‹ L'instruction publique en France pendant la révolutionChapitre 21 sur 42 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Je vais ressaisir l'ensemble du plan que je viens de tracer. En attachant l'instruction publique à la constitution, nous l'avons considérée dans sa source, dans son objet, dans ses rapports, dans son organisation, dans ses moyens.

Dans sa source: elle est un produit naturel de toute société ; donc elle appartient à tous, à tous les âges, à tous les sexes.

Dans son objet : elle embrasse tout ce qui peut perfectionner l'homme naturel et social ; donc eUe réclame des établissements vastes et des principes libres.

Dans ses rapports : elle en a d'intimes et avec la société et avec les individus.

Avec la société: elle doit apprendre à connaître, à défendre, à améliorer sans cesse sa constitution et surtout à la vivifier par la morale, qui est l'âme de tout.

Avec les individus: elle doit les rendre meilleurs, plus heureux, plus utiles ; donc elle doit exercer, développer, fortifier toutes leurs facultés physiques, intellectuelles, morales, et ouvrir

toutes les routes pour qu'ils arrivent sûrement au but auquel ils sont appelés.

Dans son organisation : elle doit se combiner avec celle du royaume ; de là é(to\^^ primaires^ de District^ de Département^ et enfin Institut Natio^ nal; mais elle doit se combiner avec la liberté : car ses rapports ne peuvent s'identifier en tout avec ceux de Tadministration ; de là aussi des différences locales, déterminées par l'intérêt de la science et par le bien public.

Les écoles primaires introduiront, en quelque sorte, l'enfance dans la société.

Les écoles de district prépareront utilement la jeunesse à tous les états de la société.

Les écoles de département formeront particulièrement Tadolescence à certains états de la société.

Dans ces écoles on enseignera la Théologie^ la Médecine^ le Droit, Y Art militaire .

Mais la théologie il a fallu la circonscrire ; la médecine, il a fallu la compléter ; le droit il a fallu répurer ; Tart militaire, il a fallu le faciliter à tous.

Ulnstltut national réunit tout, perfectionne tout : donc il était nécessaire d'en assortir toutes les parties^ de leur montrer un but, jamais un terme, et de leur imprimer, au milieu de tant de mouvements divers, une direction ferme et rapide.

Les moyens d'instruction se sont bientôt offerts à nous: car c'est en eux et par eux que l'instruction vit et se perpétue.

RAPPORT DE TALLRYRAND-PÉRTGORD 183

Nous avons parlé des instituteurs qu'il faut savoir choisir, honorer, récompenser; des immenses productions de F esprit humain qu'on doit distribuer, classer, compléter, purifier pour l'avantage des sciences, pour le bien de la raison ; des encouragements dus aux promesses du talent ; des prix dus encore plus à ses services.

De là nous sommes arrivés aux méthodes, ces premiers instruments de nos facultés ; nous avons osé en chercher pour la raison elle-même, afin d'accroître sa force, afin de lui assurer cette rectitude qui doit faire son principal caractère ; nous en avons cherché pour la communication des idées, ce grand besoin de Thomme social. Là, nous en avons accusé l'imperfection des langues ; et en nous plaçant à la source du mal, peut-être n'avons-nous pas été loin d'indiquer le remède. Nous avons voulu aussi des méthodes pour apprendre la morale : nous les avons cherchées dans la raison qui la démontre ; dans le sentiment qui ranime ; dans la conscience qui la garde ; dans l'intérêt même qui la conseille ; dans l'histoire qui la célèbre ; dans les premières habitudes qui l'impriment, etc. Nous les avons demandées à tout ce qui nous entoure, aux spectacles, aux fêtes, aux beaux-arts, à ce qui nous émeut, à ce qui nous enchante ; et partout nous avons vu que la société recueillait les moyens les plus féconds pour rendre les hommes meilleurs, en les rendant plus heureux. Quittant ces méthodes générales, nous nous sommes reposés un instant sur les méthodes usuelles que sollicitent

Tagriculture et les arls mécaniques ; nous avons du moins formé des vœux pour leur perfectionnement, et nous avons tâché de leur obtenir cette portion d'intérêt public qu'elles méritent.

Enfin, nous avons traité à part l'éducation des femmes. Ici, nous avons cherché les principes dans leurs droits, leurs droits dans leur destinée, leur destinée dans leur bonheur.

A la suite de ce long rapport se trouvaient autant de projets de décrets qu'il contenait de parties, concero-ant : les écoies primaires et secondaires, les collèges de médecine, les écoles militaires, les écoies de droit, l'institut national, les bibliothèques publiques, les prix, les méthodes et livres élémentaires, les spectacles, les fêtes, l'éducation des femmes, et l'administration centrale de l'instruction publique.

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