INTRODUCTION
J'étais à Florence à la fin de Tannée 1859, au moment où Tltalie qui , d'après le programme de Napoléon IIF, devait être affranchie des Alpes à l'Adriatique, venait d'être forcée d'ajourner ses espérances, par suite du traité de Yillafranca. Malgré le souvenir des victoires de Magenta , de Palestro et de Solferino, dues aux armes fraternellement unies des Italiens et des Français, un sentiment pénible agitait les âmes. On ne pouvait concevoir pourquoi , lorsque de si brillants succès avaient fait battre le cœur des patriotes qui rêvaient depuis si longtemps l'unité de l'Italie, Napoléon III avait arrêté tout à coup l'élan magnanime dont il avait été le promoteur. 11 avait dit aux Italiens dans sa proclamation du 8 juin : « Mon armée ne mettra aucun obstacle à la manifestation de vos vœux légitimes. Unissez-vous pour l'affranchissement de votre pays. Organisez-vous militairement sous les drapeaux de Victor-Emmanuel; ne soyez aujourd'hui que soldats, demain vous serez citoyens lî-