‹ L'instruction publique en ItalieChapitre 23 sur 51 · LM5STRUCnOH NBUOCB r · texte numérisé non relu

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Les membres du clergé peuvent donc, comme tous les citoyens et en se soumettant aux mêmes lois, concourir à l'éducation de la jeunesse : ils ne peuvent réclamer rien de plus ; mais l'État ne peut leur accorder rien de moins.

Malheureusement, il est difficile que les corporations religieuses se résignent à se soumettre au droit commun. Elles ont encore de grands privilèges. On verra plus loin dans quels sentiments se trouve à leur égard le gouvernement italien. Malgré les principes qu'il professe sur la liberté de renseignement, il rencontre dans le clergé une si vive opposition à la nouvelle constitution politique du pays, et le nombre* do ses établissements est encore si considérable, qu'il est naturelltîment porté à chercher les

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moyens de combattre une influence dont il redoute la puissance. '

Si la liberté doit être telle que le pcjre de famille puisse choisir rétablissement où il placera son fils, le mattre auquel il confiera son éducation, il est nécessaire d'un autre côté que la constitution morale et politique de la société civile n'en reçoive aucun dommage, et que les écoles universitaires ne soient pas forcées d'abaisser leur enseignement pour l'adapter à celui que reçoivent, dans les gymnases et les lycées, les jeunes gens qui y sont admis.

Tout particulier qui voudra ouvrir une école privée n'aura pas besoin d'en demander l'autorisation à l'État, puisqu'il ne fait qu'user d'un droit qui lui appartient : il devra seulement lui en donner avis. Il est juste qu'il puisse en même temps faire constater sa moralité et prouver que le local choisi par lui réunit les conditions de salubrité.

Mais est-il nécessaire d'exiger d'un instituteur privé un certificat d'aptitude? Sur ce point la législation des anciennes provinces de l'Italie et celle des divers États de l'Europe varient beaucoup. Le gouvernement d'ItaUe a décidé que ce certificat ne serait point exigé ; car, à quelques conditions qu'il filt soumis , il aurait pour effet d'annuler la liberté de l'enseignement. Mais plus l'État se montre scrupuleux à l'égard des écoles privées, laïques ou cléricales, plus il croit nécessaire d'organiser une autorité

compétente qui puisse les surveiller, les réprimer si elles s'égarent, les stimuler si elletf languissent. Il accomplira cette tâche au moyen d'inspections fréquentes, qui lui permettront de porter les plaintes auxquelles elles pourraient donner lieu devant un tribunal assez haut placé dans l'estime publique pour inspirer une entière confiance. Cette magistrature impartiale sera en mesure d'apprécier les progrès faits par les élèves dans les divers établissements d'après les résultats de l'examen subi par eux au terme de leurs études.

Quant aux établissements élevés aux frais des communes et des provinces, le gouvernement ita- Hen distingue les localités où l'organisation des écoles et les dépenses dont elles sont l'objet sont obligatoires et celles où elles ne sont que facultatives. Dans le premier cas, c'est la loi qui impose cette obligation et la dépense doit alors être considérée comme un impôt. Elle ne donne donc aucun droit à l'administration et à la direction de l'enseignement; et si l'autorité provinciale ou communale est appelée à y participer dans une certaine mesure, c'est qu'il y a tout avantage à confier la suiTeillance de Tinstitution à une autorité ayant un intérêt vif et prochain à sa bonne tenue et à son succès.

Il n'en est pas ainsi des provinces qui de leu r propre volonté élèvent à leurs frais des écoles secondaires.

La nature de l'enseignement, le nombre et le

traitement des professeurs, les programmes d'études et radministfBtioQ des écoles appartiennent de droit à l'autorité qui les a créées.

Rien n'est plus désirable, rien n'atteste d'une manière plus évidente le progrès d'une nation dans la voie de la civilisation que cette ingérence des communes et des provinces dans le domaine de l'instruction publique. S'il en résulte un grand bien pour la culture générale du pays, la prospérité des établissements créés dans ces conditions est aussi un sujet de joie et un titre de gloire pour les autorités provinciales et communales auxquelles ils doivent leur création. Chacun s'y intéresse et s'y attache; les habitants de la province apprennent à considérer l'instruction publique comme le plus important et le plus digne objet de leurs préoccupations. Si l'on tient à obtenir des résultats aussi avantageux, si l'on veut que chaque province, chaque commune devienne un centre de vie intellectuelle, si l'on tient à ce que cette vie devienne de plus en plus active et énergique, il est nécessaire qu'elle puisse se développer en toute liberté. Il ne faut lui prescrire ni la forme qu'elle doit prendre ni la route qu'elle doit suivre. La seule chose qui importe à l'État c'est que l'enseignement organisé par la commune et la province soit profitable et fécond; il faut qu'elles soient elles-mêmes, en échange de leurs sacrifices, mises h l'abri des périls auxquels

les exposent les influences qui ont^ coutume de prévaloir dans les conseils scolaires {»*ovinciaux et communaux.

Ces périls sont surtout ceux qui naissent de la négligence qui présidait à la fixation des dépendes et aux choix des professeurs. Pour que l'existence des établissements ne fût pas chaque année mise en question, le gouvernement a établi que les fonds qui leur sont affectés seraient votés poux six années au moins. Quant aux choix des professeurs, FÉtat ayant attaché à ceux qu'il emploie dans ses établissements l'obligation de certains grades et de certaines conditions de capacité a décidé que les communes et les provinces seraient obligées de ne choisir que des maîtres ayant les mêmes titres que ceux des écoles publiques du même degré.

L'État, en s'attribuant le droit d'enseigner, tout en reconnaissant le même droit pour les particuliers, les communes et les provinces, a le devoir de donner dans ses établissements le- meilleur enseignement possible et de veiller à ce qu'il en soit ainsi dans ceux qui sont dus à l'initiative privée, ou aux administrations locales. Mais il ne laisserait à cette initiative qu'une liberté illusoire s'il multipliait outre mesure ses propres établissements. Si, dans le même temps où il prétend vouloir laisser aux provinces et aux communes une partie de TinstructioD publique, il s'en attribuait une part exagérée, il

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supprimerait d'un côté, en abusant de son pouvoir, ce qu'il auraitTair d'accorder largement de l'autre. Pour que la liberté de l'enseignement produise les effets qu'on en doit attendre, le rôle de TÉtat doit consister à faire seulement ce qu'il est seul aujourd'hui capable d'exécuter, grâce aux puissants moyens dont il dispose, ce que les particuliers et les provinces ne pourraient d'ailleurs accomplir aujourd'hui qu'en s'imposant de lourds sacrifices, c'est-à-dire de créer un certain nombre d'écoles assez bien pourvues à tous les égards pour servir de modèles aux établissements privés.

L'enseignement religieux dans les établissements d'enseignement secondaire est une de ces questions déUcates qui ne peuvent être abordées sans soulever partout où on les agite de vives controverses. M. Correnti qui, comme ou le verra plus loin, avait, en 1872, obtenu de la chambre- la suppression des facultés de théologie dans les universités, ayant quelques mois après, dans un projet de loi relatif à l'organisation générale des lycées et des gymnases, proposé d'y supprimer les aumôniers, fut obligé de se retirer du ministère devant un vote négatif. Il a exposé plus tard les raisons sur lesquelles il s'était appuyé pour demander cette suppression ^ Dans son désir de

1 . Diseorso delV onorcvole deputato Correnti pronunziafo nella tornata del 18 maggio 187?.

532 l*:5stiî:ctî« Fnu^uE d itâlie.

retranober du bcdg^ tontes les dépenses inutiles, il avait porté son attention sur les directeurs spirituels des établissements dlnstruction secondaire auiqueb était consacrée annueliemenl une somme de 120 000 liTres. Il ne croyait pas que sa proposition dût soulever une question capitale ou, comme on le dit, une question de pnncipes. Laloi de 1859, en parlant de renseignement de la religion, n*avait entendu par là que les pratiques religieuses, c'està-dire la messe célébrée chaque dimanche et le sermon prononcé devant toutes les classes réunies dans la chapelle de rétablissement. Or une messe réglementaire, une leçon sans répétition, sans in- U;rrogations, une leçon ne tenant compte ni des différences dVige ni des dispositions des auditeurs, ne pouvaient ôtre considérées comme un enseignement sérieux. C'était un simple discours, pouvant sans doute ôtre fort académique, mais qui n'était ni dogmatique ni scientifique, et qui dans tous les cas (l(îvait avoir toujours moins d'autorité et d'effieacité, au point de vue religieux, qu'un sermon prononcé on chaire dans une église paroissiale.

M. (lorrenti soutenait que le service religieux célél)ré dans une chapelle, non consacrée par la préstîuce d'un public nombreux, non sanctifiée par la connnunion des fidèles, placée en dehors de la vie ecclésiastique, n'avait aucune des formes extéritHUTs du culte capables d'inspirer les sentiments

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d'une véritable dévotion. Le ministre déclarait que des motifs de prudence et d'économie et nullement un esprit d'hostilité à l'égard de l'Église l'avaient engagé à supprimer les pratiques religieuses dans les gymnases et les lycées.

Il se croyait d'autant plus autorisé à proposer cette mesure qu'aucun de ses prédécesseurs, parmi lesquels s'étaient trouvés des hommes essentiellement religieux, n'avait pensé à réorganiser l'instruction religieuse dans les écoles secondaires et à y donner une forme plus régulière au culte exlérieur. Pendant dix ans rien n'avait été fait en ce sens. On avait tout abandonné au temps et au hasard; presque tous les lycées avaient môme fermé leurs chapelles.

La suppression de la messe dominicale et de la prédication religieuse dans les chapelles collégiales, justifiée par leur inutilité, était par ellemême, disait M. Correnti, peu importante. Mais elle soulevait une question tout autrement grave, celle de l'enseignement des matières religieuses dans les écoles d'instruction secondaire. Doivent-elles être enseignées sous tine forme didactique, mnémonique ou bien par une méthode rationnelle? Cette instruction sera-t-elle donnée par des laïques ou des ecclésiastiques? Si c'est par des ecclésiastiques, par qui devront-ils être désignés, par qui seront-ils dirigés? Comment et jusqu'à quel point sera-t-il

possible .de coordonner les enseignements religieux et les enseignements littéraires? Comment les graduer, les proportionner à Tâge des élèves, au développement de leur instruction? Ce sont là des questions que le législateur et le pouvoir exécutif n'avaient ni résolues, ni soumises à la discussion des assemblées législatives. M. Correnti soutenait que la suppression des aumôniers a'était pas une réforme au point de vue de l'enseignement religieux, ce n'était qu'une mesure de discipline et d'économie. Elle faisait disparaître une institution coûteuse et inefficace. Elle dispensait les élèves de ces réunions dominicales qui, pour un trop grand nombre d'entre eux, n'étaient qu'un prétexte pour se dispenser des devoirs religieux. Elle les rendait à leurs familles, à leur église paroissiale, à l'instruction évangélique, à toutes les solennités du culte public. Quand bien même la suppression de l'institution des aumôniers n'aurait pas eu pour motif un plus utile emploi des fonds qui leur étaient appliqués, il aurait été nécessaire de la faire pour ne plus continuer à tromper les familles et substituer à des cérémonies de pure forme, disciplinaires, mécaniques, les pratiques vivantes et éducatrices de l'Église.

Ces idées n'ont pas reçu l'approbation de la majorité de la chambre et les choses sont restées dans Je même état.

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fil consultant la statistique des écoles d^enseignement secondaire, on voit que ce sont les gymnases qui occupent; le premier rang parmi les établissements dus à l'initiative des particuliers et des provinces. Les jeunes gens qui y entrent sont d'un âge encore tendre et les parents préfèrent Técole la plus voisine à celle de l'Ëtat qui est plus éloignée, lors même qu'elle serait considérée comme meilleure. Il y aurait de la maladresse de la part de rÉtat à résister à cette tendance générale. Qu'il se contente donc d'avoir en petit nombre ces établissements du premier degré de renseignement secondaire; qu'il les dirige avec le plus grand soin, qu'il y appelle les maîtres les plus distingués, et le temps viendra peut-être où s'élèveront sur tous les points de l'Italie, par le seul concours des particuliers, des communes et des provinces, des établissements dont il aura eu la gloire d'avoir créé les modèles.

Les 79 lycées royaux sont répartis ainsi qu'il suit:

Sicile. — 3 lycées de i»"® classe, i de 2% 5 de 3«; total 9.

Provinces napolitaines. — i 8 lycées.

• Marches, Ombhie, Toscane et Emilie. — 3 lycées de l"*» classe, 5 de 2» et ^ 2 de 3«; total 20.

' LoMBARDiE. — 2 lycées de l»-© classe, 6 de 2«, 3 de 3°; totaHl.

Provinces vénitiennes. — \0 lycées.

Anciennes provinces. — 4 lycées de i^" classe, 6 de 2« et 5 de 3«; total 15.

Les lycées portent le nom des grands heaumes qui ont illustré le pays.

Lycée gymnase Vico, à Chieti; Melchiorre Belfico, à Téramo; Colugno, à Aquila; Plana, à Alexandrie; Balbo^ à Casaie-Monferrato; Perticari, à Sioigaglia; Pétrarque, à Arezzo; Annibal Caro, à Fermo; Salvator Eosa^ à Potenza; Titien, à Belluno; Giannone^ à Bénévent; Satpi^ à Bergaine; Gantant, à Bologne; Arnaldo, à Brescia; Dettori, à Cagliari; Telesio, à Cosenza; Campanella^ à Reggio; Gai- Inppi, àCatanzaro; Filangieri^ à Monteleone; RuggeroSeU timo, à Caltanisetta; Broggio, à Luceca; Spedalieri^ à Catane; FoZ/a, à Como; Manin, à Crémone; Pellico, à Cuneo; Beccaria Giambattista , à Mondovi; Arios^e, à Ferrare; Dante, à Florence; Forteguerri^ à Pistoia; Af ont*, à Cesena; Colombo, à Gênes; Chiabrera, à Savone; Sctnà, à Girgenti; Niccolini, à Livourne; Macchiavelli, à Lucques; Xeopareli, à Macerata; Virgilio^ à Mantoue; Pélkgrino Rossi, à Massa et Carrara; Maurolico, à Messine; Beccaria Cesare et Pan'/iî, à Milan; Fem, à Lodi; Muratori, à Modène; Ifarn Pagano, à Campobasso ; Ftciore-EmmanMe/e, à Naples; Pnnc/'pe Umberto, à Naples; Carlo-Alberto, à Novare; Lagran- {;*a, à Vercelli; Tiio-LivicàPadoue; yicfore-Ewimawwete, à Palerme; Romagnosi, à Parme; Fo:icolo, à Pavie; Gtoia, à Plaisance; Galileif à Pise; Cassini, à San-Remo; Tasso, à Salerne; CoUttta, à Avellino; Torricelli, à Faenza; Spa/lanzaniy à Reggio d'Emilie; Tiscowft, à Rome; Ce/io, à Rovigo; Azm;ii, à Sassari; Guicciardfni^ à Siena; Gargo/to, à Syracuse; Piazzi, à Sondrio; Cirillo, à Bari; Giordano Bruno, à Maddaloiii; Palmieri, à Lecce; Cavour et Gto- 6erii, à Turin; JBo/fa, à Ivrée; Ximenes, à Trapani; Canova, il Trévise; Pon^ano, à Spolète; Afarco Foscarini, M^rco Folo^ à Venise; Scipione Maffei, à Vérone; Pigafetta, à Vicence.

Parmi les villes d'Italie dont les administrateurs se sont le plus distingués parleurs efforts pour pro-

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pager Tinstruction, je citerai celles de Fiurencc , de Turin, de Naples, de Venise, de Milan, etc. Rien de pliu intéressant que le spectacle des efforts faits de tous côtés pour fonder de nouvelles écoles ^

La viUe de Florence, par exemple, possède et subventionne 2 lycées, 2 gymnases, 1 iifstitut technique, 2 écoles techniques, 4 écoles normales, 51 écoles élémentaires, 24 de garçons et 27 de filles^ des écoles magistrales, 18 classes du dimanche pour les filles adultes, 9 écoles du soir pour les jeunes gens. Elle a établi de plus une école supérieure pour les jeunes filles, 4 asiles pour l'enfance (petites filles).

Le lycée Dante est un établissement de TÉtat. On ycomptait,enl870,45élèves,divisésentroisclasses.

Le lycée de Tinstitut florentin , établissement municipal, en avait 267, divisés en quatre classes :

L'institut technique, 181 ;

Les écoles techniques, 72S élèves ;

Les quatre écoles normales de filles, 1 039 ;

Les quatre écoles magistrales, 1 1 5 ;

Les quatre salles d'asile, 1060 (641 garçons, 469 filles).

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