PROGRAMME DE U FÊTE DE L'ANNIVERSAIRE DU 10 AOUT
(PAR OUINETTÊ)
Défi la veille, le bruit du canon annoncera le mémoraLle anniversaire de la chute du trône. A ce signal, les cœurs républicains tressailleront d'orgueil et de joie.
Le matin du 23 thermidor (10 août], les temples décadaires retentiront de chants patriotiques. Les magistrats du peuple rappelleront à leurs concitoyens les causes qui ont préparé cette grande époque de la Révolution.
L'après-midi à 4 heures, toutes les autorités et administrations se réuniront suivant l'usage au CShamp de Mars, autour de l'autel de la Patrie.
Les bustes des deux Brutus y seront placés; leurs noms abhorrés des tyrans, se liront tracés en lettres d'or au-dessous de leurs images.
Le président du Directoire rendra hommage au 10 août,& ce jour où de nouveaux Brutus fondèrent la République.
Une musique nombreuse exécutera l'hymne consacré à cette fête.
A ces cérémonies succéderont des scènes militaires. Près de l'édifice qui termine le Champ de Mars s'élève une redoute fortifiée, dernier rempart du château où conspire un roi perfide. Des troupes occupent tous les postes.
Tout à coup un drapeau blanc paraîtra au milieu de la redoute.
Des groupes de citoyens indignés s'approchent, on tire sur
eux. Ils courent en désordre réunir des troupes républicaines.
La générale bat, le tocsin sonne, l'air retentit du chant : Aux armes citoyens. Un drapeau tricolore s'élève sur l'autel de la patrie.
On se dispose à l'attaque de front. On avance. Malgré l'artillerie qui en défend l'entrée, on force le passage. Une seconde barrière se présente; elle est renversée.
C'est alors que, des portes de l'édifice voisin, des troupes qui y étaient cachées font feu sur les républicains. D'autres troupes exécutent en même temps une sortie.
Les républicains sont un instant repoussés; mais des renforts arrivent. Les vétérans invalides même vienent se mêler dans leurs rangs.
Les ennemis sont obligés de rentrer dans l'édifice. Us y sont poursuivis par les républicains, qui y pénètrent au pas de charge. Tous les postes sont emportés. Le drapeau blanc est déchiré; les couleurs nationales le remplacent...
Un cri de victoire retentit de toutes parts.
Les troupes triomphantes s'avancent vers l'autel de la Patrie. Leur retour est célébré par des chants d'allégresse.
Alors les soldats républicains tendant les bras vers l'autel de la Patrie, jureront de ne jamais laisser relever le trône que le 10 août a vu s'écrouler.
Une salve d'artillerie annoncera ce serment.
Là se terminera cette auguste fête. Puissent les Français ]a célébrer encore avec enthousiasme après vingt siècles de prospérité et de gloire.
Signé : Quinette.