‹ L'instruction publique et la RévolutionChapitre 38 sur 110 · Depuis lycée Cbarlemagne · texte numérisé non relu

Depuis lycée Cbarlemagne

4. Surtout au début, on le verra par la suite, et à Texception du cours de législation qui n'était pas plus suivi dans les écoles de Paris que daoscelles des départements. Voir à ce sujet F 172999, une lettre du citoyen Grivel, professeur de législation à TÉcole centrale des Quaire-Nations au ministre de riniérieur, où ce professeur se plaint de n'avoir jamais eu plus de neuf à douze élèves à son cours.

Nous n'avons pu retrouver aucun das états fournis par l'administration départementale de la Seine au ministre de l'intérieur; mais nous avons trouvé la lettre d'envoi qui accompagnait l'un d'eux. Elle est ainsi conçue :

Paris, le 8 pluviôse an VII« Citoyen Ministre,

« Nous vous envoyons les états nominatifs des élèves qui ont fréquenté les trois écoles centrales en activité pendant le premier trimestre de cette année. Vous verrez sûrement avec plaisir, par le grand nombre d'élèves qui vont y puiser l'instruction^ que ces établissements prennent tous les jours plus de faveur..,. »

raison tant soit peu fondée entre ces écoles et celles des départements. Les cours professés par Laharpe, Laromiguière ou Daunou ne ressemblaient que de fort loin à ceux de leurs collègues de province. C'étaient de véritables cours d'enseignement supérieur, auxquels se pressait une jeunesse privée, par la suppression des collèges et de TUniversité de Paris, de toute ressource intellectuelle. L*École polytechnique y recrutait ses meilleurs sujets; et plus d'une couronne y fut gagnée par des hommes qui devaient être un jour Thonneur des belles-lettres : M. Naudet, entre autres, figure sur le palmarès de l'école du Panthéon (an X) pour le premier prix de composition latine.

Les écoles centrales proprement dites, celles des départements, n'eurent ni cet éclat ni cette prospérité. L'exemple de Besançon, souvent invoqué par leurs défenseurs S ne prouve qu'une chose, c'est qu'il se rencontra, dans le nombre, quelques administrations et quelques }urys d'instruction plus actifs et plus vigilants que les autres, qui surent tirer parti d'une loi défectueuse et fonder le crédit de leurs établissements. L'exception confirme ici la règle et l'on ne peut guère, à moins de parti-pris, s'empêcher de trouver bien médiocres et bien accablants les résultats que nous avons donnés plus haut. Si les écoles centrales avaient duré, elles auraient peut-être forme des générations sachant très bien le dessin linéaire : il est au moins douteux qu'elles eussent produit beaucoup de savants et de lettrés.

1. De8ïM)is, VandaUme révolutUmnaire. Lacroix, Estait stir Venteignement (1802).

Après les élèves, ce qui manqua le plus aux écoles centrales, ce fut une direction. On a souvent reproché à la Révolution d'avoir été centralisatrice à l'excès; on pourrait bien plutôt, en matière d'enseignement, lui adresser le reproche contraire! Elle ne sut pas, à proprement parler, créer une administration de ^l'instruction publique. La Convention elle-même n'y réussit pas. Dès le principe, elle avait, on l'a vu, donné des pouvoirs très étendus à son comité d'instruction publique; plus tard, et à diverses reprises, elle lui avait adjoint des Commissions spéciales (Commission des Neuf, des Six, Executive) chargées, celle-ci de veiller à l'application des lois, celles-là d'en élaborer de nouvelles. Malheureusement, ^uel que fût le zèle de ces commissions et la compétence d'un comité qui comptait au nombre de ses membres des Lakanal et des Daunou, ils manquaient absolument des moyens indispensables à un gouvernement pour diriger la chose publique, et toute leur bonne volonté n'avait pu triompher de l'incurie des autorités locales auxquelles le législateur avait [eu l'imprudence de remettre le sort des écoles.

Les cinq représentants envoyés en mission dans les déparlements' n'avaient pas été plus heureux. Us étaient

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