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LES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES

L'enseignement primaire demeura slationnaire à Saint-Jean jusqu'à l'arrivée des Frères des Ecoles chrétiennes. Au lendemain des ruines accumulées par la Révolution, ces religieux furent les restaurateurs de l'enseignement populaire. « Partout on me

demande leur rétablissement, disait Napoléon en 1806; ce cri général me démontre assez leur utilité ». Etablis à Ghambéry dès 181 1, les Frères furent appelés à Saint- Jean-de-Maurienne en i836 par Mer Alexis Billiet.

Né en i^83 aux Chapelles, paroisse de la Haute- Tarentaise, d'une famille de modestes paysans, Alexis Billiet avait appris à lire et écrire chez le curé de son village. Possesseur des deux instruments essentiels des connaissances, il s'absorbait seul dans ses investigations et devenait lui-même son propre maître (1). Avec le secours de quelques leçons de son curé, sans avoir passé par aucun collège, sans avoir même fréquenté aucune école primaire, il entrait à vingt ans au Grand Séminaire de Ghambéry, où il étonnait ses professeurs par la perspicacité de son esprit et la variété de son érudition. Successivement directeur du Grand Séminaire, vicaire général du diocèse de Ghambéry, évêque de Maurienne de 1826 à 1840, archevêque de Ghambéry, cardinal de la sainte Eglise romaine, on a pu dire de lui qu'il avait bien fait son chemin.

Fils de ses œuvres, M&r Billiet appréciait hautement l'instruction, à laquelle il devait tout ce qu'il était. En 1845, il publia dans les Mémoires de l Académie de Savoie (2), dont il était un des membres fondateurs, un éloquent plaidoyer en faveur de l'instruction populaire, flétrissant l'indifférence des pouvoirs publics et des classes dirigeantes « qui refusent leur concours à tout ce qui tend à propager l'instruction primaire dans les campages ». Cette notice, dit M. Alexis de

(1) Mém. de VAcad. de Savoie, 3e série, t. IV.

(2) Ire série, t. XII.

Jussieu, eut un véritable retentissement en haut lieu et ne fut peut-être pas étrangère aux efforts ultérieurs du gouvernement pour remédier au mal qui lui était signalé.

Comparant l'état de l'instruction primaire dans les quatre diocèses de l'ancien duché de Savoie, Msr Billiet constate que, sur ioo enfants qui assistent au catéchisme, il y en a 87 dans le diocèse de Tarentaise qui savent lire, 83 dans celui de Maurienne, 58 dans celui d'Annecy, 5o dans celui de Ghambéry. Dans tout le duché, la proportion des enfants du catéchisme sachant lire était de 60 pour 100.

En face de cette faible proportion de lettrés, le prélat s'attristait. « On ne peut réfléchir sur ce résultat, ajoutait-il, sans éprouver un sentiment d'humiliation. Nous sommes en retard ; il y a là un mal qui exige un remède, une plaie à guérir. »

Apôtre de l'instruction populaire, qu'il considère comme la condition indispensable du relèvement économique et moral des classes pauvres, Msr Billiet ne se contente pas de prêcher par la parole et la plume une croisade contre l'ignorance. Pour améliorer l'instruction dans sa ville épiscopale, il fait appel au zèle de ces religieux qui, après avoir été les premiers éducateurs du peuple sous l'ancien régime, furent les restaurateurs de l'enseignement primaire au lendemain de la Révolution.

Le 3i mars i833, il écrit au maire de Saint-Jean pour lui proposer l'établissement des Frères des Ecoles chrétiennes, établissement désiré depuis longtemps « par les pères de famille les plus sages et les plus religieux ».

Voici les propositions qu'il fait à la ville : « i° On

formerait, pour l'administration de cette œuvre, un conseil qui serait présidé par l'Evêque ou son Grand Vicaire, et formé de deux chanoines de la cathédrale et de deux laïques, et dont l'un au moins serait toujours pris dans le conseil de ville. i° La ville mettrait à la disposition du conseil susdit, pour toute la durée de l'établissement des Frères, toute la partie des bâtiments de l'ancien hospice qui ne se trouve pas occupée par les pompes ; lorsque l'école des Frères viendrait à être supprimée, la ville reprendrait les bâtiments dans letat où ils se trouveraient alors. 3° Le conseil de ville payerait chaque année à l'administration de l'œuvre des Frères la somme de 800 livres qu'elle paie maintenant aux deux maîtres d'école, sans préjudice de ce qu'elle pourrait y ajouter dans la suite, lorsque sa situation financière se trouverait améliorée. 4° Les conditions précédentes une fois asssurées, l'administration de l'œuvre des Frères chercherait à faire face au surplus des dépenses, soit au moyen d'une allocation annuelle qu'elle pourrait demander au conseil de l'hospice, soit au moyen d'une rétribution à imposer sur les enfants des familles plus aisées, soit au moyen d'une souscription volontaire. »

Les pourparlers furent longs et difficiles. D'accord sur le projet lui-même, les deux parties ne s'entendaient pas sur les moyens de le réaliser. Mer Billiet, qui se déclarait prêt à faire des sacrifices pécuniaires (1) pour l'œuvre qu'il proposait, prétendait, en

(1) Mgr Billiet prenait à sa charge les frais de premier établissement, à savoir 6 ou 7.000 francs pour les réparations des bâtiments dont la jouissance serait cédée par la ville et 3.000 francs pour l'ameublement.

retour, avoir quelque part dans l'administration du futur établissement. Il voulait un conseil d'administration, « revêtu de la sanction souveraine » et jouissant de la personnalité civile. Le conseil municipal, croyant voir en cela une atteinte à son indépendance, rejeta cette proposition, sous prétexte que le conseil de ville était « habile à accepter des legs ou toutes autres libéralités ». Par délibération du 28 avril i835, le conseil, tout en déclarant qu'il était résolu à ne pas profiter des avantages offerts par Me1 Billiet, le priait de consentir « à ce que la ville fasse régir son école communale par les frères ignorantins à l'instar de plusieurs villes du Duché ». Dans une délibération antérieure en date du 29 juillet i834, le conseil avait arrêté que le bâtiment de l'ancien hospice serait affecté à l'établissement des Frères et qu'elle payerait annuellement pour leur entretien la somme de 800 francs. (1)

Le i3 mai i835, le syndic de Saint-Jean écrit au Supérieur de la maison des Frères de Ghambéry que le conseil a décidé de leur confier la direction des écoles de la ville. Toutefois, par suite de divers obstacles, l'école ne s'ouvre qu'après octobre i836, sous la direction du Frère Alaman, aidé d'un adjoint. Dès l'année suivante, par suite de l'augmentation du nom-

(1) Cette somme fut portée à 1.000 francs par délibération du 23 janvier 1835.

bre des élèves, il devenait nécessaire d'adjoindre un troisième frère enseignant.

« Nous sommes dans l'impossibilité, écrivait le frère Alaman au conseil le Ier septembre 1837, de recevoir tous les jeunes gens qui désirent fréquenter nos écoles : il y en a déjà 83 dans ma classe, i3o dans la petite, nombre qui excède de beaucoup celui de l'année dernière ; de plus, j'en compte plus de 3o qui demandent et attendent en vain des places. »

Il fallait donc créer une troisième classe, soit pour retirer de l'oisiveté les enfants qui ne pouvaient être admis à l'école faute de place ; soit pour accélérer les progrès des enfants, qui étaient trop nombreux et de capacité trop inégale pour avancer rapidement ; soit pour décharger un peu les maîtres dont la santé était compromise par un travail excessif.

Cet accroissement rapide du nombre des élèves atteste la supériorité de renseignement des Frères, qui avaient su conquérir l'estime et l'affection de leurs élèves. Laissons la parole à l'un d'entre eux. Le chanoine Truchet, l'auteur très érudit de St-Jeande-Maurienne au XVIe siècle et d'un grand nombre d'autres travaux d'histoire locale, était assis sur les bancs de l'école primaire à l'époque où les Frères des Ecoles chrétiennes furent appelés dans notre ville. Dans un de ses Récits Mauriennais (1), rappelant ses souvenirs d'enfance, il parle ainsi de ses anciens maîtres :

« Les Frères vinrent à Saint-Jean vers la fin de l'année i836, et ce ne fut plus comme sous l'ancien vieux maître, où la moitié du temps de l'école se passait à l'entendre ronfler et l'autre moitié à recevoir,

(1) 2e série, p. 370. 8

parmi les pleurs, les cris et les protestations d'innocence, une distribution de coups de verge, quand, à force de vacarme, nous l'avions réveillé. Les Frères n'eurent pas peu de besogne pour amener à la discipline et au travail cette armée d'irréguliers ; ils employèrent deux moyens recommandés par la Sagesse : l'amour et la queue de chat. J'ai reçu, je le confesse, ma part de l'un et de l'autre et je garde à tous deux une égale reconnaissance ».

A ce souvenir reconnaissant d'un ancien élève, ajoutons le témoignage autorisé du premier magistrat de la ville.

Dans la délibération du 20 mai 1837, « le syndic J. -Antoine Dupraz rapporte auconseil qu'ayant assisté aux exercices de l'Ecole chrétienne, il a eu la satisfaction d'apprécier les progrès sensibles des élèves, dus au zèle et à la méthode d'enseignement des Frères. L'empressement des pères de famille à envoyer leurs enfants à cette école et l'assiduité de ceux-ci à s'y rendre sont des témoignages irrécusables que cet établissement a obtenu la satisfaction publique ».

Le rapport du premier inspecteur qui visita cette école n'est pas moins élogieux. On sait que les inspections primaires, instituées par lettres-patentes du Ier août 1840, ne commencèrent sérieusement à fonctionner qu'à partir de i855. Par la surveillance exercée sur chaque école, par le choix et l'application des bonnes méthodes, par les démarches auprès des autorités locales pour stimuler leur zèle, par les rapports adressés aux autorités supérieures, cette institution contribua grandement au développement de l'instruction primaire.

Le 5 août i855, l'inspecteur Leyat visitait les

écoles de Saint-Jean et appréciait ainsi, dans son rapport, l'enseignement donné parles Frères :

« L'école des garçons est établie sur de bonnes bases. Le matériel ne laisse rien à désirer ; on peut en dire autant de la discipline. La physionomie générale de l'enseignement a quelque chose de séduisant : les élèves sont exactement classés ; les divisions fonctionnent avec ordre ; le travail est bien organisé. Joignons à cela les soins persévérants de trois instituteurs, mus par la même pensée, procédant en toute chose avec un accord qui ne se dément jamais. » Un rapport ne paraîtrait pas complet, ni sincère, s'il n'était assaisonné de quelques critiques. « En examinant les élèves, dit M. Leyat, on aperçoit de nombreuses lacunes dans leur instruction ; on trouve leur savoir trop superficiel. »

Science incomplète, science superficielle! Ce sont là des reproches qu'on peut adresser à tout enseignement primaire, à celui d'aujourd'hui, à celui de demain comme à celui d'hier.

« Dans la première classe qui compte 70 élèves, on enseigne la lecture, le catéchisme et quelques essais d'écriture sur l'ardoise. Les élèves restent trop longtemps dans cette classe et n'épuisent pas le programme. »

« Dans la deuxième classe, l'étude de la grammaire demeure trop longtemps infructueuse, parce que « les élèves étudient péniblement un texte mort dont ils ne savent faire aucune application. » Cette étude n'est pas assez pratique. Il en est de même de l'arithmétique où le calcul doit précéder la théorie.

La troisième classe donne à peu près complète satisfaction à M. l'Inspecteur.

En dépit des imperfections qu'il vient de signaler, il n'hésite pas à appeler l'école des Frères « la plus importante, la moins irrégulière de la province. »

Cette supériorité s'explique facilement. A celte époque, les maîtres de l'enseignement congréganiste étaient les seuls qui eussent reçu une formation pédagogique. Tandis que les autres s'improvisaient instituteurs et étaient abandonnés à leur propre initiative, les congréganistes avaient le précieux avantage de recueillir la méthode traditionnelle de leur institut et d'être dirigés, dans leurs débuts, par des confrères plus expérimentés.

C'est pour ces raisons que les cours de méthode, ébauche de nos écoles normales actuelles, créées en Savoie vers i85o, furent confiés, pour Chambéry et Saint- Jean- de -Maurienne, aux Frères des Ecoles chrétiennes ; pour Albertville et Moûtiers, aux Frères de la Croix. Tous ceux qui aspiraient aux fonctions d'instituteurs devaient fréquenter ces écoles de méthode et subir avec succès l'examen prescrit.

D'après une statistique dressée pour l'année scolaire i857-i858 par M. Fay, syndic, l'école publique des garçons comptait de 160 à 180 élèves, chiffre variant suivant les diverses époques du cours qui était de 10 mois. Elle était divisée en trois classes tenues par trois frères recevant chacun un traitement de 5oo francs, deux étant pourvus du brevet élémentaire et l'autre d'une simple autorisation provisoire. Il y avait un quatrième frère, muni du brevet de maître normal et brevet supérieur, qui tenait l'école normale, qui avait de 60 à jo élèves. Le traitement de ce dernier, qui était de 600 francs, était payé par les contribuables de toute la province.

En 1862, un pensionnat fut annexé à l'école communale. Cette création répondait à un besoin vivement senti dans toute la Maurienne. Déjà en 1844, un groupe de pères de famille adressait au conseil municipal une pétition disant que, « indépendamment du bienfait qu'ont rendu les administrateurs à cette ville en y introduisant des Frères de l'Ecole chrétienne pour l'instruction de la jeunesse, il reste encore pour couronner leur bonne œuvre à faire venir un cinquième frère pour monter une école de commerce qui puisse mettre un élève, en sortant, à même d'être présenté dans quelle maison que ce soit ; laquelle école serait d'un grand intérêt pour le pays, attendu le peu de ressources que l'on y trouve pour la troisième classe, qui est obligée de s'expatrier. Cette classe pourra amener beaucoup de jeunes gens étrangers, lesquels payeraient à la décharge de ceux de la cité. »

L'établissement du pensionnat en 1862 donnait, au moins partiellement, satisfaction à cette demande que le conseil municipal de 1844 avait cru devoir rejeter pour des raisons d'ordre pécuniaire. De plus, il mettait à la disposition des jeunes gens de toute la région un enseignement meilleur et plus complet que celui qu'ils trouvaient dans leurs communes respectives.

Ce pensionnat où l'on affluait de tous les points de la Maurienne connut une grande prospérité sous l'intelligente direction du frère Yilfrid qui resta à la tète de cet établissement depuis i863 jusqu'en 1878(1).

(1) Le frère Vilfrid est mort à Annecy le 12 janvier 1911, dans la 82e année de son âge et la 67e de vie religieuse. En

ALBANNE

A l'enquête de 1771 sur les œuvres pies, les syndics d'Albanne déclarent que la fondation de l'école ne date que de 27 à 28 mois ; qu'elle a été dotée avec les revenus de la confrérie du Saint- Esprit, et que ce nouvel établissement s'est fait par-devant Msr l'Evêque de Maurienne. L'examen et la direction de l'école appartient au Rd curé d'Albanne, et le traitement du maître est de 36 livres.

ALBIEZ-LE-JEUNE

D'après le procès-verbal de la visite de Msr Valperga de Masin en 1708, il y avait dans cette paroisse une confrérie du Saint-Esprit « de fondation fort ancienne » qui faisait autrefois une aumône à tous les pauvres de la paroisse le vendredi avant la Pentecôte et pendant les deux premiers jours de cette fête. Mais, depuis le commencement de la guerre (de succession d'Espagne), la confrérie a aliéné la

1852, il était professeur de dessin et de mathématiques à l'école Marcoz annexée au Lycée de Chambéry. En 1858, nous le trouvons directeur de l'école communale d'Yenne qu'il quitta en 1863 pour prendre la direction de celle plus importante de Saint-Jeande-Maurienne. Les nombreux prix, médailles et mentions qu'il reçut du Ministre de l'Instruction publique, tandis qu'il était directeur du pensionnat de Saint-Jean, prouvent que son enseignement était hautement apprécié par les autorités académiques.

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maison, qu'elle possédait avec les places attiguës pour la somme de cent soixante florins, qui a été employée au payement de quelques dettes de la communauté.

La confrérie possédait une vigne d'environ deux fossorées sise à Villargondran et léguée par Jean Gavit par son testament du 2r novembre i5i5, Fornier notaire, dont la récolte était vendue au plus offrant et servait aussi aux besoins les plus pressants de la communauté.

Elle avait encore diverses pièces de pré dont le foin était employé à payer les contributions qu'on demandait à la paroisse pendant la dite guerre. Auparavant, « les prieurs de la confrérie s'en servaient pour nourrir et engraisser trois bœufs que l'on destinait pour traiter les confrères pendant les trois jours de la Pentecôte et faire la soupe pour eux et pour les pauvres auxquels on faisait l'aumône ».

Les revenus de la confrérie furent-ils, postérieurement, affectés à la fondation d'une école, comme cela se fit dans un grand nombre de paroisses? Nous sommes fondés à le croire.

En effet, un rapport adressé à l'évêché en 1849 par Rd Pasquier, curé d'Albiez le-Jeune, établit que sur la somme de n6fr. qui était allouée pour le traitement des maîtres d'école, 95 fr. provenaient d'une fondation antérieure à la Révolution. C'étaient probablement les revenus de la confrérie du Saint- Esprit (1).

(1) Sur les écoles à Albiez-lc-Jeune au xixe siècle, voir Travaux de la Société d'histoire de Mauriènne, 2e série, jt. IV, lre partie.

ALBIEZ-LE-VIEUX

Par testament en date du 2 décembre 1710 (1) Petremand Martin lègue à la communauté de la paroisse d'Albiez-le-Vieux la somme de 6.000 florins Savoye, dont les revenus doivent être employés au salaire d'un maître d'école, pour l'éducation de la jeunesse de la dite paroisse, « priant ladite communauté de la vouloir recevoir et accepter ». Il charge la communauté de faire célébrer annuellement et à perpétuité, au jour anniversaire de son enterrement ou pendant son octave, une messe chantée avec les répons sur son tombeau selon la coutume, pour la rétribution de laquelle messe il sera payé trente sols au curé. Le maître d'école sera obligé d'y assister avec tous les « étudiants » ; ils prieront Dieu pour son âme et les tidèles trépassés.

De plus, il lègue à Jean-Constantin Bertin, son beau-frère, plusieurs pièces de terre à la charge de délivrer la somme de 3oo florins Savoye à la communauté d'Albiez pour la construction d'une maison pour le maître d'école au Plan-d'Albiez.

D'après les termes du testament, la nomination de l'instituteur était réservée à Jean-Constantin Bertin, et après lui à l'aîné de ses enfants et ainsi de suite.

Usant du pouvoir qui lui était conféré, Jean-Constantin, par acte notarié du 17 novembre 1732, nomma pour maître d'école son tils Rd Laurent- Constantin, prêtre, natif et habitant d'Albiez-le-

[^(i) Jacquier, notaire.

Vieux. Ce n'était point la première nomination faite. Les documents sont formels là-dessus. Mais la communauté ne s'était pas pressée de construire une maison pour le logement du maître d'école, qui était encore à bâtir en 1^53. Ce n'était point, de sa part, la seule infraction au testament ; car elle essaya de déposséder les descendants de Jean-Constantin Bertin du droit de désignation du titulaire.

Par acte du 28 novembre 1701, Jean-Constantin avait nommé pour maître le Rd curé d'Albiez, lequel avait annoncé l'ouverture de l'école et « invité les jeunes gens qui voulaient étudier à venir le trouver » ; mais on ne répondit pas à son appel. De son côté, le conseil avait établi trois maîtres d'école, avec de si faibles appointements qu'il réalisait un bénéfice de plus de la moitié sur le salaire fixé par la fondation. Il faut ajouter que l'enseignement valait ce qu'il coûtait ; car « c'étaient des maîtres qui à peine savaient lire eux-mêmes ».

Devant cette usurpation d'un droit qui leur était dévolu par le testament de Petremand Martin, les deux fils de feu Jean-Constantin, Rd Laurent-Constantin et Antoine-Constantin, ce dernier diacre et étudiant en théologie au séminaire de St-Jean-de-Maurienne, adressèrent une supplique au Sénat lui demandant de les maintenir dans la possession de leur droit, de déclarer nulles les mesures prises par le conseil d'Albiez comme contraires à la fondation qui n'exige qu'un maître d'école dont le logement doit être situé au Plan-d'Albiez ; d'enjoindre au conseil de payer le salaire fixé auRd curé dont ils confirment la nomination comme maître d'école. Et pour que l'affaire soit réglée sommairement et sans forme de procès,

comme d'ailleurs il s'agit du bien public et de l'exécution des charges d'une fondation, ils demandent l'intervention de l'avocat fiscal général.

Sur l'ordre du Sénat, le sergent royal Rostaing se transporta à Albiez, le 23 février suivant, pour signifier aux syndics, conseillers et communiers de cette paroisse le contenu de la requête des frères Constantin. Le syndic Benoit Fivel fit une réponse digne d'un avocat retors. Il déclara non fondées les conclusions de la requête, surtout celle relative à la nomination du curé comme maître d'école, parce qu'elle est diamétralement opposée à la disposition testamentaire de Petremand Martin, qui impose au maître l'obligation d'assister à la messe que la commune est chargée de faire célébrer au jour anniversaire de son enterrement. Or, « le curé ne peut pas faire deux personnages en même temps », célébrer la messe et y assister avec les élèves. Il est si peu vrai que le curé puisse s'acquitter des fonctions de maître d'école, qu'il peut à peine suffire aux travaux du ministère ecclésiastique dans une paroisse comptant plus de sept cents communiants et composée de neuf hameaux assez éloignés les uns des autres. En outre, il paraît beaucoup plus avantageux d'établir plusieurs maîtres dans différents hameaux, parce que l'école ne se tient que pendant l'hiver et rju'à cette époque la trop grande quantité de neige rend les chemins impraticables pour les enfants. C'est pourquoi il s'oppose formellement à la nomination du curé comme instituteur. Quant aux revenus de la fondation, du moins ceux qui restent, il alfirme que la communauté les a toujours consacrés au salaire des maîtres, ne sachant pas à quoi a pu être employé ce qui manque.

Dans une nouvelle requête au Sénat, les abbés Constantin répliquent que c'est en vain que le syndic a mis en avant les diverses charges du ministère pour exclure le curé des fonctions de maître, car ce n'est point de quoi il est question ; qu'ils sont d'ailleurs prêts à en nommer un autre, si l'intérêt de la commune le demande ; mais qu'ils entendent conserver le droit de nommer le maître, que le syndic luimême a reconnu, puisqu'il n'y a fait aucune opposition. Ils demandent enfin que la commune exécute la clause du testament qui l'oblige à construire une maison d'habitation pour l'instituteur dans le Pland'Albiez. Quant à la répartition des revenus de la fondation entre plusieurs maîtres, ils la déclarent contraire aux dispositions du testateur, qui n'en a fondé qu'un seul, lequel doit enseigner toute l'année et non pas seulement pendant l'hiver.

Après avoir entendu ces explications, le Sénat, par ordre du 9 mars 1^53, cite à comparaître, à Ghambéry, dans dix jours, le syndic et les conseillers d'Albiez-le Vieux pour rendre compte de l'emploi qui a été fait des fonds et revenus de la fondation Petremand Martin.

Les documents que j'ai eus entre les mains s'arrêtent à cette phase de l'affaire, dont il est difficile de connaître la suite, les archives du Sénat qui pourraient nous renseigner n'étant pas classées.

Par acte du i3 septembre 1789, Rambaud, notaire, Jeanne Opinel, veuve de Pierre Fivel, et Marguerite Fivel, « communes en biens », donnent à l'école d'Albiez-le-Vieux une rente annuelle et perpétuelle de deux livres dix sols et quatre deniers.

Ce sont les petits ruisseaux qui forment les rivières.

LE GHATEL

Par son testament en date du 14 juillet 1778, Deschamps, notaire, Rl Gosme Grassis, natif de Lanslevillard, prieur et curé de la paroisse du Châtel, lègue à la communauté, à la charge de faire acquitter une messe de Requiem, la somme de 5oo livres dont le revenu doit être « employé pour l'enseignement de la jeunesse, soit pour l'établissement d'une école dont le maître sera nommé par les prieurs et successeurs à ladite cure » (1).

Les legs faits à diverses époques en faveur ctès écoles du Châtel (il y en avait une au Villaret) produisaient un revenu annuel de 167 livres. En outre, les écoles avaient droit, ainsi que l'avait décidé un arrêt du Sénat, au produit de deux vignes cultivées par la commune (2).

FONTGOUVERTE

En 1729, les syndics déclarent qu'il n'y a pas d'école publique ni de fondation à Fontcouverte, « sauf que quelquefois il se trouve quelqu'un qui s'offre à faire l'école aux petits enfanls pour leur apprendre à lire et écrire, et ceux qui envoient leurs enfants payent

(1) Il y a aussi un legs de 4.500 livres en faveur du séminaire de Saint-Jean.

(2) Arch. du presbytère.

communément douze sols pour chaque mois ou bien six sols avec un pain et un fromage ».

En 1762, les syndics assistés des principaux chefs de famille adressent une supplique à Mgr de Martiniana pour être autorisés à employer les fonds de la confrérie du Saint-Esprit à la fondation d'une école spéciale pour les jeunes gens qui désirent faire quelques études. Ils donnent pour raison que l'aumône n'est que passagère et soulageant peu les malheureux, d'autant plus que les étrangers, connaissant le jour où se fait la distribution, y accourent en foule et en profitent plus que les gens du pays.

L'évêque approuve la supplique en date du 9 juillet

Rd Dufour, curé de Fontcouverte, qui a compulsé les riches archives de la paroisse, a laissé les renseignements suivants sur les écoles d'autrefois :

Avant la Révolution, la commune de Fontcouverte avait sept écoles: iG à la Rochette; 20 à l'Alpeltaz; 3° aux Anselmes; 4° au village de l'Eglise ; 5° à Pierre-Pin ; 6° à la Bise ; j° à Gharvin.

Chaque école avait ses fonds, administrés par un procureur nommé par les habitants du village. C'était le procureur qui choisissait chaque année l'instituteur et le payait. Le traitement était de 4°> 5o, 60 ou 80 livres au plus.

Les écoles ne duraient que quatre mois, commençant ordinairement à la tin de novembre pour se terminer le samedi avant les Rameaux.

Dans ces écoles, on apprenait à lire, à écrire, ainsi que les quatre règles de l'arithmétique.

Pour apprendre à lire l'écriture de main, on portait à l'école de vieux papiers.

Ceux qui désiraient faire des études plus complètes allaient à l'école tenue au presbytère par les vicaires ; c'était une espèce d'école supérieure.

Les écoles se tenaient dans une chambre louée annuellement chez un particulier, le plus souvent dans une écurie.

Au cours du xixe siècle, de nombreuses et importantes fondations furent faites en faveur des écoles de Fontcouverte.

HERMILLON

En 1729, les syndics déclarent qu'il n'y a pas d'école fondée à Hermillon.

A l'enquête de 1771, on répond qu'il y a deux écoles établies pour apprendre à lire et écrire à la jeunesse et qui n'ont pour tout revenu que i5 quartes de seigle et 34 livres d'argent, que les maîtres d'école exigent des différents particuliers qui en sont débiteurs.

Cette dernière réponse est incomplète, comme le prouvent les deux actes que nous allons résumer.

Par donation en date du i5 mars 1^50, honnête Martin Durieux d'Hermillon, « désirant de concourir aux frais et manutention d'une école rière ledit lieu », cède à la communauté diverses pièces de biensfonds situées sur le territoire d'Hermillon, en premier lieu une pièce de pré d'environ trois quartelées à Ghamp-Failly d'amont, en second lieu environ cent toises de vignes aux Fontanioux, village de Montandré ;

une autre pièce de vignes d'environ une demi-fosserée à Ghamp-Martinent ; enfin une quartelée de terre à la Gassaz.

A cette libéralité, le donateur met les conditions suivantes :

io Que la communauté l'exempte de sa charge de syndic et prieur de la communauté et confrérie du Saint-Esprit ; 20 il se réserve la jouissance des biens susdits sa vie durant ; 3° il sera célébré annuellement et à perpétuité une messe basse avec les répons sur le tombeau du donateur à la manière accoutumée audit lieu.

Le 20 novembre de la même année (1700), honorable François Montaz, qui habitait le hameau d'Echaillon, lègue par testament à la communauté un bâtiment situé au village de l'Eglise, consistant en cuisine, sertour et galetas avec les places et treilles en dépendantes pour servir de logement au maître d'école et de salle de classe pour les écoliers.

Pour mieux concourir à l'instruction de la jeunesse, François Montaz lègue encore la somme de 200 livres qui sera payée à la commune immédiatement après le décès du testateur : cinq livres du revenu seront données au maître qui devra, conjointement avec les écoliers, l'après-midi de chaque samedi, à l'issue de la classe, psalmodier le De Profanais avec les oraisons et prières accoutumées pour l'âme du testateur; le surplus de la rente du capital de 200 francs, de même que les fruits annuels de la treille adjacente à la maison d'école, seront affectés à la maintenance du bâtiment (1).

(1) « Parmi les legs faits aux écoles antérieurement à la Révolution, il y en a de spécialement affectés à l'école de Montandré ». La Maurienne par les Instituteurs, 1er vol., p. 381.

Aux legs précédents, il faut ajouter : i° celui de Martin Mollard qui, par son testament du i5 mars 1^50, Bellet notaire, donne à l'école d'Hermillon plusieurs pièces de biens-fonds ; 20 celui de Rd Barthélémy Ruaz, curé d'Hermillon, capital de 600 livres, testament du 20 septembre 1774 \ Laymond notaire ; 3° de Rd Martin Buttard, qui a donné un champ situé aux Contamines, de la contenance d'environ quatre quartelées, etc.

JARRIER

Par décret du 2 mai 1701, M§r Valpergue de Masin unit les chapelles du Saint-Sacrement, de Saint- Claude, de Saint-Roch et de Saint-Sébastien, des Saints Cosme et Damien dans l'église paroissiale, de St-Bernard de Menthon, de St-Antoine de N.-D. de Pitié, de manière à former un bénéfice résidentiel pour un prêtre chargé d'enseigner les enfants de la paroisse.

Le recteur des chapelles unies possédait une maison consistant en cuisine et poêle, avec jardin attigu, à l'entrée du village de l'Eglise. Elle appartenait à la confrérie du Saint-Esprit et avait été donnée par la communauté pour la résidence du recteur. (1)

En 1712, Pierre-André Borelly, notaire, lègue à la communauté de Jarrier quatre mille florins pour marier les tilles pauvres, apprendre un métier aux garçons pauvres, secourir les pauvres honteux ou

(1) Proc. verb. des visites pastorales.

aider à étudier. Pierre Borelly est mort la même année.

En 1729, d'après la réponse des syndics à l'enquête administrative, il n'y avait dans cette commune ni école publique, ni fondation. Il n'y avait qu'une école particulière tenue par le recteur résidant dans la paroisse qui enseignait les enfants en convenant avec les parents pour la durée de renseignement et le prix « sans rien intéresser la commune ». On apprenait à lire et à écrire ; une partie des élèves seulement recevait les premiers principes de la grammaire, et ceux là payaient de quinze à dix-huit sols par mois.

Dans une délibération qui ne porte point de date fixe, mais qui est postérieure à 1787 (c'est à cette date (1) que Rd Séchai Etienne, chanoine de l'église-calhédrale, fut nommé curé de Jarrier), Rd Etienne Séchai, membre du chapitre de Saint-Jean et pour lors curé de Jarrier, R1 Gosme-Joseph Filliol, « recteur moderne de ladite paroisse, le syndic et le conseil de la communauté, administrateurs du legs Borelly et d'autres œuvres pies, dont le montant revient à environ à 140 livres, considérant que ces diverses donations, partagées entre un grand nombre, procuraient peu de chose à chacun des bénéficiaires, décidèrent qu'il valait bien les consacrer à un unique objet.

« Voyant avec un grand regret que la jeunesse de ladite paroisse manque totalement d'éducation, la plupart ne sachant ni lire ni écrire, ils ont délibéré et délibèrent de se pourvoir à qui de droit aux tins d'obtenir la commutation des dites rentes à la fondation ou érection d'une école qui se tiendra au village de l'église. » Le maître de cette école, nommé par les

(1) Soc. d'hist. de Maurienne, t. III, p. 294.

susdits administrateurs, sous l'approbation cependant du Magistrat de la Réforme, devra enseigner les principes de la langue latine à ceux qui se présenteront et « les rendre capables de 3e, s'ils sont aptes à ce faire ». Il devra, de plus,, apprendre à lire et écrire à ceux qui n'apprendront pas la langue latine.

En prélevant quelque chose sur ces différents legs et en l'ajoutant au revenu annuel de 27 livres provenant d'une fondation déjà faite pour l'éducation de la jeunesse du village de Notre-Dame de-Grâces (1), on pourrait entretenir un second maître pour apprendre à lire et écrire aux enfants de ce village et des hameaux voisins depuis la Saint-André jusqu'à la fin de mai, ce qui déchargerait beaucoup le maître qui sera établi au village de l'Eglise.

Pierre Gaden, châtelain, avait légué par testament (2) en faveur des écoles un capital pour l'affranchissement duquel ses héritiers ont donné un champ d'environ trois quartelées et produisant annuellement la somme de 16 livres nouvelles.

Après la Révolution, un grand nombre d'autres fondations scolaires ont été faites à Jarrier. Signalons les deux principales :

(1) La date de ce testament ne nous est pas connue.

(2) D'après des notes qui m'ont été communiquées par M. l'abbé Guiile, curé de Jarrier, une fondation dont la rente annuelle était de « 14 livres anciennes » avait été faite par Gaspard feu Hugues Collet pour un maître qui enseignerait au village deN.-D.-des- Grâces ; un capital de « 300 livres anciennes » avait été légué par Jean-François Julliard pour l'école du même village, « seulement pour les garçons. »

Les titres de ces deux fondations ont disparu, mais l'expression de « livres anciennes » indique clairement qu'elles sont antérieures à la Révolution.

« Par acte de vente du i5 janvier 1820 (?), Piéton notaire, M. le chanoine Marcoz charge la fabrique de payer annuellement. 100 livres pour le salaire de deux institutrices, dont l'une tiendra l'école des filles au village de l'Eglise et l'aulre au village de N.-D.-des- Gràces.

« Par son testament du 17 août 1837, Savoye notaire, spectable François Viallet fait en faveur de l'école des garçons un legs dont le montant fut fixé, après une transaction du 7 novembre 1837, à 2.610 fr. 20. »

MONTDENIS

A la demande des syndics et conseillers de Montdenis, administrateurs des biens de la confrérie du Saint-Esprit et autres œuvres pies, Msr de Martiniana, par décret du 20 janvier 1767, appliqua les revenus de ces biens à la fondation annuelle et perpétuelle d'une école dans ladite paroisse, attribuant le droit de choisir le maître au révérend curé, syndics et conseil de la paroisse.

MONTPASGAL

Nous lisons dans les procès-verbaux de l'enquête de 1771 : « Depuis 1761 environ, une vigne de 337 toises appartenant à la confrérie du St-Esprit a été accensée, et le revenu en est attribué au maître

d'école en diminution de ce que les particuliers lui délivrent annuellement pour apprendre à lire à leurs enfants ».

Ces dernières expressions nous indique dans quel sens nous devons prendre la réponse du notaire Louis Dupré, déclarant à l'enquête de 1729, qu'il n'y avait point d'école à Montvernier, Montpascal, Pontamafrey et N.-D.-du-Chàtel. Nous constatons, par l'exemple de Montpascal, que les particuliers, à défaut de l'Etat ou de la commune, se chargeaient eux-mêmes du soin de faire instruire leurs enfants.

Ce qui témoigne encore de cette sollicitude, ce sont les legs nombreux, parfois très minimes, dont l'école était la bénéficiaire. C'est ainsi que, par son testament du 3i décembre 1779, Gravier notaire, Jeanne- Louise, feu Jean Gallice de Montpascal, lègue à la communauté une somme de 00 livres « pour le commencement d'une fondation d'école au présent lieu ».

A la veille de la Révolution, un autre bienfaiteur, Jean-François Montaz, par son testament en date du 18 décembre 1788, Alexis Bérard notaire, donne et lègue une somme de 200 livres pour l'école, avec la charge de faire célébrer chaque année deux grandes messes auxquelles les enfants seront tenus d'assister, l'une à l'ouverture et l'autre à la clôture de l'école.

Le même Jean-François Montaz laisse une somme de 600 livres pour la construction et la maintenance d'une chapelle vers la Croix-de-S^Bernard, sous le vocable de S* François de Sales et de Ste Brigitte : un autel devra être érigé dans ladite chapelle et on devra y placer une pierre commémorative de la fondation.

Au cas où la communauté de Montpascal refuse-

rait cette fondation, la somme de 600 fr. devra aller au collège de S1 -Jean, mais le donateur y met encore cette réserve : « Au cas qu'il se trouve au collège quelque écolier de Montpascal ou de Montvernier, il devra être exempt de toute rétribution pour les régents, le sonneur et le balayeur.

MONTRIGHER

Cette commune n'est mentionnée ni dans l'enquête de 1729, ni dans celle de 1771.

Nous avons rencontré, en feuilletant les archives du greffe du tribunal, un fait peu important en luimême, mais très significatif dans sa simplicité.

Par acte passé en l'étude de Me Deschamps notaire, le 3 avril 1790, une somme de 100 livres est donnée à la communauté de Montricher pour l'établissement d'une école. Cette somme a été trouvée par un sieur Pasquier Barthélémy qui, par acquit de conscience et sur conseil donné, a jugé convenable d'en faire don au syndic et conseillers pour le but louable susmentionné.

Le 11 octobre i8i3, le conseil municipal de Montricher prend la délibération suivante :

« Considérant qu'il n'est rien de plus utile sous tous les rapports que l'instruction, décrète qu'il se tiendra cette année une école, que le maître en sera Victor Rostaing, qui enseignera trois mois et demi.

« Pour son traitement, il recevra la somme de 80 francs, qui se prendront sur les censés arriérées

de 5oo livres ou 600 francs légués pour cet objet par testament de Joseph feu Alban Pasquier, du 29 octobre 1790, Gilbert notaire.

Pasquier Jean-Louis, dit Dufour, né à Montricher le 4 juillet 1746* mort à Montreuil le i5 avril i83i, par acte du 3o juillet 1827, donnait à la fabrique de sa paroisse natale une rente annuelle de 710 francs, dont 400 pour le salaire d'un maître d'école.

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