LA GRATUITE SCOLAIRE
L'enseignement gratuit pour tous ne fut institué que par les lettres-patentes du 23 juillet 1822, auxquelles était annexé un volumineux règlement édicté par le Conseil de Réforme.
L'art. 9 dudit règlement porte que, dans les communes où le nombre des garçons fréquentant l'école dépasse 70, il doit y avoir deux écoles distinctes.
Le maître de la première sera chargé d'enseigner à lire, à écrire et le catéchisme. Celui de la seconde enseignera les principes de la langue française, de l'arithmétique et de la doctrine chrétienne.
Art. 20. — Les écoles communales sont à la charge des communes dans lesquelles elles sont établies, soit pour ce qui regarde le local, soit pour les bancs et meubles nécessaires, soit aussi pour le traitement de l'instituteur.
Art. 21. — L'enseignement sera gratuit. . . .
Le maître ne pourra exercer que s'il est pourvu
d'un certificat de moralité délivré par l'évêque et de patentes de capacité accordées, après examen, par un délégué de la Réforme assisté de deux régents.
Dans la séance du 3 décembre 1822, le conseil de la ville de Saint-Jean, « intimement convaincu de la nécessité de l'établissement de l'école communale et que la ville ne doit rien épargner pour subvenir aux frais de cet établissement », délibère à l'unanimité d'organiser l'enseignement conformément au règlement susdit.
Quant au choix des instituteurs, le conseil examine la requête de deux candidats : les sieurs Hustache André et Jérôme Duverney-Guichard, tous deux habitant cette ville et faisant fonctions de régents à 1 école communale depuis plus de douze ans. Guichard avait même, Tannée précédente, enseigné la classe de septième au collège.
A l'appui de leur demande, ils présentaient des certiticats de moralité et de capacité, s'offrant, si besoin était, à passer un nouvel examen.
Appelés à la séance, les deux candidats acceptèrent de faire la classe conformément au règlement pour le traitement annuel de 36o livres.