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2. Ce conseil avait été créé le 15 vendémiaire an VII et chargé — lisonsnous dans UDe note Insérée au Moniteur, — « d'examiner les livres élémentaires imprimés ou manuscrits, les cahiers, les vues des professeurs, et d'être sans cesse occupé des moyens de perfectionner l'instruction républicaine. > U était en grande partie composé de membres de Tlnstitut. C'étaient, « pour la langue et le goût, les citoyens Palissot et Domergue, pour les sciences idéologiques, morales et politiques, les citoyens Daunou, Garât, Jacquemont et Lebreton; pour les sciences physiques et mathématiques, les citoyens Lagrange et Darcet. •

l'iusthuctioii pubuque. i^

242 L'iiNSTRUCTlON PUBLIQUE ET LA RÉVOLUTION.

Citoyen Ministre,

Le Conseil a examiné avec beaucoup d attention le dépouillement qu'il a fait faire de la correspondance des conseils d'administration et des professeurs des écoles centrales ; il a recueilli les renseignements que ces professeurs y donnent, les vues qu'ils exposent, même les plaintes qu'ils y font, pour vous faire connaître l'état au vrai de l'instruction publique dans la France, les espérances et les craintes qu'il est permis d'en concevoir et les améliorations qu'il est possible d'y apporter, sans toutefois donner une trop grande commotion à cette vaste machine telle qu'elle est établie.

Il a demandé des renseignements généraux aux administrateurs et des renseignements particuliers aux professeurs. En passant en revue les renseignements particuliers fournis par les professeurs, il a suivi Tordre des cours établis par Ja loi du 3 brumaire an IV.

Cours de dessin.

Le cours de dessin se trouve le premier ; il est le plus fréquenté de tous. Un grand nombre d'écoles comptent 100^ 200, et même 300 élèves; celle de l'Hérault en a 348. La durée de ce cours est et doit être indéfinie. Il est séparé de la chaîne des études ; la plupart des élèves qui le suivent sont des fils d'artisans qui commencent ainsi leur état d'orfèvre, d'architecte et de menuisier, quelques-uns de peintre, et qui n'ont l'intention de faire aucune autre espèce d'études dans les écoles centrales.

Cours de langues anciennes*

Quelques professeurs ne font durer ce cours qu'une an^* née; d'autres le prolongent jusqu'à trois et quatre; la

durée commune est de deux ans. Plusieurs donnent jusqu'à seize leçons par décade ; d'autres n'en donnent que cinq, la plupart en donnent huit. Selon que ce cours dure deux, trois ou quatre ans, il se partage en deux, trois ou quatre classes d'élèves que le professeur instruit à des heures différentes, et Ton sent combien ces séances multipliées jusqu'à quatre doivent ou fatiguer le professeur ou rendre ses instructions courtes et superficielles.

Cours d'histoire naturelle.

Ce cours occupe assez généralement les élèves pendant deux ans, à huit leçons par décade. Il n'est qu'un très petit nombre de professeurs qui retendent à trois ou qui le restreignent à un an. Son objet dépend assez communément des localités. C'est ainsi qu'à Strasbourg et Montpellier, par exemple, la botanique en fait la partie principale ; que dans les pays de mines, c'est la minéralogie, et que presque partout on applique l'histoire naturelle au commerce ou aux arts que favorise le pays.

Cours de mathématiques.

Après le cours de dessin, c'est celui qui offre les résultats les plus satisfaisants. On s'y ressent, dans les départements les plus éloignés, de l'influence de l'École polytechnique établie à Paris, et cet exemple peut faire juger du bon effet que produiraient de semblables établissements pour les sciences morales, ou pour les lettres.

Cours de physique et chimie.

Ce cours est presque autant suivi que celui de mathématiques, et, comme celui d'histoire naturelle, il s'applique assez communément à l'agriculture, aux manufactures, aux arts ou aux productions du pays. Il dure presque partout

deux ans ; le défaut d'instruments a forcé plusieurs professeurs à le renfermer dans l'espace d'une année.

Cours de grammaire générale.

Le cours de grammaire générale réunit dans quelques départements assez d'auditeurs; mais cet exemple est loin d'être commun. Il est même quelques écoles où ce cours a été impraticable par le défaut d'études préparatoires de la part des élèves, mol if qui se réunit à beaucoup d'autres pour faire désirer un enchaînement et une marche progressive dans ces cours. La moitié des professeurs consacre deux ans au cours de grammaire générale, l'autre moitié seulement un an. Un seul y emploie cinq mois. Ce cours précède celui de belles-lettres, lequel est presque nul et compte très peu d'élèves.

Cours de belles-lettres.

On ne lui donne dans Tordre des études aucun rapport avec celui de langues anciennes. En général, on s'y borne à donner des préceptes et des exemples sur l'éloquence et la poésie, ce qui établit une division en deux parties et presque partout en deux années : tel professeur y suit Le Batteux, tel autre Marmontel ou Blair; il en est un infiniment petit nombre qui aient cru devoir y rappeler les auteurs grecs ou latins. Ce cours ainsi placé ne se lie ni au cours de grammaire générale qui le précède ni à celui d'histoire qui le suit. Aussi est-ce celui de tous qui a le moins d'auditeurs. Les élèves qui parcourent dans cet ordre le cercle des études, ont eu le temps d'oublier ce qu'ils ont appris dans la classe des langues anciennes, lorsqu'ils arrivent à celle de belles-lettres.

Cours d'histoire.

Le cours d'histoire est un de ceux qui ont le plud embarrassé les professeurs, lorsqu'il s'est agi d'en déterminer l'étendue et le plan. Quelques-uns le considéraient comme un cours de géographie historique, d'autres comme un simple cours de chronologie... Gondillac et Millot sont les guides de tous ceux qui ne suivent pas une marche à eux. Ce cours attire peu d'élèves, et ceux qu'il attire ont presque tous un certain âge.

Cours de législation.

Celui-ci laissait encore plus de latitude que le précédent à l'arbitraire des professeurs. Dès l'établissement des écoles centrales, on lui donna le nom de cours de morale et de législation ; mais peu de professeurs réunissent ces deux objets. Ceux qui n'ont point envoyé de cahiers se contentent, pour la plupart, d'annoncer qu'ils puisent leurs matériaux dans Montesquieu et d'autres publiclstes connus ; mais ils n'indiquent pas le cadre dans lequel ils resserrent ces matériaux, ni la manière dont ils les lient entre eux. Il en est plusieurs qui ne font qu'un cours de jurisprudence française, d'autres se bornent à un commentaire de la Constitution. Ces espèces de cours durent un, deux, trois et même quelquefois quatre ans.

Tel est, citoyen Ministre, ajoute le rapport à cette rapide revue des cours, le résumé des renseignements qu'on a pu tirer des divers professeurs. Vous y aurez vu, sans doute, que le plus grand vice des écoles centrales est le défaut de rapport et de liaison entre les différentes études. C'est ainsi que l'étude des langues anciennes que l'on commence une des premières ne doit plus laisser qu'une trace bien légère dans l'esprit des jeunes gens, lorsqu'ils

arrivent au cours de belles- lettres et surtout lorsqu'ils sortent des écoles, et que cette étude à laquelle on consa* crait dans les anciens collèges les six années de la jeunesse, où la mémoire retient le plus facilement et de la manière la plus durable, n'occupe plus maintenant qu'une année ou deux, dont encore une partie peut être consacrée à d'autres études. »

Le défaut d'un programme et d'un règlement général établissant entre les divers cours des écoles centrales une relation et des rapports néccessalres, voilà donc, au dire des contemporains les plus qualifiés, la cause principale du peu de succès de ces établissements. Toutefois, ce n'est pas par cette cause unique que s'explique Téchec du plan d*études adopté par la Convention ; il tient à d'autres circonstances qui ne laissent pas d'avoir leur importance et qui méritent en tous cas d'être notées.

Par exemple, il est évident que la faiblesse de l'enseignement primaire dut rendre singulièrement difficile la tâche des professeurs des écoles centrales. Les auteurs de la loi du 3 brumaire s'étaient figuré que l'organisation des deux degrés d'instruction (primaire et secondaire), pourrait être menée de front par leurs successeurs. Or, on l'a vu, le Directoire n'avait pu qu'ébaucher cette partie de la tâche qui lui avait été léguée par la Convention. L'argent, les hommes, la confiance des populations, tout lui avait manqué; si bien que les écoles primaires étaient restées désertes et la loi généralement inexécutée. Dans ces conditions, le recrutement des écoles centrales en élèves ne pouvait qu'être d'une qualité fort inférieure. Et, de fait, c'est ce qui arriva. On retrouve ici, dans les documents, la même unanimité qu'en ce qui concerne le défaut d'ordre et de liaison des études.

« Citoyen Ministre, écrivent, le 20 frimaire an VII, les professeurs de l'École centrale du Gard (Arch. nat., P. 17, 3008), toute la France a app?audi au choix hono-

rable et éclairé du conseil * que vous vous êtes donné pour réaliser le projet d'amélioration et de perfectionnement que vous avez conçu en faveur de Téducation nationale... Nous aurions bien voulu vous soumettre les cahiers que nous dictons à nos élèves... mais les obstacles nombreux dont on a embarrassé l'organisation de Técole du Gard, et la privation totale d'instruction préparatoire dans ces contrées, ne nous ont pas permis de donner à nos cours, dès le commencement, le degré d'importance auquel nous espérons les élever ; il a fallu descendre, en faveur de nos premiers disciples, aux idées les plus élémentaires de chaque science.»

« Les jeunes gens de douze à treize ans qui fréquentent le cours de langues anciennes y arrivent sans instruction préliminaire, sachant à peine lire, écrivent les professeurs de récoie centrale des Ardennes. Chaque rentrée donne des élèves peu ou point préparés ; le professeur est obligé de se faire instituteur primaire. » (Ârch. nat.^F. 63O08).

« Les obstacles qui s'opposent au succès de notre école, écrivent les professeurs de l'école centrale de Chartres, sont d'abord les écoles primaires qui ne forment pas d'élèves en état de suivre nos cours. » (Arch. nat., F. 63009.)

Et de tous ainsi :

Un tel concert ne pouvait manquer d'appeler l'attention des pouvoirs publics. Aussi voyons-nous, dès le 6 brumaire anyi,la commission d'instruction publique du Conseil des Cinq-Cents* saisir cette assemblée d'un projet de loi sur les écoles primaires, secondaires et centrales, où se trouve fortement établie la nécessité d'un enseignement intermédiaire.

L'exposé des motifs de ce projet présenté par Roger Martin est curieux à plus d'un titre.

1. Le Conseil d'instruction publique créé par François de Neufchâteau.

2. Composé des citoyens Chénier, Mortier du Parc, Bailly, Gomaire Sainthorent, Leclerc, Viilars, Béranger et Roger Martin.

Après avoir, dans un court préambule, exposé que « de tous les établissements créés par la loi du 3 brumaire an IV, rinstitut national était le seul qui, par les grands talents qu'il renferme, ait pu aquérir de la consistance et prendre une'marche assurée, tandis que les écoles primaires n'existent qu'en projet, et que les écoles centrales n'ont reçu qu'une demi-existence, sont peu fréquentées, et traînent partout dans un état de langueur et de médiocrité », Roger Martin s'exprimait ainsi :

«Après l'école primaire où le jeune élève doit apprendre à lire, à écrire, chiffrer et les premières notions de la morale, la loi du 3 brumaire le conduit sans secours intermédiaire à l'école centrale. Là, on lui donne d'abord une instruction méthodique sur sa propre langue et sur celles des langues anciennes qui ont le plus de rapport avec les institutions républicaines; ensuite on lui montre les principes de l'art oratoire et du raisonnement, les éléments des sciences mathématiques, physiques et morales et les matières les plus importantes de la législation française. »

Il parait, d'après ce premier aperçu, qu'il existe une telle disproportion entre l'école primaire et l'école centrale, que jamais un élève sortant de l'une ne pourra parvenir à l'autre et en suivre utilement les leçons sans passer par une éducation privée qui, se plaçant entre les deux, rompra le fil de l'instruction publique et dérangera sa marche.

C'est en grande partie pour réparer cet inconvénient grave, pour combler l'intervalle vide où le jeune homme, dans le système actuel, doit passer plusieurs années dépourvu de tout secours d'éducation nationale, que votre commission vous propose, sous le nom d'écoles secondaires, un degré d'enseignement tenant le milieu entre l'école primaire et l'école centrale, qui, plus économique et plus utile que ce qui existe en ce moment, raccordera ces deux degrés d'instruction, et donnera de l'ensemble à

des parties aujourd'hui trop isolées dans renseignement public. »

Venait ensuite un aperçu des matières d'enseignement dans les écoles projetées :

« La première année serait consacrée au perfectionnement de l'écriture et du calcul, aux principes de Tarpentage, aux premiers éléments de la géographie et de la grammaire française et au développement d'un catéchisme civique sur la morale et la Constitution, en observant toutefois d'en faire apprendre par cœur les articles les plus marquants, d'y joindre la déclaration des droits et des devoirs et un recueil bien assorti d'hymnes républicains.

La seconde année serait employée à un plus grand développement de géographie et de grammaire française, aux premiers éléments de la grammaire latine, à des notions sur l'agriculture et sur les arts mécaniques.

Dans la troisième année, on ferait connaître les tours élégants de la langue française et l'on donnerait quelques principes de goût et de style; on y joindrait la traduction de quelques ouvrages latins de médiocre difficulté, des connaissances plus étendues sur l'agriculture et les arts mécaniques, et Ton terminerait le cours par un abrégé du code rural, forestier et criminel. »

Le Conseil des Cinq-Cents n'adopta pas ce projet d'enseignement intermédiaire — j'allais dire professionnel — tant il a de rapport avec le genre d'études qu'on appelle aujourd'hui de ce nom. Peut-être eut-il raison. On n'avait porté que trop de lois sur l'instruction publique : celle de Roger Martin n'eût fait qu'ajouter une complication aux difficultés qu'on avait déjà pour se procurer les ressources nécessaires en hommes et en argent. D*ailleurs cet enseignement supposait lui-même l'organisation des écoles primaires à peu près achevée, il n'aurait pu rendre de services qu'à cette condition. En revanche, rien n'empêchait d'établir auprès de chaque école centrale des cours élé-

mentaires semblables à ceux qui se font aujourd'hui dans nos petits collèges. Les familles auraient trouvé là; pour leurs enfants, un complément d'instruction primaire qu'elles étaient en Tétat obligées de demander aux pensionnats privés. Quant aux études, elles u'avaient qu*à gagner à cette Innovation ; leur niveau se serait nécessairement élevé, le jour où les professeurs n'auraient plus été forcés de se faire eux-mêmes instituteurs primaires. Mais le Directoire ne pouvait prendre sur lui d'introduire cette réforme dans l'enseignement ; il lui fallait le concours du Corps législatif, qui répugnait fort à modifier, même dans ses parties les plus défectueuses, la loi du 3 brumaire. Il n*osa pas le saisir de la question, il n'osa même pas lui demander la création d'une seconde chaire de langues anciennes qui était réclamée de tous côtés par les professeurs et les jurys d'instruction, par le Conseil d'instruction publique, et que les bureaux eux-mêmes appuyaient, témoin ce projet de message qui avait été préparé par eux pour le ministre Letourneux dès le 2 nivôse an VI, et qui fut ajourné. (Arch. nat. F. 17, llkO.)

« Citoyens Législateurs,

Le Conseil des Cinq-Cents, en passant à l'ordre du jour sur le projet de supprimer une partie des écoles centrales, a rassuré un grand nombre de citoyens. L'expérience a démontré que les écoles centrales, telles qu'elles existent aujourd'hui, peuvent être très utiles. Mais on ne saurait se dissimuler que l'enseignement des langues anciennes ne peut être que très incomplet dans l'état actuel des écoles centrales. Un seul professeur, obligé de donner en môme temps des leçons de latin et de grec, ne peut, dans l'espace d'une année^ conduire les élèves jusqu'à l'intelligence des auteurs les plus difficiles de la première de ces langues. Ces motifs porteront sans doute le Corps législatif à ajouter

un second professeur de latin dans 1 organisation des écoles centrales. Par ce moyen, le cours élémentaire de langues anciennes pourrait être de deux années.

On pourrait encore, en attendant que l'organisation des écoles primaires eût atteint le degré de perfection dont elle est susceptible, placer dans les écoles centrales un professeur chargé d'enseigner aux élèves les plus jeunes les éléments de la langue française, du calcul et de la géographie... »

Cette double création d'une seconde chaire * de langues anciennes et d'un cours préparatoire servant de trait d'union entre Fécule primaire et l'école centrale et où auraient été admis des enfants de moins de douze ans, eût rendu le plus grand service aux études. Malheureusement, Letourneux ne persévéra point dans ce projet, ou n'eut pas le temps de le présenter, et ses successeurs n'y revinrent pas.

Il en fut de même d'une autre réforme que le caractère de liberté presque illimitée imprimé par le législateur aux écoles centrales rendait en quelque sorte indispensable, et que tous les hommes compétents réclamaient aussi, nous voulons parler des examens de passage d'une section dans l'autre. Le Directoire recula, on ne sait trop pourquoi, devant une mesure qui» à défaut de programme et de règlements généraux, aurait du moins eu le mérite d'astreindre les élèves à quelque assiduité. De très bons esprits considèrent encore aujourd'hui ces examens de

1. A Paris, cette seconde chaire existait. La force des choses l'avait sans doute imposée dès le principe. On en créa même une troisième en Tan X. Je Us en effet ce qui suit dans un rapport du préfet de la Seine au ministre de rintérieur, daté du 25 vendémiaire an X et qui porte en marge : Vu et approuvé par le ministre de Tlntérieur.

« Art. I*'. A partir du 1*' brumaire an X, il sera établi dans chacune dei écoles centrales de Paris une troisième chaire de langues anciennes.

Art. 2. L*objet des études dans ces trois classes sera l'enseignement gradué des langues grecque et latine auquel sera joint celui de la langue française. • (Arch. nat. F 63007).

passage d'une classe dans une autre comme une nécessité. Quelle n*eùt pas été leur utilité dans un système d'études dépourvu^ d'ailleurs de toute sanction! On a beaucoup médit du baccalauréat de nos jours. Si les écoles centrales avaient eu le baccalauréat ou quelque chose d'approchant, les études littéraires y auraient peut-être moins langui. On en trouverait aisément la preuve dans ce fait que les seuls cours un peu suivis furent précisément ceux qui avaient un objet nettement défini, et qui ouvraient l'accès d'une carrière ou d'un métier. La culture désintéressée de Tesprit n'a jamais attiré que le petit nombre, et peutêtre n'est-il pas mauvais qu'il en soit ainsi. La république des lettres n'a pas intérêt à devenir une démocratie d'un accès trop facile; comme toutes les républiques, elle a besoin de se défendre contre la médiocrité, son plus grand ennemi. Mais encore y faut-il quelque mesure^ et nous ne concevons guère aujourd'hui un enseignement secondaire tout spéculatif, sans grades, sans diplômes, en un mot sans rien qui parle à Tamour-propre ou à l'intérêt.

Nous ne concevons pas davantage un enseignement s'adressant à des jeunes gens de douze à dix-huit ans sans livres élémentaires. On sait le rôle important que jouent ces sortes de publications dans le système actuel d'études. A plus iorte raison, les changements apportés par la loi du 3 brumaire dans les anciennes matières d'enseignement, et l'absence de tout programme en faisaient pour les écolef^ centrales une véritable nécessité. La Convention avait bien, il est vrai, chargé son comité d'instruction publique de <c faire composer des livres élémentaires ' » à l'usage des nouveaux établissements. Mais elle s'y était prise bien tard, et quand elle mit fin à ses pouvoirs, la tâche, on s'en souvient, était à peine ébauchée.

Le Conseil des Cinq-Cents eut le tort de ne paslarepren-

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