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IV

Écoles d’arts et métiers, Écoles pol3rtechxiiques, Université technique, en Bavière.

L’instruction donnée dans les écoles d’arts et métiers a été préparée par celle qu’ont reçue les élèves

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dans les écoles élémentaires, et spécialement par l’étude du dessin, du dessin linéaire et du dessin d’ornement. Il faut y joindre les connaissances usuelles qu’ils y* ont acquises et l’usage des Jardins d'école^ que l’on cherche à établir dans tous les établissements intermédiaires. Les écoles d’arts et métiers se partagent en deux branches ; les écoles industrielles et les écoles rurales; le dessin répond aux besoins des premières, et les jardins à ceux des secondes. L’enseignement comprend l’arithmétique supérieure, le dessin géométrique et au compas, le tracé des ornements et contours, les éléments de l’histoire naturelle ; puis vient l’étude du dessin architectural, le dessin ordinaire, les exercices de style, la tenue des livres, et, suivant la profession que doit adopter l’élève, les notions les plus nécessaires de la chimie.

Il n’est question dans ce programme ni de la religion, ni de l’histoire, ni de la géographie, ni de la grammaire, ni des langues vivantes; la loi bavaroise, reconnaissant l’importance de ces enseignements, envoie les élèves dans les écoles du dimanche ou dans les gymnases, où ils peuvent recevoir ces différents genres d’instruction. Ce passage continuel de l’élève des arts et métiers dans les cours du dimanche ou dans les gymnases offre d’assez graves inconvénients ; mais la loi tient à ce que

les écoles d’arts et métiers soient des écoles pure-

ment industrielles. Comme cependant le législateur a compris qu’avant d’être artisans, commerçants, manufacturiers, les élèves sont des hommes, et qu’à ce titreils ont besoin d'une instruction générale, il faut bien qu’ils aillent chercher ailleurs cette instruction que ne leur donne pas l’établissement. J’en conclus que c’est toujours à tort que l’on commence trop tôt pour les jeunes gens l’enseignement spécial ; il devrait faire suite à l’enseignement des Realschulen et des gymnases, parce qu’alors les élèves auraient reçu cette instruction générale qui est indispensable à toutes les carrières, et qu’ils pourraient alors suivre avec plus de fruit les cours dont se compose un véritable enseignement professionnel. L’école d’arts et métiers de chaque cercle doit avoir une chaire d’agriculture ; les professeurs qui en enseignent la théorie doivent en connaître la pratique. Les jardins d’école peuvent servir aux études d’horticulture; mais l’agriculture, pour être étudiée sérieusement, a besoin d’être pratiquée en grand. Les élèves qui s’y destinent visitent donc, sous la direction de leurs maîtres, de grandes fermes, comme les élèves qui se destinent à l’industrie visitent les grandes manufactures. C’est seulement ainsi que l’agriculture et l’industrie leur apparaissent, non pas sous leur forme scientifique, mais sous une forme vivante et animée, sous celle qui frappe le plus vivement les yeux et l’imagination. Les élèves.

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d’après le règlement, doivent suivre les exercices les plus importants de l’agriculture, voir les semailles, la moisson, le battage du grain, le soin des troupeaux, les bergeries, la manière de faire le beurre, le fromage, les différents emplois du lait, et tout ce qui a rapport à la conservation des produits de la terre, les outils du labourage et la façon de s’en servir. Plusieurs proprietaires et plusieurs manufacturiers ouvrent aux élèves leurs fermes et leurs usines, et le gouvernement publie les noms des personnes qui donnent un exemple qu’il e.st désirable de voir généralement suivi.

Ce n’est ni dans les écoles primaires, ni dans nos collèges d’enseignement secondaire spécial, qu’il me semble convenable d’enseigner ou de faire pratiquer l’agriculture. Les élèves qui y sont admis ont besoin, avant tout, d’une éducation générale, et ils ont assez à faire que d’étudier l’arithmétique, la géométrie, la physique, la chimie, l’histoire naturelle, l’histoire, la géographie et les langues. C’est un faux point de vue, à mon sens, que de considérer ces établissements comme des écoles professionnelles. Qu’ôn laisse donc aux enfants tout le temps nécessaire pour que leur intelligence se développe et pour qu’ils acquièrent cette foule-de connaissances dont ils trouveront l’application dans toutes les conditions que leur réserve l’avenir. Quand cette éducation secondaire sera terminée, que l’on orga-

nise pour eux des écoles industrielles, commerciales, agricoles et manufacturières. Ne mettons ni dans l’école primaire, ni dans l’école secondaire, l’agriculture et la manufacture, c’est-à-dire l’enseignement spécial; ne songeons, en un mot, à ouvrir les écoles spéciales et professionnelles qu’aux jeunes gens et aux jeunes filles ayant, à 15 ou 16 ans, terminé les études qui constituent une bonne et solide éducation préparatoire. On a été trop préoccupé, dans le plan d’études de nos écoles d’enseignement secondaire spécial, du point de vue de l’utilité pratique; on a été jusqu’à proposer pour des élèves de 10 à 12 ans, dans chacune de ces écoles, un enseignement spécial plus ou moins conforme aux habitudes industrielles ou manufacturières des pays où ils font leurs études. Les Realschulen d’Allemagne n’ont pas toujours échappé à cette fâcheuse préoccupation. Les meilleures sont celles qui se distinguent par un enseignement bien entendu des écoles spéciales de commerce, d’industrie et d’agriculture.

C’est dans l’intérêt de l’agriculture et des futurs agriculteurs que je présente ces Observations; et c’est pour que les écoles d’arts et métiers et d’agriculture aient plus d’importance que j’insiste pour qu’on fasse d’elles des établissements séparés, distincts, et ne se confondant point avec d’autres. Il est de la plus haute importance d’encourager l’agri-

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niT

culture et d’en inspirer le goût. Uu’y fi-t-il de mieux pour en faire connaître le prix que d’en faire une branche toute particulière d’enseignement? Sans doute, il est nécessaire que l’enfant du fermier sache dès son bas ûge combien la profession d’agriculteur mérite d’être honorée; mais il sera encore plus disposé à s’y livrer lorsque l’éducation qu’il aura reçue lui aura montré que c’est là que se font les fortunes, parce que c’est là qu’est le travail et l’économie, et c’est ce qu’il apprendra beaucoup mieux encore dans les établissements où on lui fournira les moyens d’en tirer par son savoir les résultats les plus certains.

Après les écoles d’agriculture et d’arts et métiers SC placent, dans l’ordre d’importance, les écoles polytechniques. Dans celles de Bavière, comme dans celles des autres pays allemands, l’enseignement commence par le dessin supérieur, c’est-à-dire Je dessin architectural, géométrique et de perspective, les mathématiques, la géométrie descriptive, la phy.sique expérimentale et les éléments de l’architecture civile; il se termine par le dessin des ma^ chines et de l’architecture proprement dite, les mathématiques, la théorie des machines, la chimie pratique, le moulage, les notions les plus importantes de la science des ponts et chaussées. Il y a trois grandes écoles polytechniques : à Munich, à

Nuremberg et à Augsbourg. A Munich, on s’occupe

318 L'INSTRDCTION PüBLIODE EN ALLEMAGNE, principalement de l’architecture et de ce qui a rapport aux beaux-arts ; à Nuremberg, de la métallurgie, de la ciselure et des arts analogues ; à Augsbourg, de la fabrication des étoffes de laine et de coton, de l’art de la teinture dans toutes ses variétés. Pour être admis à l’École polytechnique, il faut avoir quinze ans accomplis, et avoir fréquenté avec succès les écoles d’arts et métiers.

Les jeunes gens qui se destinent à l’agriculture et qui, après avoir terminé leur cours d’études dans l’école d’arts et métiers, voudraient se perfectionner dans la dynamique, la chimie, la mécanique et la connaissance des marchandises, sont admis dans les écoles polytechniques de Nuremberg et d’Augsbourg.

Les cours de l’École d’arts et métiers sont de trois ans. Il eu est de même pour ceux de l’École polytechnique.

Pour couronner cet enseignement, la Bavière a créé, sous le nom de Technische Uochschnll^ une université technique qui répond à notre Faculté des sciences. Seulement elle comprend un plus gi\md noinbre de cours et surtout des cours spéciaux, et, pour en avoir l’équivalent, il faudrait joindre à notre Faculté des sciences notre Conservatoire des arts et métiers. C’est de cette université technique que sortent les ingénieurs, les employés des travaux publics, les conservateurs des eaux et forêts,

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et l’élite des hauts industriels et des grands agriculteurs.

Elle se compose des cours suivants : science forestière, mécanique supérieure, ponts et chaussées, hydraulique, technologie des arts chimiques et des arts mécaniques, économie rurale, pharmacie, économie politique, science des mines, police et législation de la police. Il faut y joindre les cours accessoires : physique, mathématiques, géographie et ethnographie universelle, histoire naturelle générale, zoologie, botanique générale, botanique forestière, minéralogie, histoire universelle, histoire spéciale , logique , métaphysique , éléments du droit, législation politique et civile de la Bavière.

Peuvent être admis dans TUniversité technique : 1° les jeunes gens ayant fait des éludes spéciales et désirant compléter ces études, tels que les élèves en pharmacie; 2° les élèves de l’Académie des beaux-arts; 3° les élèves architectes qui, sans être élèves ordinaires de l’Académie des beaux-arts, en ont suivi les cours; 4“ les élèves forestiers; 5° les élèves sortis de la classe supérieure des écoles polytechniques avec la note très-bien.

École polytechnique et École d’agriculture de Vienne.

L’Écoîe polytechnique de Vienne a été fondée pour l’enseignement des arts mécaniques, le progrès des manufactures et le développement de l’industrie nationale. Après avoir suivi jusqu’à l’âge de 16 ans les cours de i’école préparatoire, les élèves entrent, ou dans la division industrielle^ ou dans la division commerciale.. On enseigne dans la première : d’abord la chimie générale, puis la chimie industrielle. Les expériences faites dans le laboratoire ont surtout pour objet la fermentation du vin et de la bière, les eaux-de-vie, le vinaigre, la fabrique du savon, la teinture, l’impression sur les étoffes. Les autres parties de l’enseignement sont la physique, les mathématiques supérieures, la géo- ' métrie descriptive, la trigonométrie rectiligne et sphérique, les sections coniques, le calcul différentiel et intégral, l’architecture civile et hydraulique, le dessin, la technologie, les principes qui régissent les principaux arts et métiers. Il va sans dire que, pour un si vaste ensemble d’études, l’établissement possède de riches collections, de machines, de produits chimiques, de modèles en tout genre, une

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bibliothèque riche en ouvrages relatifs à l’industrie et au commerce.

La section commerciale n’a pas un programme moins étendu : la correspondance commerciale, la théorie, la législation, riiisloire du commerce et des échanges, la connaissance des différentes espèces de marchandises.

Les élèves, après avoir subi des examens sur toutes les matières enseignées dans les cours, reçoivent un certificat d’aptitude qui leur ouvre l’accès aux emplois- publics exigeant les connaissances dont ils sont pourvus.

L’institution polytechnique publie une revue qui, sous le nom di' Annales, fait connaître les progrès de l’industrie et de l’agriculture, et l’état des sciences dans les écoles et dans l’empire.

Le gouvernement est convaincu que le plus haut degré de perfectionnement dans l’étude de l’agriculture ne peut être atteint, dans une école, que par l’établissement des bases scientifiques les plus larges et les plus solides. La nouvelle institution est donc un établissement purement scientifique. Elle comprend deux sections : celle d’agriculture et celle des sciences forestières, l’une et l’autre divisées en trois parties, élémentaire, spéciale et auxiliaire. Les deux sections sont réunies sous une seule direction. Les cours des deux sections sont combinés avec des travaux dans les différents laboratoires.

322 L’INSTRUCTION PUBLIQUE EN ALLEMAGNE, des visites dans les musées et des excursions aux fermes modèles et aux chasses et forêts de l’État.

La haute école d’agriculture accorde la liberté d’enseignement la plus complète aux professeurs aussi bien qu’aux étudiants. Ces derniers ont le droit de choisir ce qui leur convient. Mais un plan d’études spécial, organisé en vue d’une durée d’études de trois ans, est composé par le conseil des professeurs de chaque section. Ce plan est recommandé aux étudiants, sans toutefois qu’ils soient astreints à l’accepter.

Pour l’admission en qualité d’étudiant régulier, le diplôme de maturité délivré par un gymnase supérieur ou par une Realschule supérieure est exigé. Sans la possession de ce diplôme, personne n’est reçu qu’à titre d’étudiant irrégulier et seulement à l’âge de dix-huit ans. Les étudiants aussi

bien que ceux qui nç le sont pas, sont immatriculés. Les premiers ont le droit de se faire examiner sur les matières qu’ils ont étudiées; sur leur demande, un certificat leur est délivré, constatant le résultat des épreuves subies.

Les deux catégories d’étudiants payent une certaine somme pour l’immatriculation et pour l’assistance aux cours; mais l’exemption du payement de cette somme est accordée dans certains cas et sous certaines conditions : elle ne peut être obtenue que par des étudiants réguliers.

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Des brevets d’aptitude aux fonctions agricoles ou forestières ne sont délivrés qu’aux étudiants réguliers qui, à cet eflet, ont à subir un examen sérieux sur toutes les catégories des cours de cfiaque section.

La commission d’examen est nommée par le ministre. Les cours sont faits par des professeurs titulaires, des professeurs supplémentaires, les uns et les autres nommés par l’empereur sur la proposition du ministre ; par des professeurs agrégés nommés par le ministre, et des agrégés libres. Ces professeurs peuvent avoir des adjoints et des assistants nommés par le conseil des professeurs et agrégés, et par le ministre. Les agrégés libres sont admis pour toutes les matières de nature à avancer les travaux de l’école. Les professeurs titulaires sont ' placés, pour le rang et les conditions du service, sur le pied de parfaite égalité avec les professeurs de l’Institut polytechnique ; ils touchent annuellement, pendant les cinq premières années, un salaire de 2,500 florins, augmenté tous les cinq ans de 200 florins, plus 300 florins à titre d’indemnité de logement.

La direction de chaque section est confiée au conseil des professeurs. A leur tête est placé le doyen, élu parmi eux tous les ans, et touchant en cette qualité un supplément de 300 florins. .

La direction générale de la haute école est attri-

buée au conseil réuni des professeurs des deux sections, sous la présidence du recteur choisi parmi eux annuellement, et touchant un supplément de 600 îlorins.

Le conseil réuni des professeurs décide sur l’admissibilité des agrégés libres. A cet effet, les candidats ont à produire leur diplôme de docteur, un curriculum vitœ, le programme des conférences faites par eux; et un ouvrage traitant un sujet en rapport avec leurs études académiques.

Ils soutiennent, en outre, une thèse scientifique (colloquium) et font une conférence d’épreuve. Ils peuvent être dispensés de l’une ou de l’autre dé ces conditions, s’ils ont déjà obtenu une certaine notoriété. Après leur admission officielle, ils ont le droit de demander des honoraires aux étudiants qui assistent à leurs conférences, d’attester la présence régulière des auditeurs dans les cours, et de leur délivrer des certificats privés. Dans le conseil des professeurs, ils sont représentés par un délégué élu parmi eux, et ayant, en cette qualité, voix délibérative.

On voit que les conditions d’admissibilité des agrégés libres sont, dans la haute école d’agriculture de Vienne, les mêmes que dans toutes les universités de l’Allemagne à l’égard de cette catégorie de professeurs de facultés. Quant aux professeurs honoraires, ils sont nommés par l’État pour toutes

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les chaires qui ne sont occupées ni par les professeurs titulaires ou supplémentaires, ni par les agrégés libres. Ils reçoivent de l’État un Iraitêment fixe et doivent avoir satisfait antérieurement à toutes les conditions d’admissibilité exigées des agrégés libres ; cependant des hommes spéciaux peuvent être nommés en certains cas, sans avoir rempli ces conditions ; mais les compétiteurs réguliers, s’il y en a, leur sont toujours préférés. Les professeurs agrégés ont, comme les agrégés libres, voix délibérative dans le conseil général des professeurs.

Académie Thérésienne , à Vienne.

École d’administration.

L’impératrice Marie-Thérèse a fondé, xn 1746, pour l’éducation de la jeune noblesse, un collège qui porte le nom à' Académie Thérésienne. YWq voulait former un corps de fonctionnaires supérieurs distingués, instruits de manière à rendre des services utiles au souverain et à l’État. La direction en fut confiée aux Jésuites. Fermée par l’empereur Joseph II, celte école fut rétablie par l’empereur François qui la remit entre les mains desPiérisles. Mais, depuis 1849, l’enseignement et la surveillance en

sont confiés à des séculiers, jugés, avec raison, plus

aptes que les ecclésiastiques à former des administrateurs.

L’Académie Thérésienne comprend une école préparatoire, un gj mnase et un pensionnat d’élèves en droit. La durée des études est de douze années. Dans le gymnase, les études ordinaires comprennent : la religion, le latin, le grec, lallemand, l’histoire, la géographie, les mathématiques et la philosophie ; les études extraordinaires : les langues bohémienne, hongroise, polonaise, croate, fran-^ çaise, italienne, anglaise; la sténographie, le dessin, la danse, la gymnastique, l’escrime, la natation, l’équitation, la calligraphie et le chant. C’est un

gymnase véritablement polyglotte, puisque les élèves apprennent dix langues étrangères.

L’établissement possède un riche muséum, une bibliothèque considérable, de grandes collections d’histoire naturelle, des échantillons de minéraux et de produits industriels tirés de différentes contrées, un grand jardin botanique, une pépinière pour l’étude des essences forestières, des modèles de mécanique, un cabinet de physique complet, un laboratoire de chimie, etc.

C’est pendant les quatre dernières années que les jeunes gens se préparent aux fonctions élevées de l’administration. Ils étudient, dans la première année, l’histoire de l’empire d’Allemagne et du droit allemand, l’histoire d’Autriche, la philosophie

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politique universelle, les Institutes de Justinien et l’histoire du Droit romain ; dans la seconde : la procédure civile romaine, les pandectes, le droit allemand général, le droit canonique, le droit philosophique ; dans la troisième et la quatrième : le droit civil et le droit pénal autrichien, les sciences pratiques, le droit commercial et la statistique de l’Autriche. Outre ces études qui sont obligatoires, les élèves peuvent encore étudier le droit des gens, la législation de l’Allemagne, le code des mines, le droit féodal autrichien, l’économie politique, les doctrines de l’administration autrichienne, 1a médecine légale et quelques points particuliers d’histoire.

Chaque étudiant doit, à son entrée, faire connaître le genre d’emploi ou la partie des services publics auxquels il se destine, lorsqu’il est admis dans l’établissement. Il reçoit une indemnité annuelle de 300 florins.

Jusqu’en 1849, les nobles seuls étaient admis à l’Académie Thérésienne; aujourd’hui elle est ouverte à tous. Le gouvernement autrichien, tout en accordant aux grands noms les fonctions auxquelles la fortune et l’éducation leur donnent droit, prend aussi dans les rangs ordinaires de la société des administrateurs spéciaux auxquels il confie des positions importantes et quelquefois des postes difficiles.

Les écrivains qui se sont occupés de l’Académie Thérésienne, tout en reconnaissaut Tulilité d’une semblable institution pour donner à l’administration des sujets bien préparés, y avaient signalé un vice d’organisation qui en paralysait les bons effets. Elle avait été primitivement conçue au point de vue d’une aristocratie nobiliaire chez laquelle le genre d’éducation adopté tendait à entretenir un esprit d’orgueil, un attachement aux préjugés gothiques, et une admiration de l’autorité absolue des princes, qui ne sont plus heureusement de notre temps. L’admission de jeunes gens appartenant à toutes les classes de la société a fait disparaître, sans doute, ces fâcheuses tendances que favorisait, sous l’influence des Jésuites et des Piéristes, une discipline tyrannique et tracassière, inquisitoriale, fondée sur l’espionnage et rendant impossibles les rapports affectueux, la confiance et la sincérité qui existent naturellement parmi les jeunes gens appelés à partager les mêmes études et à vivre sous le même toit pendant de longues années.

Nous n’avons pas, en France, d’école officielle et spéciale, destinée à former des sujets pour les fonctions élevées de l’administration. L’essai fait en 1849 a été promptement abandonné. Les élèves qui suivent les cours des écoles de Droit peuvent y puiser les diverses connaissances qu’embrasse le programme de l’Académie Thérésienne.

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On a plus d’une fois, cependant, émis le vœu de voir s’établir une école spéciale d’administration, dont les cours seraient organisés de manière à ce que les jeunes gens qui auraient subi avec succès l’examen de sortie présentassent les garanties de capacité et d’aptitude que l’on devrait exiger des candidats aux fonctions administratives.

École industrielle et Polytechnicum de Zurich.

L’exposé des différents établissements d’instruction publique dans les divers cantons de la Suisse, que l’on peut lire dans le rapport de M. Baudouin, prouve que ce pays ne le cède en rien, à ce point de vue, aux États les plus florissants de l’Allemagne. La ville de Zurich, en particulier, est depuis longtemps en possession d’une renommée dont elle se rend de plus en plus digne par la savante et harmonieuse organisation de ses écoles de tous les degrés. Je n’ai à mentionner ici que son école industrielle et son Polytechnicum.

L’école industrielle comprend deux divisions : l’école inférieure et l’école supérieure. Celle-ci se subdivise elle-même en cours de mécanique, de chimie, de commerce. Le recteur de l’école est un de ses professeurs, que le conseil cantonal choisit au scrutin secret. Chaque mois, tous les professeurs,

330 L’INSTRUCTION PUBLIQUE EX ALLEMAGNE, ses collègues, se réunissent sous sa présidence pour examiner les questions qui intéressent la direction et les besoins de l’école. L’administration de l’établissement est, en outre, suireillée, comme celle de tous les établissements d’instruction publique, par une Commission de neuf membres, élus par les habitants du canton.

Le gouvernement attache une grande importance aux leçons de gymnastique. AOu d’avoir de bons maîtres, il choisit des jeunes gens bien faits, intelligents, annonçant d’heureuses dispositions pour les exercices du corps, et les envoie étudier à ses frais, pendant quelques années, dans le grand établissement de Dresde.

Presque tous les établissements d’éducation su-' périeure, en Suisse, sont organisés militairement en compagnies d’infanterie. Depuis l’âge de onze ans, tous les enfants ont leurs heures d’exercices militaires et revêtent l’uniforme comme s’ils faisaient partie de l’armée. D’anciens militaires consacrent les loisirs de la retraite à leur instruction.

Chaque année, les compagnies d’infanterie et d’artillerie se réunissent près d’une ville désignée d’avance pour les grandes manœuvres, qui sont commandées ordinairement par un officier supérieur.

Pendant les exercices, les enfants-soldats sont hébergés par les habitants des villes. Apfès lesma-

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nœuvres, le directeur des armes (ministre de la guerre) peut, sur la proposition de l’instructeur général, porter à l’ordre du jour ceux qui se sont distingués pendant les exercices. C’est ainsi que les jeunes Suisses s’habituent au métier des armes, se familiarisent a\ec l’idée de la mort sur le champ de bataille, et se plient de bonne heure aux devoirs de la discipline. L’introduction des exercices militaires dans tous nos établissements d’instruction publique produira les mêmes résultats.

Les élèves de la division supérieure reçoivent un enseignement qui comprend la religion, les langues allemande, française, anglaise et italienne, l’histoire universelle des peuples, l’histoire particulière de la Suisse, la géographie, l’algèbre complète, la trigonométrie, la géométrie analytique, la mécanique, la géométrie descriptive, la théorie des ombres, la perspective, l’arithmétique commerciale, la science du commerce, la technologie mécanique, la théorie des banques, l’économie politique, la théorie des lettres de change, la législation des divers pays, la tenue des livres, le dessin linéairé et artistique, le travail des bureaux, la connaissance des marchandises, l’histoire naturelle, la statistique du commerce, la physique, la chimie et la technologie chimique, la calligraphie, le chant, la gym- . nastique et l’escrime.

Les cours de cette division supérieure sont répar-

lis en trois années, espace bien court si tous les élèves étaient obligés de parcourir toutes les branches de cet enseignement encyclopédique. Mais ils jouissent de cette liberté des études que les Allemands désignent sous le nom de Lernfreiheit^ c’est-à-dire qu’ils peuvent choisir parmi les cours de l’école ceux dgnt les sujets conviennent le mieux à leurs goûts, à leurs dispositions et à leurs projets d’avenir.

L’école polytechnique {Polytechnicum) de Zurich, créée par le Conseil fédéral en 1854, a pour but déformer des ingénieurs civils, d’enseigner les sciences d’application, et enfin d’alimenter le personnel de tous les établissements d’enseignement technique* Elle forme en quelque sorte deux écoles supérieures distinctes : une université et une école polytechnique. La première est organisée comme la plupart des universités d’Allemagne. La seconde comprend six divisions : l’école des constructeurs, l’école du génie civil, l’école de mécanique, l’école de chimie, l’école des forestiers et une école supérieure des sciences naturelles et mathématiques, des sciences littéraires et des sciences morales et politiques. Le gouvernement fédéral, jaloux d’élever aussi haut que possible l’enseignement de cette magnifique institution, a soin d’y appeler les savants les plus célèbres de toutes les parties de l’Eu- . rope. Il y a plus de 60 professeurs en titre, 12

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professeurs adjoints, 2 assistants et i4 professeurs agrégés. Les leçons sont faites en allemand, en français et en italien, au choix du professeur. Elles sont publiques, car toute personne peut y assister en payant un droit de présence. Cette rétribution appartient entière au professeur, s’il n’a pas de traitement fixe ; dans le cas contraire, il doit en verser le tiers dans la caisse de l’école.

Écoles militaires et maritimes.

Un-pays aussi essentiellement militaire que la Prusse devait avoir créé depuis longtemps des écoles spéciales qui, comme notre excellente école de Saint-Cyr, préparent de bons officiers pour l’armée. Les aspirations ambitieuses de l’empire allemand prussianisé ne peuvent manquer de pousser fatalement les nombreux États qu’il embrasse, et dont jusqu’à présent les ressources avaient eu en grande partie pour objet la culture intellectuelle, et la création d’établissements d’instruction publique, de bibliothèques nombreuses et de riches musées, à redoubler d’efforts pour offrir au monde l’édifiant spectacle d’une nation puissante par le nombre de ses soldats. La Prusse, en particulier, attache plus d’importance que jamais à son ' <9.

33i L’INSTRUCTION PUBLIQUE EN ALLEMAGNE.

École des cadets^ fondée à Berlin, en 1717, et réunissant en 1871 700 élèves.

Elle possède six autres établissements {provincial institute) : à Culin, ayant 180 élèves; à Potsdam, 240; à Wahlstalt, 220; à Bensberg, 220; à Plôn, 188; à Wiesbaden, 140. — Total, 1888 élèves cadets*. Lés élèves entrant dans les écoles de province sont reçus de 10 à IS ans. Ceux de l’école militaire de Berlin sont admis entre 15 et 18 ans. La pension est de 260 thalers pour les sujets prussiens et de 360 pour les étrangers. Les fils d’officiers, n’ayant pas droit à l’obtention d’une bourse, ne payent que 150 thalers. Il y a 920 bourses, dont un tiers à 30, un tiers à 60 et un tiers à 100 thalers.

L’ensemble des fonctionnaires employés dans ces écoles se décompose de la manière suivante :

8 commandants, I officier d’état-major (Berlin), 96 capitaines et lieutenants; 14 sous-officiers, 15 économes chargés de l’administration intérieure des compagnies; 84 professeurs militaires et civils, 17 pédagogues civils, 1 directeur des études (Berlin), 34 hautbois et tambours (Berlin), 158 gardes, gardiens, etc. Les recettes propres des écoles représentent le total de 322,580 thalers en chiffres ronds (le thaler 3fr.75), pensions, contributions scolaires, fondations, etc., etc. Les dépenses montent à 554,579 tha- Icrs ; l’État y contribue annuellement pour la somme de

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