ARTICLE PREMIER
Éfal de r Instruction pvblique.
A in. — La décadence de Tinstructioii publique, dans ce département^ doit être attribuée aux différences d'opinion qui rendent déserts les établissements nouveaux de ce genre.
Aisne. — Les écoles primaires, les régences particulières des bourgs, les collèges de plein exercice formaient une instruction graduée, proportionnée aux âges, aux capacités.... Tous ces établissements étaient entretenus par des fonda* lions, par des fabriques, par de légères rétributions des particuliers. Tout a été vendu ; il reste même peu de bâtiments. Qu'en est-il résulté? Les enfants ont été livrés à l'oisiveté la plus dangereuse, au vagabondage le plus alarmant. Us sont sans idées de la divinité, sans notions du juste et de l'injuste; de là, des mœurs farouches et barbares, de là un peuple féroce.
Allier. -^ Le mode actuel d'instruction est absolument vicieux ; elle est nulle depuis l'existence des écoles centrales.
Charente. — L'instruction publique avait déjà dans ce département, avant la Révolution, très peu de ramifications; mais la Révolution les a fait entièrement disparaitre.TiCS campagnes n'ont plus aucun moyen d'enseignement, aucun moyen même d'en établir.
Côte-iVOr. — On se refuse à faire partager au gouvernement
ie s^entiment douloureux que fait éprouver l'état où se trouve rinstruction dans les campagnes.
Quant au chef-lieu du département qui possédait tant d'établissements d'instruction, il a plutôt gagné que perdu par rinstitution de l'école centrale.
Finistère. — L'instruction est à peu près nulle dans ce département. Point d'écoles secondaires, très peu d'écoles primaires; partant, point d'éléments pour l'école centrale.
Forêts. — L'instruction est nulle dans ce département depuis dix ans, U faut en revenir aux anciens collèges et à leur enseignement; il faut surtout prendre la religion pour base de l'éducation.
Gironde, — On n'accuse ni les professeurs ni les parents de la décadence de l'enseignement ; c'est le mode actuel qui est vicieux; rien n'y est lié ni gradué; il n'y a point d'intermédiaire entre le premier et le dernier degré. — Point d'in* struction sans éducation; d'éducation sans morale» sans religion: celle-ci doit donc être la base d'un plan d'instruction nationale.
Ille-et-Vilaine, — L'instruction publique est presque nulle dans toute la France, parce qu'on a voulu s'écarter de la pratique confirmée par l'expérience. On ne parle ni de la divinité, ni des principes de morale. On croit donc qu'il faut en revenir à ce qui se faisait anciennement.
Jemmapes. — On insiste fortement pour le rétablissement des collèges et surtout du culte et de la religion catholique.
Liwmone, — La jeunesse depuis longtemps s'endort dans l'ignorance.
Loire, — Plusieurs écoles que la Révolution a fermées jouissaient autrefois de revenus donnés par des particuliers. Que sont devenus leurs titres?
Haute-Loire. — Le mode actuel de l'enseignement prépare une décadence effrayante pour les lettres et pour les sciences.^
Loirerinférieure. — U n'existe point de système général d'instruction ; on a beaucoup projeté, mais on n'a pas exécuté.... Pour donner à l'instruction publique l'activité néces-
saire, il conviendrait d'assurer le traitement des professeurs et de les payer exactement.
Lot, — L'instruction publique est nulle dans ce département. La plupart des professeurs de Técole centrale ont figuré dans la Révolution d'une manière peu honorable. Leur réputation nuit au succès de leur enseignement; leurs écoles sont désertes.
Maine^-et-Loire, — L'instruction publique est à peu près nulle dans toutes les parties du département^ Angers excepté.
On invite le ministre à prendre des renseignements sur les anciens Oratoriens, les Bénédictins, les Doctrinaires, et à proposer au gouvernement de décider s'il serait utile d'en former des associations destinées à l'instruction.
Haut&^Mame. — L'instruction est presque nulle dans ce département comme dans la plupart des autres.
Meuse^Inférieure. - Il est urgent de s'occuper de l'instruction : on perd l'habitude d'apprendre à lire. H faudra faire revivre le bénéfice du clergé.
Les professeurs ont enseigné dans le désert, parce qu'on a proclamé imprudemment qa'il ne fallait jamais parler de religion dans les écoles, et parce qu'il n'y a point eu d'ordre dans la tenue de ces établissements.
On désire aussi que les écoles secondaires et centrales aient un chef chargé du maintien des règles.
Nièvre. — Les progrès de l'enseignement sont faibles dans ce département. Les élèves sont en petit nombre et les instituteurs ont peu d'influ3nce.
Puy-de-Dôme. — Les anciennes corporations chargées de l'enseignement obtenaient des succès qui compensaient avan* tageusement quelques abus que l'on pouvait d'ailleurs réformer. Réorganiser l'instruction publique : le mode actuel est très dispendieux et n'a produit que Jes plus fâcheux résultats.
Hautes-Pyrénées. — Partout l'instruction publique est non seulement incomplète mais encore avilie, et le mal sera bientôt à son comble si l'on n'y porte un prompt remède.... Les inconvénients les plus graves pour les mœurs résultent de
Tabus qui laisse aux professeurs la facilité de loger avec leurs femmes et leur ménage entrer dans l'intérieur des maisons d'éducation.
Bas-Rhin, — Avant la Révolution l'instruction était très brillante; ses succès étaient dus à des hommes profondément éclairés et dont les mœurs austères commandaient la con* fiance.... Le renversement de la religion a inspiré des préjugés contre les écoles centrales.
Rhin-et-Moselle. — Il est indispensable d'établir trois degrés distincts dans l'enseignement public... C'est pour s'être trop écarté de cette marche que le système actuel a produit si peu de bons effets.
Roer. — L'instruction publique est singulièrement négligée dans ce département. L'établissement des jurys n'a produit aucun bien.... L'instruction était très brillante dans les institutions anciennes; les établissements d'instruction publique jouissaient de la plus grande réputation. .
Hauie-'Saâne, — Rémettre en vigueur les anciens établissements d'instruction publique. Les écoles étaient fréquentées quand on enseignait avec les éléments de la littérature et des sciences, ceux de la morale et de la religion; elles sont désertes depuis qu'on a supprimé ce dernier enseignement.
Saoneret'Loire, — L'instruction publique est absolument nulle; il faut un autre mode d'instruction.
Sarre. — Si l'on compare ce qu'est l'instruction avec ce qu'elle devrait être, on ne peut s'empêcher de gémir sur le sort qui menace les générations présentes et futures.
Tarn, — Les établissements consacrés à l'instruction publique ne sont pas assez multiples pour seconder les bonnes dispositions des habitants.
Var. — En général, l'instruction publique manque d'instituteurs capables de seconder l'aptitude des habitants de ce départemen^t.
Vaucliise, — L'instruction publique est nulle dans ce département^Jl est très peu d'écoles primaires fréquentées.
HautCrVienne, — L'expérience démontre que l'enseignement se fait mal depuis la suppression des sociétés enseignantes. Les rétablir et leur confier les collèges.