VIII AYANT-PROPOS
aux luttes fécondes auxquelles rien ne la prépare et dont elle ignore les véritables conditions, elle s'empresse d'abdiquer, ,en faveur des princes et des assemblées qui se présentent pour la sauver de l'anarchie, un pouvoir dont elle n'a jamais su faire usage. Mais ce n'est pas en vain que les principes : de liberté et d'indépendance, exposés depuis plus d'un siècle par . ses orateurs, ses historiens, ses poètes et ses publicistes, ont faitJeur chemin dans le monde.
Il se produit donc dans notre malheureux pays ce. phénomène étrange, qu'il se trouve toujours en opposition avec le gouvernement qu'il se donne ou qu'on lui impose, et qu'il ne peut parvenir à s'assurer la possession d'un gouvernement donnant satisfaction à ses idées démocratiques ; trop dominé par ses traditions monarchiques pour fonder une République véritable, et trop ouvert aux aspirations républicaines pour supporter longtemps le régime monarchique. On s'expUque trop bien, en réfléchissant sur ces deux tendances si contraires, la difficulté sérieuse de donner satisfaction à l'idéal séduisant posé par la première Constituante et présenté sans cesse à la nation par l'élite de ses penseurs. Il faudrait avant tout que ses législateurs parvinssent à triompher d'une foule de préjugés et