-Unis Eenseigne-
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ment religieux. Cet enseignement se donne dans 63 082 temples, et l’on compte dans ces édifices, pour les fidèles qui peuvent s’y rendre, 21 665062 sièges.
Tous ces chiffres ont leur éloquence : ils prouvent mathématiquement qu’il s^agit ici d’une nation qui n’est pas, comme on l’a répété si souvent, absorbée par le souci des intérêts matériels. Bien des causes réunies sans doute ont contribué à l’extension qu’a prise l’enseignement des écoles publiques. On peut cependant en attribuer une grande partie au système qui consiste à différer jusqu’à l’àge de 16 ans le moment où les jeunes gens et les jeunes filles, ayant reçu une instruction générale étendue et solide, peuvent suivre avec intérêt et avec fruit les cours nombreux organisés dans les collèges , les universités et les écoles spéciales.
On s’étonnera, sans doute, de voir que, dans l’introduction d’un livre consacré à rAllemagpe, j’aie fait une si large place aux États-Unis. En voici la raison :
Dans mes éludes sur l’inslrucliou publique chez les différents peuples, je ne perds jamais de vue la France. En opposant au système d’études pratiqué en Allemagne celui qui est suivi aux États- Unis, je désire faire voir que nous devons tourner nos regards vers l’Amérique du Nord plulêt que vers l’Allemagne, si nous désirons trouver des leçons et
INTRODUCTION
(les exemples qui permettenl à la France, tout en demeurant fidèle à ses traditions et à son génie, d’améliorer et d’agrandir le domaine de son enseignement public.
Paris, ir> avril 1873.