ÉCOLES PRIMAIRES
« Toutes les communes du département du Bas-Rhin sont divisées en trois cent cinquante-cinq arrondissements d'écoles primaires, en vertu des délibérations de l'administration départementale du 28 messidor an IV.
ce Ces trois cent cinquante-cinq arrondissements sont distribués dans les sous-préfectures de la façon suivante :
Wissembourg 102 instit,
Saverne 71
Strasbourg 108
Barr 74
a Pour lesquels il y a :
Wissembourg 14
Saverne 6
Strasbourg 57
Barr 38
Soit 115
EN8BIGNBMENT UBRB.
Bas-Rhin (An X).
« 115 institutions primaires.
« 374 écoles privées.
<c Un gymnase (sorte d'intermédiaire entre les écoles primaires et les écoles centrales) fréquenté par plus de âOO élèves.
« Outre le gymnase, il se trouve encore à Strasbourg quelques pensionnats particuliers que l'on peut regarder comme des écoles intermédiaires... Il en existe une à Bâle, Schlestadt, Bouxvillers et Haguenau. »
Cher (m IX).
« On ne peut se dissimuler que les pertes qu'a fait éprouver à cette ville (Bourges] et au département la suppression des anciens établissements ne sont pas réparéos par les nouvelles institutions.
ce Lia situation des écoles primaires est à peu près la même que dans les autres départements, c'est-à-dire que ce premier degré d'instruction est pour ainsi dire nul» et que sa réorganisation est impatiemment attendue.
« L'expérience a ouvert les yeux sur le vice des écoles centrales, dont la réforme est également nécessaire, ce qui ne doit pas empêcher d'observer que l'école centrale de ce département est recommandable sous beaucoup d'égards. Les professeurs que distinguent leur zèle et leurs talents, possèdent dans leur sein le citoyen Sigaut-Lafond, à qui ses ouvrages de physique ont fait une réputation méritée. C'est par les soins et presque en totalité aux frais de. ce célèbre professeur que s'est formé dans Técole centrale un très beau cabinet de physique.
« Signé : Lucas. »
DeitohNèthes (anX).
« Avant la réunion renseignement public se composait comme partout de petites écoles et de collèges. Les premières étaient en grand nombre dans les villes, et chaque village en possédait au moins une.
« Les conquêtes, les désordres qui l'ont suivi et les lois révolutionnaires contre les prêtres ont anéanti renseignement. L'obligation de prêter des serments qui quoique variés suivant les époques étaient tous également réprouvés par l'opinion publique a forcé les instituteurs à se cacher, de sorte que l'enseignement est nul dans ce département.
« Le nouveau système d'éducation ne remplace en aucune façon celui qui l'a précédé. Les écoles primaires n'existent point. L'école centrale, quoique composée de professeurs recommandables, n'atteint point son but parce que cela est impossible; une pareille institution ne peut jamais en effet remplacer un collège : elle convient aux hommes instruits qui veulent se perfectionner dans une des sciences qu'on y enseigne; elle est absolument nulle pour des enfants qu'il faut toujours surveiller pour qu'ils étudient et à qui il faut des maîtres et non des professeurs. »
DeuX'Sèvres (an IX) .
a Les établissements d'instruction publique du département sont dans un état bien peu satisfaisant: les écoles du premier degré sont en petit nombre et très mal organisées. A défaut de citoyens instruits qui voulussent se charger de cette honorable mais pénible fonction, on a été obligé de la confier à des hommes dont le plus grand nombre sait tout au plus former passablement des lettres...
« L'école centrale est florissante ; le cours de dessin se distingue par le grand nombre de ses élèves... »
ENSEIONEMBHT LIBRE.
tt La lacune qui existe entre les écoles primaires et les écoles centrales n'est remplie qu'à Melle, à Saint-Maixent et
à Niort. Une assez bonne école remplace le collège de Melle; on y enseigne la gramiaaire française, la langue latine, la géographie; les éléments des mathématiques.
ce Celle de Saint- Maixent est sur le même plan.
ce A Niort, il y a deux maisons d'éducation où l'on enseigne la grammaire française, la langue latine, histoire, géographie, les éléments des mathématiques et des arts agréables. »
Drame (an IX).
«c L'instruction publique à laquelle sont attachés les restaurateurs des mœurs et l'espoir de la patrie laisse beaucoup à désirer.
ce Dans les campagnes, le choix des instituteurs, soit qu'il ait été fait trop légèrement et sans examen, soit que Tenait manqué d'hommes propres à ces fonctions, a besoin d'être rectifié.
«Dans les villes, il a été plus facile de trouver des hommes instruits, mais ils sont sans moyens pour former des pensionnats.
« Les collèges, les universités ont été remplacés par les écoles centrales. Mais, avant 1789, chaque ville avait son collège, et il n'existe dans chaque département qu'une école centrale. Un grand nombre de pères de famille ne peuvent y envoyer leurs fils. On remédierait à cet inconvénient en établissant des écoles secondaires dont les dépenses seraient supportées par les habitants des communes où elles seraient placées.
« Les professeurs de législation, de mathématiques et de langues anciennes, quoique nommés depuis longtemps ne s'étaht pas rendus à leur poste, le préfet a considéré cette absence comme une démission. »
Gers (an IX).
« L'instruction publique n'a cessé de languir dans le Gers, parce qu'il n'y a que très peu de maîtres d'école ou d'instituteurs en état d'enseigner. Il en résulte ce grand mal : que
la superstition et le fanatisme conservent encore dans plusieurs de ses parties un empire absolu- '8i;ur les bons citoyens des campagnes. »
Hautes- A Ipes.
« Presque partout l'instruction a été négligée, ici elle est nulle.
« Les écoles primaires ne sont point organisées : le défaut d'hommes capables, Tinsuffisance des recettes municipales, peut-être l'opposition des prêtres qui ne veulent pas se soumettre aux lois, tout semble conspirer pour empêcher la propagation des lumières...
« Je dois rendre justice ^^x zèle des professeurs de l'école centrale; mais peu d'élèves suivent leurs leçons. D'ailleurs, les objets utiles à l'enseignement manquent absolument...
« Je me joins à ceux qui réclament des écoles secondaires dans les chefs-lieux de sous-préfecture. L'expérience a prouvé que les leçons de l'école centrale n'étaient pas assez élémentaires...
« Avec quelques réparations, les bâtiments qui se trouvent à Gap et à Briançon fourniront un local très convenable, et Embrun pourrait avec quelques secours relever son ancien collège, appeler de nombreux élèves et réparer ainsi une partie de ses pertes : on y retrouverait sans peine des hommes voués jadis à Tinstruction et qui ofiTriraient pour garantie aux pères de famille des lumières et de la moralité. »
Haute-Saâne (an IX).
ce L'instruction est presque nulle dans les campagnes. »
Lotret'Ga/ronne (an X).
« Les écoles primaires sont, je pense, à peu près partout dans le même état d'imperfection. Quoique ces instituteurs n'aient à enseigner que les premiers éléments, leur choix n'a
pas été fait avec assez d'attention ; la plupart n*ont rien changé à leur ancienne routine, et tous auraient besoin d'être guidés dans la méthode qp'ils ont à suivre. Ces écoles rempUssent néanmoins une partie de leur objet ; répandues sur tous les points du département, elles y augmentent chaque année le nombre des enfants qui savent lire, écrire et un peu de calcul.
«... L'école centrale occupe l'ancien évèché d'Agen, édifice superbe et vaste; l'enseignement y est confié à des professeurs d'un talent reconnu et bien capables de remplir les intéressantes fonctions dont ils sont chargés. Les cours de dessin, de mathématiques, d'histoire naturelle et de législation sont les plus suivis ; les autres, même celui des langues anciennes, n'ont que quelques élèves. Leur nombre est en ce moment de quatre-vingts à cent... »
ENSEIGRSMENT LURB.
« Outre les écoles publiques, il est dans le département un assez grand nombre de maisons d'éducation particulière : trois d'entre elles méritent d'être distinguées ; elles sont établies à Aiguillon, à Layrac et à Villeneuve. Les bâtiments sont convenables à leur destination, et ces pensionnats réunissent une quantité considérable d'élèves... Ces institutions, plus rapprochées de tous les citoyens et bornées aux leçons les plus appropriées aux besoins et au goût du plus grand nombre, remplissent momentanément Tintervalle qui existe entre l'instruction primaire et l'école centrale... »
Lozère (an IX).
« Le département de la Lozère est peut-être celui où le besoin de l'instruction se fait le plus vivement sentir. Ge pays, reculé dans tous les temps pour tout ce qui regarde la culture des sciences. Ta été encore plus depuis dix ans : il n'y a dans la plupart des communes ni instituteurs, ni institutrices.
«c Un établissement d'instruction publique d'ordre supérieur est en activité depuis qpelques années à Mende (l'école cen-
traie). Le succès n'a pas répondu aux espérances qu'on en avait conçues. La plupart des cours ont été déserts ou peu fréquentés. »
Mont-Blanc (an IX).
«Bonne situation de l'école centrale : 300 élèves, dont 125 pour le dessin.
a L'organisation des écoles primaires et intermédiaires devient des plus instantes ; sans elle, les écoles supérieures seront désertes dans quelques années, et l'ignorance et les professeurs établiront partout leur empire.... Il me sera permis, sans doute, d'ajouter à cet article une considération d'autant plus importante que la fatalité des circonstances l'a longtemps fait méconnaître : c'est qu'un invincible sentiment fait et fera toujours croire à l'immense majorité que l'instruction ne saurait être totalement dégagée d'une doctrine, d'une morale religieuse, sans des inconvénients plus préjudiciables à Tintérêt de la société que ceux résultant de l'ignorance. L'oubli de cette vérité a singulièrement nui à l'établissement des écoles primaires dans mon arrondissement : à peine en existe-t-il une dans les sept à huit principaux bourgs.... En un mot, à l'exception de l'école centrale, des pensionnats de Rumilly et d'Annecy, et de quelques maisons particulières où Ton reçoit les premiers éléments d'éducation, tout est à créer dans le Mont-Blanc. »
Rhône (an X).
« Le département du Rhône éprouve à l'égard de l'enseignement public les mêmes besoins que tous les départements de la République. Aucune école publique autre que l'école centrale n'y est ouverte. L'école centrale, de sa nature, doit mettrele sceau à l'instruction, mais les élèves en petit nombre qui la fréquentent ne sont point assez forts pour recevoir les leçons trop substantielles qu'on y donne, parce qu'ils n'ont pas été préparés dans les écoles secondaires, et il arrive
assez ordinairement qpie les élèves ne pouvant monter jusqu'aux professeurs, les professeurs sont obligés de descendre jusqu'aux élèves^ ce qui fait sortir l'école des termes de sa création. »
Sarthe (an X).
•« L'école centrale occupe le ci-devant collège de l'Oratoire. La divergence des opinions politiques et religieuses et sans doute les troubles civils paraissent en avoir retardé Torganisation, et depuis» des préventions difficiles à*dëtruire tant sur la stabilité de cette école que sur la moralité de quelques professeurs, en ont empêché quelque temps la fréquentation.
c< On n'ignore point que le gouvernement s'occupe de la réforme du mode actuel d'instructfon. On s'abstiendra donc de s'étendre sur les vices signalés de la loi du 3 brumaire. Le vœu qu'on fait avec les bons citoyens, c'est de faire cesser, par une organisation prompte, l'incertitude décourageante des professeurs et des élèves; de subordonner les cours d'études de manière que l'un serve de degré à l'autre; qu'il soit fait choix de professeurs qui réunissent à l'art de l'enseignement la conduite la plus exemplaire ; qu'ils soient subordonnés à un régulateur — préfet — qui exerce sur eux et les élèves une surveillance journalière; que la durée des leçons et leur teneur ne dépendent point de l'arbitraire ; qu'enfin on voie renaître la discipline et l'émulation qui faisaient autrefois fleurir les collèges.
a Quant aux écoles primaires, l'état de nullité dans lequel elles végètent en général, tient à l'impéritie et à l'inconduite du plus grand nombre des instituteurs. Il s'est élevé contre eux de tous côtés des plaintes tant de la part des communes que des conseils d'arrondissement. On en réclame instamment la réforme. »