NOMBRE
des
communiers
présents
Lettrés
Illettrés
Albiez-le-Jeune
Albiez-le-Vieux
Argentine
Albane
SLEtienne-de-Cuines. .
Ste-Marie-de-Guines
Saint-André . . . .
13 mars 1768 12 juin 1768
6 mars 1768 20juillet 1768 24 février 1766 24 février 1766 30 mars 1768
3 février 1788 28 juin 1772 23 avril 1768 30 mars 1768 27 mars 1768
6 mars 1768
Sl=Martin-s/-la Chambre
S'-Martin-la-Porte
Saint-Pancrace
Valloires
Yillarembert
Villargondran
Mais il faut remarquer que ees assemblées ont été tenues une vingtaine d'années après l'occupation espagnole, qui avait amené la fermeture d'un grand nombre d'écoles, et que la plupart des écoles ont été fondées ou rétablies dans la seconde moitié du xvme siècle.
La proportion des illettrés eût été certainement bien inférieure quelques années plus tard. Ainsi, dans une assemblée générale composée de 126 particuliers tenue a Saint- Julien le 26 avril 1789, nous ne trouvons plus que s3 illettrés. A Montricher, sur le registre des élections pour approuver ou repousser la constitution de l'an VIII, nous constatons 58 signatures d'électeurs (1).
(1) Archives nationales, série B. II.
La Tarentaise, la Maurienne, dit M. l'abbé Trésal à qui nous empruntons ce renseignement, et, en général, les communes de la
Si nous passons des assemblées communales à celles des corporations professionnelles, nous constatons le même mouvement ascendant. Le 28 avril 1748, les maîtres menuisiers, charpentiers, maçons et bàtiers de Saint-Jean, membres de la confrérie de Saint- Joseph et de Sainte-Anne, tiennent une réunion pour élire un prieur. Sur 34 confrères présents, i(5 seulement signent au registre des délibérations. En 1788, dans une assemblée pour le même objet, nous avons 20 signataires sur 28 membres présents (1).
Sur le niveau de l'instruction publique en Maurienne à la veille de la Révolution, nous avons le précieux témoignage d'un homme bien renseigné.
Rd Esprit Gombet, curé de Lanslevillard, qui a eu les honneurs d'une biographie dans les Travaux de la Société d'histoire de Maurienne (2* série, t. IV, ire partie), a laissé, entre autres ouvrages manuscrits, un Etat succinct du diocèse de Maurienne, qui a été publié par la même Société. Après avoir énuméré les bénéfices des diverses paroisses qui se trouvent sur la grande route, de Ronneval à Saint-Jean, il termine par cette note :
montagne n'ont qu^une petite minorité d'illettrés. [L'Esprit 'public dans le département du Montblanc.)
(1) Comme l'observe avec beaucoup de justesse M. l'abbé Gonthier (Histoire de l'Instruction publique avant 1189 dans le département de la Haute-Savoie, p. 65), la statistique comparée de ceux qui apposaient leur signature sur les actes publics ou privés, il y a 50 ou 100 ans, et de ceux qui l'apposent aujourd'hui ne donnerait pas la différence réelle du niveau de l'instruction publique à ces deux époques. Autrefois, là loi n'exigeant point la signature, ceux qui avaient de la difficulté à écrire préféraient faire leur marque. De nos jours, bien des personnes complètement illettrées savent juste griffonner leurs noms et échappent ainsi aux notaires.
« Outre les écoles pour le latin, il y a, dans toutes les paroisses dont nous venons de parler, des écoles fondées pour des maîtres chargés d'apprendre à lire et écrire à la jeunesse pendant l'hiver, soit depuis la Toussaint jusqu'à Pâques. Il en est de môme dans plusieurs paroisses voisines aux précédentes : aussi presque tous les hommes et la plupart des femmes y savent lire et écrire, ce qui est d'un soulagement pour les curés, surtout relativement au catéchisme ». (Trav. de la Soc. d'hist. et d'arch. de Maurienne, vol. III, p. 111).
Un progrès rapide et constant se manifestait dans le domaine de l'instruction populaire, quand la Révolution vint arrêter pour de longues années ce développement et détruire les écoles fondées au prix de patients efforts et de généreux sacrifices.
Dans sa Statistique du Mont-Blanc, le préfet Verneilh nous donne Ja raison de ce vandalisme révolutionnaire :
« Dans toutes ces écoles, dit-il, l'instruction de la jeunesse avait été entièrement liée aux principes religieux ; aussi furent-elles fermées, en même temps que les temples catholiques, pendant les troubles de la Révolution, et les maîtres d'école disparurent avec les ministres des autels ».