AVANT-PROPOS. V
rÉlat, sur les conseils municipaux et les conseils généraux, dont la plupart ont réclamé cette année même la gratuité et Tobligation pour l'instruction populaire.
La France est le seul pays où les citoyens et les pères de famille demeurent étrangers à toutes les questions relatives à la fondation et à la tenue des écoles publiques, au degré d'instruction que doivent y recevoir leurs enfants, au choix des livres et des méthodes, aux soins hygiéniques, aux garanties exigées des instituteurs et des institutrices. Ils s'en reposent avec une sécurité étrange sur les lumières et le bon vouloir des ministres, des recteurs et d'un petit nombre de fonctionnaires, entre les mains desquels ils ont remis tous leurs droits. On ne saurait combattre avec trop d'énergie cette coupable indifférence dont les fonctionnaires se prévalent 'souvent pour s'ériger en maîtres. Nous sommes persuadé que l'éducation nationale ne se constituera d'une manière solide que lorsqu'elle sera devenue l'affaire de tous.
On s'est toujours occupé de défendre les droits de cet être fictif qu'on appelle ÏÉtat, et l'on a fait bon marché de cet être très-réel qui s'appelle la France. Par un étrange abus de mots, l'on a donné le nom d'État au gouvernement, qui n'est autre