MONTROND
Le 18 octobre 1772, Claude Mollaret lègue à l'école du lieu la somme capitale de 200 livres de Piémont pour faire tenir l'école, depuis la fête de la Toussaint jusqu'à la fin d'avril de chaque année.
A l'ouverture de l'école, on chantera le Veni Creator et le Te Deiun le jour de la clôture.
Le maître d'école et les écoliers diront Y Angélus et le De Profundis trois fois par jour.
Ils iront tous les jours à la chapelle faire la prière du soir à l'usage du diocèse.
Le 20 juin 1783, Jean Claude Richard, natif de Montrond et habitant Saint-Jean, lègue 5oo livres à l'école, à la condition que les maîtres diront chaque jour, le matin, en entrant en classe, les Litanies du saint nom de Jésus et le De Profundis, et le soir, en sortant, les Litanies de la Sainte Vierge et aussi le De Profundis.
Le 4 juillet 1787, Rd Isidore Mollaret, recteur de la paroisse de S^Martin-d'Hermillon, Joseph Reymond,
Nicolas Falcoz et Barthélémy Bertrand, tous natifs de Montrond et y demeurant, excepté R1 Mollaret, se sont rendus à St-Jean-de-Maurienne. Par devant le notaire Jean-Claude Grange, les deux premiers donnent chacun trois cents livres, et les deux autres chacun 10 livres, aux habitants du Ghalmieux, à la charge « de faire tenir l'école audit village annuellement et chaque année depuis le premier novembre et jusqu'au dernier avril pour apprendre à la jeunesse de l'un et de l'autre sexe de la dite paroisse à lire et écrire, plein-chant, chiffre et autres nécessaires et spécialement le catéchisme le soir et le matin ».
Le mode de nomination du maître présente une particularité que nous n'avons trouvée nulle part ailleurs. Rd Mollaret et Reymond, et, après eux, leurs plus proches parents, nommeront chacun un maître, « et celui d'entre les deux maîtres qui seront nommés qui sera le plus capable au jugement du réformateur des écoles de cette province la tiendra par préférence à l'autre ». C'est le principe de l'examen et même du concours.
Les donateurs prient et requièrent expressément tant le curé de ladite paroisse de Montrond que les syndic et conseil d'icelle de veiller et tenir main à ce que leur intention s'exécute de point en point.
« Les écoliers devront aller chaque jour après l'école du soir avec leur maître à la chapelle de St-Roch y faire la prière du diocèse tout comme les dits écoliers et leurs maîtres devront le premier novembre de chaque an, ainsi que les donateurs l'exigent, chanter avant de commencer l'école le Veni Creator et le Te Deam le dernier avril après-midi, après l'école achevée. »
Mentionnons enfin un legs de 126 livres fait, le 28 août 1789, par Rd Humbert Brun, curé de Montrond.
MONTVERNIER
À l'enquête de 1729, Louis Dupré, notaire royal collégié de la paroisse de Montvernier, certifie qu'il n'y a aucune école (1), ni fondation à celte fin dans les paroisses de Montvernier, Montpascal, Pontamafrey et Notre-Dame-du-Châtel.
Dans sa visite pastorale de 1761, Mgr de Martiniana rendit une ordonnance atlribuant à rétablissement d'une école les biens de la confrérie du Saint-Esprit.
Cette confrérie était alors dissoute ; les vignes qu'elle possédait à Pontamafrey avaient passé à la communauté, qui était obligée chaque année de faire célébrer un certain nombre de messes et distribuait le resle du produit de ces vignes entre tous les paroissiens, tant riches que pauvres, aux fêtes de Pâques ou de Pentecôte.
(1) Cette déclaration ne doit pas être prise à la lettre, mais interprétée d'après les circonstances qui l'ont provoquée. Or, l'intendant de la province ayant demandé « un état des écoles publiques établies dans chaque paroisse », le notaire Louis Dupré répond qu'il n'existe pas d'école publique dans les quatre paroisses susdites ; mais il pouvait y avoir, il y avait certainement des écoles privées, c'est-à-dire payées par les simples particuliers, comme cela se pratiquait dans les localités où il n'y avait pas de fondations. C'est «e que nous avons constaté notamment à Bessans. (Enquête de 1729.)
Pour faire cesser les abus qui résultaient de cetle distribution générale, l'évêque convoqua la communauté, en qualité d'administratrice des biens qui appartenaient autrefois à la confrérie du Saint-Esprit et lui demanda si elle voulait les employer à l'établissement d'une école. Sur la réponse affirmative, Mê1 de Martiniana rendit l'ordonnance suivante : « Attendu que l'établissement d'une école est très avantageux pour la présente paroisse, nous consentons que lesdits revenus soient employés pour ledit établissement d'une école, auxquels nous avons uni ainsi que nous unissons ceux de l'aumône de Monsieur Voisin, consentant qu'on en sépare vingt-cinq livres pour l'acquittement des messes et les réparations de l'église ; en conséquence de quoi nous érigeons ladite école et ordonnons qu'il soit nommé d'ici à la Saint-André un maître d'école qui sera examiné et approuvé par le révérend curé du présent lieu, s'il en est capable ».
Outre les revenus de la confrérie du Saint-Esprit, l'école de Montvernier avait encore une rente de 10 livres provenant d'un capital de 200 livres légué par Jean Trônel par son testament du 18 février 1759.
On donnait à l'instituteur 5o livres pour les quatre mois qu'il était tenu d'enseigner.
PONÏAMAFREY
Nous savons, par la réponse du notaire Louis Dupré à l'enquête de 1729, qu'à cetle date il n'y avait pas d'école fondée à Pontamafrey.
En 1771, Me Deschamps, secrétaire, déclare aussi qu'il n'y a point d'établissements d'œuvres pies (sous ce nom on comprenait les écoles) dans cette paroisse.
Par son testament en date du 18 avril i835, Armand, notaire, Jean Champlong, natif et habitant de Pontamafrey, « donne et lègue aux administrateurs de l'école dudit lieu de Pontamafrey la somme
de 160 livres nouvelles de Piémont voulant et
entendant que MM. les administrateurs de ladite école, au moyen du legs ci-devant, fassent célébrer annuellement et à perpétuité une grand'messe pour le repos de son âme, déclarant n'avoir légué ladite somme que sous cette condition ».
SAINT-JEAN-D'ARVES
Par acte du 20 février 1673, reçu et signé par Me Michel Sibué notaire, les chapelles du Saint-Sacrement près de l'église paroissiale, des Ghambons, du Poing, du Villard, d'Entraigues et du Villaret, ont été érigées en chapellenies, soit bénéfices résidentiels pour l'entretien de deux recleurs qui feront leur résidence l'un au village d'Entraigues et l'autre au village des Ghambons, « ces lieux étant les plus commodes pour le soulagement du peuple et l'éducation de la jeunesse ».
Par suite de la cession que les patrons desdites chapelles ont faite de leur droit de patronage en faveur de la communauté de Saint-Jean-d'Arves, celle-ci promettait d'entretenir deux prêtres résidant
sur les lieux et à leur payer annuellement une pension de 35o livres chacun pour leur entrelien, somme prise en grande partie sur le revenu des fondations faite dans lesdiles chapelles. Elle s'engageait, en outre, à fournir à chacun des deux recteurs une maison d'habitation avec un jardin potager.
Par le même acte, les chapelains ou recteurs étaient obligés de résider, d'assister à tous les offices paroissiaux, de chanter Laudes aux fêtes solennelles et dimanches, acquitter les messes fondées dans lesdites chapelles, d'assister aux offices de la confrérie du T.-S. Sacrement, d'aider le curé dans l'administration du sacrement de pénitence et autres fonctions curiales, d'enseigner la jeunesse de la paroisse indifféremment de tous les villages qui auront le choix d'envoyer leurs enfants à celui que bon leur semblera, sans que lesdits chapelains puissent prétendre pour cela aucun gage, ni du riche, ni du pauvre.
Le chapelain qui résidait aux Ghambons devait assister à la sépulture de tous les défunts de çà la rivière et du Poing ; celui d'Entraigues de tous les défunts de l'autre côté de la rivière. •
Cet acte fut homologué par ordonnance diocésaine du 10 janvier 1702.
Par suite, les trois chapelles des Ghambons, du Villard et du Poing étaient unies de manière à former un seul bénéfice pour un prêtre résidant aux Ghambons ; les chapelles du Saint-Sacrement du Villaret étaient annexées à celle d'Entraigues faisant un autre bénéfice pour un second prêtre résidant dans ce dernier village (1).
(4) La chapelle des Ghambons a été fondée en 1598, en l'honneur de saint Antoine et de saint Roch, par les habitants du
Le 20 mai 1764, les syndics et conseillers de Saint- Jean-d'Arves, en vertu de leur droit de nommer les recteurs des chapelles unies, désignent pour un des recteurs révérend Lambert, vicaire de Fontcou verte. En soumettant cette nomination à l'agrément de l'évêque, ils le prient de fixer pour l'avenir la résidence dudit recteur au village du Villars où il serait plus à portée pour aider le curé de la paroisse dans ses fonctions pour enseigner la jeunesse, « ainsi qu'il est porté dans l'érection des rectorats. » Ils promettent, « conformément à l'institution des recteurs de la dite paroisse », de fournir une maison et un jardin aux recteurs qui seront élus, dans le village du Villars (1). Cette proposition fut acceptée.
Le 12 février 1766, les syndics et conseillers de Sainl-Jean-d'Arves nomment pour recteur des chapelles unies de cette paroisse révérend Alex Louis à la charge d'exécuter tout ce qui est porté dans le contrat d'établissement des recteurs desdites chapelles en date du 20 février 1678, Jean Hustache notaire, dûment approuvé et confirmé le 25 février suivant. Les syndics s'obligent à donner au recteur nommé la jouissance de la moitié des revenus desdites
village, à la suite d'un vœu pour être délivré d'un mal contagieux. En 1670, Mathieu Brun fit plusieurs legs à la dite chapelle, « afin que les deux recteurs, soit chapelains de Saint-Jean-d'Arves enseignassent la jeunesse ».
La chapelle de Sainte-Marie-Madeleine, à Entraigues, a été érigée par les habitants du village qui, par acte du 11 juin 1621, ont délibéré d'employer à cette construction la somme de trois cents livres et mille ducatons qu'ils avaient obtenus de la bonté de S. A. R. pour rebâtir leur village incendié. (Procès-verbaux des visites pastorales de Msr Valpergue de Masin.J
(1) Archives de l'évèché.
chapelles, de même que de ceux de la confrérie du Saint-Esprit qui y ont été réunis pour l'enseignement de la jeunesse. Le reclcur pourra résider soit aux Champs-Bons dans la maison occupée par le recteur précédent, soit aux Bernaudes.
Les écoles à Saint-Jean-d'Arves ont eu un insigne bienfaiteur dans la personne d'honorable Michel Alex, nalif de cette paroisse.
Par acte reçu par J.-B. Laymond notaire, le 2 avril 1779, Alex donne aux habitants des hameaux des Tours, du Villaret et d'Entraigues la somme capitale de deux mille livres pour une école qui se tiendra au village d'Entraigues annuellement et à perpétuité depuis la Toussaint jusqu'au 20 avril.
Le maître d'école, nommé par le Rd curé et les habitants des trois hameaux qui seront administrateurs de la fondation, enseignera à lire, écrire, les principes de l'arithmétique et le chant aulant que faire se pourra. Il recevra soixante livres pour son salaire, la moitié au commencement de l'école et l'autre moitié au 20 avril. Le surplus des revenus de la fondation sera pour la maintenance.
Détail à noter, cet ami de l'instruction populaire était lui-même illettré et « fait sa marque » au bas du présent acte.
Michel Alex était aussi un excellent chrétien. « Voulant, dit-il, seconder ses pieuses intentions qui sont de concourir au salut des âmes de sa paroisse », il fait don à la communauté de la somme de quinze cent et quatre-vingt livres pour une mission qui se tiendra dans l'église paroissiale de Saint-Jean d'Arves de huit ans en huit ans, soit quatre aimées après que celle de Saint-Sorlin sera tenue. » Cette clause avait
sans doute pour but de procurer aux habitants des deux paroisses le bienfait d'une mission tous les quatre ans.
Alex mettait encore pour condition que la mission serait tenue, c'est-à-dire dirigée par les Rds Pères Capucins.
Le nom de Michel Alex figure toujours à l'annuel de la paroisse de Saint-Jean-d'Arves.
Par un codicille en date du 3o mars 1789, Brun notaire, Françoise Humbert, veuve d'André Grand, « donne et lègue à l'école érigée de cette paroisse, lieu dit au village des Sallanches, la somme de 200 livres payable par ses héritiers dans dix ans après son décès avec intérêts, et charge les administrateurs d'icelle de faire célébrer annuellement et à perpétuité une grand'messe dans la chapelle du village, laquelle devra être célébrée au commencement de chaque année, soit à l'ouverture d'icelle école, le Veni Creator avant la messe et le Libéra à la fin de la messe, par le curé de cette paroisse, sous la rétribution ordinaire.
« La codicillante a déclaré ne savoir signer. »