‹ L'Instruction publique en Maurienne avant la râevolutionChapitre 21 sur 53 · SAINT-JULIEN · texte numérisé non relu

SAINT-JULIEN

En 1771, Saint-Julien avait des écoles au Bourg (1), à Glaret et à Villard-Clément, fondées par la confrérie du Saint-Esprit existant dans chacune de ces localités.

C'est à la suite d'un décret de M*1 de Martiniana, en date du 5 février 1767, que les habitants de Villard-Clément avaient affecté les revenus de la confrérie à l'établissement d'une école dans leur village qui, étant beaucoup éloigné des autres, « n'est pas à même de profiter des autres écoles ».

Le salaire du maître à Villard-Clément était de 3o livres pour les trois mois que durait l'école. Celle-ci se tenait dans un bâtiment appartenant à la confrérie (2).

L'école de Claret était plus richement dotée. Elle avait i5 livres de rente pour le logement du maître et les meubles nécessaires et 5o livres pour son salaire.

D'après un compte de gestion par le procureur de Claret en 1789, il y avait dans ce village, au moins depuis une quinzaine d'années, outre l'école des garçons, une école distincte pour les filles.

(1) Dans un procès-verbal d'assemblée des chefs de famille en 1497, il est fait mention de Claude Portaz, maître d'école. (Réc. Mauriennais, 2e série, p. 137.)

(2) Monographie de Saint-Julien, par MM. Mougin et Minoret. — Il est regrettable que la partie qui traite de l'instruction publique soit déparée par un évident parti-pris de dénigrement.

Au Bourg, il y avait deux écoles : l'une pour les garçons et l'autre pour les filles. La première n'avait que 3q livres de rente, et la seconde douze quartes de seigle. La modicité de ces revenus avait nécessité la réunion des deux écoles quelques années avant

En 1789, on essaye d'une nouvelle organisation scolaire.

Le 26 avril, les chefs de famille se réunissent en assemblée générale (1) pour décider d'affecter à l'éducation de la jeunesse les revenus des confréries qu'on employait jusqu'alors en repas et en aumônes générales, desquelles les riches profitaient tout comme les pauvres.

Pour obtenir l'autorisation de Sa Majesté, ils estiment nécessaire de remettre l'administration des confréries entre les mains du conseil ordinaire de la communauté, qui est chargé de faire les démarches nécessaires.

Avec les revenus des confréries, on établira à Glaret une école de trois mois d'hiver pour apprendre à lire et écrire, une école semblable à Yillard-Glément et au Bourg. Mais il y aura de plus, au Bourg, une école générale et pour toute Tannée pour apprendre les premiers principes du latin jusqu'en quatrième inclusivement et pour y apprendre aussi l'écriture et l'arithmétique (2).

Pendant la Révolution, les biens-fonds des écoles furent vendus comme biens nationaux : quelques capitaux, placés chez les habitants du pays, échap-

(1) Les chefs de famille sont au nombre de 126. Il n'y en a que 23 qui déclarent ne pas savoir signer et font leur marque.

(2) Archives du greffe du tribunal.

pèrent aux investigations et à la rapacité des commissaires de la Révolution. Il ne paraît pas cependant que l'école ait été fermée, si ce n'est au plus fort delà tourmente révolutionnaire ; mais quel enseignement ! Certes, les instituteurs de l'ancien régime n'étaient pas fort lettrés ; mais qu'on juge, par le document suivant, de la capacité de leurs successeurs. Nous lisons, dans un état de situation daté du 14 messidor an VIII (2 juillet 1800) : « Il n'y a point d'école primaire eu égard qu'il n'y a qu'un petit revenu qui peut à peine satisfaire le traitement d'un petit maîlre d'école pendant deux mois, qui ne sait pas seulement bien lire, ny écrire, ny parler français. . . »

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