‹ L'Instruction publique en Maurienne avant la râevolution (volume 2)Chapitre 2 sur 18 · FONDATION DU COLLEGE · texte numérisé non relu

FONDATION DU COLLEGE

L'idée première de MëT de Lambert était non de créer un collège tout d'une pièce, mais de transformer les écoles existantes en un vaste établissement comprenant tous les degrés d'enseignement, depuis Técole primaire jusqu'à la classe de philosophie, avec une annexe pour les aspirants à l'état ecclésiastique, ébauche d'un grand séminaire.

Son but n'était pas seulement de préparer pour le recrutement du clergé des sujels instruits, mais encore de fournir à la Société civile une élite intellectuelle. Il voulait que l'établissement qu'il projetait fût ce que nous appellerions aujourd'hui un séminaire mixte, ouvert à tous les enfants honnêtes et bien doués. Voici en quels termes il exposait ses intentions au conseil de ville : « Une fondation pour la nourriture et entretennement de quelques pauvres enfants de bon esprit de nombre tel que serait advisé, qui avec le temps pourraient devenir gens de bien et d'honneur et doctes et honoreraient et serviraient la cité, tout le public, soit en profession séculière ou ecclésiastique, là où faute de moyens ils demeureraient endormis en la pauvreté »(i).

(1) On voit que l'Eglise a réalisé, mais pour les pauvres seulement, la gratuité de l'enseignement secondaire bien avant qu'elle fût réclamée par certains sociologues.

Au cours de ses visites pastorales, nous assure le chanoine Trucliel qui en a exploré les procès-verbaux. Me* de Lambert aimait à chercher ces jeunes gens d'élite cl. s'ils élaienl pauvres, il n'y avait pas de sacrifice qu'il ne lit pour leur ouvrir le chemin des éludes, quelle que lut la carrière vers laquelle ils paraissaient devoir se lourner. « Partout, disait-il, ils seronl utiles au pays. »

Il avait d'abord pensé à établir son séminaire dans la maison de la sacristie, située derrière la cathédrale, où avait été transférée la maîtrise ou séminaire des Innocents. Il s'en ouvrit au Chapitre, à qui cette maison appartenait, lui offrant de l'acheter et faisant valoir les avantages ' que présentait celte cession. Le choix de ce local permettrait d'unir Je collège des Innocents au collège plus grand qu'il s'agissait de créer. Les enfants de la maîtrise, sans s'incommoder, tout auprès de leur logis, aux heures ordonnées, iraient aux leçons « des bonnes lettres », et, en un pas, retourneraient au logis pour l'heure et la leçon de musique. Ce serait aussi l'avantage du Chapitre. Outre le profit qu'il retirerait d'une maison dont l'entretien est très coûteux, il réaliserait une économie appréciable en supprimant un maître de grammaire qui lui coûte plus de quarante écus par an, les enfants de chœur pouvant désormais suivre les leçons données au séminaire tout à côté.

Dans tout autre emplacement, ajoute Msr, « le petit séminaire ne se pourrait bonnement unir avec le grand » (i).

il M. Elambaud a conclu de cette phrase que « MKr Lambert était dans l'intention d'établir un grand et un petit séminaire, au sens moderne 'lu mot. G'esl nu*-' méprise. Ge que M~r de Lambert

Ces excellentes raisons ne réussirent pas à persuader les chanoines, qui refusèrent obstinément la cession de la maison de la sacristie. Mër de Lambert fut obligé de porter ses vues ailleurs. En i5^4, il acheta, pour le prix de trois mille florins, la maison de feu Jean-Jacques Cornuti, procureur au bailliage de Maurienne, située rue du Mollard d'Arvan. Cette maison avait besoin de beaucoup de transformations pour être appropriée à sa nouvelle destination. Les travaux commencèrent au mois de janvier 1.576. Nous ne connaissons pas la date précise à laquelle ils furent terminés.

Le bâtiment subsiste encore en partie. Sur le fronton du portail sont gravées les armoiries de Msr de Lambert (1), avec celte inscription :

COLLEGIUM LAMBERTINUM DEO MAX. OPT.

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