ARGENTINE
Par son testament du 20 février 1706, Renaud notaire, Jean Grand a donné tous ses biens à la commune pour payer un prêtre, approuvé par l'évèque de Maurienne et élu par le curé de la paroisse, pour enseigner gratuitement et à perpétuité tous les enfants mâles de la localité.
Un autre ami de l'instruction populaire, J.-B. Maillet, par son testament du i5 mai 1722, Gay notaire, a également légué tousses avoirs, estimés à 25o livres de rente, pour l'entretien de l'école, à la condition toutefois que le prêtre qui en sera le recteur célébrerait à perpétuité 70 messes basses.
(1) Archives départementales.
Il y avait une maison d'habitation pour le recteur, avec grange, cave, écurie, jardin, etc.
En 1790, les bâtiments du rectorat étaient dans un très mauvais état et demandaient des réparations estimées à 1.234 livres.
Cette estimation est faite à la requête de Rd Jean- Louis Pitton, recteur de l'école, qui attribue ce délabrement à la négligence de son prédécesseur, Rd Humbert Brun (1).
BONVILLARET
Deux écoles temporaires existaient déjà vers 1^4° : l'une était établie au hameau des Combes et l'autre au chef-lieu (2).
EPIERRE
Dans un rapport sur l'état des écoles primaires en Maurienne dressé par le sous-préfet Bellemin en i8i3, la commune d'Epierrc est mentionnée parmi celles qui possèdent des revenus particuliers pour l'école.
(1) Archives du greffe du tribunal de Saint-Jean.
(2) La Maurienne, par les instituteurs de l'arrondissement, lei" vol., p. 93.
Dans un autre document de la même époque, nous voyons que l'instituteur recevait 120 francs, « que la commune paye sur ses fonds. »
Ces fondations avaient sans doute été faites avant la Révolution, bien que nous n'ayons pas trouvé de document qui l'établisse d'une manière positive. Nous savons seulement, par le procès-verbal de la visite de Msr de Masin en 1701, qu'à cette époque la confrérie du Saint-Esprit d'Epierre avait une rente annuelle de 37 cartes de blé et de 10 florins 6 sols en argent. Il est probable que, postérieurement, cette rente fut affectée à l'entretien d'une école. Quoi qu'il en soit, M. l'abbé Molin dans ses Souvenirs de la persécution, parle de l'instituteur d'Epierre (1).
Il est donc à peu près certain que cette paroisse avait une école fondée, c'est-à-dire gratuite, avant la Révolution.
MONTGILBERT
Dans une délibération municipale du 23 pluviôse an XI (11 février i8o3), nous lisons que « par sa situation et sa position, la commune n'a besoin que d'un seul instituteur, soit maître d'école ; que ce n'est que pendant l'hiver que les enfants peuvent se livrer à l'étude de la lecture et écriture, comme cela s'est
(1) Le 24 novembre 1799, il annonce l'ouverture de l'école pour le lendemain, fait sentir aux parents la nécessité et le devoir d'y envoyer leurs enfants. (Souvenirs, p. 196.)
toujours pratiqué et surtout depuis la Révolution, pendant quatre mois de celte saison ; que le maître d'école n'est payé que par les particuliers aisés qui font seul participer leurs enfants à l'instruction » (i).
Deux autres écoles, cependant, furent créées peu de temps après : l'une au village du Bugnon et l'autre au Thovey.
L'instruction était assez arriérée dans cette commune. La liste électorale dressée le Ier germinal an IX (23 mars 1801) désigne par la lettre L les personnes sachant écrire ; elles sont au nombre de i5 sur 93 électeurs (2).
MONTSAPEY
La fondation de l'école de Montsapey date de 1676. Par contrat du 4 juin de la susdite année, Pinet notaire, la communauté alberge ou accense à divers particuliers des pièces de terre, dont la rente doit être employée aux gages du maître d'école.
Par acte du 3i mai 1^35, Buissier notaire, la communauté accense à Jean Cliamiot une pièce de terre de trois journaux, appelée « le Champ de la Confrérie ».
Quant au bâtiment scolaire, il est bien postérieur. Le 14 janvier 1790, Bernard Ruffier de Montsapey cède et vend à révérend François-Louis Rose, natif
(1) La Mauriennc, par les instituteurs de l'arrondissement, 1er vol., p. 75.
(2) Note fournie par M. Cardinal, instituteur à Montgilbert.
de la paroisse de Saint-Pierre de Mâché à Chambéry, pour le prix de 206 livres 10 sols, une maison sise au village de leglise et se composant d'une cave voûtée, d'une chambre et d'un galetas, avec la place altiguë à la dite maison.
Par le même acte, Révérend Rose « donne par fondation ladite maison et place sus vendues pour y être faite l'école rière la dite paroisse par le sujet qui sera nommé et choisi par le curé de Montsapey. Le fondateur se réserve la jouissance de la maison. »
L'acte est reçu par le notaire Pierre Cordel, à Aiguebelle, dans la maison canonicale de Rd Saturnin Ghaix, chanoine du Chapitre de Randens et curé de Montsapey, où il réside.
RANDENS
C'est au commencement du xvme siècle que Randens fut érigé en commune. Le village situé le long de la rive droite de l'Arc, désigné sous le nom de Pont-de-Sainte-Catherine, du nom de la collégiale fondée en 1204 par Pierre d'Aigueblanche, continua jusqu'à la Révolution à faire partie de la communauté ou paroisse d' Aiguebelle, mais avec des syndics et une administration partielle séparée (1).
Les enfants de ce village pouvaient donc fréquenter les écoles d'Aiguebelle.
Dans le faubourg de Sainte-Catherine, Pierre d'Ai-
(1) Récits mauviennais, lrc série, p. 185.
gueblanche avait annexé à la collégiale une école pour l'instruction de six enfants de chœur et de toute la jeunesse du pays.
Il est vrai que Me Jean-Louis Pointet, secrétaire du Sénat de Savoie, dans son acte de constatation de l'état des bâtiments de la Collégiale en 1 711, ne fait aucune allusion à l'école. Mais son silence ne prouve rien, puisqu'il ne parle pas non plus de l'hôpital ni de plusieurs autres bâtiments qui existaient certainement.
Quant au village de Randens, détruit en 1750, et à celui de Montfort, perché sur la colline, aucun document à notre connaissance n'établit qu'ils possédaient une école. Mais cela ne prouve pas non plus qu'ils en fussent dépourvus.
SAINT-ALBAN-D'HURTIERES
En i8i3, le maire, adressant au préfet un rapport sur la situation scolaire de cette commune, dit que le nombre des enfants qui fréquentent l'école est de 100; que le traitement du maître est de 120 francs; que ce traitement est constitué en partie par le revenu de legs particuliers, et en partie par les cotisations des élèves.
Nous n'avons pu retrouver les actes de ces fondations contribuant à parfaire le traitement de l'instituteur. Mais, comme l'Empire s'est borné à sauver les épaves de celles qui avaient échappé à la confisca-
tion révolutionnaire, il y a tout lieu de les croire antérieures à la Révolution.
Par une transaction en date du 3 mai i833, Foray notaire, Barthélémy André, natif du Pontet et domicilié à Saint-Alban, s'engage à payer, à partir du décès des conjoints Blanc Louis et Picollet Lucie, auxquels il doit une pension viagère : i° à l'administration communale de S^Alban-d'Hurtières, pour la fondation de l'école de la jeunesse, la rente de dix livres; 2° et pareille rente de dix livres aux administrateurs fabriciens pour la fondation du vicariat.
Cette fondation a été faite en exécution des intentions d'André Durbet, formulées dans uue donation ou contrat dotal du 25 octobre 1825, Brunier notaire.
Le 3o août i85o, Rd Ghapellaz, « des seigneurs chanoines de Saint-Jean-de-Maurienne », cède à la fabrique de Saint-Alban-d'Hurtières un emplacement au village du Champ pour la construction d'une école.
SAINT-GEORGES-D'HURTIERES
Par son testament du 9 avril 1729, Rey notaire, Rd Baudrey Joseph, de St-Sorlin-d'Arves, curé de St-Georges, fonda le bénéfice de Sl-Barthélemy avec obligation de résidence. Le prêtre qui en était titulaire devait célébrer à l'église paroissiale, au maîtreautel, la messe de l'aurore, tous les dimanches et
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fêtes d'obligation, pour la commodité des paroissiens. Il devait, de plus, aider le curé dans le service et assister à tous les offices paroissiaux en habit de chœur.
En dehors du service cultuel auquel il était astreint, il devait apprendre aux enfants de la paroisse à lire et écrire, avec les principes de la grammaire, de l'arithmétique et du chant.
Dans sa lettre d'institution du 12 octobre 1730, le vicaire général Balbis déclare que Tévêquene jugeant pas la fondation suffisante, y joint celle d'André Tuquet. De plus, les syndics s'entendront avec les parenls pour fournir au vicaire-régent un honoraire suffisant à le faire vivre honnêtement.
Par son testament du 8 mars 1780, Avriller notaire, Rd Gourraz, curé de St-Georges, lègue à la paroisse la censé annuelle de 81 livres 3 sols pour l'entretien d'une école pendant qualre mois d'hiver, savoir depuis le 20 novembre jusqu'au 20 mars, à la nomination et sous la direction du curé et du conseil de la paroisse, le curé ayant toujours voix prépondérante.
Cette rente était hypothéquée sur huit fossorées de vignes que le testateur désigne dans son testament.
Rd Gourraz demande que l'école se tienne « dans la maison de ville » pour être plus à portée des enfants de la paroisse et pour la commodité de la messe que le maître leur fera entendre tous les jours, faisant le catéchisme deux fois par semaine et faisant apprendre la prière à ceux qui ne la savent pas. Il ne donnera aucun jour de congé si ce n'est les jours de fête. Il ne recevra point les filles dans la même école que les garçons, et ne pourra refuser aucun
enfant de la paroisse, tant pauvres que riches, s'ils ont capacité pour apprendre, sans rien leur demander, sauf ce qu'ils offriront librement par civilité. Il conviendrait que ledit maître d'école sache le plainchant pour l'apprendre à ceux qui en auront les dispositions, afin que le chœur ne soit jamais dépourvu de bons chantres.
Par son testament du 6 décembre i838, Rd Ravoire, ancien curé de Saint-Georges, a légué pour l'école des filles de cette commune la rente annuelle de 3o francs constituée sur un capital du par Michel Rossât. Le testament porte la clause expresse que la commune fera acquitter chaque année un service pour le repos de l'âme de Rd Ravoire.