XVI PREFACE
à les répandre. Tout privilège est par sa nature odieux ; un privilège en matière d'instruction serait plus odieux et plus absurde encore.
L'instruction, quant à son objet, doit être universelle, car c'est alors qu'elle est véritablement un bien commun dans lequel chacun peut s'approprier la part qui lui convient.
L'instruction doit exister pour l'un et l'autre sexe ; puisqu'elle est un bien commun, sur quel principe l'un des deux pourrait-il en être déshérité par la société, protectrice des droits de tous ?
Enfin elle doit exister pour tous les âges. ' Nous avons, dans ce rapport qui offre la plupart des qualités et malheureusement quelques-uns des défauts des discours académiques, un brillant spécimen des doctrines de l'Ajssemblée constituante. 11 donna lieu à une discussion violente et passionnée et la gauche fit décider que Ton renverrait à la prochaine législature un projet déjà combattu et repoussé par les sociétés populaires.
Le rapport de Gondorcet nous donne la note de l'esprit qui animait les hommes les plus éclairés et les plus honnêtes de l'Assemblée législative. Si, pour la Constituante, le plus grand bienfait de la législation était raffermissement de la libertéy c'est vers les institutions qui consacreront l'égalité des citoyens que tendront les efforts de la seconde et surtout de la troisième Assemblée.
« La loi a pour but, selon Gondorcet, d'offrir à tous les individus de l'espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d'assurer leur bien-être, de connaître leurs droits, d'entendre et de remplir leurs devoirs. Elle doit assurer à chacun d'eux la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a droit d'être appelé, de développer toute l'étendue des talents qu'il a reçus de la