CHAPITRE IV
I. Installation des écoles centrales dans les anciens collèges, abbayes, couvents, châteaux, bfttimenls des ci-devants intendances, etc. — Budgets de l'an VI, de Tan VII, de Tan VIII. — Somme consacrée par la République à l'enseignement secondaire. — Gomme quoi les anciens collèges jouissaient de revenus bien supérieurs à cette somme. — Tableau de la population des écoles centrales d'après les chiffres officiels. -> Ce qui résulte de ce tableau : deux cours seulement un peu suivis, le dessin et les mathématiques. — Faiblesse ou nullité des autres. -^ Quelques exceptions brillantes : les écoles centrales de la Seine. — II. Défaut de centralisation. — La surveillance des écoles entre les mains des autorités locales : administrations départementales et jurys d'instruction. — Incon« vénients de ce régime. — Inexpérience des administrations départementales. — La politique dans l'école. — Composition des jurys. — - Comment ils faisaient passer les examens. — Comment ils surveillaient les écoles.
— III. Le personnel enseignant. —Sa situation matérielle et morale. — Un rapport au Directoire. — Détresse d'un grand nombre de professeurs. — Documents à l'appui. — IV. La division des cours. — Trois sections. — Six années d'études. — Importance du dessin et des sciences. — Substitution de cours facultatifs aux anciennes classes. — Danger de ce système pour la discipline. — Pas de pensionnats. — Hostilité de ceux qui s'ouvrent. — Mauvaise ordonnance des matières d'enseignement. — Les lettres sacrifiées. — Bifurcation. — L'histoire et la langue nationales reléguées dans la dernière section. — Introduction de matières d'enseignement supérieur dans un cours d'études secondaires. — La grammaire générale.
— Pauvreté de cette science au dix-huitième siècle. — Influence de Port- Royal. — La législation. — Objet de cet enseignement. — Ses tendances et son caractère irréligieux. — L'athéisme officiel et ses conséquences.
— V. L'enseignement. — Liberté des méthodes. — Liberté des profes-
seurs. — Conséquences de cet abandon : Incohérence et diversité des études. — Documents à l'appui. — Faiblesse des élèves : nécessité pour les professeurs d'abaisser le niveau de leur enseignement. — Projet d'un enseignement intermédiaire. — Nécessité d'une seconde classe de langues anciennes et d'un cours préparatoire. — Examens de passage. — Pénurie de livres élémentaires. — Les dictées. — VL Conclusion.
Sans être aussi compliquée que celle des écoles primaires, Torganisation des écoles centrales, d'après les données de la loi du 3 brumaire an lY, ne laissait pas de présenter beaucoup de difûcuités. Établir un grand établissement d'enseignement secondaire dans chaque département, y compris les pays annexés, n'eût pas été, même en des temps réguliers, une petite affaire; en 1795, avec la coalition sur les bras, 800 000 hommes aux frontières et la dépréciation des assignats, il y avait de grandes chances pour que cette vaste opération échouât. Néanmoins, le Directoire, il faut lui rendre cette justice, n'hésita pas et se mit résolument à Tœuvre. Il fallait, avant tout, pourvoir à l'installation des nouvelles écoles. Or, la caisse était vide. Où trouver les millions nécessaires? On ne pouvait songer à les demander à l'impôt. On les prit, naturellement, sur les biens nationaux. Une loi du 25 messidor an IV mit à la disposition du gouvernement « les maisons connues ci-devant sous le nom de collèges, » avec les jardins qui en dépendaient ^